Allemagne : une vitrine verte écornée

Selon l’Association fédérale des Industries de l’énergie et de l’eau (BDEW), 23,4% de l’électricité consommée en Allemagne en 2013 provenaient des énergies renouvelables. Un niveau record qui aurait même pu être amélioré si les conditions météorologiques n’avaient pas freiné la production éolienne : 7,9% de l’électricité consommée devant la biomasse 6,8%, le solaire photovoltaïque 4,5%, l’hydraulique 3,4% et les déchets urbains 0,8%. Tout le monde pourrait se féliciter de cette « vitrine verte » sauf que :

  • le charbon, très polluant, reste toujours la première source de l’électricité consommée par les Allemands : 44% en 2012 et 45,5% en 2013. Les émissions de CO2 continuent donc de progresser.
  • les consommateurs et les PME supportent des tarifs d’électricité parmi plus élevés d’Europe… au point que certains industriels s’alarment de la compétitivité du pays à moyen terme.
  • paradoxalement, les allemands payent leur courant d’autant plus cher que le prix de gros de l’électricité sur les marchés financiers est bas. La raison tient aux tarifs garantis aux producteurs qui alourdissent l’enveloppe du renouvelable lorsque les prix baissent.
  • Selon les experts, la facture dédiée aux énergies renouvelables a entraîné en 2013 une surcharge de 185€ par an pour un foyer de trois personnes. Pour 2014, le surcoût est estimé à 250€.
  • les allemands voient d’un mauvais oeil les milliers de kms de lignes à haute tension qui vont être nécessaires pour relier les parcs offshore du nord du pays aux länders industrialisées du sud.

 

Yves Guérin

Principales sources utilisées :

Eurostat, Le Monde

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