Choisir l’Artisanat
© Dzhafarov Eduard

Choisir l’Artisanat

 

> Les bonnes raisons de s’orienter vers l’artisanat

> L’artisanat du futur

> Les partenaires pour se lancer

> L’artisanat en Nouvelle-Aquitaine

 

Qu’il s’agisse de vocation ou de reconversion, de plus en plus d’actifs se tournent vers les métiers de l’artisanat, un secteur longtemps tabou dans un pays où les longues études et les Bac+5 sont presque une obligation culturelle. Aujourd’hui, les jeunes actifs, moins sensibles à l’élitisme, sont surtout en quête de sens, d’indépendance, de partage, de proximité et d’éco-responsabilité. C’est tant mieux pour le secteur de l’artisanat et pertinent pour cette jeune génération.

 

Les bonnes raisons de s’orienter vers l’Artisanat

A l’image de la société et de l’économie, l’artisanat évolue. De nouveaux métiers apparaissent et des métiers plus anciens se renouvellent en s’enrichissant. De nouveaux secteurs d’activités participent ainsi au renouvellement du tissu artisanal : rénovation énergétique, silver économie, truck food, infographie, transports, activité de réparation, dépannage 24H/24, impression 3D, drive de produits locaux…. Par ailleurs, un nouvel écosystème apparaît, lié à la fourniture de nouveaux services et à la notion de service de proximité ou du « dernier mètre », que ce soit à domicile, en mode itinérant ou dans des tiers lieux.

Trois exemples d’opportunités

1) Dans le domaine du commerce alimentaire : le rebond des circuits de proximité

Aujourd’hui, un nombre croissant de ménages recherche la praticité : gain de temps dans les cour ses et la préparation des repas, intérêt pour les « petits paniers » et les produits frais locaux, possibilité de consommer sur place et large amplitude horaire, convivialité… Cela se traduit aussi par l’essor du snacking et de la consommation nomade qui convient aux nouveaux modes de vie des Jeunes. L’artisanat est le mieux placé pour répondre à ces tendances.

2) Dans le secteur de la Silver Economie : de multiples offres de service

Les besoins des personnes âgées constituent un fort levier de développement économique à condition de faire évoluer l’offre de services des prestataires. Aujourd’hui, pour être un acteur de la Silver Economie, un artisan doit innover dans ses pratiques organisationnelles, commerciales et techniques. Il doit aussi apprendre à se regrouper avec d’autres artisans et à composer avec d’autres partenaires. Par exemple, pour la réalisation de travaux d’adaptation, un plombier ou un électricien devra intégrer un cahier de préconisations d’ergothérapeute et respecter le processus administratif et financier des collectivités territoriales qui apportent des soutiens financiers.

Les quatre principaux secteurs d’activité concernés par la Silver Economie, de par leur ancrage local :

Le Bâtiment avec la mise en place d’équipements ergonomiques dans le mobilier et l’habitat, pour la sécurité et le confort des personnes âgées,

L’Alimentation avec la livraison de plats cuisinés à domicile ou la préparation de menus adaptés aux besoins nutritionnels des seniors,

Les Services à la personne : coiffeur ou soins esthétiques à domicile, taxi, ambulancier…,

La Fabrication pour la réalisation de matériel domotique pour le maintien à domicile, ou d’appareils pour les orthoprothésistes, podo-orthésistes…

3) Dans le domaine du numérique : l’artisan 3.0

Qui assurera l’installation, la connexion, l’entretien, le paramétrage, la gestion des données… de tout cet environnement numérique qui, déjà aujourd’hui, fait notre quotidien ? Réponse : l’artisan 3.0 du futur, rapide et réactif.

Chacun perçoit bien que le numérique rend les consommateurs plus exigeants : en cas de panne, ils réclament une réparation immédiate, là où ils se trouvent. C’est dans cette optique de services rapides et itinérants que beaucoup de marques (auto, bricolage, domotique, sécurité, santé, informatique/bureautique…) commencent à développer des services de diagnostic, d’installation, d’assistance et de réparation en formant leur propre écosystème d’artisans prestataires de proximité.

 

Qu’est-ce qu’une coopérative artisanale ?

Une coopérative artisanale est un groupement d’artisans qui permet de prendre des marchés auxquels seuls ils n’auraient pas accès (taille, complexité). Si chaque artisan coopérateur conserve son indépendance, il bénéficie de beaucoup d’avantages : mutualisation des achats, développement de clientèle via des parrainages réciproques, mutualisation des investissements en site, en outils de production, en espace de vente ou en tertiaire d’entreprise.

Chaque artisan associé, quel que soit son CA, participe selon le principe d’ « 1 homme = 1 voix ».

 

Focus sur l’artisanat en France

Le baromètre annuel de l’artisanat MAAF-ISM (Institut Supérieur des Métiers) mesure les grandes tendances du secteur de l’artisanat dans ses différentes composantes économiques, sociales, sectorielles et territoriales. Extraits de la publication du 3 mai 2017 :

Hausse du nombre d’entreprises artisanales

Celles-ci ont augmenté de moitié depuis 2004, passant de 800.000 à 1.326.000 en 2015. Le ressort de cette dynamique s’explique en grande partie par le régime du micro-entrepreneur. Sur la seule année 2015, 155.300 entreprises artisanales ont été créées (+8,4%), dont près de 60.000 avec le statut de micro-entrepreneur.

54% d’entreprises individuelles

En 2015, plus de la moitié des entreprises artisanales sont des entreprises individuelles.

0 salarié 865.294 6 à 10 sal. 71.451
1 salarié 125.156 11 à 15 sal. 21.647
2 à 5 sal. 218.501 16 sal. ou plus 24.256

Baisse des défaillances

L’année 2016 a enregistré 22.167 défaillances d’entreprises artisanales (hors micro-entrepreneurs), soit 11% de moins qu’en 2015. La tendance se confirme dans toutes les régions à l’exception de la Corse (+33%). En revanche, le Centre Val-de-Loire (-24%), la Bretagne (-17%), les Pays de la Loire (-17%) et la Normandie (-17%) sont les régions où les défaillances reculent le plus. Globalement, le taux de pérennité moyen des entreprises artisanales est comparable à celui de l’ensemble des entreprises, soit 71%.

Stabilisation de l’emploi salarié

Avec près de 2,2 millions de salariés et 790.000 non-salariés, l’artisanat représente 12% de la population active française. Après 7 années consécutives de destruction d’emplois (-140.000 au total), l’année 2016 a marqué une stabilisation.

Cette consolidation se confirme dans le secteur du BTP (+0,1%), de l’alimentation (+0,4%) et surtout des services (+1,4%). En revanche, le secteur de la fabrication poursuit sa baisse entamée depuis 2000 (-1,6% en 2016).

Artisanat et sources de financement

Plus d’1 artisan sur 4 a sollicité un prêt bancaire en 2016. 18% d’entre eux ont été recalés : 30,60% de refus pour des prêts de trésorerie et 4,8% pour des crédits d’investissement.

L’accroissement du nombre d’entreprises artisanales sollicitant un emprunt pour des problèmes de trésorerie se confirme : 30% avaient des difficultés de trésorerie en 2016, contre 21,3% en 2013.

Poids économique des entreprises artisanales

La densité moyenne des entreprises artisanales est passée de 132 entreprises pour 10.000 habitants en 2000 à près de 200 en 2015. Pour autant, de fortes disparités existent et les régions du sud de la France se démarquent par une densité supérieure à la moyenne : 376 entreprises pour 10.000 hab. en Corse contre 138 dans les Hauts de France.

Selon Catherine Elie, directrice des études et du développement économique de l’ISM (Institut Supérieur des Métiers) : « La plus forte densité artisanale dans les régions du Sud de la France s’explique notamment par la culture économique méditerranéenne, une appétence plus importante pour la création d’entreprise et l’intérêt pour le travail indépendant. A l’inverse, le tissu de l’artisanat est moins développé dans les régions du Nord et de l’Est, au passé plus industriel. Mais on observe un phénomène de rattrapage dans ces régions, par nécessité. »

Retour au statut juridique classique

Le régime « micro-entrepreneur » qui a attiré plus de 700.000 porteurs de projets dans l’artisanat depuis 2009 (2% des 20 à 65 ans) recule pour la deuxième année consécutive. En 2016, les entrepreneurs ont été plus nombreux à opter pour une forme juridique classique : entreprise individuelle, Sarl, Eurl.

Les dynamiques sectorielles en 2016

L’artisanat des services : les créations sont en hausse de 4% portées principalement par les VTC (10.000 créations en 2016 contre 7.600 en 2015, alimentées par les plateformes numériques et un fort turn-over), mais aussi par le secteur des travaux de nettoyage : 10.200 créations. L’alimentation progresse de 5%, boostée par la fabrication de plats à emporter (7.700 création en 2016).

Créateur d’entreprise : quel profil ?

On s’installe à tout âge dans l’artisanat, même si l’âge moyen se situe autour de 40 ans. Les moins de 30 ans représentent 1 créateur sur 5, idem pour les seniors-entrepreneurs de plus de 50 ans.

• 25% n’ont pas de diplôme, 50% sont diplômés de l’enseignement secondaire et 25% de l’enseignement supérieur.

• Les trois quarts ont une expérience de plus de 3 ans dans leur métier, 43% ont même plus de 10 ans de pratique dans l’activité.

• 11% étaient inactifs avant leur création, 33% étaient demandeurs d’emploi, 34% étaient auparavant cadre ou profession intermédiaire, 22% étaient déjà un entrepreneur et ont investi dans une nouvelle affaire.

Des formats d’entreprise de moindre envergure

Si le nombre de créations d’entreprise a évolué ces dernières années, les formats diminuent et les « petits projets » progressent. En 2014, 30% des installations ont nécessité moins de 2.000E d’investissements, contre 17% pour la génération précédente.

Cette tendance s’explique en partie par le développement des activités de services et se traduit par la baisse du nombre d’entreprises créées avec des salariés. Les coûts d’installation restent plus élevés dans l’artisanat de l’alimentation : plus de 16.000E pour 55% des projets.

L’artisanat au féminin

1 entreprise artisanale sur 4 est dirigée par une femme. La moitié des dirigeantes pilotent une entreprise de coiffure, de soins de beauté ou de fleuristerie et 32% évoluent dans l’artisanat de fabrication.

Elles sont plus diplômées que leurs homologues masculins : 50% ont au moins un niveau BAC contre 1/3 des hommes.

Un poids plus important dans les zones rurales

Le poids de l’artisanat est beaucoup plus élevé dans les territoires ruraux avec des records en Creuse (46% d’entreprises artisanales), Haute-Saône (45%), Lot et Corrèze (44%) que dans les départements urbains ou en région parisienne (12% à Paris, 16% dans les Hauts-de-Seine ou 27% dans les Bouches-du-Rhône).

 

L’Artisanat du futur

Aujourd’hui, l’image traditionnelle de l’artisanat opère un virage majeur de par la transformation digitale, l’évolution technologique, les nouvelles habitudes de consommation ou les tensions du marché de l’emploi.

L’artisan 3.0

Equipé de sa tablette, de son smartphone et d’une batterie d’applications, l’artisan du futur (et déjà du présent) est un travailleur nomade et connecté, qui a complètement intégré le numérique dans son activité. Ce qui lui permet :

• D’accroître sa visibilité : sites Web, référencement, présence sur les réseaux sociaux,

• De maximiser les contacts avec les prospects et les clients,

• D’animer la relation commerciale de manière ciblée : newsletter, campagne d’e-mails ou SMS de fidélisation, envoi de devis…

• De simplifier ses obligations administratives et comptables inhérentes à la gestion,

• De libérer ainsi du temps pour exercer son coeur de métier et servir ses clients, et au final, de développer son chiffre d’affaires.

Adieu les stéréotypes !

Avec ce nouveau profil d’artisan 3.0, les stéréotypes concernant les filières de formation dans l’artisanat devraient s’estomper… et même disparaître puisque, aujourd’hui, la demande de formation dépasse l’offre.

Les Chambres de Métiers ont bien compris la tendance et se sont données comme priorité de faciliter l’intégration des solutions numériques dans le quotidien des entreprises artisanales.

Exemples de formations délivrées par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat

• Créer son site Internet

• S’équiper d’une signature numérique

• Sécuriser ses équipements informatiques

• S’équiper d’un terminal de paiement électronique

• Constituer son fichier clients

• Participer aux appels d’offres dématérialisés

• S’ouvrir aux outils de mobilité

• Réaliser des newsletters et campagnes SMS

• Profiter des réseaux sociaux

• Réussir sa E-réputation et sa veille stratégique

• Examiner les applications pour smartphone

• Découvrir le financement participatif

 

Les partenaires pour se lancer

Les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) assurent une large palette de prestations au service des artisans en place ou en devenir :

Appui au montage de projet

• Etude du marché et de faisabilité, stratégie de commercialisation, choix de la forme juridique & fiscale, compte de résultat prévisionnel. Puis aide à la décision quant à la poursuite ou non du projet.

• Réalisation du dossier économique,

• Elaboration du plan d’actions,

• Stage de Préparation à l’Installation (SPI) de 35H ou SPI en ligne dans certains départements.

Suivi d’activité

Un conseiller CMA propose plusieurs rendez-vous réguliers pour faire le point et même un contrat de suivi comprenant un coaching sur tous les aspects de l’entreprise : RH, commercial, développement durable, fiscalité…

 

Reprendre une entreprise artisanale

Où trouver des conseils ?

Des conseillers des CMA, spécialisés en reprise d’entreprises, aident à analyser les projets :

• Recherche d’entreprises à reprendre,

• Accompagnement à la réalisation du dossier et à la recherche de financements, orientation vers des dispositifs de soutien régionaux,

• Réalisation du Business Plan,

• Suivi individuel,

• Ecole des Repreneurs dédiée à tous les publics : salariés, demandeurs d’emploi, ayant déjà ou non le projet de reprendre.

Trouver une entreprise à reprendre :

• transentreprises.com : réseau des CMA/CCI

• bnoa.net : Bourse nationale d’opportunités artisanales

• Arter : Artisanat, Transmission et Reprise d’Entreprises (pour les départements 19, 23 et 87)

 

L’Artisanat en Nouvelle-Aquitaine

En chiffres

• 126.000 entreprises, soit 4e région de province en nombre d’entreprises artisanales,

• 16.470 immatriculations enregistrées en 2015 pour 11.640 radiations

• 32% des créations d’entreprise de la région,

• 350.000 actifs dont 200.240 salariés, soit 14% du secteur privé,

• 4,3 salariés par établissement employeur,

• 7% de la valeur ajoutée régionale,

• 78% produisent des biens ou services qui répondent aux besoins des populations locales, résidentes ou touristiques, contre 58% pour l’ensemble de l’économie régionale,

• 22% relèvent donc de la sphère productive : produits exportés du territoire et activités de services aux entreprises,

• 82% des 3.500 établissements de sous-traitance industrielles de la Nouvelle-Aquitaine exercent une activité artisanale,

• 16 campus des métiers et 10.656 apprentis dans les 11 CFA du réseau.

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

Maaf, Institut Supérieur des Métiers, Insee, lesechos.fr, entreprises.gouv.fr

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