Création d’entreprise : le retour !
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Création d’entreprise : le retour !

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> Les 7 étapes clés pour créer son business

> Les nouvelles idées et tendances

> Entreprendre en franchise

 

554.000 entreprises ont été créées en 2016, soit 29.000 de plus qu’en 2015 selon l’Insee. Le nombre de créations a ainsi augmenté de 6% sur 1 an : la plus forte hausse depuis six ans. Autre signe positif : les créations de sociétés et les créations d’entreprises individuelles classiques (+10% chacune en 2016) augmentent au détriment de l’auto-entrepreneuriat (-0,3%). Et les chiffres 2017 confirment ces orientations. Alors, simple appel d’air ou tendance lourde ?

 

Les 7 étapes clés pour créer son business

1) Trouver l’idée

Une idée de création d’entreprise peut se révéler à partir d’un savoir-faire, d’une expérience, d’une formation, d’une opportunité mais aussi d’une passion ou d’une intuition qui mature avec le temps. Toutefois, « Plus votre idée est nouvelle, plus vous devez vous interroger sur la capacité de vos futurs clients à l’accepter. Plus votre idée est classique ou banale, plus vous devez réfléchir à sa réelle utilité par rapport à l’offre déjà existante sur le marché » souligne l’Agence France Entrepreneur.

8 sources d’inspiration

Créer dans sa zone de compétences : le fait de maîtriser des compétences techniques, un savoir- faire, une expertise, un réseau… est naturellement un facteur de réussite. Toutefois, d’autres capacités sont nécessaires : l’aptitude à la vente, à l’achat, à la communication, à la gestion, au management…

Surfer sur les mutations de la société : ce qui nécessite d’être attentif aux évolutions sociétales et démographiques (silver économie, circuits courts, développement durable…), aux nouveaux modes de consommation (nomade, bio…), aux nouvelles technologies (3.0), à l’économie disruptive, aux nouveaux métiers, aux nouveaux concepts marketing…

Détourner un concept existant pour lui donner une nouvelle dimension : il s’agit là d’utiliser un produit, un service, une technique ou un savoir-faire existant pour le transposer dans une autre activité ou sur un autre marché en le recontextualisant, en le remarketant, en l’uberisant….

Déceler la bonne opportunité : ce qui suppose d’être curieux et en veille permanente pour repérer, analyser, comparer… afin de bien percevoir le marché, la conjoncture et les effets d’aubaine. Sans oublier d’avoir l’esprit critique pour distinguer l’info de l’intox.

S’associer à un projet : certaines personnes ont le produit ou le savoir-faire mais manquent de moyens, de réseau et/ou de compétences complémentaires. Il suffit de consulter les « recherches de partenariat, propositions d’affaires, bourses d’opportunités » régulièrement disponibles dans les CCI ou Chambres de Métiers.

Acheter un brevet ou négocier une licence d’exploitation d’une marque.

Rejoindre un réseau de franchise ou de commerce

Concevoir un nouveau concept : La création par l’innovation est compliquée mais peut rapporter « gros ». Souvent à fort contenu technologique (mais pas que), le processus nécessite une longue et couteuse préparation : R&D, phase préindustrielle, étude de marché, besoin important de capitaux. La contrepartie ? Une concurrence moins sévère que pour les activités traditionnelles.

 

2) L’analyse du projet personnel

Créer une entreprise est un choix de vie qu’il convient de bien évaluer. Beaucoup de porteurs de projet se concentrent sur la faisabilité commerciale, financière et juridique de leur projet.

C’est insuffisant, il faut aussi tenir compte d’éléments plus personnels.

Par exemple :

• Evaluer les contraintes et exigences inhérentes au projet : revenus irréguliers, rythme de vie, stress, déplacements, temps libres et congés à la baisse…

• Avoir l’approbation des proches qui devront accepter et bien souvent compenser ces contraintes, • Calculer le revenu minimal vital nécessaire compte tenu des charges incompressibles : loyer, crédits, frais de scolarité, pension alimentaire…

• Mesurer objectivement ses compétences techniques, commerciales et relationnelles, ses qualités de gestionnaire, sa maîtrise de l’univers web, son potentiel de résistance, son réseau, ses besoins en formation…

• Etre en capacité de réunir environ 30% des fonds nécessaires pour démarrer (voir point 5 : « les apports en fonds propres ».

 

3) L’analyse du projet professionnel

Il s’agit maintenant de préciser le projet :

Le produit, le concept, la prestation. Quelle est sa nature, ses caractéristiques, sa différenciation, son processus de fabrication, son positionnement, sa mise sur le marché, … ?

Les moyens à mettre en oeuvre. Quels seront les solutions de fabrication, de sous-traitance, de partenariat, de commercialisation, de communication, de gestion, de service après-vente… à mettre en place ?

La législation. Quels sont les contraintes et règlementations spécifiques à la profession ?

La faisabilité financière avec :

L’étude de marché qui ne constitue pas un gage certain de succès mais réduit les risques si elle permet de mieux cerner :

– Les grandes tendances : sociétale, économique, politique, écologique, numérique… avec leurs opportunités et leurs menaces,

– Les acteurs du marché concerné,

– Les produits concurrents et leur positionnement prix,

– Les typologies de consommateurs potentiels,

– La pression de la concurrence sur la zone d’attraction,

– Les types de communication et de publicités nécessaires dans le secteur d’activités visé.

Le Business Plan qui découle de l’étude de marché et permet d’établir un prévisionnel financier :

– Coût de fabrication du produit, coût de commercialisation,

– Fixation d’une politique « produit », « prix », « distribution » (direct, réseau, internet… ?), « communication « ,

– Evaluation des besoins : locaux, matériel, ressources humaines…

– Stratégie de court terme et levier de différenciation,

– Formulation d’hypothèses hautes et basses de chiffre d’affaires, de charges et donc de bénéfices,

– Actions à entreprendre dans les 6 premiers mois puis sur les 3 prochaines années,

– Budget prévisionnel de 1 à 3 ans avec plan de financement.

En résumé, l’étude de marché permet de valider ou d’invalider une intention de création alors que le business plan établit un prévisionnel d’activités du projet de création.

 

4) Le plan de financement

Partie intégrante du Business Plan, le plan de financement permet de contrôler la viabilité et la rentabilité du projet, pour soi-même et pour les partenaires financiers. Il fait apparaître au moins cinq informations sous forme d’hypothèses raisonnables :

• Les capitaux nécessaires pour lancer le projet,

• Les charges prévisionnelles : approvisionnement, emprunt, salaires… et les recettes à générer pour couvrir ces charges. C’est ce qui détermine le compte de résultat et le seuil de rentabilité,

• Le plan de trésorerie, à savoir l’équilibre encaissements/ décaissements, mois par mois, autrement dit les besoins en fonds de roulement,

• La rentabilité sur trois ans.

 

5) Boucler le financement

Financer une création d’entreprise nécessite souvent de combiner plusieurs sources :

Les « apports en fonds propres »

• L’apport personnel,

• L’argent que les proches sont prêts à investir (« love money »),

• Les Prêts d’honneur, de 2.000 à 50.000E, souvent à taux zéro et sans garantie ni caution personnelle (Initiative France, Réseau Entreprendre, Adie, France Active…) ou l’ARCE, l’aide financière de Pôle emploi,

• Les aides des Régions ou Départements (aides-entreprises.fr),

• Le recours au financement participatif ou « crowdfunding en fonds propres »,

• La levée de fonds,

• Le microcrédit à caractère de fonds propres,

En règle générale, pour solliciter un emprunt bancaire classique, ces apports en fonds propres doivent représenter au moins 30% des besoins financiers.

Les emprunts

Dans la majorité des cas, les banques financent ce qui est « durable » (les investissements) et le stock de démarrage. Elles sont plus réticentes à financer les « Besoins en Fonds de Roulement ».

On distingue :

– Le microcrédit professionnel (Adie),

– Le prêt ou le crédit-bail (banques),

– Les prêts de BPI France : la Banque Publique d’Investissement est le principal interlocuteur en région pour les entreprises en création ou en projet de développement. Elle accorde des prêts sans garantie ni caution personnelle mais toujours en complément d’un prêt bancaire traditionnel.

(Voir dossier « Financement » dans ce même N° du JDP)

 

6) Les formalités de création

Après avoir précisé le cadre juridique de l’entreprise (entreprise individuelle ou création de société), il s’agit de procéder aux formalités administratives. Depuis quelques années, ces démarches sont largement simplifiées avec la mise en place des Centres de Formalités des Entreprises (CFE) et la possibilité d’effectuer les formalités en ligne sur le site guichet-entreprises.fr.

Le CFE centralise et contrôle les pièces du dossier puis les transmet aux divers organismes et administrations concernés : services fiscaux, RSI, Urssaf, Tribunal de commerce…

 

7) Installer l’entreprise et démarrer l’activité

Les cinq précautions qui permettent de démarrer dans les meilleures conditions :

• Sélectionner des prestataires fiables : fournisseurs, expert-comptable ou centre de gestion agréé…

• Trouver un local adapté et bien aménagé : attractivité du quartier, desserte des transports, parking de proximité, accès du public… Ce sera la vitrine/image de l’entreprise,

• Souscrire au juste contrat d’assurance,

• Soigner ses documents commerciaux et concevoir les premières actions commerciales,

• Se doter de tableaux de bord simples mais efficaces.

 

Un e-service d’étude d’implantation proposé par les CCI

Pour aider les commerçants à s’installer, les CCI ont développé un service d’étude d’implantation commerciale en ligne basé sur les IDC : Indices de Disparités des dépenses de Consommation des ménages.

En tenant compte des dépenses des ménages résidant dans le périmètre concerné, l’application permet de déterminer le marché théorique lié à la consommation des produits proposés par le futur magasin, et de définir des hypothèses de taux d’emprise ou de part de marché visée par rapport à la concurrence.

Adapté à toutes les formes de commerce, du magasin indépendant de proximité à la grande surface en passant par toutes formes de boutiques, l’outil est accessible sur cciwebstore.fr.

 

Les nouvelles idées et tendances

Les métiers sont en pleine mutation. L’émergence des technologies 3.0 et de l’économie collaborative génèrent des professions inédites, des compétences et des profils nouveaux, tandis que l’évolution des modes de vie et des structures démographiques entrainent des besoins émergents. Du coup, les opportunités sont multiples et les sources d’inspiration nombreuses.

L’Agence France Entrepreneur propose plusieurs pistes pour détecter les nouvelles tendances :

Les sites d’information

influencia.net traite des sujets comme la communication, les tendances et l’innovation,

laprospective.fr est animé par Michel Godet

letourdumondedelinnovation.latribune.fr propose une revue de presse hebdomadaire des « innovations qui annoncent l’avenir », en France et dans le monde,

journaldunet.com est consacré à l’actualité d’Internet et du e-commerce, de l’économie et du management,

soonsoonsoon.com répertorie des innovations dans les secteurs de l’habitat, de la santé, de l’alimentation, de la mobilité, des modes de paiement…

maddyness.com, frenchweb.fr et hellobiz.fr traitent de l’innovation en générale et des nouvelles technologies en particulier,

lesclesdedemain.lemonde.fr se consacre à l’innovation dans les domaines du digital, de l’environnement, de la ville, de la santé ou de l’éducation.

Les sites institutionnels

caissedesdepots.fr permet de connaître les grands financements publics en matière de transitions territoriale, démographique, numérique, écologique et énergétique…

bpifrance.fr propose des dossiers de première main, des actualités et des événements…

lafrenchtech.com fournit un agenda des événements relatifs à l’innovation et à la création de start-up,

fing.org : la Fondation internet nouvelle génération aide les entreprises, les institutions et les territoires à anticiper les mutations liées aux technologies et à leurs usages.

Les « renifleurs de tendances »

nellyrodilab.com

promostyl.com

enivrance.com

sachapacha.com

 

Entreprendre en franchise

Il existe trois types de contrats de franchise :

Le contrat de franchise de production qui consent la mise à disposition d’un savoir-faire dans la fabrication d’un produit vendu sous la marque du franchiseur. Exemples : Yves Rocher, The Body Shop,

Le contrat de franchise de service qui permet au franchisé de vendre un service sous la marque du franchiseur, selon ses directives. Exemples : Novotel, Ibis, Quick, McDonald’s, Avis, Hertz, Franck Provost,

Le contrat de franchise de distribution qui permet au franchisé de vendre divers produits sous l’enseigne du franchiseur. Exemples : Cuisines Ixina, Brico.

Les atouts de la Franchise

Le créateur bénéficie de la notoriété d’une marque, d’un savoir-faire rôdé et d’une formation adaptée. Une fois installé, il profite d’une assistance commerciale, technique, marketing et juridique permanente.

Les inconvénients de la Franchise

L’investissement de départ est souvent plus important que pour un commerce isolé de par les droits d’entrée et les exigences d’implantation du local et de son aménagement. Par ailleurs, le franchisé doit accepter les règles de fonctionnement imposées par le franchiseur et vendre, généralement à titre exclusif, les produits et/ou services agréés par le franchiseur.

 

© Egor

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La microfranchise solidaire de l’ADIE

La microfranchise solidaire est un concept mis en place par l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique (Adie). Elle s’adresse à des personnes en recherche d’emploi qui veulent créer une activité indépendante « clé en main » et qui n’ont pas forcément la formation diplômante suffisante. Ce dispositif propose aujourd’hui quatre métiers :

• Jardinier : entretien, taille, plantations…,

• Chauffeur de direction (avec la voiture de la société),

• Coursier de quartier : livraison express, vélotaxi…,

• Assistant numérique : auprès des particuliers pour les aider à utiliser leur boite email, gérer leur compte bancaire, déclarer leurs revenus sur internet… mais aussi auprès des TPE et des indépendants pour la prise en main d’un nouveau logiciel, la création d’un site internet… L’ADIE accompagne ces candidats par une formation technique, commerciale et juridique pour démarrer puis par un coaching continu pour développer l’activité. Devenir microfranchisé en quatre étapes :

• Choisissez l’activité de microfranchise de votre choix et votre implantation géographique,

• Financez votre projet avec l’appui de l’Adie,

• Formalisez votre entrée dans le réseau,

• Suivez la formation initiale.

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

AFEcreation, Adie

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