La création de l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême ne dissipe pas toutes les tensions
Affiche du festival 2017.

La création de l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême ne dissipe pas toutes les tensions

Depuis plusieurs années, des critiques virulentes se sont exprimées sur la gouvernance et l’organisation du Festival International de la Bande Dessinée (FIBD) d’Angoulême, qui s’est tenu les 26 et le 29 janvier. Le 18 janvier, peu avant cette 44e édition, Audrey Azoulay, Ministre de la Culture, a annoncé avoir acté avec les collectivités publiques et organisations professionnelles concernées la création d’une Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême. Une médiation confiée à Jacques Renard avait en effet préconisé une refonte de la gouvernance de l’évènement. Selon le communiqué, cette « structure légère, permettra d’assurer une meilleure coordination et une meilleure implication des partenaires dans les orientations importantes du festival et dans l’utilisation des moyens financiers qui lui sont alloués. »

L’assemblée générale constitutive de la nouvelle association s’est tenue le 21 février. Bruno Racine, haut fonctionnaire et écrivain, ancien président de la Bibliothèque nationale de France, a été nommé président, tandis que Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, est trésorier. L’Etat, les collectivités publiques (ville, CdA, département, Région) et les organisations professionnelles sont membres de droit, tandis que des institutions jouant un rôle actif dans le secteur de la bande dessinée (Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, pôle image Magelis…), sont membres associés. Cette nouvelle association souhaite « que s’ouvre une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés en vue de définir une vision stratégique et partagée dans l’intérêt du festival ». Selon le communiqué du 18 janvier, elle doit travailler en concertation étroite avec l’organisateur 9e Art+ et le fondateur historique, l’Association du Festival International de la Bande Dessinée.

La gouvernance ainsi proposée soulève à son tour des passions. Ces derniers critiquent l’article 2 des statuts, qui évoque la définition d’orientations stratégiques, leur mise en œuvre et le contrôle de l’utilisation des différents financements. Si l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême affirme respecter l’indépendance éditoriale du festival, 9e Art+ et l’association du FIBD, évoquent une « prise de contrôle » et une « spoliation » et pointent le risque d’une tutelle politique ou marchande. Tous deux demandent ainsi une modification des statuts.

De son côté, Bruno Racine a déclaré vouloir dissiper les tensions pour parvenir à une vision commune.

Une convention d’objectifs et de moyens pluriannuelle doit être conclue entre l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême et 9e Art+, en vue de l’édition 2018.

 

Laurent Kaczmarek

 

Principales sources utilisées :

Communiqués de presse, Charente Libre, Sud Ouest, Libération

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