Créer une entreprise : pourquoi pas vous !

Créer une entreprise : pourquoi pas vous !

> Passer du statut de salarié à créateur d’entreprise

> Créer son entreprise en 10 étapes

> La solution de l’essaimage

> Les organismes d’accompagnement en région

 

Passer du statut de salarié à créateur d’entreprise

Un salarié qui veut créer ou reprendre une entreprise a quatre possibilités :

 

Se lancer sans modifier son contrat de travail

Cette solution est possible pour un « petit » projet qui ne nécessite pas un fort investissement personnel et financier ou si l’on peut s’appuyer sur un associé/collaborateur de confiance.

 

Demander un congé ou un temps partiel spécifique pour « création/reprise d’entreprise »

Ces deux dispositifs permettent de préparer un projet sans démissionner, sous réserve d’informer l’employeur de la nature de sa future activité.

 

Solliciter un congé sabbatique

Moins souple que le « congé création », le congé sabbatique n’exige pas de dévoiler la nature de la future activité.

 

Quitter son emploi

Plus risquée, cette solution n’ouvre droit ni à l’indemnisation chômage, ni à l’exonération des charges sociales réservées aux demandeurs d’emploi… sauf si le contrat de travail a été rompu d’un commun accord avec l’employeur via une convention de rupture homologuée par la Direccte. En cas d’échec de la future activité dans un délai de trois ans, les droits aux prestations chômage sont réintégrés.

Avant d’envisager l’une de ces quatre passerelles, il convient de vérifier que votre contrat de travail ne comporte pas une clause d’exclusivité interdisant formellement d’exercer une autre activité professionnelle en parallèle de votre emploi. Il faut également savoir qu’un salarié est «naturellement » tenu à une obligation de non concurrence vis-à-vis de son employeur. Cela suppose donc de ne pas créer une entreprise dont l’activité serait susceptible de concurrencer votre ex patron.

 

Créer son entreprise en 10 étapes

1) Trouver la « bonne » idée

Deux préceptes incontournables :

• Plus un concept est novateur, plus il faut s’interroger sur la capacité des futurs clients à y adhérer.

• Plus l’idée est classique ou banale, plus il faut réfl échir à sa réelle utilité par rapport à l’offre déjà existante sur le marché. Plus il va falloir travailler sur sa « différentiation ».

Pour l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprise), il existe plusieurs sources d’inspiration pour trouver une idée :

 

Créer dans son métier

C’est la solution à priori la moins risquée puisque le créateur dispose des compétences, maîtrise l’activité et connait les règles du jeu. Attention toutefois aux autres facettes : gestion, commercialisation…

 

Surfer sur les nouvelles tendances

Cela nécessite d’être à l’affût des nouvelles technologies, des nouveaux modes de consommation et des nouveaux produits. Quelques sites pistent ces nouvelles tendances :

Influencia.net ; laprospective.fr ; hellobiz.fr ; springwise.com ; credoc.fr ; createst.com ; shamengo.com; bonjouridee.com ; hellostartup.fr ; chasseursdecool.fr; ccifrance-international.org

 

Repérer la bonne opportunité

Pour déceler la bonne occasion, il faut rester en veille permanente pour s’informer, analyser, comparer, comprendre, anticiper… et faire preuve de beaucoup d’intuition.

 

Surfer sur une nouvelle application

Pour l’APCE, « créer une entreprise à partir d’une application nouvelle consiste à utiliser une technique, un savoir-faire ou un produit connu en le transposant dans une autre activité, dans un nouveau contexte ou sur un marché différent ». Ce type de projet est plus risqué car il peut être rapidement plagié. En revanche, en cas de réussite, la rentabilité est au rendez-vous.

 

Créer un nouveau produit ou service

Ce type de projet, souvent à fort contenu technologique, entraîne une longue et couteuse préparation : R&D, phase préindustrielle, étude de marché approfondie, besoin important de capitaux. La contrepartie : une concurrence moins sévère que dans les activités traditionnelles.

S’associer à un projet en cours

Certains entrepreneurs ont le produit ou le savoir-faire mais manquent de moyens ou de compétences complémentaires. Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), de Métiers et de l’Artisanat (CMA) ou d’autres organismes de développement économique local proposent des services de veille : « recherche de partenariat, proposition d’affaires, bourse d’opportunités ».

 

Acheter un brevet

ou négocier une licence d’exploitation d’une marque.

 

Rejoindre un réseau de franchise

ou de commerce organisé.

 

2) Le projet personnel

Créer une entreprise ne se résume pas à produire et à commercialiser des biens ou des services, c’est aussi un choix de vie où l’imprévu et l’aléatoire sont monnaie courante.

C’est pourquoi il convient :

• d’analyser sérieusement les contraintes et exigences inhérentes au projet : revenus irréguliers, rythme de vie, stress, déplacements…

• d’avoir l’adhésion des proches qui auront peut-être à essuyer les contrecoups,

• d’examiner son degré de motivation et la nature de celle-ci : besoin de responsabilité, d’indépendance, de reconnaissance, d’ambition financière, d’assouvir une passion ou choix par défaut ?

• de mesurer objectivement ses compétences techniques, commerciales et de gestionnaire, son potentiel de résistance, son réseau…

• de réunir environ 30% des besoins financiers de départ.

 

3) Étude de marché & business plan

L’étude de marché ne constitue pas un gage certain de succès mais reste indispensable pour réduire les risques.

Parmi les points à éclaircir :

• Les tendances lourdes du secteur visé,

• Les typologies de consommateurs potentiels,

• Les types de produits existants et leur positionnement prix,

• Le niveau de concurrence sur la zone d’attraction,

• Les opportunités (évolution technologique, novation…) et les menaces (cadre légal, contexte économique…),

• Les différents canaux de distribution,

• Les types de communication et de publicités réalisées sur le secteur

A la suite de l’étude de marché, le Business Plan permet d’établir une synthèse prévisionnelle :

• Evaluation des besoins : locaux, matériel, ressources humaines…

• Données financières : hypothèses de chiffres d’affaire et de charges,

• Stratégie à court et moyen terme,

• Etablissement du mix-marketing : produit / prix / distribution / communication,

• Actions à entreprendre sur les 3 prochaines années.

• Budget prévisionnel de 1 à 3 ans et plan de financement.

En résumé, l’étude de marché valide le projet alors que le business plan établit un prévisionnel d’activité.

 

4) Le plan de financement

Partie intégrante du Business plan, le plan de financement permet de contrôler la viabilité et la rentabilité du projet. Il fait apparaître au moins cinq informations sous forme d’hypothèses raisonnables :

• Les capitaux nécessaires pour lancer le projet,

• Les charges prévisionnelles : approvisionnement, emprunt, salaire…

• Les recettes à générer pour couvrir ces charges (compte de résultat/ seuil de rentabilité)

• Le plan de trésorerie, à savoir l’équilibre encaissements & décaissements sur une même période.

• La rentabilité sur 3 ans.

 

5) Boucler le financement

Le financement d’une création ou reprise d’entreprise s’effectue souvent en combinant plusieurs solutions :

Apport personnel (ou fonds propres)

Aide et subvention : le prêt Nacre à taux zéro (Etat), l’ARCE de Pôle emploi, les aides des Régions ou des départements… permettent de compléter les fonds propres.

Prêt d’honneur (ou solidaire). De 2.000 à 50.000E, souvent à taux zéro et sans garantie ni caution personnelle, il permet de compléter les fonds propres afin d’obtenir plus facilement un prêt bancaire (effet levier) : Initiative France, Réseau Entreprendre, Adie, France Active.

Prêt participatif de BPIfrance. Présente dans chaque région, la Banque Publique d’Investissement est devenu le principal interlocuteur en région pour les entreprises en création, en projet de développement ou en difficulté financière. Elle accorde des prêts sans garantie ni caution personnelle mais forcément complétées par un prêt bancaire traditionnel. Certaines aides sont dédiées à la réalisation d’études préalables et au développement de projets d’innovation.

Prêt bancaire & crédit bail qui viennent souvent en complément des prêts « aidés » et de la BPI.

Prise de participations : fonds de capital risque, réseau de business angels, clubs d’investisseurs solidaires (les Cigales), plateformes de financement participatif (crowdfunding).

 

Les capital-risqueurs

Ces organismes apportent des fonds mais aussi leur réseau et leur expérience. En échange, ils recherchent un retour sur investissement attractif car le risque est important et les échecs sévères. Leur processus de sélection est exigeant et le taux de sélection des candidats oscille de 1 à 10%.

 

Les Business angels

Plus de 4.100 Business Angels issus de 84 réseaux (nationaux, régionaux, sectoriels, grandes écoles…) se sont regroupés au sein du réseau « France Angels » dont la mission est de mettre en relation investisseurs potentiels et entrepreneurs en recherche de financement. Quatre secteurs drainent la majorité de leurs investissements : l’e-commerce & les e-services, l’électronique, l’énergie & les cleantech, la santé & les biotechnologies.

 

6) Profiter des allègements & exonérations

Des dispositifs d’allègements fiscaux et d’exonérations de charges accompagnent les créations d’entreprises sous certaines conditions. Au niveau de l’État (prime d’aménagement du territoire, exonération d’impôts sur les bénéfices, exonération de charges sociales…) comme au niveau des Collectivités territoriales.

 

7) Choisir le statut juridique adapté

La première option consiste à choisir entre Entreprise Individuelle (EI) ou création d’une société.

L’entreprise individuelle et notamment le régime de l’EIRL (Entrepreneur Individuel à Responsabilité Limitée) permet de séparer clairement le patrimoine affecté à l’activité professionnelle et le patrimoine personnel. Il permet de recruter un ou plusieurs salariés.

Il suffit de déclarer son activité auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) :

– à la CCI pour les commerçants,

– à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat pour les artisans,

– au Greffe du Tribunal de Commerce pour les agents commerciaux,

– à l’Urssaf pour les Professions libérales.

Rappel : Le régime de l’auto-entrepreneur permet de bénéficier d’un statut social et fiscal simplifié mais n’est pas considéré comme un statut juridique en tant que tel.

 

La création d’une société

Le choix de la structure juridique (Sarl, SA, SNC, SCOP, SCM, GIE…) dépend de différents critères comme la nature de l’activité, le capital social engagé, le fonctionnement de l’entreprise, ses besoins financier…

Rappel : Des solutions transitoires existent comme le portage salarial, la couveuse ou la coopérative d’activités.

 

8) Les formalités de création

Depuis quelques années, les démarches sont largement simplifiées avec la mise en place des Centres de Formalités des Entreprises (guichets uniques pour services fiscaux, RSI, Urssaf, Greffe du Tribunal…) et l’ouverture de services en ligne (guichet-entreprises.fr).

 

9) Installer l’entreprise

Des démarches et précautions permettent de démarrer dans les meilleures conditions:

• Trouver un local adapté à l’activité (desserte des transports et/ou accès du public) et bien aménagé : ce sera la vitrine de l’entreprise.

• Souscrire au bon contrat d’assurance pour limiter les risques,

• Soigner ses documents commerciaux car ils seront porteurs de l’image de l’entreprise,

• Sélectionner ses prestataires : expert-comptable ou centre de gestion agréé, fournisseurs…

• Concevoir les premières actions commerciales,

• Se doter de plusieurs tableaux de bord.

 

10) Le temps de la communication

Lorsque le local, les collaborateurs, les produit et les services seront parfaitement au point et disponibles, il faudra :

• Procéder à une inauguration officielle et/ou à l’insertion d’un article dans la presse,

• Mettre en oeuvre les actions commerciales,

• Communiquer au moins deux fois par an.

 

La solution de l’essaimage

Le concept d’essaimage désigne « le soutien apporté par une entreprise à ses salariés qui veulent créer ou reprendre une entreprise ». Ce soutien peut prendre plusieurs formes qui vont du simple apport d’informations à l’accompagnement technique en passant par la formation (gestion, management..), la mise en réseau, l’appui logistique ou le soutien financier (prêt).

 

Intérêt pour le salarié

Le salarié profite d’un accompagnement plus sécurisé pour bien démarrer son projet et se sépare de son employeur dans une relation gagnant/gagnant. En outre, il bénéficiera peut-être de commandes de la part de son ex entreprise.

 

Intérêt pour l’entreprise source

L’entreprise dispose d’une solution RH plus flexible en gardant la possibilité de solliciter ponctuellement son ex collaborateur qui aura gagné en « potentiel entrepreneurial ». C’est aussi un outil de motivation : en encourageant l’essaimage, l’entreprise libère des postes et favorise la mobilité de ses salariés en interne.

 

On distingue trois types d’essaimage

L’essaimage à froid, ou actif : il est à l’initiative du salarié dans une démarche proactive de création d’entreprise.

L’essaimage à chaud, ou social : l’entreprise cherche à résoudre un problème de sureffectif ou mène une politique de restructuration. Elle met alors en oeuvre un dispositif d’essaimage incitatif et encourageant.

L’essaimage stratégique : c’est une démarche gagnant/gagnant pour externaliser une activité dans une approche d’optimisation économique pour les deux parties. Il peut alors y avoir transfert de compétences, de technologie, de brevet.

 

Les organismes d’accompagnement à la création-reprise en région

En Poitou-Charentes

ADIE 16, 17, 79, 86 : finance et accompagne les créateurs d’entreprise, plus particulièrement les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires des minima sociaux.

AGEFIPH : finance, garantie et accompagne l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

BGE 16, 17, 79, 86 : ce Réseau mobilise les ressources nécessaires pour assurer conseil et formation (financements publics et privés, fondations…)

BPIfrance Poitou-Charentes accompagne les entreprises de l’amorçage jusqu’à la cotation en bourse, du crédit jusqu’à la consolidation de fonds propres, en passant par les garanties.

CCI Angoulême, Cognac, La Rochelle, Niort, Poitiers, Rochefort pour les formalités de création, les conseils et les solutions d’hébergement (commerce, services et industrie).

CDA 16, 17, 79, 86 : les Communautés d’Agglomération ou de Communes conseillent et proposent des Zones d’Activités, des pépinières et hôtels d’entreprises.

CERFRANCE est le 1er réseau de conseil et d’expertise comptable en France.

CHAMBRE DES MÉTIERS ET DE L’ARTISANAT 16, 17, 79, 86. pour les formalités de création, les conseils, les solutions d’hébergement dédiés aux artisans.

CONSEIL RÉGIONAL : aides, accompagnement, subventions.

COUVEUSE D’ENTREPRISE 17 : Une couveuse est un lieu d’accueil au sein duquel le créateur peut tester son concept en situation réelle et valider la faisabilité de son projet.

DIRECTION RÉGIONALE DES ENTREPRISES, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi : Informations, financement, aides sociales.

ECTI : association de 3.000 bénévoles retraités en France, anciens cadres ou anciens chefs d’entreprises, qui interviennent pour conseiller et accompagner les entreprises et les créateurs.

EGEE Poitou-Charentes : association nationale de bénévolat économique composée d’anciens cadres ou dirigeants proposant conseils et accompagnements pour les jeunes, les créateurs, les PME/TPE.

EXPERT COMPTABLE : il est le conseiller de proximité du chef d’entreprise et accompagne les créateurs/repreneurs à chaque étape de leur parcours.

INITIATIVE France (16, 17, 79, 86) : 1er réseau associatif de financement et d’accompagnement des créateurs d’entreprise avec 231 plateformes locales en France.

IPCA : membre du réseau France Active, Insertion Poitou Charentes Active accompagne notamment les structures d’utilité sociale.

RÉSEAU ENTREPRENDRE Poitou-Charentes : Association majeure pour l’accompagnement à la création/reprise (prêt d’honneur)

RSI : le Régime social des Indépendants dispose d’une agence d’accueil à Angoulême, La Rochelle, Niort et Poitiers.

URSCOP Poitou-Charentes : Conseil et appui aux coopératives et aux Scop, aide à la création ex nihilo ou à la reprise d’entreprises par les salariés. Voir aussi Aceascop à Poitiers, Chatellerault et Niort.

Rappel : La plupart de ces entités se retrouvent sur l’ensemble des autres régions ou départements français.

 

En Limousin

AGIR ABCD est une ONG regroupant des retraités qui apportent leurs compétences en faveur de l’insertion sociale et économique.

La Boîte à Business propose Pépinière et Hôtel d’entreprises avec domiciliation commerciale

CRESS : la Chambre Régionale de l’Economie Sociale & Solidaire accompagne les initiatives dans ce secteur d’activités.

Limousin Business Angels a accompagné le démarrage et le développement d’une cinquantaine d’entreprises pour 8 ME.

La Région a mis en place un portail internet dédié à la création, reprise & transmission : creezenlimousin.fr

 

En Vendée

La Chambre de Commerce et d’Industrie est devenue un business angel à la vendéenne avec Vendée Croissance qui dispose d’un fonds doté de 6 M€.

 

En Gironde

La Région a mis en place deux accès internet dédié à la création, reprise & transmission :

aquitaine.fr/actions/innovation-et-emploi/économie/ mon-projet-economique/je-cree

transmission-reprise.aquitaine.fr

CRESS : la Chambre Régionale de l’Economie Sociale & Solidaire accompagne les initiatives dans ce secteur d’activités.

COOP & BAT, coop’Alpha, Couveuse Anabase sont des coopératives qui permettent de tester son concept en grandeur réelle.

FINAQUI est une association de Business Angels qui intervient dans le grand sud-ouest.

 

RAPPEL : Vous pouvez aussi consulter la liste des incubateurs en région

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

APCE (Agence pour la Création d’Entreprise), petite-entreprise.net

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