Economie sociale et solidaire

Les Deux-Sévriens se mobilisent pour relancer le « chèvre-boîte »

Créée sur les cendres de la laiterie de Bougon qui a fermé ses portes au printemps 2014, la Société Coopérative d’Intérêts Collectifs Fromagerie du Pays Mothais à la Mothe Saint Héray (Deux-Sèvres) a besoin de se doter d’un nouvel outil de production afin de relancer l’activité du « chèvre-boîte ». Pour parvenir à cet objectif, la SCIC a eu recours au crowdfunding. « Nous avons déjà investi 194 500 euros de notre poche et nous recherchons au moins 150 000 euros supplémentaires pour compléter le plan de financement. Si l’objectif est dépassé, les sommes collectées nous permettront de renforcer davantage les fonds propres et de réduire le prêt bancaire », expliquait avant la clôture de la campagne, fin mars, Dominique Guérin, présidente de la SCIC.

Le moins que l’on puisse dire est que l’opération a été un succès. En effet, 533 contributeurs ont répondu à l’appel et plus de 166 000 euros ont été collectés sur la plateforme de financement participatif Bulb in Town.

Les travaux de construction de la laiterie ont démarré en mai. La production de fromages démarrera logiquement dans un an. L’entreprise produira du chèvre-boîte, mais également du mi-chèvre, des chabichoux, des mothais et des faisselles. Dès la troisième année de fonctionnement, les perspectives présentent une production de l’ordre d’1,1 million de fromages et un chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros. Une des particularités de cette coopérative est de rassembler des consommateurs, des agriculteurs et des salariés de l’ancienne laiterie. Elle devrait démarrer son activité avec un effectif de dix salariés et cinq éleveurs.

Côté commercialisation, la fromagerie vise principalement l’ancienne région Poitou- Charentes et Paris, via le marché de Rungis. Si les grandes et moyennes surfaces ainsi que les supérettes restent le débouché naturel, les restaurateurs et magasins de vente locaux semblent également ouverts à cette nouvelle production. Une enquête conduite par les responsables a démontré que « 80 % des 119 points de vente contactés sur le Poitou-Charentes étaient intéressés par la gamme de produits ».

 

La vie professionnelle peut aussi être un apprentissage

Le 7 avril dernier, le chantier d’insertion du Centre Intercommunal d’Action Sociale (CIAS) de la communauté de communes du thouarsais a fêté ses 20 ans. Aujourd’hui, il propose aux personnes en situation de précarité de reprendre contact avec le monde du travail. Pour ce faire, le chantier a développé au fil des ans trois activités. La première concerne la maçonnerie avec la restauration du patrimoine architectural bâti et non classé de la ville de Thouars. Le second volet s’inscrit dans le prolongement du précédent mais côté espaces verts puisqu’il s’agit de l’aménagement paysager et l’entretien des sites réhabilités par l’équipe de maçonnerie. Enfin, la dernière activité est un atelier de faïencerie qui réalise et commercialise auprès des particuliers, entreprises ou collectivités, des céramiques. « Notre rôle n’est pas de former des maçons ou des professionnels en espaces verts… expliquent conjointement Angèle Lacour, directrice du CIAS et Magali Le Monsonnec, la coordinatrice du chantier. Il s’agit avant tout de permettre aux bénéficiaires, dont certains ont été éloignés du monde du travail durant plusieurs années, de retrouver un rythme, de respecter des horaires ou des délais. De leur côté, ils doivent construire leur projet professionnel en parallèle ».

Depuis sa création, plus de six cents personnes, dont 75 % sont issues de la ville de Thouars, sont passées par ce chantier d’insertion. « La moyenne d’âge dans notre atelier est de 37 ou 38 ans. Chaque bénéficiaire signe un contrat à durée déterminée d’insertion pour une période maximale de 24 mois », concluent les responsables.

 

Un bâtiment entre économie solidaire et expérimentation énergétique

Dans le cadre de sa politique d’innovation, la communauté d’agglomération du Grand Angoulême a souhaité densifier l’offre destinée aux entreprises et notamment aux jeunes pousses innovantes. La collectivité va donc agrandir de près de 1 800 m² la pépinière d’entreprises du Grand Girac, sur la commune de Saint-Michel, aux portes d’Angoulême. Un chantier qui va demander un investissement de plus de 3 millions d’euros. Prévu pour être livré en 2019, ce nouvel ensemble offrira des espaces de coworking, des ateliers et de bureaux modulaires afin de pouvoir accueillir au minimum douze nouvelles entreprises. « Le bâtiment devra répondre à différents types de besoin, et notamment à ceux des entreprises en développement ; des créateurs d’entreprise à contenu innovant et technologique ; des projets individuels des cadres, ingénieurs et techniciens des grands groupes locaux s’inscrivant par exemple dans une logique d’essaimage ou encore à ceux des projets individuels et collectifs des étudiants, doctorants, post-doc et enseignants du Centre des Études Supérieures Industrielles (CESI), de l’IUT, et du CIFOP… ».

Mais, pour l’agglomération engagée dans la réduction des dépenses énergétiques (voir autre article), ce bâtiment se doit d’être exemplaire. Ainsi, quelque 400 m² de panneaux photovoltaïques couvriront les toits. L’énergie produite sera stockée et réinjectée grâce à une pile à hydrogène. Cette expérimentation portée par Nexeya Systèmes et le CEA Tech permettra aux locaux d’être conformes à la labellisation BEPOS (bâtiment à énergie positive).

 

Un nouveau Fablab ouvre à La Rochelle

Quel lien existe-t-il entre la fabrication de maquettes, la customisation de vêtements, l’assemblage de robot ou encore la retouche de photos ? Si ces activités n’ont, a priori, pas de point commun, elles se retrouvent toutes au sein des Etablis & Co à La Rochelle. Ouvert depuis le 19 mars dernier, cet « atelier de fabrication traditionnel et numérique permet à tout un chacun de venir créer, réparer, customiser, graver, assembler… des projets en tout genre », précisent Adélaïde Plat et Mickaël Dasilva, à l’initiative de ce projet qui associe espace de coworking et fablab (laboratoire de fabrication). Et pour permettre à tout le monde de s’exprimer, l’atelier partagé et collaboratif s’est doté de machines, réparties dans différents ateliers : bois, créations 3 D, photos… L’objectif reste le même : favoriser les échange et partager le savoir-faire. Ce « tiers-lieux » a bénéficié d’un large soutien des acteurs de l’économie solidaire, à l’image de six clubs Cigales qui ont investi 16 500 E au capital des Etablis & Co.

Réagir à cet article

comment-avatar

*