Export : l’atout « french touch »
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Export : l’atout « french touch »

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> Où s’informer pour bien débuter à l’international ?

> Le e-commerce transfrontière

> Les avantages du VIE

 

En 2016, le nombre d’entreprises exportatrices de biens s’est stabilisé en France (124.100) après avoir régulièrement augmenté depuis 2013. C’est mieux… mais peu au regard de nos voisins européens : 312.000 PME exportatrice en Allemagne, 220.000 en Italie, 157.000 en Espagne, 137.000 au Royaume-Uni.

Autres chiffres inquiétants : le déficit commercial de la France s’établira autour de 63 milliards d’€ en 2017 contre 48 milliards en 2016… à comparer avec l’excédent allemand de 253 milliards d’€.

Pourtant, les entreprises françaises peuvent compter sur l’effet « French Touch » qui séduit toujours les étrangers et surtout sur un réseau d’appuis publics et privés plutôt performant : Business France, Bpifrance, CCI France International, les CCI en Région, les conseillers du commerce extérieur…

 

Où s’informer pour bien débuter à l’international

Un ensemble d’appuis publics et de consultants

Business France constitue le pilier central du dispositif d’accompagnement des entreprises françaises à l’export. Il a trois autres missions : promouvoir l’attractivité de la France et de ses entreprises, gérer le dispositif VIE (Volontariat International en Entreprises), convaincre les étrangers d’investir en France. Le réseau BF est présent dans 70 pays via 93 bureaux.

Bpifrance est au coeur du dispositif de soutien financier à l’exportation en proposant une large palette de solutions, dont le Prêt export d’une durée de 7 ans, assorti d’un différé de remboursement de deux ans, ou la récente mise en place du crédit acheteur. La présence de 45 chargés d’affaires Business France dans les directions régionales de Bpifrance permet d’optimiser l’offre financière globale.

• La CCI International est constituée d’un réseau de 186 implantations dans 85 pays, qui sont des relais des CCI basées en France.

• Les CCI de proximité assurent un service d’accompagnement, notamment auprès des primo-exportateurs et des PME.

• Les Conseillers du Commerce Extérieur de la France sont des professionnels bénévoles basés en France ou à l’étranger qui coachent les entrepreneurs débutant à l’international (cnccef.org).

• Les Consultants privés sont consultables via l’Osci, leur principale organisation professionnelle.

• Le portage d’entreprise : Une PME qui débute sur un marché étranger peut demander à être « portée » par une grande entreprise déjà installée dans le pays convoité (pactepme.org).

Vers un « guichet unique »… mieux taillé pour les petites entreprises

Fin 2017, le gouvernement a présenté la nouvelle architecture qu’il souhaite mettre en place pour simplifier le réseau d’accompagnement à l’export : 1 guichet unique au plan régional et 1 dans chaque pays. Objectif : porter de 125.000 à 200.000 le nombre d’entreprises exportatrices.

Le dispositif actuel est plutôt conçu pour les grands Groupes et les ETI. Beaucoup moins pour les petites entreprises et pour certains secteurs, comme l’agro-alimentaire, qui sont en général des TPE ou PME, souvent des sociétés familiales.

 

Le e-commerce transfrontière

En 2017, l’e-commerce transfrontalier a enregistré une croissance de 25% contre 12% pour l’e-commerce en général. En 2022, il pourrait atteindre 20% du commerce en ligne contre 12% aujourd’hui.

Les e-vendeurs français sont bien positionnés

Selon une enquête Paypal/Ipsos de 2016, 64% des e-marchands de l’hexagone vendent à l’étranger, contre 59% en Allemagne et 56% au Royaume-Uni. Portés par l’attrait du « Made in France », ils ont encore de belles marges de progression vers la Chine, le Moyen-Orient ou l’Amérique du Nord, même si c’est en Europe que le potentiel de croissance semble le plus prometteur.

L’effet « Digital Single Market Strategy »

Une dynamique qui devrait s’accentuer sous l’impulsion du Digital Single Market Strategy : une initiative de l’UE qui défend un projet de marché unique numérique libre et sécurisé dont les réformes iraient du droit d’auteur aux télécommunications, en passant par la livraison de colis.

Les 3 freins de l’e-commerce transfrontalier

La fraude et la gestion des devises qui nécessitent de choisir un service de paiement sûr et efficace ;

Les contraintes réglementaires et fiscales du pays qui peuvent décourager les opportunités commerciales ;

La logistique et la logistique inverse (ou logistique des retours) qui se doivent d’être cohérentes et prévisibles en termes de coût.

La logistique : défi n°1 du e-commerce

En 2016, Paypal & Ipsos ont demandé à 28.000 e-clients de 32 pays ce qui les empêchait d’acheter en ligne à l’étranger. Trois raisons touchaient à la logistique : des frais de livraison trop élevés (35%), la peur de ne pas recevoir le produit (33%), le délai d’acheminement (29%).

Trois cas de figure

Pour l’entreprise qui expédie vers les pays limitrophes, il y a trois possibilités :

• Le recours à des « expressistes » qui livrent en 24h/48h. La valeur du produit doit être en mesure de supporter le coût d’un tel transport ;

• Le groupage des marchandises en partance pour un même pays, afin de mutualiser les coûts de transport. Le délai est plus long mais la solution plus économique ;

• Le stockage à l’étranger quand le volume est conséquent.

La gestion des retours

Les Allemands sont connus pour retourner 70% du prêt-à-porter qu’ils achètent en ligne. Un défi pour les entreprises sur le plan de la logistique et des coûts inhérents.

Deux solutions :

• Si l’entreprise dispose d’un magasin physique ou d’un dépôt à l’étranger, elle peut directement y réintroduire ses retours ;

• Si elle est 100% e-commerce, la solution la moins onéreuse consiste à retourner les produits de façon massifiée, et non au coup par coup.

 

Le VIE : un dispositif gagnant/gagnant

Le Volontariat International en Entreprise (VIE) permet aux entreprises qui souhaitent s’engager à l’export de bénéficier des compétences d’un jeune européen de moins de 28 ans, à des conditions avantageuses, pour une mission de 6 à 24 mois. Un dispositif gagnant/gagnant puisque l’entreprise bénéficie d’avantages financiers tandis que le Jeune gagne en compétences et en réseau. Les offres de VIE sont regroupées sur le site Civiweb.

Une gestion administrative simplifiée…

Le dispositif VIE est géré par Business France : du recrutement à la gestion administrative et logistique du Jeune, en passant par sa protection sociale. La formule exonère l’entreprise de tout lien contractuel puisque le contrat est passé entre Business France et le Jeune.

… Et divers avantages financiers

Le recours à un VIE donne droit à un crédit d’impôt export égal à 50% des dépenses éligibles, plafonné à 40.000€. En outre, l’entreprise est éligible au Prêt de Développement Export de Bpifrance. Dans certains cas, elle peut aussi bénéficier d’aides nationales ou régionales.

Pour des missions commerciales ou techniques

Les missions confiées peuvent être diverses et transverses : études de marchés, prospection, renforcement d’équipes, accompagnement d’un contrat, d’un chantier, création d’une structure locale, animation d’un réseau, contrôle de gestion…

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

MOCI, lsa-conso.fr, L’express, L’Expansion, caissedesdepotsdesterritoires.fr

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