La filière portuaire rochelaise s’inquiète pour l’agriculture
Michel Puyrazat, Président du Directoire du Port Atlantique La Rochelle et René Muratore, Président du Conseil de Développement (2e et 3e en partant de la droite), aux côtés des professionnels de la filière maritime agricole, qui s'attendent à un rebond en 2017-2018

La filière portuaire rochelaise s’inquiète pour l’agriculture

La 4e Bourse Maritime Agricole La Rochelle-Pallice qui s’est tenue les 15 et 16 juin a été l’occasion d’un point sur la situation des trafics portuaires agricoles.

Un recul conjoncturel marqué

On savait que la campagne 2016-2017 serait mauvaise, en raison des évènements climatiques du printemps 2016. Cela s’est vérifié. Vincent Poudevigne, DG de Sica Atlantique observe la plus faible campagne depuis longtemps, en recul de 37 % à 2 Mt au lieu de 3,2 Mt. Le maïs a été le grand absent. Jean-François Lépy, DG de Soufflet Négoce, annonce quant à lui une baisse de 20% à 1,3 Mt. Il constate que les récoltes ont été consommées en France, ce qui a laissé peu de disponibilités pour l’export. De plus, la qualité était insuffisante. L’ensemble du port a ainsi enregistré 3,3 Mt de céréales, au lieu de 4,55 Mt en 2016. Consolation, Rouen affiche un recul encore plus marqué.

Les vracs agricoles accusent une baisse de 4 % à La Rochelle, et même de 8 % pour les engrais. L’alimentation animale, quant à elle, croît de 6 %. Sur les 5 premiers mois 2017, la tendance est cependant à la hausse pour les engrais (+ 7 %) comme pour l’alimentation animale (+ 12%). S’agissant de cette dernière, Francis Grimaud, directeur d’EVA, constate une hausse de 20 % à 188 000 t. et +26 %, tous produits confondus.

Sébastien Hamon, directeur d’Atena a constaté une baisse de 6% des importations d’engrais solides, à 332 000 tonnes. Cela s’explique par la mauvaise récolte céréalière et par un prix du marché en baisse. Le trafic n’a pas été régulier, concentré sur décembre et le début de l’année. La tendance est plutôt bonne pour la période estivale. On attend 350 000 à 400 000 t. cette année, contre 180 000 t. il y a 5 ans.

D’autres motifs d’espoir existent. Après une campagne « à oublier », les professionnels affichent un optimisme modéré. Ils sont confiants quant à la campagne 2017-2018. Vincent Poudevigne note toutefois une incertitude quant au maïs en raison de la météo sèche. Pour Jean-François Lépy, la chaleur peut être bénéfique pour les céréales sur nos régions, mais la situation au nord de la Loire lui inspire de des craintes.

Des inquiétudes structurelles

De manière générale, il constate « un vrai problème de compétitivité pour nos agriculteurs ». La zone de la Mer Noire « fait » les prix et le marché mondial n’a pas senti l’absence de la France. De plus, les pays de l’Est se professionnalisent et améliorent leur qualité. Pour lui, il faut dégager de la valeur et rehausser les standards des produits. Le blé français, notamment, est trop faible en protéines. Il faudrait atteindre de manière constante un taux d’11,5 % ou supérieur. Il pointe aussi la règlementation très stricte du dernier apport d’azote et un « système » qui « favorise les rendements et non la qualité ».

Vincent Poudevigne ajoute : « il faut se mettre dans la  tête qu’on doit produire pour l’export ». Il ajoute que l’absence de réserve d’eau de substitution dans la région représente également un obstacle, ce qui oblige à importer du maïs.

 

Jean-François Lépy (DG de Soufflet Négoce), estime que l'agriculture française est peu compétitive à l'export

Jean-François Lépy (DG de Soufflet Négoce, au centre), estime que l’agriculture française est peu compétitive à l’export

 

Laurent Kaczmarek

 

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