Financement : les nouvelles opportunités

Financement : les nouvelles opportunités

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> Les soutiens bancaires : le retour ?

> Les autres sources de financement & financement participatif

> L’atout Bpifrance

> Comment séduire les « Business Angels » ?

 

Une récente étude de l’Insee révèle que 72% des entreprises créées avec 80.000€ ou plus sont toujours en activité au bout de cinq ans, contre 54% pour celles créées avec moins de 4.000€. Alors, du love money au capital-risque en passant par les fonds d’amorçage, l’emprunt classique ou le crowdfunding, comment financer les trois premières années de son entreprise puis son développement pour être pérenne ? Le JDP précise quelques pistes.

 

© Elnur Amikishiyev

© Elnur Amikishiyev

 

Les soutiens bancaires : le retour ?

Selon la Banque de France, à fin mai 2017, l’encours des crédits aux entreprises s’élève à 390 milliards d’€ pour les PME, 254 milliards pour les ETI et 105 milliards pour les Grandes Entreprises. Ces encours progressent dans tous les secteurs (sauf dans la construction) et devraient continuer à croître.

Les banques & le financement des entreprises

Le secteur bancaire affirme avec vigueur son soutien au financement des PME. Il s’agirait même de « sa priorité stratégique », selon la FBF (Fédération Bancaire Française). La preuve ? Fin 2016, 90% des demandes de prêt formulées par des PME pour des crédits d’investissement ont été acceptées, 83% pour les crédits de trésorerie.

Pourtant, dans un article paru dans Les Echos en février 2017, Audrey Stawart atténue l’enthousiasme : « l’accès au crédit reste difficile pour beaucoup de PME. Les chiffres de la FBF ne prennent en compte que l’issue des dossiers de demande de crédit traités par les banques. Or beaucoup de demandes de prêts sont refusées en amont et ne font pas l’objet d’une demande formelle ». Ce serait notamment le cas pour des demandes de prêt sur des montants élevés et/ou de longue durée, ou relatif à du financement d’immatériel (recrutement, R&D, export…).

Du mieux pour les Très Petites Entreprises

Selon la Banque de France, les crédits aux TPE continuent de progresser. L’encours de crédits de ces entreprises de moins de dix personnes s’établit à 251,3 milliards d’€ à fin juin 2017, soit +4,2% sur un an. Cette progression concerne aussi bien les crédits d’investissement (+4%) que les crédits immobiliers (+5,4%), tandis que l’encours des crédits de trésorerie diminue (-2,8%).

Le taux d’intérêt moyen s’affiche à 1,91%, nettement en-deçà de ceux pratiqués dans les autres grands pays de la zone euro.

• Près de 70% des TPE obtiennent, en totalité ou en grande partie, les crédits de trésorerie demandés, contre 59% mi-2015,

• Plus de 80% obtiennent en totalité ou en grande partie, leurs crédits d’investissement. Toutefois, selon un rapport de l’Observatoire du Crédit aux Entreprises, les banques répondent encore trop lentement aux TPE : dans 10% des cas, l’examen des demandes dépasse les quinze jours ouvrés.

Une demande satisfaite mais limitée pour les PME

95% des PME obtiennent un accord à leurs demandes de crédits d’investissements. Certes, la majorité de ces PME qui empruntent sont en bonne santé et sont capables de se projeter à long terme : ils ont donc la confiance des banques.

Toutefois, ces bons chiffres doivent être tempérés car les encours progressent modestement (+2% par an). De fait, la demande de nouveaux crédits reste limitée et beaucoup d’entreprises reportent toujours leurs projets d’investissement par manque de visibilité. Dans un article des Echos Entrepreneurs, Edouard Lederer complète : « Les limites ne viennent pas que de la demande : dans l’offre bancaire de financements, il reste certains trous dans la raquette. En particulier, le financement de dépenses immatérielles (innovation, marketing…), pour lesquelles aucune prise de garantie physique n’est possible, reste complexe ».

Rappel des différents types de crédits bancaires

1) Les financements à court terme

Ils permettent d’assurer l’équilibre de la trésorerie de l’entreprise en finançant par exemple les stocks, les délais de fabrication ou les délais de paiement consentis aux clients. Parmi ces crédits, dont la durée est toujours égale ou inférieure à celle d’un exercice comptable mais qui peut être reconduite chaque année après examen des comptes, on distingue :

La facilité de caisse qui correspond à une autorisation de découvert d’une durée maximum de 15 jours par mois. La banque peut résilier à tout moment cette autorisation avec un préavis argumenté de 60 jours. Le décompte d’intérêts, ou agios, est le plus souvent trimestriel.

Le découvert autorisé est différent de la facilité de caisse dans la mesure où le compte n’est pas tenu de revenir créditeur dans le courant du mois. Il est donc particulièrement adapté à certaines activités saisonnières ou à certains cycles d’exploitation plus longs. Le découvert est généralement accordé pour un an mais peut être modifié ou résilié avec un préavis de 60 jours.

L’escompte commercial consiste à céder à sa banque un effet de commerce (traite, lettre de change, billet à ordre) relatif à des marchandises ou à des services vendus à un client pour qui l’entreprise a accordé un délai de paiement. La banque peut refuser l’escompte de certains clients jugés trop risqués.

La mobilisation de créances Dailly permet d’obtenir une avance de trésorerie en échange de la cession ou du nantissement de factures émises par l’entreprise. Cette procédure permet à l’entreprise d’être réglée dès l’émission de la facture, sans remettre en cause le délai de paiement accordé à son client.

L’affacturage ou  » factoring «  consiste à céder les créances clients de l’entreprise à un organisme spécialisé appelé factor ou affactureur. Ce qui permet à l’entreprise de récupérer immédiatement de la trésorerie, charge au factor d’assurer l’encaissement des factures. En déléguant la gestion et le suivi du recouvrement, et éventuellement les impayés, l’entreprise peut ainsi se consacrer à son coeur de métier. Revers de la médaille : le factor prélève une commission d’affacturage, une commission de financement et une participation à un fond de garantie. Sur ces trois dernières solutions, l’affacturage est la solution la plus coûteuse, car elle inclut la prise en charge du risque d’impayé, contrairement à l’escompte commercial ou au financement Dailly.

2) Les crédits à moyen et long terme pour les investissements

Ces crédits prennent deux formes : le prêt ou le crédit-bail.

Le prêt d’investissements finance des biens corporels (hors TVA) : matériel, véhicule, ordinateur… ou des besoins incorporels : financement de licence, de brevet, du fonds de roulement. La durée de remboursement, de 2 à 7 ans, est définie en fonction de la durée de vie du matériel, de sa valeur au terme du crédit et/ou surtout en fonction de son amortissement fiscal. Le taux d’intérêts est fixe, variable ou indexé.

Le crédit-bail mobilier consiste à faire acheter par la banque le matériel choisi qui, ensuite, sera loué à l’entreprise pour une durée de 2 à 5 ans, avec ou sans option d’achat à l’issue finale. Les loyers, payables d’avance, sont mensuels ou trimestriels. Ils s’inscrivent dans le compte de résultat et diminuent d’autant le bénéfice imposable de l’entreprise. Le crédit-bail mobilier permet de financer 100% du TTC et certaines formules sont assorties de prestations complémentaires : assistance, contrat d’entretien, bris de machines…

La Location Longue Durée : le principe de la LLD est identique à celui du crédit-bail mobilier, mais sans option d’achat à l’issue du financement. Cette formule est souvent utilisée pour financer des véhicules ou une flotte de véhicules. La durée du contrat varie de 1 à 5 ans avec des loyers mensuels ou trimestriels. La formule LLD présente quatre avantages et une contrainte :

• Simplicité de mise en place,

• Aucune gestion du matériel : entretiens réguliers pris en charge par l’établissement financier,

• Financement à 100% du TTC,

• Loyers intégralement déductibles du compte de résultat et du bénéfice.

• La contrainte : un dépôt de garantie au départ, restituable en fin de contrat en fonction de l’état du matériel.

Remarque : Pour comparer le coût d’un crédit-bail mobilier avec celui d’un LLD ou d’un prêt bancaire classique, tout en estimant les incidences sur le bilan et le compte de résultat, l’avis de l’expert- comptable s’avère indispensable.

Le prêt d’investissement immobilier sert à financer des biens immobiliers à usage professionnel. Remboursable entre 8 et 15 ans, ce prêt classique est assorti de taux fixe, variable ou indexé.

Le crédit-bail immobilier consiste, là encore, à faire acheter par la banque un bien immobilier pour le compte de son client, pour ensuite lui louer sur une durée souvent comprise entre 8 et 15 ans. Avec la faculté de devenir propriétaire au terme de la location : « option d’achat » appelée aussi « promesse de vente à terme ».

Le crédit-bail immobilier, qui peut financer 100% de l’opération, est remboursable par loyers mensuels ou trimestriels, payables d’avance. Le principal avantage du crédit-bail immobilier réside dans la déductibilité totale des loyers.

 

Les autres sources de financement & financement participatif

Créer ou reprendre une entreprise nécessite un montage faisant appel à plusieurs sources de pré-financement, en amont des prêts classiques.

Les principales sources de pré-financement :

L’apport personnel : plus il sera conséquent, plus il démontrera l’implication du porteur de projet et plus les futurs partenaires seront rassurés.

Le « love money » consiste à solliciter sa famille et ses amis. Rappelons que les parents et grands-parents bénéficient d’une exonération de droits de mutation en cas de dons et que les investisseurs jouissent de réduction d’impôts.

La « prime » Pôle emploi : Les demandeurs d’emploi peuvent bénéficier d’une prime (ARCE) égale à 45% du total de leurs allocations restant dues : pour moitié à la création puis six mois après.

Les prêts d’honneur : Les réseaux d’accompagnement comme Réseau Entreprendre ou Initiative France accordent des prêts à taux zéro. Les montants oscillent entre 2.000 et 50.000€, selon la nature du projet et les territoires. Ils financent les investissements de départ (matériel, aménagement, stocks…) et même le besoin en fonds de roulement. Leur obtention facilite grandement l’accès à un prêt bancaire classique ou à un prêt de la BPI. Selon Initiative France, 1€ de prêt d’honneur permet en moyenne l’octroi de plus de 7€ de financements complémentaires. A noter que ces prêts sont accordés à la personne et non à l’entreprise : chacun des associés peut donc obtenir un prêt d’honneur.

Le crowdfunding ou financement participatif est un mode de collecte de fonds via une plateforme internet qui met en relation des porteurs de projet et des contributeurs qui veulent investir et apporter leur soutien au projet. Les sites de mise en relation sont souvent thématiques : projets innovants, numériques, environnementaux, culturels, sociaux… On distingue trois formes de contributions participatives :

Le don qui comprend trois options : sans contrepartie, avec contrepartie symbolique (exemple : un t-shirt à l’effigie de l’entreprise) ou en pré-vente/ pré-commande du futur produit. Selon Financement Participatif France, le don moyen est d’environ 60€, le montant moyen collecté oscille entre 3.000 et 4.000€ et le taux de succès serait de 2 pour 3.

La prise de participation aux fonds propres (crowdequity) avec trois modes de rémunération possibles : l’investissement en capital assorti d’une rémunération sous forme de dividendes ou de plus-values lors de la cession des titres, l’investissement en obligations et rémunération sous forme d’intérêts, ou l’investissement en royalties avec rémunération sous forme de commissions sur le chiffre d’affaires. Dans certains cas, la prise de participation ouvre droit à des avantages fiscaux pour les investisseurs.

Le prêt (crowdlending) avec deux modalités possibles : le prêt sans intérêt ou le prêt à intérêt sans caution ni garantie. L’entreprise doit présenter au moins deux bilans comptables pour y prétendre, notamment pour les prêts rémunérés dont le taux moyen est de 8%. Le montant des prêts non rémunérés est plafonné à 5.000€ par prêteur et par projet, et à 2.000€ pour les prêts rémunérés. En général, les plateformes prennent une commission de 3 à 12% sur le montant des sommes récoltées.

 

Réussir sa campagne de Crowdfunding

Pour l’Agence France Entrepreneur (afecreation.fr), une campagne de crowdfunding se déroule en 3 temps :

Avant la campagne. Le concept et la réflexion doivent être aboutis, sinon c’est le flop et le « bad buzz » assurés. Il s’agit donc de s’interroger sur différents points : mon projet est-il assez concret et mature ? Ai-je un réseau personnel mobilisable rapidement pour amorcer la pompe ? (« Un début en force vaut de l’or »). Avez-vous un produit à montrer ? Avez-vous une histoire à raconter qui donne envie ? Quel est votre besoin global de financement ? Quelle forme de participation proposez-vous ? Quelles contreparties pouvez-vous proposer ? Devez-vous passer par une plateforme ? Si oui, laquelle ? Mes compétences de communiquant et ma maîtrise des réseaux sociaux sont-elles suffisantes ? De quel budget avez-vous besoin pour communiquer ?

Puis, il faut déterminer ses messages, peaufiner son « storytelling », tourner une vidéo originale et percutante.

Si de nombreuses plateformes offrent la possibilité de lancer une campagne de crowdfunding, toutes ne se valent pas et il convient d’effectuer une comparaison sur 4 critères :

• Les types de financement proposés,

• Le taux de succès de la plateforme,

• Son audience,

• Son taux de commission.

Pendant la campagne : Le web ne fait pas tout. Il faut activer son réseau, aller à la rencontre des gens, multiplier les e-mails, créer des événements… car les générations plus âgées ne sont pas forcément actives sur les réseaux sociaux. Le contact personnel est encore plus important lorsque l’aspect local est mis en avant.

Après la campagne : Que le projet ait trouvé les fonds nécessaires ou pas, il faudra remercier les contributeurs, les tenir informés de l’issue du projet, transmettre les éventuelles contreparties convenues…et éventuellement les rencontrer. La durée d’une campagne Pour un don avec contrepartie, une campagne de 30 jours est suffisante. Pour le crowdlending et le crowdequity, la durée peut se prolonger sur 90 jours.

La durée d’une campagne
Pour un don avec contrepartie, une campagne de 30 jours est suffisante. Pour le crowdlending et le crowdequity, la durée peut se prolonger sur 90 jours.
Les principales plateformes
Bpifrance propose un annuaire des plateformes de crowdfunding sur le site tousnosprojets.fr tandis que Alloprod ou Good morning les recensent par catégorie de projets. D’autres plateformes comme Tudigo se spécialisent dans le financement participatif de proximité pour les artisans, commerçants, agriculteurs, industriels ou associations.

 

©Tijana

©Tijana

 

L’atout Bpifrance

Bpifrance est une filiale de la Caisse des Dépôts et de l’État, forte de 47 implantations régionales. C’est le bras armé des politiques publiques conduites par l’État et les Régions. Elle propose aux entreprises un continuum de financements à chaque étape clé de leur développement, y compris pour l’amorçage. Bpifrance assure également des services de soutien à l’innovation et à l’export en partenariat avec Business France.

Si vous consultez le site Bpifrance – onglet « Toutes nos solutions » – plus de 200 réponses sont proposées, que vous soyez TPE, PME, ETI ou Grande Entreprise.

Ces solutions sont réparties dans 25 packages dont :

• Les prêts thématiques : Industries du futur, Economie sociale & solidaire, Tourisme, Transition énergétique…,

• Les crédits de trésorerie,

• Le crédit-bail, mobilier ou immobilier,

• Le crédit export,

• Les prêts régionaux ou Prêt de Développement Territorial,

• Les aides à l’innovation, individuel ou collaboratif,

• Des concours et labels comme le Fonds national pour la société numérique,

• Des participations au capital avec des Fonds d’investissement thématiques,

• Des garanties bancaires,

• Des assurances liées au change et à l’export,

• Des accompagnements, des conseils, des mises en réseau…

…et répondent à 7 types de projets :

• Créer son entreprise

• Développer son activité

• Renforcer sa trésorerie

• Renforcer son capital

• Innover

• Se développer à l’international

• Reprendre un commerce ou une entreprise.

 

Les principales solutions de Bpifrance

(Hors dispositifs sectoriels, fonds d’investissement et garanties financières) :

Prêt Croissance pour réaliser des investissements immatériels (dont les frais de recrutement et de formation) dans le cadre d’un programme d’investissement immobilier, en matériel ou d’une croissance externe : de 300.000 à 5M€ en complément des banques, de la Région ou d’autres investisseurs.

Prêt d’amorçage de 50.000 à 100.000€

(300.000€ en cas de garantie de la Région) pour renforcer la structure financière de l’entreprise, faciliter et préparer une première levée de fonds, permettre de finaliser un programme d’innovation. Ce prêt est réservé aux entreprises de moins de 50 salariés.

Prêt Innovation pour financer le lancement industriel et commercial d’un nouveau produit, procédé ou service pouvant justifier d’une innovation (50.000 à 5M€).

Prêt d’avenir sans garantie, de 1 à 5M€ pour les PME et ETI créées depuis plus de 3 ans, financièrement saines.

Prêt de Développement Territorial de 15.000 à 300.000€.

Prêt Vert de 100.000 à 3M€, sans caution et sans garantie, pour intégrer dans les processus de fabrication industrielle des équipements plus économes, moins polluants, ou conduisant à des produits éco-efficients.

Prêt Éco-Énergie (PEE) pour améliorer l’efficacité énergétique de TPE et PME créées depuis plus de trois ans (de 10.000 à 50.000€),

Prêt Industrie du futur pour financer l’accroissement des capacités industrielles des entreprises, mettre sur le marché de nouveaux produits ou exploiter de nouveaux process : de 500.000 à 5M€.

Prêt Robotique de 100.000 à 5M€ pour investir dans l’automatisation des procédés de fabrication industrielle.

Prêt Entreprises & Quartiers pour favoriser le développement des entreprises dans des quartiers en difficulté : de 10.000 à 50.000€, porté à 100.000€ en cas d’intervention de la Région.

Prêt à moyen ou long terme en complément d’une banque, à partir de 40.000€ : immobilier, construction, agrandissement, reprise…

Crédit-Bail mobilier pour financer les dépenses d’équipement supérieures à 40.000€ HT : matériels, véhicules, équipement informatique, machine-outil, neuf ou d’occasion…

Crédit-Bail immobilier pour financer les projets immobiliers: jusqu’à 100% de l’investissement à partir de 200.000€.

Contrat de développement pour financer des investissements immatériels liés à un programme d’investissement : de 40.000 à 600.000€, sans garantie ni caution personnelle. Un Contrat développement transmission est également possible pour la reprise d’une PME.

Prêt Réseau Entreprendre Croissance : de 100.000 à 300.000€ pour les entreprises lauréates du Réseau Entreprendre.

 

2016 : 4e année de croissance consécutive pour Bpifrance

Tous les métiers de Bpifrance ont progressé en 2016 :

• Les prêts sans garantie, particulièrement appréciés des entreprises, ont crû de 20%, dans un contexte de croissance de 10% de l’ensemble des crédits à l’investissement,

• L’activité de fonds propres a augmenté de 31%,

• Le Prêt export a battu un record à 729 milliards d’€, soit +50% par rapport à 2015

La Bpi en Nouvelle-Aquitaine

En chiffres, pour 2016

• 1,3 milliard d’€ de soutiens apportés aux entreprises régionales autorisant 2,8 milliards d’€ de financements publics et privés,

• 465 millions d’€ en soutien de trésorerie des entreprises vulnérables,
• 183 Millions d’€ de prêts accordés sans
garantie,
• 324 Millions d’€ de prêts bancaires garantis,
• 388 M€ de prises de participations en fonds
propres,
• 357 projets innovants financés pour un total de 167 millions d’€ dont 57 M€ par Bpifrance.

15 fonds régionaux communs avec la Région

Bpifrance et la Région Nouvelle-Aquitaine ont souscrit en commun dans 9 fonds régionaux et interrégionaux d’investissement.
Ils ont également mis en place :
• 3 fonds régionaux de garantie,
• 2 fonds régionaux d’innovation,
• 1 prêt de développement territorial pour le Limousin
5 délégations BPI dans la Région : Poitiers, La Rochelle, Limoges, Bordeaux et Pau.

 

Comment séduire les « Business Angels » ?

En 2015, quelques 82 réseaux de Business Angels (BA) opéraient en France, regroupant plus de 4.400 investisseurs individuels. En 2016, ils investissaient 42,7 M€, que ce soit pour le démarrage de start-up ou le développement d’entreprises matures. Selon le monde.fr, si on y ajoute les business angels « solitaires », le nombre d’investisseurs avoisinerait plutôt les 8.000.

45% des montants investis par les BA et 45,5% des entreprises financées sont dédiés au secteur du digital, devant la santé et la biotech (22%), l’industrie (10%), l’énergie et la cleantech (7%) ou les biens de consommation (7%).

Les différents types de réseaux

Les Business Angels sont très souvent organisés en réseau. On distingue :

Les réseaux associatifs qui se consacrent principalement aux projets de moins de 200.000€. Le Business Angel adhère à ce type de réseau en acquittant une cotisation annuelle.

Les réseaux « Société d’investissement » ou « SIBA » qui obligent à des règles strictes de fonctionnement (conseil d’administration, président…) et de décision d’investissement (comité d’investissement) en échange de quoi les capitaux disponibles sont plus conséquents, jusqu’à 1M€.

Les réseaux mixtes : Association + Société d’investissement

Le volet associatif facilite à la fois des actions de recrutement pour enrôler de nouveaux membres, une meilleure intégration des nouveaux Angels et un contact systématique avec des entrepreneurs à la recherche de financement. La structure Société d’investissement oblige à la rigueur de décisions collectives et permet de rassembler un nombre plus important de Business Angels.

Ces réseaux sont organisés soit :

Géographiquement avec un périmètre d’interventions local, départemental, régional ou national

Thématiquement : Santé, TIC, Agro-alimentaire, Environnement, Filière bois…

Culturellement. Exemple : réseaux d’anciens élèves de grandes écoles (ESSEC, Polytechnique, Arts&Métiers…)

Comment ça marche ?

• On parle de capital Amorçage dans le cadre d’une activité en phase de lancement. Il s’agit le plus souvent de start-up ou d’entreprises à fort potentiel qui ambitionnent d’atteindre au moins 1 M€ de CA au bout de trois ans. Ces jeunes pousses ont souvent du mal à obtenir un financement bancaire classique car leur projet est considéré à risque et non conventionnel. À ce stade, leurs besoins en financement oscillent généralement entre 300.000 et 500.000€.

• On parle de capital développement lors d’une phase de croissance de l’entreprise : ouverture à l’export, diversification… Dans les deux cas, les investisseurs demandent une prise de participation dans la société via une émission de titres. Leur objectif reste de faire des plus-values à court terme (5 ans). Les levées de fonds auprès des BA oscillent entre 50.000€ et 500.000€.

Les particularités

Contrairement à la banque qui octroie un emprunt remboursable avec des intérêts, les Angels se rémunèrent exclusivement sur les plus-values qu’ils réaliseront (peut-être) à la revente. Plus besoin de fournir de garanties personnelles.

Au-delà de l’apport financier, les Business Angels apportent un accompagnement, des conseils et un carnet d’adresses.

8 conseils pour convaincre un Business Angel

Sachant que, chaque année, un peu plus de 400 dossiers seulement sont acceptés sur plus de 10.000 déposés.

Pour persuader un Angel d’investir dans son projet, il faut prendre en compte deux dimensions : financière et humaine. Les 8 conseils du JDP :

Avoir déjà constitué sa société et trouvé des « fonds propres »

Un Angel n’étudiera pas un dossier sur une simple idée ou concept mais à partir d’une société déjà dûment constituée. Par ailleurs, le ou les fondateurs auront déjà réuni des premières levées de fonds via leur apport personnel, leurs proches (« love money »), des subventions, des prêts d’honneur ou des primes suite à des concours. Soit autant de preuves qui démontrent que les créateurs sont débrouillards et que le concept est validé.

S’afficher comme un vrai leader… mais pas que

Le charisme, l’ambition, la vision et les talents de « business developer » de l’entrepreneur sont certes des éléments clés et décisifs. Mais la présence d’une équipe solide, soudée et complémentaire, regroupant les compétences clés, est tout autant décisive. Une personne seule, enfermée dans son idée, aura plus de mal à convaincre. « Nous apprécions un leader, mais il doit être bien entouré », confirme Julien Dubois, associé de Investessor, l’une des structures de business angels d’Ile-de-France. De fait, l’équipe constitue le premier actif d’une start-up en amorçage et représente 75% de la décision d’investissement. « Nous croyons avant tout en une équipe, pas en un fichier excel » rappellent les investisseurs.

Démontrer sa plus-value et sa différenciation

Il faut que le projet ait une bonne dose d’innovation : cela peut passer par de la Tech, mais aussi de l’innovation marketing ou commerciale. Soit le concept n’aura pas d’équivalent, soit c’est la manière de le marketer ou de le diffuser qui sera innovant.

Il faut aussi que le potentiel soit pérenne : c’est pourquoi le dossier présentation doit se projeter au moins sur cinq ans.

Afficher un Business Plan rigoureux et réaliste

Comment monétiser le concept et rendre l’activité rentable ? Le business plan permet de modéliser une stratégie avec des faits et des chiffres tangibles : étude de marché, objectifs sur deux et cinq ans…. Par ailleurs, « Le porteur de projet doit nous montrer comment il optimisera le groupe d’actionnaires et organisera la gouvernance », rappelle ainsi Florence Richardson, co-présidente de Femmes Business Angels.

Savoir détailler ses propres attentes

Au-delà du soutien financier, un BA apporte habituellement des conseils, une expertise et son carnet d’adresses. Les fondateurs devront préciser en amont leurs besoins en la matière.

Avoir déjà généré du CA

Si la Start-up affiche déjà un chiffre d’affaires significatif attestant de l’adéquation du produit avec son marché, c’est un « plus ». Si ce n’est pas le cas, l’existence d’un site internet avec des preuves de trafic et de pré-études sera le minimum.

Proposer une sortie attractive pour l’Angel

Le dossier doit prévoir un plan de sortie de l’Angel : Quelle serait la valorisation de ses parts ? Quelle serait la dilution de l’actionnariat en cas d’appel à des financeurs à moyen terme ? « Les business angels veulent pouvoir multiplier les gains par 10 ou 20 ou 30 par rapport à la mise de départ », rappelle Julien Dubois. Il ne faut jamais oublier que dans Business Angel, il y a surtout Business.

Avoir le bon feeling

Puisque le rôle de l’Angel ne se limite pas au seul financement du projet et que l’accompagnement se prolongera sur plusieurs années, mieux vaut que le courant passe et qu’une relation de confiance s’établisse de façon naturelle.

Réaliser une présentation efficace et percutante

La première présentation face à un BA est cruciale. Aussi, le Power Point de présentation sera attractif et les slides percutantes, avec des visuels et non des romans. Attention : être trop abstrait et trop complexe sera, dans 95% des cas, facteur d’échec.

Présentez les informations essentielles

• Le ou les fondateurs avec leur rôle et leur parcours,

• La composition de l’équipe en place avec leurs compétences et leur complémentarité,

• Le concept avec son positionnement, sa différenciation, ses avantages, ses cibles de clientèle…

• Les sources de rentabilité,

• La stratégie de développement et la stratégie commerciale,

• Le montant du soutien financier souhaité,

• Les attentes en termes de conseils et de compétences de la part des Angels,

• Les perspectives chiffrées de développement à 1, 2 et 5 ans,

• Les possibilités de plus-value des parts à 5 ans,

• Un résumé/conclusion avec un rappel des points forts.

Un dossier complémentaire, plus étoffé, sera fourni à chaque Angel présent. Il détaillera le concept, les cibles de clientèle, le « business model », les coûts de fabrication, de fonctionnement et les coûts salariaux…

 

Sources : Bpifrance franceangel.org, dynamique-mag.com, business.lesechos.fr, afecreation. fr, horizon.entreprise.arftlv.org

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

Bpifrance franceangel.org, dynamique-mag.com, business.lesechos.fr, afecreation.fr, horizon.entreprise.arftlv.org

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