Formation : un chantier à ciel ouvert
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Formation : un chantier à ciel ouvert

 

> Le « plan d’investissement compétences » : une résolution majeure

> Les nouvelles pistes de la formation professionnelle

> Les études longues et l’insertion professionnelle

 

© Andrey Popov

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Le Plan d’Investissement Compétences : une résolution majeure

Le Grand Plan d’Investissement 2018-2022 présenté en septembre 2017 par le Gouvernement prévoit de consacrer 57 milliards d’€ pour répondre à quatre problématiques prioritaires : la transition écologique, la compétitivité de l’innovation, la transformation digitale de l’État et une « société de compétences par la formation professionnelle ».

Ce dernier volet, intitulé « Plan d’Investissement compétences » ou « PIC », doté d’un budget de 15 milliards d’€, a pour objectif de former dans les cinq ans plus de deux millions de demandeurs d’emploi éloignés du marché du travail :

• 1 million de places de formation pour les chômeurs peu qualifiés ;

• 470.000 actions vers les jeunes décrocheurs ;

• 330.000 initiatives de préparation aux dispositifs d’alternance ;

• 250.000 opérations de « Formation Ouverte A Distance » (FOAD).

A court terme, « Si nous arrivons à faire retrouver le chemin de l’emploi pérenne à 300.000 personnes, 150.000 pour les chômeurs peu qualifiés et 150.000 pour les jeunes décrocheurs, ce sera déjà bien. Cela correspond à 1 point de chômage structurel en moins. En matière de retour à l’emploi, il vaut toujours mieux partir sur des hypothèses prudentes » estime Jean Pisani-Ferry, l’économiste chargé d’élaborer le plan.

Emmanuel Macron vise plutôt le long terme en affirmant « Nous allons investir massivement sur les qualifications pour sortir d’une économie qui subventionne l’emploi précaire pour rentrer dans une économie qui va re-former les individus tout au long de la vie ».

Pour une société de compétences

Aujourd’hui le taux de chômage des « sans diplôme » est de 18%, contre 6% pour les personnes dotées d’un diplôme bac +2 ou équivalent. Selon le Gouvernement, pour apporter une réponse concrète et atteindre des taux de retour à l’emploi plus décents, plusieurs prérogatives sont à privilégier :

• La priorité à des formations plus longues et qualifiantes (6 à 9 mois), susceptibles d’améliorer durablement l’accès des bénéficiaires à l’emploi ;

• L’accompagnement individualisé des personnes admises en formation, en amont et en aval de la formation elle-même ;

• La modernisation du dispositif de formation professionnelle en unifiant les contrats d’apprentissage, d’alternance et de professionnalisation, et en finançant des expérimentations innovantes.

Quelques exemples de bonne pratique

Rendre l’apprentissage plus opérationnel par une co-construction de l’offre de formation en lien direct avec les besoins des entreprises, notamment pour les formations en alternance ou en apprentissage ;

Mettre en place des prestations complémentaires pour permettre aux demandeurs d’emploi de mieux intégrer les « compétences relationnelles » et les « postures professionnelles » qui faciliteront leur intégration dans l’univers de l’entreprise ;

Financer des expérimentations permettant de développer de nouvelles méthodes et modalités d’apprentissage, en s’appuyant sur les travaux des chercheurs, les nouvelles technologies, les exemples à l’étranger…;

Développer les formations à distance dans un parcours diplômant (objectif : 250.000 formations en e-learning) sur une large palette de types et de niveaux de qualifications ;

Accompagner les personnes les plus fragiles afin d’éviter les décrochages et afin d’anticiper la recherche d’emploi post-formation ;

Certifier les organismes de formation. Il s’agit de donner une information objective et transparente sur les organismes de formation aux personnes en recherche d’emploi et aux CEP (Conseillers en Evolution Professionnelle). A l’avenir, chaque organisme de formation devra détenir un indicateur de performance (taux d’insertion, taux de satisfaction des formés…) qui sera publié sur le modèle de « l’indicateur de valeur ajoutée » des lycées.

En outre, un système de certification ou de labellisation des organismes de formation serait mis en oeuvre. Il s’appuierait sur le Comité français d’accréditation (Cofrac) qui délivre déjà des labels dans des secteurs comme la santé, l’agroalimentaire ou le BTP.

Ces procédures devraient sensiblement diminuer le nombre d’organismes de formation estimé aujourd’hui à 75.000.

 

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Les nouvelles pistes de la formation professionnelle

Après la réforme du code du travail, c’est le volet « Formation professionnelle & apprentissage » qui va être remis à plat.

Trois axes vont guider les évolutions à venir :

• Donner à chacun plus de liberté professionnelle ;

• Fournir plus de protection pour s’insérer et évoluer sur le marché du travail ;

• Permettre à tous de s’adapter aux mutations technologiques et de progresser en compétences. L’objectif est explicite : il faut « Sortir du déterminisme du diplôme où toute une vie professionnelle est déterminée par le diplôme qu’on a obtenu entre 18 et 25 ans ».

Renforcer l’attractivité de l’apprentissage

L’ambition de la réforme est double : il s’agit de proposer davantage d’offres d’apprentissage et d’optimiser le taux d’embauche des apprentis au terme de leur formation (aujourd’hui, 70% des apprentis trouvent un emploi après leur formation). Des objectifs qui passeront, entre autres, par une réforme de la taxe d’apprentissage, de nouvelles aides et un financement au « contrat ».

La réforme de l’apprentissage : un dossier prioritaire

Selon Les Echos, « la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a repéré une trentaine de freins à l’apprentissage. Notamment l’impossibilité d’entrer dans le dispositif en cours d’année, la lenteur pour créer ou rénover une formation, le manque de passerelles lorsqu’un jeune rompt son contrat en cours d’année ». Pour lever ses freins, elle veut que « les entreprises s’engagent plus dans la co-construction des diplômes et qu’elles pilotent davantage les centres de formation en fonction de leurs besoins ».

Quant au ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, il défend lui « l’idée de campus uniques regroupant lycées professionnels, centres de formation des apprentis, universités et laboratoires de recherche, pour dépasser des clivages qui n’ont pas lieu d’être entre l’enseignement scolaire et l’apprentissage ».

Vers une fusion des contrats d’apprentissage et de professionnalisation

Aujourd’hui, il existe deux types de contrats en alternance :

Le contrat d’apprentissage qui délivre un diplôme validé par l’Education nationale. Il s’adresse uniquement aux jeunes de 16 à 25 ans.

Le contrat de professionnalisation, destiné à tous, décerne un diplôme élaboré par les branches professionnelles.

Les contrats d’apprentissage sont financés à 36% par l’Etat, 33% par les régions et 22% par les entreprises.

Les contrats de professionnalisation sont financés à 100% par les entreprises. Dans le cadre de la réforme à venir, il est probable que les deux dispositifs juridiques d’alternance (contrat de professionnalisation et contrat d’apprentissage) fusionnent, ou du moins s’articulent avec plus de simplicité et de lisibilité.

Mieux structurer la formation professionnelle

La volonté du gouvernement est double. D’une part, il veut assainir le marché de la formation professionnelle en exigeant plus de transparence et une meilleure information sur les débouchés des formations. D’autre part, il souhaite développer et optimiser le Compte Personnel de Formation (CPF), en le rendant accessible à tous, avec plus d’autonomie, et en permettant un meilleur accompagnement des salariés pour l’établissement de leur projet professionnel.

« Le Compte Personnel de Formation » : adieu la complexité administrative, bonjour la souplesse numérique

Aujourd’hui, lorsqu’une personne souhaite suivre une formation, elle doit solliciter son Opca, monter un dossier administratif, demander l’autorisation de l’employeur, consulter Pôle Emploi pour les chômeurs… La réforme à venir devrait grandement simplifier l’accès aux formations via par exemple un portail internet ou une application smartphone. Chaque salarié pourra ainsi, à l’instant T, connaître ses droits à la formation (ce qui est déjà le cas aujourd’hui), mais aussi les postes à pourvoir dans son bassin d’emploi, les formations qui conduisent à ces emplois, leur taux d’insertion, ainsi que les heures et les jours pendant lesquels elles ont lieu… et de pouvoir directement s’inscrire à une session.

Par ailleurs, les droits au CPF sont aujourd’hui calculés en heures. Un dispositif jugé inéquitable, car, selon le niveau de la formation, le coût horaire varie fortement. L’idée serait de modifier l’unité de mesure en passant d’un droit en heures à un droit en euros.

 

Le Compte Personnel de Formation est ouvert aux non-salariés depuis le 1er janvier 2018

Le Compte Personnel de Formation (CPF) est désormais accessible aux travailleurs non-salariés et à leurs conjoints collaborateurs, à savoir les travailleurs indépendants, artisans, commerçants, professions libérales, micro-entrepreneurs ou artistes-auteurs… sous réserve d’avoir cotisé au financement de la formation professionnelle.

Rappelons que le CPF s’alimente de la façon suivante :

• 24 heures par année civile d’exercice jusqu’à l’acquisition d’un crédit de 120 heures ;

• Puis 12 heures par année de travail, dans la limite d’un plafond de 150 heures.

Il est possible de bénéficier d’heures de formation supplémentaires à son quota disponible, sans pouvoir dépasser 150 heures, accordées et financées par le fonds de formation des non-salariés ou les Chambres des métiers et de l’artisanat.

Le CPF des non-salariés est pris en charge par :

• La Chambre régionale des métiers et de l’artisanat dont relève l’artisan ;

• Les Fonds d’Assurance Formation (FAF) des non-salariés ;

• L’Agefos PME pour le secteur de la pêche maritime et des cultures marines ;

• L’Afdas pour les artistes-auteurs

Ces organismes financent :

• Les frais pédagogiques et les frais annexes (transport, repas, hébergement) ;

• Les frais de garde d’enfant ou de parent à charge. Ces prises en charge pourront faire l’objet d’un plafond déterminé par le financeur compétent.

Compensation de la perte d’exploitation

Le versement par l’organisme financeur d’une indemnité permettant de compenser la perte d’exploitation provoquée par la formation suivie au titre du CPF sera subordonné à l’existence d’un accord préalable de sa part.

Les formations éligibles

Ce sont les organismes financeurs qui déterminent les formations éligibles au CPF. Certaines sont éligibles immédiatement comme :

• Les formations permettant l’acquisition du socle de connaissances et de compétences ;

• L’accompagnement à la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) ;

• Le bilan de compétences ;

• Les actions d’accompagnement, d’information et de conseil dispensées aux créateurs ou repreneurs d’entreprises agricoles, artisanales, commerciales ou libérales, exerçant ou non une activité.

 

Mise en oeuvre du « Conseil en évolution professionnelle »

Un écueil existe : que les salariés les moins qualifiés (la cible prioritaire) ne parviennent pas à s’emparer de leurs droits à la formation, faute d’accompagnement. L’ambition sera donc de développer le « Conseil en Evolution Professionnelle » (CEP), créé en 2013 mais jamais développé. Ce dispositif prévoit un accueil individualisé du prétendant à la formation.

Des entreprises responsabilisées

Un des axes de la réforme à venir prévoit aussi de rendre les entreprises davantage responsables de la formation de leurs salariés. Aujourd’hui, le taux d’accès à la formation dans les entreprises de moins de 11 salariés reste inférieur à 10%. Ces entreprises devront mieux garantir l’employabilité de leurs salariés en cas de perte d’emploi. Pour cela, elles seront incitées à former « plus » leurs collaborateurs en échange de quoi elles continueront à bénéficier de la mutualisation des financements de la formation qui leur permet de former leurs salariés à un coût raisonnable.

 

Les chiffres clés de l’apprentissage

Selon le ministère du Travail, l’apprentissage représente un investissement annuel de 8,2 milliards d’euros. Il est financé par l’Etat à hauteur de 2 milliards, par les Régions et surtout par les entreprises, via notamment la Taxe d’apprentissage qui représente 0,68% de leur masse salariale et la Contribution pour la formation professionnelle continue des salariés (0,15 à 0,40%).

Où va la taxe d’apprentissage des entreprises ?

• 51% sont dirigés vers les Régions ;

• 26% vont aux CFA (Centres de Formation d’Apprentissage), gérés le plus souvent par des branches professionnelles sous tutelle pédagogique du ministère de l’Education nationale ou du ministère en charge de l’Agriculture ;

• 23%, aussi appelés « hors quota », sont adressés à des organismes de type Grandes écoles et universités, soit 130 millions d’€. Pour certains établissements, cela représente 10 à 20% de leur budget.

Un besoin de transparence sur les circuits de financement

Selon les Echos, le gouvernement souhaite mettre en place une taxe d’alternance unique de 0,85% à 1% de la masse salariale des entreprises. Cette taxe regrouperait les deux dispositifs : l’apprentissage et la professionnalisation, soit le même niveau de prélèvements qu’aujourd’hui.

Cette future taxe d’alternance ne transiterait plus forcément par les Régions. Les branches professionnelles en seraient prioritairement bénéficiaires et maîtres d’oeuvre via les OPCA (Organismes Paritaires Collecteurs Agréés) et les Unions professionnelles.

Plus de 400.000 apprentis

Au 31 décembre 2016, 412.300 personnes, soit 7% des jeunes âgés de 16 à 25 ans, suivaient une formation en apprentissage, principalement dans des CFA. Deux tiers poursuivaient une formation de type CAP, baccalauréat professionnel… et un tiers une formation de niveau supérieur de type BTS, DUT, licence, masters et Grandes Ecoles.

Des chiffres positifs mais en trompe l’oeil

En 2016, 288.700 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés, en progression de 1,9% sur l’année. C’est un signal positif après la chute de plus de 11% en 2013 puis en 2014, et la quasi-stagnation en 2015… mais ces chiffres restent loin du pic de 2012, notamment dans le secteur privé (-30.000 contrats).

Par ailleurs, un examen plus qualitatif des actuels contrats d’apprentissage montre une montée en puissance des formations en alternance post-bac au détriment des formations en alternance pour les détenteurs de CAP/BEP qui sont passées de 173.555 en 2008 à 120.832 en 2016.

Aujourd’hui, 15% des diplômés de Grandes Ecoles passent par des contrats d’apprentissage ou d’alternance (l’objectif étant de 25% pour 2025).

Et puis, à ces évolutions structurelles, s’ajoute encore pour certains le déficit d’image récurrent de l’apprentissage.

 

Les études longues et l’insertion professionnelle

Quid du recrutement au terme d’un Master universitaire (bac +5)

Un bilan mitigé

Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, 91% des diplômés d’un master universitaire 2014 occupent un emploi trente mois après leur sortie de l’université (86% après 18 mois). Un chiffre en hausse de deux points sur 2 ans mais, globalement, le temps de recherche s’est allongé.

En outre, il ne s’agit d’un emploi stable (contrat à durée indéterminée, fonction publique ou statut indépendant) que pour 73% d’entre eux… avec des variations en fonction du champ disciplinaire du Master :

• 94% en Sciences-technologies-santé

• 79% en Droit-économie-gestion

• 70% en Lettres-langues-arts

• 58% en Sciences humaines et sociales

• 85% occupent un poste de niveau de qualification « profession intermédiaire » ou « cadre » ;

• 43% travaillent dans une autre région que celle où était située leur université d’origine ;

• 80% des diplômés en droit, économie-gestion, sciences, technologie et santé travaillent dans le secteur privé ;

• Près de 50% des diplômés en sciences humaines & sociales, et plus d’un sur trois en lettres, langues & arts travaillent dans le secteur associatif et la fonction publique.

Le salaire médian se situe autour de 1.930€ net mensuel au bout de trente mois, avec des écarts entre le type de master : de 1.630€ en lettres à 2.000€ en sciences ou droit. Les mieux payés sont les titulaires d’un master en mathématiques et informatique (de 2.000 à 2.500€).

Comme par le passé, l’insertion des diplômés de l’université est moins rapide que celle des diplômés des Grandes Ecoles.

 

Un avantage persistant pour les grandes écoles

Selon l’enquête 2017 de la Conférence des Grandes Ecoles (consultable sur cge.asso.fr), le taux d’emploi est de 94%, douze à quinze mois après l’obtention du diplôme d’une grande école de commerce ou d’ingénieurs. Et même 86,5% six mois après le diplôme, contre 83,1% en 2016 et 80,60% en 2015. (A noter que seuls sont pris en compte les diplômés déclarant rechercher un emploi, pas ceux qui poursuivent des études).

Ce qui fait la différence ?

Les stages en entreprise, l’alternance, les réflexes professionnels, les expériences à l’international, une proximité avec le tissu économique, les partenariats avec des entreprises… préparent mieux les étudiants des Grandes Ecoles aux exigences des recruteurs. D’ailleurs, plus d’un diplômé 2016 sur quatre a obtenu son premier emploi à l’occasion de son stage de fin d’études, qui reste le premier levier d’intégration professionnelle.

En outre, 13% des diplômés des Grandes Ecoles sont des apprentis et près de 90% d’entre eux sont recrutés en moins de six mois.

Ces étudiants ont appris à valoriser leurs expériences et à « vendre » leur employabilité. Ce que les diplômés universitaires ne font pas toujours. Question de culture ?

Plus de CDI et plus bankables

Les jeunes diplômés des Grandes Ecoles obtiennent des emplois plus stables et mieux payés que leurs homologues universitaires :

• 79% des diplômés 2016 sont en CDI (74% en 2015) ;

• 34.864€ bruts de salaire moyen d’embauche (39.403€ en incluant les primes) ;

• 3% des diplômés de Grandes Ecoles se déclarent en création d’entreprise ;

• 15,2% ont fait le choix de s’expatrier en privilégiant, par ordre d’importance, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine et la Suisse.

Pour quels employeurs ?

• 31,7% des jeunes diplômés 2016 des grandes écoles ont été recrutés par des PME (moins de 250 salariés) ;

• 31,3% dans de grandes entreprises (plus de 5.000 salariés),

• 28,9% dans des Entreprises de Tailles Intermédiaires (ETI : 250 à 5.000 salariés)

• 8,1% dans de très petites entreprises.

Pour quels métiers ?

Les diplômés d’écoles d’ingénieurs trouvent leurs premiers débouchés dans les métiers de la R&D, devant ceux liés aux Etudes & à l’expertise, puis ceux de la production et de l’exploitation. Ils sont recrutés en priorité par les secteurs du Conseil, de l’Industrie, des Transports et des NTIC.

Les diplômés d’écoles de commerce & management décrochent leur premier job dans le domaine du commerce et de l’ingénierie d’affaires, devant le marketing, les Etudes & l’expertise. Ils sont surtout recrutés dans le secteur de la Finance & de l’Assurance, devant le Conseil et le Commerce.

Des disparités hommes-femmes qui persistent

Sur 1 an, une femme diplômée de Grande Ecole gagne près de 2.000€ de moins qu’un homme. Par ailleurs, elles sont moins nombreuses à décrocher un emploi en CDI : 72,5% contre 83,4% pour les hommes. Idem pour le statut « cadre » : 77,9% contre 89,9%.

 

Parcoursup : la nouvelle plateforme pour s’inscrire en 1ère année d’études supérieures

Depuis le 15 janvier 2018, les règles d’accès à l’enseignement supérieur, et plus particulièrement à l’Université, ont changé. Exit l’APB, la procédure d’Admission Post-Bac, tant controversée. Bienvenue à la nouvelle plateforme Parcoursup qui pourra recueillir les voeux d’orientation de près de 800.000 lycéens et étudiants en réorientation.

Vers plus de sélectivité

Les formations universitaires, jusqu’alors non sélectives, vont désormais pouvoir classer les candidats selon le profil et les compétences qu’elles attendent d’eux. Ce classement aura pour objectif de départager les candidats dès lors que le quota de candidatures aura dépasser les capacités d’accueil de la formation. Exit le tirage au sort tant décrié.

Les critères ou « Attendus » pris en compte dans l’examen des dossiers

Des éléments de cadrage national détaillent une liste des « attendus » génériques à l’entrée de chaque licence comme, par exemple :

• « L’expression écrite et orale, l’aptitude à la logique et au raisonnement, l’analyse et la synthèse de texte » pour une formation en Droit ;

• « L’intérêt pour la démarche scientifique, le bon niveau dans au moins une langue étrangère ou encore la curiosité intellectuelle » pour un cursus en Histoire ;

• « Les compétences scientifiques, mais aussi sportives, l’intérêt pour l’exercice de responsabilité collective, associative ou citoyenne… » pour une licence en STAPS.

A ces attendus généralistes, s’ajouteront des attendus locaux fixés par les établissements selon les spécificités de leurs formations. « Les Universités indiqueront sur Parcoursup les éléments de décision qui seront utilisés pour évaluer le dossier d’un lycéen », précise François Germinet, de la Conférence des présidents d’université. Relevés de notes, avis du conseil de classe du second trimestre et du chef d’établissement sur chacun des voeux, lettres de motivation, documents attestant d’activités extrascolaires… chaque université sera libre de prendre en considération tels ou tels critères, en s’appuyant sur les informations qu’auront déposées les candidats sur la plateforme Parcoursup. En contrepartie, les Universités devront faire apparaitre des informations statistiques sur leurs taux de réussite et d’insertion professionnelle, le nombre de places disponibles, les dates des journées « portes ouvertes », le contact d’un responsable…

Trois cas de figure

Trois possibilités se présenteront pour ceux qui visent une licence à l’Université : le candidat sera accepté, refusé ou inscrit sous réserve d’un parcours de remise à niveau : modules d’enseignement complémentaires, semestre ou année de remise à niveau… que chaque université définira à sa manière.

En revanche, comme par le passé, les filières sélectives (Médecine, IAE, doubles licences, DUT…) pourront fournir trois types de réponses aux candidats : accepté, refusé, sur liste d’attente.

Si certains universitaires ou organisations étudiantes restent perplexes et inquiets sur le nouveau dispositif Parcoursup, celui-ci semble être globalement préféré à la méthode du tirage au sort.

10 voeux maximum, sans hiérarchie

Les candidats peuvent inscrire jusqu’à dix voeux, sans les hiérarchiser. En réalité, ils ont la possibilité de postuler à un nombre plus important de formations via les « voeux multiples » qui permettent de candidater en même temps pour plusieurs cursus similaires. Le site letudiant.fr évoque par exemple les formations les plus demandées ou à faible effectif comme les BTS, DUT ou les classes préparatoires : « En région parisienne, il existe une dizaine de classes prépa MPSI, « Mathématiques, Physique et Sciences Industrielles ». Dans Parcoursup, chaque candidat pourra faire un seul voeu regroupant ces dix formations qui compteront chacune pour un « sous-voeu ».

Attention, cette option n’est pas illimitée. Le lycéen a la possibilité de formuler jusqu’à dix sous-voeux par souhait multiple avec un maximum de 20 sous-voeux au total.

Autre nouveauté : les lycéens pourront postuler dans des établissements hors de leur propre académie. Toutefois, ces places seront limitées car soumises à des quotas fixés par les recteurs.

Le Timing

Les candidats ont jusqu’au 13 mars pour inscrire leurs voeux, et jusqu’au 31 mars pour compléter leurs dossiers et fournir les justificatifs réclamés par les formations. A partir du 22 mai, ils recevront en continu des réponses pour chacun de leurs voeux, au fil de l’examen de leurs candidatures et des places qui se libèrent.

Jusqu’au 26 juin, ils auront un délai de sept jours pour y répondre, puis 3 jours, puis 24 heures (à partir du 21 août) afin de libérer la place pour d’autres candidats moins bien classés. En dernier recours, une commission pilotée par le recteur proposera aux candidats n’ayant reçu que des réponses négatives une formation « au plus près » de leur voeu préféré.

Des exceptions

Certaines écoles d’ingénieur, de commerce & de management, de classes préparatoires aux grandes écoles, ou encore certains Bachelors ne nécessitent pas de passer par la procédure Parcoursup. Chaque étudiant devra donc se renseigner dans chacun de ces établissements pour candidater via des concours d’entrée.

 

Vers une refonte des IUT et du DUT ?

Porté par Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, et soutenu par les présidents d’IUT, le projet de réforme des Instituts Universitaires de Technologie risque de faire bouger les lignes. En effet, il s’agirait d’étaler la scolarité des IUT sur trois ans (au lieu de 2 ans aujourd’hui) dès 2019, tout en faisant passer le DUT de 120 à 180 crédits ECTS pour obtenir le grade de licence. Pour la ministre, ce projet vise « à accroître les formations qui favorisent l’alternance dans le supérieur, avec des modules plus professionnalisants ». La formation des IUT se calerait ainsi sur le modèle européen du LMD (Licence-Master-Doctorat).

Pour le président de l’UNPIUT (Union Nationale des Présidents d’IUT), ce serait une avancée majeure

« Vers un diplôme donnant accès à des emplois de cadres intermédiaires, dont ont besoin les entreprises ».

Ce sera aussi l’occasion de « gommer l’image des IUT comme étant des classes prépa (bis) en deux ans pour accéder à une Grande Ecole ». Sans compter que le passage de deux à trois ans permettra sans doute d’insérer des adultes en formation continue ou en reconversion professionnelle.

Une concurrence prévisible avec les Grandes Ecoles

Si cette refonte des IUT se confirme, les écoles de commerce et d’ingénieurs pourraient perdre des candidats et devront s’adapter. Dans Les Echos, Stephan Bourcieu, vice-président de l’association Passerelle, qui supervise un concours donnant accès à 13 grandes écoles de management, ne cache pas son inquiétude car les diplômés d’un DUT « représentent pour les écoles de commerce 50% des admissions parallèles de première année ».

 

Le diplôme reste toujours un bon rempart contre le chômage

7 jeunes sur 10 sont « en emploi plus ou moins solide » trois ans après leur sortie du système scolaire ou de l’enseignement supérieur (du CAP au master)

• 46% de ceux qui ont terminé leurs études en 2013 ont immédiatement et durablement accédé à un emploi ;

• 11% ont mis en moyenne sept mois pour obtenir un CDI, un CDD ou un contrat court ;

• 12% ont dû patienter « longuement » pour avoir une expérience professionnelle qui, par ailleurs, reste encore « fragile » pour la majorité ;

• 16% sont au chômage ;

• 15% sont en formation, en reprise d’études ou inactifs.

Tout sauf un long fleuve tranquille !

• Parmi les 69% de Jeunes de la génération 2013 ayant décroché un emploi dans les trois ans qui ont suivi l’obtention de leur diplôme, 70% étaient en CDD. 39% l’étaient encore trois ans après ;

• 37% des diplômés bac + 2 (IUT et BTS hors filière Santé & Social) ont connu trois emplois ou plus dans leurs trois premières années d’activités ;

• A l’inverse, 50% des diplômés d’école de commerce ou d’ingénieur n’ont eu qu’un seul employeur.

Taux de chômage par niveau de diplôme

Trois ans après la sortie du système scolaire ou d’enseignement supérieur :

Non diplômé : 49%

CAP-BEP : 28%

BAC : 19%

BAC+2 (hors filière santé/social) : 12%

BAC+2 (filière santé/social) : 3%

Licence/Master 1 : 13%

Master 2 Grandes Ecoles : 10%

Doctorat : 6%

Ensemble : 20%

Plus que la galère, la marginalisation pour les sans-diplômes

• Près d’un tiers des Jeunes sans diplôme n’ont eu, dans les trois ans, aucun contact véritable avec l’emploi, soit au moins 1 mois auprès du même employeur ;

• Les deux tiers des non-diplômés ayant eu un job connaissent différentes formes de précarité : 17% sont en intérim, 22% en contrat aidé et 26% sur d’autres types de contrats à durée déterminée.

Sources : Enquête du CEREQ (Centre d’Etudes & de Recherches sur les Qualifications) à partir d’un échantillon représentatif de 23.000 jeunes interrogés en 2016. (lemonde.fr)

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

travail-emploi.gouv.fr, lentreprise.lexpress.fr, Agence régionale de la Formation tout au long de la vie – Poitou-Charentes, gouvernement.fr, lesechos.fr, lemonde.fr, lemondecampus.fr, letudiant.fr, juritravail.com, opcalia.com

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