Formation

Formation

Formation 2.00/5 (40.00%) 1 vote

> Profiter de la crise pour se former.

> Les voies pour doper sa carrière.

> Master 1, Master 2 et MBA.

Profiter de la crise pour se former

Se spécialiser absolument

Alors que le chômage a atteint un niveau historique en France, que les entreprises n’embauchent presque plus ou à des conditions salariales relativement basses et que les offres en provenance de Pôle Emploi ont subi un écrasement de plus de 30% depuis 2012, les 4 principales solutions en période de vache maigre sont pour les salariés : se former en vue de la reprise ; rester au chaud dans leur entreprise ; devenir extrêmement mobile jusqu’à partir à l’étranger ; créer sa petite entreprise. En période de crise toutes les opportunités sont bonnes à saisir en matière d’offre de formation, d’amélioration de ses compétences afin d’être raccord avec les exigences croissantes des offres d’emplois. En cela, la formation est l’un des plus sérieux garde-fous contre le risque du chômage car elle permet d’apporter de la valeur ajoutée dans son poste ou, si l’on souhaite partir, de mieux cibler les emplois disponibles qui deviennent de plus en plus spécialisés. C’est d’ailleurs l’une des grandes problématiques en période de crise que de constater, à la fois, la hausse du chômage face à des offres spécialisées non satisfaites et une faible adéquation des profils lors des phases de recrutement. Ce constat est d’ailleurs renforcé par le fait que les entreprises tendent à se séparer de leurs collaborateurs les plus âgés (papy-boom) entretenant ainsi encore davantage la pénurie de spécialistes.

Pour inverser la tendance, la logique voudrait que l’on se forme de plus en plus dans des niches «compétentielles» spécifiques mais avec aussi des connaissances multiples (communication, marketing, commercial, gestion, juridique, environnement…) afin d’apporter à l’entreprise des renforts de créativité, d’idées, de solutions, en plus du job habituel.

Une bonne réponse à la crise

En période de difficultés économiques, la formation est un moyen d’anticiper, de préparer l’avenir, mais aussi de redonner du moral aux salariés. De nombreuses entreprises compensent ainsi le fl échissement de leur activité en investissant dans la formation. Bien que techniquement une baisse d’activité entraîne du chômage partiel, les patrons les plus dynamiques ont compris qu’il est impératif d’utiliser la formation pour maintenir le personnel à niveau.

En recourant à une formation renforcée dans un domaine technique (perfectionnement CAO, machines-outils ou robotique, maintenance, sécurité, logiciels spécialisés…) aux formations traditionnelles en langues, les personnels sont sollicités pour faire valoir leurs droits individuels à la formation (Dif). Atteindre 50 heures de formation par an et par personne auprès d’un organisme spécialisé ainsi que directement sur site n’est pas rare. L’intérêt de la formation sur site est de permettre au personnel soumis au chômage partiel de continuer à venir au travail en gardant intact leur motivation.

De manière plus générale, les formations spécialisées qui ont de l’avenir sont toutes celles qui concernent des secteurs comme la santé, la sécurité, ainsi que toutes les activités industrielles et tertiaires impliquant un degré pointu de compétence et de maintenance. C’est aussi le cas en matière d’enseignement au sens large, car tout converge de plus en plus vers la société du savoir (via les TIC) nécessitant de nombreux relais «intelligents» un peu partout.

A l’inverse, des branches tertiaires comme les assurances, les transports ou encore les services financiers doivent décroître progressivement, voire stagner.

Maintenir le lien social

En attendant le redécollage économique, il s’agit de maintenir un lien social au sein de l’entreprise afin d’amortir les effets sociaux de la crise tout en préparant la reprise. Si la formation constitue une priorité pour maintenir les salariés en activité, l’adaptation aux nouvelles technologies, à l’environnement concurrentiel et normatif, ainsi qu’à l’évolution du marché, est une dimension souvent sous-estimée. Elle fait couramment l’objet de rabotages budgétaires dès les premiers signes de baisse d’activité. Pourtant, la formation dans ces domaines constitue un bon moyen de mobiliser l’énergie et la motivation des salariés en sous-activité en leur permettant de se perfectionner dans leur poste actuel, de créer ou développer certaines compétences complémentaires. De manière unanime, les employeurs qui font ce choix ont constaté des gains de productivité et une motivation accrue de la part de leurs employés.

Vers quelles formations s’orienter ?

Tout dépend naturellement de l’objectif que se fixe l’entreprise. En complément des indispensables formations «métiers » de nouveaux savoir-faire sont également essentiels. C’est, par exemple, le cas avec les formations visant à l’amélioration de la qualité de services ou encore celles permettant le développement de la clientèle et sa fidélisation. Dans ce cas, la formation des équipes doit s’orienter sur des techniques fines de négociation commerciale et/ou de gestion de la relation client.

Si l’objectif est de repenser le catalogue produits ou services, c’est alors la démarche marketing qui doit être privilégiée afin de pouvoir mettre en oeuvre des outils simples (informatique, benchmarking, réseaux, créativité, CRM…). Si le but prioritaire est de gagner des points de rentabilité, d’améliorer la performance globale en gestion, vente et/ou achats, alors les formations centrées sur la maîtrise des prix, la mise en oeuvre de tableaux de bord ou l’analyse de gestion doivent être privilégiées.

Dans tous les projets de formation destinés à un retour sur investissement rapide et mesurable, il est nécessaire de s’orienter vers des formations courtes, «pratiques» et ciblées avec de bons formateurs expérimentés qui puissent assurer un suivi. Néanmoins, l’acquisition d’une nouvelle expertise ne sert pas à grand chose si, parallèlement, l’entreprise n’évolue pas dans son organisation, voire dans sa culture interne.

Le problème du financement

En période de crise, en dehors des grandes entreprises, il est clair que les candidats sont de moins en moins financés ou cofinancés par les petites et moyennes entreprises. Beaucoup de personnes préfèrent dorénavant financer elles-mêmes leur formation afin de conserver leur liberté de choix et éventuellement partir pour chercher un nouvel emploi. Alors qu’il y a encore seulement 5 ans les promotions (dans les grandes écoles) se décomposaient en 3 tiers : un premier tiers qui finançait lui-même sa formation, le second qui était totalement financé par l’entreprise et un troisième qui relevait de financements mixtes, aujourd’hui, près de 50% des participants autofinancent leur formation, entre 15 et 18% bénéficient d’un financement de la part de leur employeur et près de 33% utilisent le cofinancement.

L’exigence qualitative demandée aux formations et aux formateurs est donc de plus en plus forte car beaucoup de candidats puisent directement dans leur épargne et prennent des crédits pour acquérir de nouvelles compétences. Ils veulent à la fin du résultat concret avec une certification ou un diplôme.

Si les filières académiques permettent d’obtenir un diplôme, elles ne sont pas pour autant parfaitement adaptées à 100% aux exigences de la réalité terrain mais le plus souvent à 2/3 ou 3/4. La différence d’opérationnalité constitue alors un handicap certain entre un actif expérimenté dans une spécialité et une personne qui ne l’est pas.

Pour trouver un emploi rapidement la spécialisation opérationnelle vaut donc mieux que le diplôme généraliste face à des entreprises saturées de demandes d’emploi. Une autre grande solution lorsque l’on veut réduire les coûts de formation et conserver un maximum de flexibilité, c’est de pratiquer l’e-learning, ainsi que toutes les solutions associant présentiel (cours en salle) et formation à distance.

Quel type d’aide solliciter ?

Que ce soit pour renforcer des compétences, développer de nouveaux savoirfaire, anticiper les évolutions techniques et technologiques, il est possible d’obtenir des aides et un soutien financier de la part des régions (Conseil régional) ou de l’État. D’autres organismes paritaires agréés tels que les OPCA peuvent aussi débloquer des fonds. Le plus simple d’emploi est le DIF (Droit individuel à la formation) qui permet aux salariés disposant d’une certaine ancienneté de suivre «gratuitement» des actions de formation continue qui restent rémunérées ou indemnisées pendant ou en dehors du temps de travail. Dans le cas où le secteur d’activité est confronté à des mutations profondes obligeant à faire évoluer radicalement les compétences des salariés, il existe également le dispositif AME (Appui aux Mutations Economiques) qui est géré par les DIRECCTE régionaux et qui permet de solliciter des financements complémentaires pour les actions de formation et de conseil (GPEC, EDEC, ADEC, CAPE, FNE Formation…).

Les voies pour doper sa carrière

Ne pas hésiter à être mobile

Pour un grand nombre de spécialistes des Ressources Humaines «Une carrière, c’est comme un produit. Il faut lui insuffler régulièrement du neuf pour l’entretenir ». Tous les cadres le savent bien en agissant sur différents leviers pour faire avancer leur carrière (mobilité interne et externe, formation, réseautage, expatriation…) sachant que, en moyenne, un cadre met moins de 5 ans pour changer de structure, voire 3 ans chez les jeunes actifs.

Si l’action principale consiste le plus souvent à privilégier la mobilité externe, c’est-à-dire changer d’entreprise dans le même secteur d’activité, certains n’hésitent pas à changer carrément de métier ou de secteur aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. La mobilité du cadre ou assimilé est un paramètre essentiel pour progresser dans sa carrière lui imposant de rebondir sur les opportunités afin de prouver son dynamisme, à condition toutefois de ne pas avoir la «bougeotte» en changeant trop fréquemment d’entreprises, ce qui serait alors assimilé à de l’instabilité professionnelle. La mobilité est une nécessité selon Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh, en affirmant que «Interne ou externe, la mobilité est considérée comme un élément indispensable à toute évolution de carrière». Pour les juniors, cet expert conseille même de rester un minimum de 2 ans à un même poste en n’hésitant pas ensuite «A changer jusqu’à ce qu’ils trouvent l’entreprise qui leur convient».

Réussir sa mobilité

Pour réussir sa mobilité professionnelle il est obligatoire d’associer à tous les aspects techniques de la formation initiale et des compétences acquises, un ensemble «enveloppant» fondé sur des qualités comportementales, mentales et intellectuelles de nature à prouver sa capacité d’adaptation mais aussi des ressources humaines telles que la motivation, le dynamisme, le sens des responsabilités, la prise de décision, la créativité, l’implication au travail, l’analyse et la synthèse…

Il s’agit-là de dépasser la seule vision professionnelle liée à la phase diplôme et/ou tout ce que l’on a pu faire ou apprendre par ailleurs, en sachant démontrer in situ de véritables compétences que les prédécesseurs n’avaient pas ou pratiquaient autrement. En cela, la référence au glorieux passé et/ou à des références généralistes doit faire place de plus en plus aux capacités «up to date» en fonction de l’activité précise de l’entreprise. Il s’agit de démontrer que l’on est l’homme ou la femme de la situation dans les nombreuses nuances que suppose le poste.

De fait, si l’adaptation au nouvel environnement est un postulat de base, l’affirmation de sa différence en est un autre qui doit s’effectuer avec doigté, diplomatie et psychologie. C’est la raison pour laquelle la mobilité doit s’accompagner d’une démonstration d’intégration rapide et d’efficacité personnelle immédiate qui puisse plaire à la hiérarchie en place.

C’est tout le pari risqué de la mobilité !

Les autres méthodes qui fonctionnent

La formation est un passage incontournable pour développer, actualiser, rafraîchir, spécialiser ses compétences, dès lors que celle-ci apporte une véritable valeur ajoutée professionnelle. Dans cet esprit, elle est la méthode la mieux plébiscitée car perçue comme une récompense, une opportunité offerte pour progresser ou bénéficier d’une augmentation de salaire et améliorer ainsi sa situation professionnelle et personnelle. Il est clair d’après le cabinet Diorh que «La formation est LE moyen de renforcer son employabilité dans l’entreprise mais aussi sur le marché du travail».

En complément, le réseautage est également un bon moyen pour grimper dans l’échelle hiérarchique ou obtenir un poste en mobilité externe. Pour la plupart des postes fonctionnels, les entreprises ont une nette tendance à privilégier la cooptation lorsque celleci est possible en s’appuyant sur des personnes recommandées plutôt que sur de purs inconnus. Une tendance qui n’est pas forcément vérifiée dans la plupart des postes opérationnels (technique, commercial) considérant là que le profil, la compétence et l’expérience sont déterminants.

De toutes les façons, il est particulièrement utile de tisser des liens amicaux dans des associations professionnelles ou d’anciens étudiants, dans les clubs sportifs ou privés, dans les cercles d’amitié, les associations communautaires… Cela permet de gagner du temps en repérage d’opportunités et surtout ne pas les louper. L’art du réseautage nécessite toutefois de jouer fin en évitant de réseauter ouvertement pour trouver un emploi ou obtenir une affaire mais en cherchant simplement à se faire identifier pour une éventuelle recommandation.

L’expatriation, un levier intéressant

D’après le DG du cabinet Diorh, «Les managers qui arrivent à doper leur carrière ont bien souvent des points communs quant à leur profil. Ceux qui réussissent des sauts importants ont trois attitudes majeures. Ils sont visibles, ils restent attentifs aux opportunités et ils osent».

C’est le cas notamment en matière d’expatriation où le fait de partir plusieurs années à l’étranger «signe» une personnalité qui ose affronter les défis et les changements, qui est adaptable et surtout multiculturelle. L’acquisition de nouvelles compétences et expériences associée à la maîtrise d’une seconde ou d’une troisième langue devient un avantage certain pour accélérer sa carrière de retour au pays, même si cela ne doit porter ses fruits que sur le long terme.

Pour un jeune diplômé le fait de partir travailler à l’étranger entre 2 et 5 ans ou plus, après les études et les stages obligatoires, est un must qui accélère fortement son employabilité et son évolution de carrière. La véritable percée professionnelle s’effectue alors aux environs de la trentaine.

Créer sa petite entreprise

Pour sortir du carcan du salariat lorsque celui-ci est devenu trop stressant, non motivant, routinier, rien ne vaut mieux alors que l’aventure de l’entrepreneuriat. Chaque année, des dizaines de milliers d’entrepreneurs se lancent dans cette aventure et en ressortent, pour la plupart, grandement changé sur le plan de la maturité et de l’efficacité.

Que l’on se rassure, on ne naît pas entrepreneur mais on le devient. Il suffit pour cela de ne pas hésiter à plonger et à nager (passage à l’acte) pour s’apercevoir que tout le monde peut créer son petit business et/ou en détient les capacités. Sous l’angle professionnel, la création d’entreprise est assimilable à la pure et dure école de la réalité économique et sociale. Elle apprend à développer de manière concrète et rapide le sens de l’autonomie de décision, l’esprit d’initiative au quotidien, le sens du relationnel, la détermination à atteindre des objectifs, voire nourrir de vraies compétences managériales en gérant tout un faisceau de responsabilités. Cette école de la vraie vie professionnelle oblige à manier une foultitude de savoir-faire pratiques, sachant que l’on ne peut ici les déléguer à d’autres personnes du même service ou ailleurs.

Il est clair que cette option est fortement utile en matière d’évolution de carrière sachant que même en cas d’échec, à condition de savoir rebondir et en tirer les leçons, une telle expérience dans le cadre habituel d’une TPE ou de l’auto-entrepreneuriat est de nature à pouvoir se valoriser fortement de retour en entreprise.

Sous l’angle opérationnel, la création d’entreprise dépasse de loin la capacité théorique du diplôme académique acquis à l’âge de 25 ans. Une évidence qui devrait être validée systématiquement en équivalence professionnelle de niveau licence, master I, master II, mastère spécialisé ou doctorat d’entreprise, selon le nombre d’années riche d’expériences passées à créer, diriger, innover, entreprendre !

Master I, Master II et MBA

MBA. (c) Fotolia.

Le choix du master

Il existe en France une offre de plus de 7 500 diplômes en Masters, MBA et Mastères spécialisés, dont plus de 6 000 masters universitaires selon l’Aeres (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur). A partir de la Licence (3 années après le bac), le parcours en master suppose de bien savoir décrypter cet univers d’enseignement supérieur. Le Master I correspond à 4 années après le bac et le Master II à 5 années (doctorat 8 années). Le MBA est une autre voie distincte accessible à partir d’une équivalence bac + 4, 5 ou plus.

Il faut donc se poser certaines questions de base afin de rendre cohérent son parcours diplômant car les recruteurs n’aiment pas trop les CV qui révèlent un profil d’«éternel étudiant» surdiplômé mais non opérationnel.

1. Comment choisir ?

Selon Simone Bonnafous, présidente de l’université Paris-Est Créteil Val-de- Marne (UPEC), le mieux consiste à «Faire d’abord le point sur vous-même avant de chercher coûte que coûte le meilleur master. Des compétences que vous souhaitez acquérir peuvent justifier des virages en sachant que les entreprises ont besoin de profils ouverts et que cela peut être très profitable de mêler dans un même parcours le droit, les langues et des études de gestion, le tout pourquoi pas en apprentissage.» Suivre un master consiste non seulement à acquérir un enseignement supérieur généraliste mais aussi à s’orienter dans une expertise ou un domaine pointu.

2. Grande école ou université ?

«Dans le système où nous vivons, les très grandes écoles, – je dis bien les très grandes – apportent encore à leurs titulaires un avantage déterminant sur le marché de l’emploi notamment en termes de réseaux» ainsi que le confirme Simone Bonnafous ajoutant que «Les étudiants doivent aussi se poser plus de questions en ce qui concerne les «moins grandes» écoles qui ne savent guère faire de recherche et sont parfois beaucoup plus chères que l’université qui possède aussi d’excellents enseignants dans un cadre qui s’est professionnalisé en proposant des stages avec d’excellents taux d’insertion en masters.»

3. Critère de financement du cursus

La différence de cotisation annuelle parle d’elle-même entre un master à l’université à 237€/an, c’est-à-dire une formation quasi gratuite, et un MBA à HEC à 45 000€ réservé généralement à des cadres de très haut niveau. En fait, au-delà de l’image de l’établissement il faut rechercher celui qui offre le meilleur rapport coût d’investissement/emploi sur le marché du travail. L’obtention d’un financement auprès d’une banque sera d’autant plus facilitée que le cursus suivi est porteur et se vend bien sur le marché du travail.

4. Suivre un master en alternance

Le recours à l’apprentissage, notamment dans les écoles d’ingénieurs ou de spécialisation, est d’autant plus viable que «Les entreprises apprécient tout particulièrement des étudiants en master sur un rythme de trois jours à l’école, deux jours en entreprise» ainsi que l’explique Jean-Michel Perrenot, directeur de l’IGS Lyon. En fait, selon lui, «Pour réussir en alternance, il faut montrer qu’on est à la fois capable d’être recruté par une entreprise et de continuer à apprendre».

5. Partir apprendre à l’étranger

Oui, lorsqu’il s’agit de comprendre de l’intérieur une culture spécifique. En Europe, les échanges au sein du programme Erasmus fonctionnent très bien et sont généralement plébiscités au niveau des masters. En dehors de l’université, toutes les grandes écoles de commerce se sont internationalisées et proposent un grand nombre de formules permettant de passer une partie du cursus à l’étranger. Pour Pierre Tapie, président de la CGE (Conférence des grandes écoles) et DG de l’Essec, la plupart des grandes écoles françaises sont «Celles qui sont le plus reconnues dans le monde et le seront encore plus à l’avenir ».

Non pas forcément, lorsqu’il s’agit de partir au bout du monde de manière individuelle sachant que cela est plus compliqué et beaucoup plus cher. Non aussi, lorsqu’il s’agit d’apprendre une langue (notamment l’anglais) du fait que les formations 100 % anglais sont très nombreuses en France et de bonne qualité.

6. Quels sont les principaux labels ?

Il existe une forte bataille concurrentielle entre grands établissements afin de disposer d’un maximum de labels académiques renforçant l’image à l’international. Lorsque la CGE labellise deux types de masters : les mastères spécialisés et les MSc, l’agence européenne EFMD labellise les grandes business schools avec les labels Equis et Epas. Les meilleurs établissements sont en plus accrédités par l’AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) et par l’AMBA (Association of Masters of Business Administration). On parle alors de «triple couronne» pour les établissements accrédités Equis, AACSB et AMBA. Par principe, tous les masters suivis dans les universités bénéficient automatiquement du «grade» de master alors que les grandes écoles de commerce ne peuvent s’en référer qu’à condition d’avoir reçu l’agrément de la Commission d’évaluation des formations et des diplômes de gestion (CEFDG). Pour les écoles d’ingénieurs, il s’agit de la Commission des titres d’ingénieur (CTI). Beaucoup de «petites et moyennes» écoles ne possèdent pas de label officiel (très coûteux et sélectif à obtenir), ce qui ne les empêchent pas de disposer de bons formateurs et d’enseignement de qualité.

7. Est-ce utile de se référer aux palmarès ?

Oui et non. Oui si l’on compte sur l’élitisme de l’établissement et de ses réseaux en vue d’accéder à des postes élitistes de cadres supérieurs (fonction publique, multinationales). Non, si l’on considère que plus l’académisme est important, plus les cerveaux sont formatés in fine, c’est-à-dire majoritairement orientés par la théorie et la soumission aux normes éducatives.

En ce domaine, les évaluations portant sur les masters universitaires, menées par l’Aeres (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), organisme public indépendant, ont le mérite de la clarté et de la transparence. Les notes de chaque master (des meilleurs A+ aux médiocres C) bénéficient à chaque fois d’un commentaire spécifique. L’accès à l’ensemble de ses évaluations est libre sur le site www.aeres-evaluation.fr.

Du côté de l’international, les classements anglo-saxons font la loi tant la compétition entre grands établissements est grande. Il existe ainsi le fameux «Classement de Shanghaï» appelé également «Academic Ranking of World Universities» ainsi que le Times Higher Education (THE) et QS (TopUniversities) dans lesquels dominent très largement les universités américaines. En matière d’économie-gestion et de MBA se distinguent les palmarès du Financial Times, du Business Week et de The Economist.

8. Est-il possible d’obtenir un master en travaillant ?

Pour Christophe Boisseau, directeur marketing de l’IFG-CNOF, «Nombreux sont les cadres qui se rendent un jour compte qu’il leur manque des compétences pour progresser dans leur entreprise ou un diplôme pour s’y affirmer. Ils souhaitent donc de plus en plus passer par une formation diplômante type master.

Nous conseillons aux cadres de ne pas acheter de la formation comme un produit de consommation banal mais de se créer un véritable parcours de formation qui peut aller jusqu’au master». Même avis de la part de Philippe Cassuto, coordinateur régional de la formation continue universitaire dans l’académie d’Aix-Marseille, qui constate que «Les salariés souhaitent de plus en plus obtenir un véritable diplôme plutôt que de simples attestations ».

Il est vrai qu’il est techniquement possible d’obtenir un master en VAE (validation des acquis de l’expérience). Alors que les MBA sont généralement réservés à des cadres ayant entre 3 et 10 années d’expérience professionnelle, de nombreux masters reçoivent régulièrement des salariés au milieu de jeunes étudiants.

9. Un diplôme «Executive» c’est quoi ?

C’est un cursus qui se prépare de manière alternative entre une présence régulière en entreprise et une formation qui s’étale généralement sur une durée allant de 16 à 18 mois en pratiquant des cours en groupe certains jours du mois ou durant les week-ends et les vacances. On parle alors d’Executive mastère spécialisé ou de MBA. Dans ce cadre : «Enseigner à des cadres, c’est une tout autre pédagogie qu’avec des étudiants qui est autant fondée sur l’échange d’expérience entre les participants que sur le cours» comme le confirme Jérôme Caby, directeur de l’ICN à Nancy.

Sur ce plan, il existe une différence entre un mastère spécialisé (MS) et un MBA en Executive car «Ce ne sont pas forcément des candidats de même niveau. En MBA on vient acquérir du leadership alors qu’en MS on se réassure dans sa carrière en acquérant des compétences nouvelles auprès de professeurs souvent à la pointe de l’innovation» souligne Pascale Martin, responsable des mastères spécialisés d’ESCP Europe.

10. Qu’en est-il de la sélection au départ ?

En fonction des établissements le processus peut être plus ou moins long et difficile. En général, les candidats doivent rédiger une lettre de motivation entre mars et mai, puis passer un test propre à l’établissement recherché ainsi que le TOEIC pour l’anglais et participer enfin à un entretien devant un jury. En formation continue le processus doit commencer encore bien plus en amont car il est nécessaire avant de boucler le financement de son master. Pour les masters universitaires, il n’y a théoriquement pas de sélection à l’entrée en première année, c’est lors de l’entrée directement en seconde année que la sélection s’effectue. Dans le cas de MBA type HEC, il n’est pas rare de constater que 95% des candidatures sont refusées du fait que les promotions sont limitées en nombre de participants.

Comment choisir son MBA ?

Le MBA (Master of Business Administration) est la formation internationale de plus haut niveau en matière de gestion d’entreprise et de management. Conçu initialement pour booster la carrière des cadres déjà expérimentés, il est accessible aujourd’hui à tous ceux qui ont un niveau bac + 4/5 sans expérience professionnelle.

Historiquement généraliste (même s’il s’est développé depuis de nombreux MBA spécialisés), cette formation vise principalement à apporter à des participants au profil technique pointu (commerciaux, juristes, ingénieurs, scientifiques…) des compétences en management ainsi qu’une vision globale de l’entreprise (gestion, comptabilité, fiscalité, droit, finance, langues…) afin de favoriser leur accès à des postes de direction, le tout dans un contexte de multilinguisme et de multiculturalisme. Quel que soit le lieu d’apprentissage, les enseignements s’y font généralement en anglais avec des étudiants et des équipes d’enseignants représentant diverses nationalités.

Dans un contexte de mondialisation de l’économie, ce diplôme a acquis une très forte notoriété notamment auprès des entreprises qui travaillent à l’international et qui sont en quête de cadres supérieurs capables de s’adapter aux différents marchés mondiaux.

1. A qui s’adressent les MBA ?

Né aux Etats-Unis dans les grandes Business Schools, le MBA était initialement destiné aux ingénieurs désireux d’accéder à des fonctions d’encadrement. Aujourd’hui, l’idée centrale est de pouvoir ouvrir des postes d’encadrement à des personnes ayant une toute autre formation initiale en s’adressant à toute personne justifiant d’une expertise professionnelle confirmée souhaitant faire évoluer ou relancer sa carrière. La double-compétence technique et managériale est la marque de fabrique du MBA en se fondant principalement sur l’enrichissement pratique et l’échange d’expériences entre participants. En cela, la formation MBA présente peu d’intérêt pour un étudiant tout juste titulaire de son diplôme et sans expérience professionnelle.

2. Un enseignement international

Proche de la réalité vécue par les entreprises, le véritable MBA vise à former des cadres directement opérationnels. L’enseignement dispensé est donc très pratique, concret, empirique. Les étudiants y apprennent surtout des méthodes et des comportements.

Cette formation internationale est généralement dispensée en Anglais. Aussi gare à ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare car le programme est exigeant et ne laisse aucune place aux difficultés de compréhension ou d’expression sur le plan linguistique.

La formation est également empirique dans le bon sens du terme en se construisant principalement à partir d’études de cas concrets et de projets d’entreprises ciblés que choisissent les participants eux-mêmes. Le plus souvent ceux-ci sont placés en situation de dirigeant ou de consultant et doivent analyser, en petits groupes, chaque cas afin de développer des plans d’action présentés ensuite à l’ensemble des autres participants. Les cours magistraux sont relativement rares considérant que le professeur n’est pas le seul à détenir le savoir mais que celui-ci est disponible et éclaté auprès de l’ensemble des participants. Le rôle de l’enseignant consiste à recadrer, orienter, conseiller, sachant que le principal de l’enseignement mise sur le développement des qualités indispensables à tout dirigeant d’entreprise à savoir : diplomatie, discernement, sens des relations humaines, force de conviction, capacité de synthèse et de décision, etc.

3. Un investissement temps important

Le MBA est une formation très exigeante qui ne fonctionne pas avec les principes académiques de la normalisation des contenus, de l’écoute passive et docile des étudiants, de la théorie à haute dose, de la mémorisation par coeur et de la notation de TP, mais à partir d’une implication adulte, dynamique et «créative » de chaque participant. Tout gravite autour de la présentation d’études de cas, de réactions constructives et critiques, d’investissement dans plusieurs associations, d’échanges d’informations utiles sur l’activité économique mondiale, de participation à des réunions ou à des séminaires auxquels on souhaite participer… En fait, chacun doit aller chercher l’information utile concernant son projet, la trier, en allant le plus rapidement possible à l’essentiel.

4. Se poser d’abord 4 questions

Compte tenu de l’importance de son coût financier et humain, le choix d’un MBA ne doit pas se faire à la légère. Il faut d’abord se poser 4 questions-clés afin de vérifier s’il existe une adéquation entre les attentes personnelles et l’offre proposée :

  • Quel est le type de poste que je souhaite atteindre après ?
  • Quel est le type d’entreprise ou métier recherché ?
  • Quel est le niveau de salaire que je peux atteindre ?
  • A quelle époque et dans quel délai raisonnable dois-je réaliser le MBA ?

5. Choix de l’établissement

Il existe des milliers de MBA dans le monde et plus d’une centaine en France. Ce label est libre d’utilisation par tout organisme de formation faisant que le nom de l’école et sa réputation constituent au départ un critère de choix primordial.

Il convient de bien distinguer les véritables MBA des appellations «MBA» attribuées à des diplômes qui devraient en réalité s’appeler «Master » du fait que la formation dispensée s’adresse d’abord à des étudiants de niveau bac + 4 ou 5 sans expérience professionnelle. Le «vrai» MBA est supposé être réservé à des personnes justifiant déjà d’une certaine expérience et disposant d’un bon niveau professionnel.

Le classement international est donc un bon guide pour différencier les établissements en prenant appui sur les accréditations considérées comme un gage de qualité (AACSB, EQUIS, AMBA…). Les classements annuels proposés par certains journaux comme le Financial Times ou Business Week permettent de départager les programmes les plus prestigieux. Par exemple dans l’édition 2013 du Financial Times, les écoles françaises ont connu des fortunes diverses par rapport à l’année précédente avec le recul de HEC passant de la 18e à la 21e place alors que l’INSEAD conserve sa 6e place et que l’EM Lyon Business School revient à la 92e position.

 

Didier Reuter

Principales sources utilisées :

Principales sources utilisées : www.lavieeco.com, www.lemonde.fr, www.letudiant.fr, www.keljob.com

Réagir à cet article

comment-avatar

*