L’Apprentissage en Nouvelle-Aquitaine : une région marquée par des disparités départementales et sectorielles

L’Apprentissage en Nouvelle-Aquitaine : une région marquée par des disparités départementales et sectorielles

 

L’édition 2018 du baromètre ISM-MAAF de l’artisanat évalue, pour la troisième année consécutive, l’implication des entreprises artisanales dans la formation des apprentis dans la région Nouvelle-Aquitaine. Elle met en exergue une légère baisse des inscriptions en première année et du nombre d’apprentis bacheliers ou issus de l’enseignement supérieur mais fait état de disparités départementales.

NOUVELLE-AQUITAINE : UNE REPRISE FRAGILE

En Nouvelle-Aquitaine, l’artisanat forme 42% du total des apprentis de la région (contre 35 % en moyenne nationale) et confirme, encore une fois, sa place de premier employeur d’apprentis.

En 2016/17, l’évolution a néanmoins été moins favorable qu’en moyenne nationale : avec près de 14 000 apprentis employés dans des entreprises artisanales de moins de 20 salariés, les effectifs d’apprentis formés dans les entreprises artisanales ont baissé légèrement par rapport à l’année précédente (-1 %), contre +1% en moyenne nationale.

La reprise qui était observée en 2015/16 paraît donc encore fragile dans l’artisanat régional, d’autant que les entrées en apprentissage reculent de 3%.

Des disparités sectorielles se ressentent néanmoins, au plan national comme en région :

Le BTP est le secteur qui accueille le plus d’apprentis (près de 5 300 apprentis en 2016-2017), mais la tendance demeure orientée à la baisse : le nombre d’inscriptions a diminué (-2 %), soit un recul cumulé depuis 2012 de 26%.

Les effectifs formés dans l’artisanat de fabrication enregistrent également une nouvelle baisse –4%), alors qu’ils se redressent au plan national.

La situation semble en revanche de stabiliser dans l’artisanat des services (les effectifs sont stables).

Un seul secteur a échappé à la crise : l’artisanat de l’alimentation, dont les effectifs d’apprentis progressent de 1% (+14% depuis 2012).

UNE FORTE HAUSSE DES BACHELIERS PRÉPARANT UN MÉTIER EN APPRENTISSAGE DANS L’ARTISANAT

Au national, le nombre d’apprentis déjà titulaires d’un BAC et commençant leur apprentissage dans l’artisanat est en hausse : leur nombre est de 12 200, soit 16 % des inscriptions, contre 11% en 2012-2013). Une part d’entre eux (7 040) est en poursuite d’études et démarre un diplôme de l’enseignement supérieur, principalement un BTS (les plus attractifs sont ceux de l’aménagement paysager, de la mécanique, ainsi que des diplômes de management, et de vente.) Pour les autres, il s’agit d’une réorientation : 3 000 d’entre eux préparent ainsi un CAP en vue d’exercer un métier (pâtissier, fleuriste, etc.).

En Nouvelle-Aquitaine, le phénomène est identique : 1 104 apprentis démarrant la préparation d’un diplôme dans une entreprise artisanale sont détenteurs du BAC ou équivalent en 2016- 2017, soit 15 % des inscriptions. Parmi eux, 290 apprentis débutent un diplôme de BTS.

Catherine Elie, Directrice des études et du développement économique de l’ISM précise :

« Avec l’élévation générale du niveau de formation, de plus en plus de jeunes n’envisagent vraiment leur orientation professionnelle qu’à l’issue du BAC. C’est pourquoi le nombre de bacheliers choisissant de préparer un métier artisanal progresse ces dernières années, une tendance qui devrait perdurer. Les 3 000 bacheliers inscrits en première année de CAP étaient principalement en parcours de réorientation pour devenir boulanger, pâtissier, coiffeur ou encore fleuriste. D’autres préparent un diplôme de l’enseignement supérieur, de nombreux métiers de l’artisanat exigeant un niveau de diplôme plus élevé. Cette dynamique s’explique aussi par une revalorisation des métiers de l’artisanat dans l’opinion publique et sans doute, pour certains, par une déception vis-à-vis des autres filières universitaires ».

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PALMARÈS DES DIPLÔMES EN AUGMENTATION DANS L’ARTISANAT EN NOUVELLE-AQUITAINE

Depuis 2012-2013, les diplômes dont les effectifs sont les plus en hausse dans l’artisanat en Nouvelle- Aquitaine sont principalement des spécialités des métiers de bouche et de fabrication. Avec près de 500 entrées en apprentissage en 2016- 2017, le CAP Pâtissier a gagné en attractivité auprès des jeunes d’Aquitaine, de même que le CAP et le BP Boucher. Dans le bâtiment, un petit diplôme de couverture se développe, celui de la Mention Complémentaire Zinguerie.

Bruno Lacoste, directeur Marketing et Communication de MAAF explique :

« Malgré la baisse globale de l’apprentissage entre 2012 et 2016, certains diplômes ont gagné en attractivité, en particulier dans les secteurs dynamiques de l’alimentation et de certains services. Il est intéressant aussi de constater que, si le choix des diplômes des apprenties reste très ciblé (elles représentent par exemple 90% des effectifs dans la coiffure), le mouvement de féminisation se poursuit avec une part des apprenties dans l’ensemble de l’artisanat qui progresse de 2 points sur la période et atteint 27% en 2016-2017 ».

LE SAVIEZ-VOUS ? CERTAINS DIPLÔMES RARES NE SONT PRÉPARÉS QUE DANS LA RÉGION !

Certains métiers de l’artisanat sont rares et ne sont préparés en apprentissage que dans une seule région pour toute la France. C’est le cas des diplômes préparant aux arts de la pierre, au métier de technicien ascensoriste ou encore de tourneur sur bois (CAP arts du bois) : les seuls établissements en France proposant ces formations se situent en Nouvelle-Aquitaine.

 

Des disparités départementales

Cette dynamique régionale globalement en baisse masque toutefois de forts contrastes départementaux.

Deux départements affichent en effet des évolutions positives : les apprentis de l’artisanat ont ainsi progressé en Dordogne (+5 %) et dans le Lot-et-Garonne (+4 %). Les reculs les plus sévères sont enregistrés dans les Landes (-14 %) et en Charente (-14%). Dans les départements de la région Nouvelle-Aquitaine, le taux de pénétration de l’apprentissage est de 11 apprentis pour 100 entreprises artisanales de moins de 20 salariés (le taux est de 12% en moyenne nationale). Les scores des départements varient de 9 % à 13 % selon les départements : l’apprentissage est plus développé dans le nord de la région (le taux de pénétration y est de 19% dans les Deux-Sèvres et la Vienne). Les taux les plus faibles sont ceux de la Gironde (10 %), et des Landes (9 %).

Au national, le score varie entre 5 % (Paris) et 25 % (en Sarthe).

 

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