Leadership : Le rôle ingrat du numéro 2
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Leadership : Le rôle ingrat du numéro 2

Que ce soit à la tête d’un Etat ou d’une entreprise, l’extrême personnalisation du pouvoir rejette souvent le numéro 2 dans l’ombre. Le poste de second ou d’adjoint, à quel que niveau que ce soit dans la hiérarchie et quelle que soit la taille de l’organisation, ne ressemble à aucun autre statut dans l’entreprise. Ainsi lorsque le N°2 apparaît en pleine lumière en succédant, par exemple, à son patron, il est alors rare qu’on lui fasse confiance d’emblée avant plusieurs mois, voire plusieurs années. Il peut même arrivé que l’adjoint serve de fusible parfait pour protéger directement son patron comme ça a été le cas dans la rocambolesque affaire des faux espions et des vrais escrocs qui a ébranlé en 2011 le groupe automobile Renault et provoqué un incident diplomatique avec la Chine accusée d’avoir corrompu trois cadres de haut niveau pour percer les secrets de la voiture électrique. A l’époque le N° 1 Carlos Ghosn a su réagir vite en éjectant de son poste le n° 2, Patrick Pelata. Mis au placard, l’ancien directeur général délégué a quitté Renault 14 mois plus tard pour aller se refaire une image en Californie dans une société vingt fois plus petite et dont il n’est que l’un des 18 membres du comité exécutif. Il existe aussi d’autres cas où les adjoints veulent rester dans l’ombre, diriger et conseiller sans trop s’exposer médiatiquement ni prendre de risques personnels.

Pour certains experts en management, il est évident que le rôle d’adjoint est inutile dans de nombreuses situations d’entreprises et qu’il peut même devenir néfaste lorsque deux individus aux caractères affirmés se partagent les mêmes responsabilités. Selon eux, il est bien plus économique et efficace d’avoir une organisation décentralisée, voire horizontale, dans laquelle chacun sait ce qu’il a à faire même en l’absence du chef. Il est clair pourtant que les adjoints peuvent être très utiles comme c’est le cas, par exemple, dans un tandem numéro 1/numéro 2 composé d’un très jeune dirigeant promis à un brillant avenir (grâce à sa formation initiale ou par héritage) secondé par un professionnel solide et expérimenté qui gère l’entreprise au quotidien et sait qu’il ne deviendra jamais n° 1. Une autre configuration plus classique est celle du patron relativement âgé secondé par un alter ego pas forcément beaucoup plus jeune que lui mais qui, après s’être formé auprès du N°1, le remplacera fort opportunément le moment venu du départ à la retraite.

 

Didier Reuter

Principales sources utilisées :

Alternatives Economiques – Challenges

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