Les collectivités territoriales au service du développement économique
L'Hotel de Région de Bordeaux (© Region Nouvelle-Aquitaine - Françoise Roch)

Les collectivités territoriales au service du développement économique

 

> Décryptage de la loi NOTRe

> Rôle et compétences des différents échelons territoriaux

> Attractivité territoriale : les leviers pour agir localement

> Comment la région Nouvelle Aquitaine soutient ses entreprises ?

 

master-dossier-rousset-fountaine-2015-p6-web

Alain Rousset et Jean-François Fountaine à la nouvelle digue du Nouveau Monde

 

DÉCRYPTAGE DE LA LOI NOTRe

Présentée comme l’acte 3 de la décentralisation, la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) redécoupe et redéfinit les fonctions et compétences des différents échelons territoriaux.

Concrètement, depuis le 1er janvier 2017, chacun des échelons dispose d’une spécialisation plus accrue : la Région est renforcée dans son rôle de pôle de développement économique, le Département est recentré autour de la solidarité sociale et territoriale tandis que les intercommunalités ont été redessinées pour pouvoir améliorer l’offre de services de proximité.

Pour une meilleure harmonisation des politiques publiques entre les différents échelons territoriaux.

La « clause de compétence générale » est supprimée pour les Départements et les Régions. Cette disposition législative leur donnait un pouvoir d’initiative pour développer de nouvelles politiques, en dehors de leurs compétences obligatoires. Ces deux échelons n’auront donc plus le droit d’intervenir sur tous les sujets et de dépenser dans tous les domaines d’action publique. Cela permettra de clarifier « qui fait quoi », d’harmoniser les politiques publiques entre les différents échelons et d’éviter des dépenses inutiles lorsque plusieurs niveaux de collectivités se concurrencent sur un même domaine d’action.

Les 2 principaux enjeux déclarés de cette réforme territoriale sont donc la baisse des dépenses publiques et une meilleure prise en compte des besoins citoyens.

 

RÔLE ET COMPÉTENCES DES DIFFÉRENTS ÉCHELONS TERRITORIAUX

Il est possible d’établir une liste de compétences par blocs et par type de collectivités, bien que celles-ci peuvent parfois s’entrecroiser ou se compléter.

LES COMPÉTENCES ÉCONOMIQUES DES RÉGIONS SONT RENFORCÉES

Voulues comme les acteurs clés du redressement économique du pays, les Régions se retrouvent avec des compétences exclusives dans plusieurs domaines :

Développement économique

Aujourd’hui, les Régions sont en charge de l’élaboration d’un « schéma régional en matière de développement économique, d’innovation & d’internationalisation, d’aides à l’investissement immobilier et à l’innovation des entreprises ». Il définit également les orientations en matière d’attractivité du territoire régional et de développement de l’économie solidaire. Par ailleurs, les Régions sont seules compétentes pour définir les aides et les régimes d’aides générales : subventions, prêts, avances remboursables… en faveur de la création ou de l’extension d’activités économiques ou des entreprises en difficulté. Enfin, elles animent les pôles de compétitivité de leur territoire.

Gestion des programmes européens (Feder, Feader et une partie du FSE)

Si les Régions disposaient de l’autorité de gestion des fonds européens depuis 2014, elles ont dorénavant le devoir de sélectionner et de coproduire les projets territoriaux, avec les autres collectivités.

Lycées, formation professionnelle, apprentissage & alternance

Les compétences des Régions restent les mêmes : la Région s’occupe de la construction, de l’entretien, du fonctionnement des lycées d’enseignement général et des établissements d’enseignement agricole ainsi que de la gestion de leurs personnels. Depuis 2015, la Région est également compétente dans la mise en oeuvre des actions de formation professionnelle continue et d’apprentissage, ce qui inclut les formations en alternance et l’insertion des jeunes en difficulté. Enfin, la loi NOTRe a introduit la possibilité de délégation aux Régions de l’animation des opérateurs du service public de l’emploi : missions locales, maisons de l’emploi, Cap emploi, PLIE… à l’exception de Pôle Emploi.

Enseignement supérieur

En qualité de chef de file, les Régions ont désormais en charge l’établissement des stratégies régionales pour l’Enseignement supérieur et pour la Recherche & l’Innovation afin de mieux coordonner leurs actions et de mieux s’articuler avec les stratégies de développement économique du territoire.

Aménagement du territoire & environnement

Aujourd’hui, les Régions doivent arbitrer les actions en matière d’équilibre et d’égalité des territoires, d’implantation des différentes infrastructures d’intérêt régional, de désenclavement des territoires ruraux, d’intermodalité & de développement des transports. Elles sont également responsables de la maîtrise et de la valorisation de l’énergie, de la lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air, de la prévention et de la gestion des déchets.

Transports

Les Régions ont acquis de nouveaux leviers de pilotage en matière de transport. Si, comme avant, elles procèdent à l’achat de trains TER et financent les projets de modernisation du réseau, depuis septembre 2017, elles ont également compétence en matière de transports interurbains et de transports scolaires, en lieu et place des départements.

Le transport serait aujourd’hui le premier poste budgétaire des Régions.

Tourisme, culture, sport…

Les Régions ont des compétences partagées avec les départements dans les domaines du tourisme (la Région est désignée chef de file), de la culture, du sport, de l’aménagement numérique.

LES DÉPARTEMENTS SONT RECENTRÉS SUR LA SOLIDARITÉ

La loi NOTRe a clairement entraîné une diminution de la liste des compétences du Département au profit de la Région. Pour autant, dans un contexte où avait été envisagée la disparition des départements en 2020, ceux-ci ont sauvegardé leurs compétences emblématiques, telles que l’action sociale, la gestion de l’aide sociale et celle des routes départementales.

Les Départements sont donc confirmés :

• Dans leur rôle de régulateur social avec notamment la réaffirmation de leurs compétences en matière de prévention et de prise en charge des situations de fragilité, du développement social, de l’accueil des jeunes enfants et de l’autonomie des personnes.

L’action sociale d’un département représente en moyenne plus de la moitié de son budget de fonctionnement : aide sociale à l’enfance, politique d’hébergement et d’insertion sociale des personnes handicapées, création et gestion de maisons de retraite, politique de maintien des personnes âgées à domicile, prestations légales d’aide sociale, gestion du revenu de solidarité active…

• Dans leurs actions en matière d’éducation avec notamment la construction, l’entretien et l’équipement des collèges, ainsi que la gestion de leurs personnels.

• Dans leurs actions en matière d’aménagement, à savoir l’équipement rural, le remembrement, l’aménagement foncier, la gestion de l’eau et de la voirie rurale.

• Dans la gestion de la voirie départementale, soit toutes les routes n’entrant pas dans le domaine public national.

• Dans leur rôle de garant de la sécurité : circulation départementale, prévention de la délinquance, services d’incendies et de secours…

Les Départements disposent également d’une capacité d’ingénierie via la mise à disposition d’experts pour accompagner les communes et les intercommunalités dans des domaines techniques pour lesquels elles ne disposent pas de moyens : aménagement, logement….

• Dans l’action culturelle, sportive…

Le Département conserve une compétence culturelle dite « partagée » avec la Région et les communes au travers les bibliothèques départementales de prêt, les services d’archives départementales, les musées, la protection du patrimoine…, mais aussi le sport et le tourisme.

LA CARTE DES INTERCOMMUNALITÉS EST RECONFIGURÉE

L’intercommunalité désigne « les différentes formes de coopération existantes entre les communes au service de projets de territoire ». Au 1er janvier 2014, les 36.700 communes de France faisaient partie d’une intercommunalité : Communauté de communes, Agglomérations urbaines ou Métropoles. De tailles différentes, ces intercommunalités disposaient souvent de moyens trop faibles pour porter des projets d’envergure. C’est pourquoi, la réforme NOTRe a amplifié le processus d’intégration des communes pour faire changer les Intercommunalités d’échelle.

Au 1er janvier 2017, plus de 1.600 intercommunalités ont été officiellement dissoutes, soit 35% de baisse en 1 an selon la Direction Générale des Collectivités Locales.

La série de fusions qui s’en est suivie s’est adaptée au nouveau seuil minimal établi à 15.000 habitants pour toute intercommunalité, contre 5.000 auparavant. Celles-ci ont également été reconfigurées pour coïncider au mieux avec les bassins de vie, et pour permettre à certaines zones rurales d’intégrer de grandes agglomérations urbaines mieux fournies en services.

Aujourd’hui, la moyenne des habitants des intercommunalités françaises est proche des 50.000.

Les compétences transférées : déchets, eau, tourisme, urbanisme…

• La gestion des déchets ménagers, qui appartenait depuis des décennies aux Communes, est devenue une compétence des Intercommunalités. Concernant la gestion de l’eau et de l’assainissement, le passage de relais peut s’effectuer jusqu’en 2020.

• La promotion du tourisme, l’aménagement des aires d’accueil des gens du voyage, ou encore la gestion des milieux aquatiques deviennent des attributions spécifiques aux Intercommunalités.

• En matière d’urbanisme, l’élaboration des PLU (Plans Locaux d’Urbanisme) est également transférée.

 

La commune reste le marqueur de la démocratie locale

La montée en compétences des Intercommunalités n’empêche pas que la commune demeure l’échelon de base de la République. A ce titre, elle demeure l’unique échelon de collectivité à disposer de la clause de compétence générale, qui lui permet de répondre à tous les besoins du quotidien des citoyens.

Rappel des compétences conservées par les Communes et/ou Intercommunalités

Action sociale : centres communaux d’action sociales, gestion des crèches et haltes garderies, résidences et foyers de personnes âgées…

Formation / Enseignement : construction et entretien des écoles maternelles et primaires, gestion des agents techniques et de services des écoles.

Culture, sports & loisirs : gestion des bibliothèques communales et des musées, gestion des équipements sportifs et de loisirs, aménagements touristiques et manifestations culturelles.

Aménagement du territoire : voirie rurale et communale, remembrement et aménagement foncier, gestion de l’eau, transports urbains et scolaires, traitement des permis de construire et des autorisations de travaux.

Environnement : collecte et traitement des déchets ménagers, distribution de l’eau potable et gestion des eaux usées et pluviales, distribution de l’énergie.

Sécurité : circulation & stationnement, police municipale & prévention de la délinquance.

 

L’ATTRACTIVITE TERRITORIALE : LES LEVIERS POUR AGIR LOCALEMENT

Pour se développer, les territoires ont plusieurs cordes à leur arc : accueillir des entreprises et promouvoir des pôles de compétences, miser sur la venue des touristes et des retraités. L’attractivité économique d’un territoire repose donc sur sa capacité à capter des ressources exogènes.

On distingue donc :

L’attractivité économique productive qui consiste à créer une dynamique industrielle et technologique avec les emplois, les compétences particulières et les salaires qui y sont rattachés. Les emplois qualifiés sont les facteurs pour lesquels les territoires se livrent la plus vive concurrence car ils possèdent un réel effet d’entraînement sur l’économie locale : ce sont par exemple les cadres et les personnels de conception et de recherche du secteur privé.

L’attractivité économique résidentielle qui consiste à attirer des revenus en misant sur le tourisme et l’accueil des seniors. Or, le littoral atlantique est considéré comme le territoire français le plus attractif de ce point de vue. Outre l’effet économique engendré, cette dynamique résidentielle permet de stabiliser les seuils nécessaires au financement des équipements et des services de proximité utiles à l’ensemble de la population.

LES LEVIERS POUR AGIR LOCALEMENT

Au niveau de l’attractivité économique productive

Les facteurs d’attractivité

Le marketing territorial nous enseigne que les trois grands facteurs d’attractivité d’un territoire peuvent être regroupés en trois blocs : les équipements, les hommes, le cadre naturel et géographique.

Par exemple, pour une entreprise étrangère qui souhaite s’implanter en France, les critères de choix les plus cités sont :

– La position géographique et l’accès au marché,

– Le tissu économique, sa composition et sa réactivité,

– La qualité des infrastructures d’accès : air, rail, route…,

– La qualité de la main d’oeuvre et sa qualification,

– Les conditions d’accueil.

La présence des universités, des grandes écoles, de centres de R&D, le coût de l’immobilier, la qualité de vie arrivent dans un second ensemble de facteurs… alors que ces mêmes variables peuvent apparaître comme stratégiques et premières pour des PME françaises qui veulent développer leurs activités sur de nouveaux sites.

Vers des regroupements pour muscler ses secteurs clés

Le récent processus de fusion des Régions a contribué à favoriser les coopérations pour accompagner les écosystèmes locaux. Pour Joël Satre Buisson, enseignant à l’IAE de Lille et Consultant territorial : « Au plan macro régional, toute politique de développement économique s’efforce de favoriser des regroupements d’acteurs de la recherche, de l’innovation et des réseaux d’entreprises dans les branches et des secteurs clés disposant d’un avantage relatif. Cette politique de coopération permet alors d’agir sur l’attractivité en direction d’investisseurs et d’entreprises porteuses de développement ».

Les solutions opérationnelles

Les Territoires peuvent proposer :

• Des incitations à l’implantation ou au développement des entreprises via des aides financières ou des aides indirectes à l’immobilier d’entreprises,

• La mise en oeuvre de facteurs de différenciation via la création de clusters, de pôles de compétitivité et de dispositifs de R&D,

• Une articulation « intelligente » entre les Agences de développement et les réseaux consulaires,

• La mise en place d’une « stratégie de métropole » qui conduit les grandes villes à s’inscrire dans des stratégies de positionnement et de communication. Celles-ci permettent d’afficher leur performance économique, leur patrimoine touristique et culturel ainsi que leur qualité de vie : santé, pollution, espérance de vie, aisance et fluidité des déplacements… L’évolution des équipements publics : infrastructures de transport, centres de congrès, parcs d’expositions et réalisation de Grands Stades sont emblématiques en la matière.

Au niveau de l’attractivité économique résidentielle

L’ensoleillement, la proximité de la mer et du littoral structurent sensiblement la géographie des populations et de leur mobilité pour le choix des résidences principales et secondaires. Mais ces motivations ne sont pas suffisantes si elles ne sont pas complétées par des logiques de service : équipements de loisirs (parcs et jardins, piscines, golf…), services touristiques (hôtellerie, restauration, autocaristes), services marchands ou sociaux de proximité (pharmacies, professionnels de santé…).

 

900 SPOTS A LA TELE POUR PROMOUVOIR « L’ESPRIT NOUVELLE VAGUE » DE LA NOUVELLE-AQUITAINE

Le 15 avril 2018, la Région a engagé la deuxième phase de sa campagne d’attractivité territoriale à destination des touristes et surtout des talents qui voudraient s’implanter dans nos départements. La première phase, lancée en octobre 2017, était plutôt ciblée sur les décideurs et chefs d’entreprise franciliens.

900 spots de 10, 20 ou 30 secondes ont ainsi été diffusés sur 12 chaînes nationales et régionales (France 2, France 3, France 24, Arte, LCI, RMC Découverte…), sur des plateformes numériques vidéos (replay de BFM et MyTF1) ainsi que sur le web (Dailymotion, Youtube, Facebook et Instagram).

Le site dédiée espritnouvellevague.fr complète le dispositif. Il s’articule autour de plusieurs rubriques : « Osez pour l’attractivité économique », « Vivez pour l’attractivité résidentielle », « Bougez pour le tourisme » et puis les Top 14 pour les destinations emblématiques, les entreprises phares, les secteurs qui recrutent, les talents…

 

COMMENT LA RÉGION NOUVELLE AQUITAINE SOUTIENT SES ENTREPRISES ?

Forte de ses 11 pôles de compétitivité, 70 clusters, 3 incubateurs académiques, 9 technopoles, 24 centres technologiques,50 pépinières d’entreprises, la Région Nouvelle-Aquitaine a développé un écosystème performant qu’il est nécessaire de faire évoluer en permanence pour accompagner les entreprises. Divers dispositifs ont été privilégiés par la Région pour accompagner leur performance et leur compétitivité. Tour d’horizon :

« CROISSANCE PREMIUM » POUR ACCOMPAGNER 500 ENTREPRISES PAR AN

En décembre 2017, la Région, le réseau des CCI et ADI Nouvelle-Aquitaine (Agence de Développement et d’Innovation) ont lancé un nouveau programme intitulé Croissance Premium. L’objectif est d’accompagner dans leur croissance 500 entreprises volontaires, en particulier les PME des secteurs de l’industrie et des services à l’industrie. Au programme : modernisation de l’outil de production, organisation industrielle, transformation numérique, développement des capacités d’innovation, ouverture à l’international… Et ce, sur 1 an.

Parmi les critères de sélection : le potentiel de croissance et d’innovation, l’impact territorial en termes d’activités productives et d’emplois et l’ambition de l’équipe dirigeante.

Le parcours proposé

L’entreprise est d’abord accompagnée dans la réflexion stratégique afin d’identifier ses leviers prioritaires de croissance. Dans un second temps, elle est orientée vers un ou plusieurs parcours d’accompagnement thématiques prenant la forme d’actions de conseil et/ou de formations spécifiques, lui permettant de franchir des paliers dans son développement.

Un suivi contractualisé est mis en place via une convention d’accompagnement liant l’entreprise et les partenaires chargés de son accompagnement.

« USINE DU FUTUR » POUR SOUTENIR LA TRANSITION VERS L’USINE NUMÉRIQUE

Depuis son lancement en février 2014, le dispositif Usine du Futur a déjà accompagné 400 entreprises régionales et l’objectif est de 600 d’ici 2020. 100 PMI seront retenues en 2018 et la 2e session de candidature est ouverte jusqu’au 15 octobre 2018. Profil recherché : des entreprises qui souhaitent améliorer leurs performances et/ ou sont dans la recherche d’un nouveau modèle.

Pour une usine compétitive et connectée

Avec l’Usine du futur, l’ambition de la Région est triple, à suivre sur une échelle de 10 ans :

• Accompagner les PME/ETI dans l’optimisation de leurs ressources et organisation : flux, qualité, flexibilité, conditions de travail…,

• Soutenir la transition vers l’usine numérique et connectée : solutions numériques, expérience client, marketing digital…,

• Encourager l’évolution vers l’Usine durable : optimisation des ressources, efficacité énergétique et environnementale…

Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du projet national « Industrie du Futur », qui vise à moderniser l’outil industriel, à transformer son modèle économique par le numérique et à répondre ainsi aux grands défi s sociétaux actuels.

Le parcours proposé

L’entreprise est d’abord accompagnée dans la réflexion stratégique afin d’identifier ses leviers prioritaires de croissance. Dans un second temps, elle est orientée vers un ou plusieurs parcours
d’accompagnement thématiques prenant la forme d’actions de conseil et/ou de formations spécifiques, lui permettant de franchir des paliers dans son développement.
Un suivi contractualisé est mis en place via une convention d’accompagnement liant l’entreprise et les partenaires chargés de son accompagnement.

« USINE DU FUTUR » POUR SOUTENIR LA TRANSITION VERS L’USINE NUMÉRIQUE

Depuis son lancement en février 2014, le dispositif Usine du Futur a déjà accompagné 400 entreprises régionales et l’objectif est de 600 d’ici 2020. 100 PMI seront retenues en 2018 et la 2e session de candidature est ouverte jusqu’au 15 octobre 2018. Profil recherché : des entreprises qui souhaitent améliorer leurs performances et/ ou sont dans la recherche d’un nouveau modèle.

Pour une usine compétitive et connectée

Avec l’Usine du futur, l’ambition de la Région est triple, à suivre sur une échelle de 10 ans :

• Accompagner les PME/ETI dans l’optimisation de leurs ressources et organisation : flux, qualité, flexibilité, conditions de travail…,

• Soutenir la transition vers l’usine numérique et connectée : solutions numériques, expérience client, marketing digital…,

• Encourager l’évolution vers l’Usine durable : optimisation des ressources, efficacité énergétique et environnementale…

Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du projet national « Industrie du Futur », qui vise à moderniser l’outil industriel, à transformer son modèle économique par le numérique et à répondre ainsi aux grands défi s sociétaux actuels.

Le parcours proposé

100% du coût du diagnostic est pris en charge par la Région et les Fonds européens (Feder). Dans un deuxième temps, la Région propose un accompagnement sur les investissements matériels, les volets « formation & conseil », et l’aide au recrutement.

« UP GRADE »: L’ACCÉLÉRATEUR DE START-UP

Comme son nom l’indique, l’objectif de l’accélérateur « UP Grade » est d’abord de renforcer la phase « up » des start-up régionales à fort potentiel. En effet, trop peu de jeunes pousses dépassent le stade de la petite entreprise, tant en termes de chiffre d’affaires que d’emploi. Le « up » consiste, en phase de déploiement commercial, à prendre des positions rapides, en particulier à l’international, et à assumer dans de bonnes conditions le changement d’échelle nécessaire.

C’est tout le sens de cet accélérateur mis en place par la Région qui trouve sa place dans la chaine d’accompagnement et de financement déjà existant : incubateurs, technopoles et pépinières.

L’animation de ce programme est confiée à l’association Unitec pour une durée de 3 ans. Les entreprises sélectionnées sont accompagnées sur 12 mois et regroupées à raison de 5 entreprises par promotion.

Les entreprises ciblées

Ce sont les startups à ancrage régional, prioritairement de moins de 6 ans, d’ambition internationale, ayant démarré avec succès leur commercialisation sur des marchés à fort potentiel, et dirigées par une équipe apte à porter cette ambition.

Les 3 principales missions de l’accélérateur Up Grade

• Accélérer leur déploiement commercial, en France et à l’étranger,

• Mettre en place les compétences et organisations nécessaires (RH, production, qualité, juridique…) pour leur permettre de répondre à la demande et sécuriser l’entreprise,

• Obtenir les ressources financières nécessaires à la réalisation de ces actions et à leur consolidation.

La 1ère promotion Up Grade

Les cinq entreprises de la promotion 2018 Up Grade qui suivent un parcours d’accompagnement personnalisé d’une année :

Dynvibe (Pessac) développe depuis 2009 une expertise dans l’analyse et la transformation de donné es issues des médias sociaux. Pionnier de la Social Media Intelligence, elle est devenue aujourd’hui un observatoire en temps réel des tendances de consommation. Elle accompagne notamment l’Oréal, LVMH ou La Redoute.

Olikrom (Pessac) conçoit, produit et commercialise des encres et peintures industrielles formulées à partir de pigments intelligents capables de changer de couleur, de façon réversible ou non, en fonction des conditions de température, de pression, ou de lumière.

Entomo Farm (Libourne) propose une alternative durable à la production de protéines en Europe. Ses activités couvrent l’élevage, la transformation et la distribution avec pour comme objectif de faire émerger une nouvelle filière agricole et industrielle autour de l’insecte en France.

Eshard (Martillac) est une entreprise experte en sécurité. Elle édite des logiciels d’analyse et de validation pour la protection de solutions embarquées dans les domaines de la finance, de la défense, de l’aéronautique ainsi que des objets connectés grand public. Sa plateforme collaborative esDynamic lui permet en outre de transmettre son savoir-faire dans le domaine de la protection cryptographique.

Rhinov (Poitiers et Bègles) s’est spécialisé dans les simulations d’aménagement intérieur en 3D, réalisées par des décorateurs d’intérieur installés à Bordeaux, à partir d’un plan ou de photos transmises par les clients… pour 99€.

Le parcours proposé

Chaque entreprise sélectionnée est coachée par une start-up manager qui lui consacre en moyenne 3 jours par mois. L’accompagnement va de la réflexion stratégique à la sélection des actions en passant par la recherche et la qualification des partenaires, la recherche de moyens financiers, la mise en oeuvre des actions structurantes et des outils de pilotage.

« NOUVELLE-AQUITAINE ACCÉLÉRATEURS » POUR LES PÉPITES DE LA RÉGION

La Région a mis en place, en lien avec Bpifrance, un programme d’accompagnement renforcé pour rendre les PME et ETI régionales plus compétitives à l’international : « Nouvelle-Aquitaine Accélérateurs ». Vingt-trois entreprises à fort potentiel ont déjà intégré ce dispositif d’excellence qui a d’ores et déjà permis à un tiers des PME soutenues (10 à 250 salariés) de devenir des ETI (de 250 à 5.000 salariés). Les autres ont confirmé une croissance moyenne de leur chiffre d’affaires de 22% avec des effectifs en hausse de 20%.

Un parcours sur deux ans

Nouvelle-Aquitaine Accélérateurs se traduit par un parcours sur deux ans constitué d’un « diagnostic 360° » portant sur une dizaine d’items : organisation RH, international, croissance externe, transformation digitale, développement commercial…, de missions de conseil ciblées, de partage d’expériences et de sessions de formation dispensées par des intervenants de HEC pour les ETI et de Kedge Business School Bordeaux pour les PME.

SILVER ECONOMIE : UN AXE MAJEUR POUR LA RÉGION

En Nouvelle Aquitaine 11% de la population a plus de 60 ans et 11% plus de 75 ans. La Région bat ainsi les records de longévité au plan national. L’enjeu est donc de faire du vieillissement un levier d’innovation économique, sociale et sociétale.

Les 4 priorités de la feuille de route

La politique « Silver économie » de la Région Nouvelle-Aquitaine s’articule autour de quatre priorités :

• La stimulation des innovations technologiques (domotique) et organisationnelles du secteur pour valoriser les entreprises et renforcer l’emploi (non délocalisable) du territoire. Concernant la problématique des seniors, la Nouvelle-Aquitaine dispose déjà de compétences académiques fortes dans les pathologies liées à l’âge : neurosciences, cardiologie, oncologie, diabète… Elle se positionne parmi les leaders français en matière d’e-santé, de domotique, d’objets connectés… et plus largement sur le plan économique : thermalisme, tourisme, univers mutualiste et tissu économique social & solidaire (12% de l’emploi salarié, 3e région de France).

• L’adaptation de l’offre de formation continue et des compétences aux nouveaux contextes numériques, objets connectés, robotique…

• La volonté de porter une politique partenariale entre les différents acteurs concernés,

• La reconnaissance à l’échelle européenne et internationale : la Région Nouvelle Aquitaine a été labellisée fin 2016 « Site de référence » dans le cadre du « Partenariat Européen de l’Innovation pour un vieillissement actif et en bonne santé » porté par la Commission Européenne.

Des acteurs déjà bien présents Aujourd’hui, la Région Nouvelle Aquitaine regroupe des entreprises emblématiques ou émergentes dans le domaine de la Silver Economie : Legrand, Alogia, Bluelinea, Indépendance Royale, Domalys, Nomadeec, Navailles, Resantevous, Robosoft, Sanilea, Synergies @venir, Symbio System, Telecom Design, Systam, Vilgo…

Un écosystème qui se trouve complété par un ensemble de living labs (groupement d’acteurs publics ou privés, d’entreprises ou d’associations… qui testent grandeur nature des services ou des usages nouveaux) : Autonom’lab, Fontaulab, Origami, Calyxis, Living lab e-santé, et Living lab Silver Sud Gironde….

« ENTREPRENDRE, LA RÉGION À VOS CÔTÉS » POUR ACCOMPAGNER À LA CRÉATION-REPRISE DE TPE

La Région entend renforcer l’économie territoriale, l’entrepreneuriat et le maillage du territoire en proposant d’accompagner les TPE, de la phase création ou reprise jusqu’à son développement, ou en facilitant sa transmission.

Mise en place pour la période 2018-2020, le dispositif « Entreprendre : la Région à vos côtés » s’adresse plus particulièrement aux Jeunes, aux salariés qui veulent se reconvertir, aux demandeurs d’emploi ou aux personnes résidant dans les territoires fragiles.

SOUTIEN À « L’EXPÉRIMENTATION DE PROJETS SOCIALEMENT INNOVANTS »

Ouvert jusqu’au 3 septembre 2018, l’appel à « L’expérimentation de projets socialement innovants » s’adresse aux entreprises, associations, collectivités, organisations syndicales ou professionnelles, collectifs d’usagers… qui veulent oeuvrer dans l’Économie sociale & solidaire.

Les objectifs ? Encourager l’émergence, l’expérimentation et la structuration de démarches socialement innovantes. Favoriser la création d’activités nouvelles, la R&D sociale et les partenariats entre laboratoires de sciences humaines et les acteurs de l’économie sociale & solidaire.

Autres dispositifs mis en place par la Région

• Aides à la performance industrielle : aides au conseil, aux investissements, au renforcement des fonds propres, au recrutement et au renforcement des compétences.

• Soutien aux filières agro-alimentaires : aides à l’innovation et aux démarches de développement durable.

• Aides à l’internationalisation : Pass Export pour les primo-exportateurs et Cap International pour les confirmés. Talent Export pour recruter un collaborateur à l’international export et dispositif PRAC (Programme Régional d’Actions Collectives à l’international).

Toutes les aides pour le développement économique sont sur le site les-aides.nouvelle-aquitaine.fr

Dominique Bussereau, Président de l'Association des Départements de France (ADF) - © Valérie Lambert

Dominique Bussereau, Président de l’Association des Départements de France (ADF) – © Valérie Lambert

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

Cegid, gouvernement.fr, vie-publique.fr, nouvelle-aquitaine.fr, Le Populaire.fr, Insee, wikiterritorial.cnfpt.fr

Réagir à cet article

comment-avatar

*