Les nouvelles formes d’économie
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Les nouvelles formes d’économie

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> Économie collaborative ou économie sociale & solidaire : attention à la confusion

> L’économie collaborative : un modèle hybride entre capitalisme et partage

> L’économie sociale & solidaire : une éthique au service d’une nouvelle économie

> L’industrie 4.0 ou l’usine du futur

 

Économie collaborative ou économie sociale & solidaire : attention à la confusion

Il ne faut pas confondre Economie collaborative et Economie sociale & solidaire. Ces deux formes d’activités ne fonctionnent pas selon les mêmes principes et n’ont pas la même éthique, les mêmes valeurs et les mêmes finalités.

L’économie collaborative repose sur une structure pyramidale avec un gestionnaire d’information unique (plateforme collaborative) qui accrédite une multitude de collaborateurs, sans lien particulier entre eux, au statut totalement précaire et sans lien salarial. Elle sous-tend des fins principalement financières.

L’économie sociale & solidaire (ESS) est centrée sur l’intérêt général, à travers des principes de gouvernance démocratique, une éthique de la répartition des revenus et une volonté de réinvestissement des bénéficies en interne. Par ailleurs, l’ESS se construit avec des salariés coopérateurs ou sociétaires, dans le cadre de conventions sociales protectrices pour chaque individu. Enfin, elle tente en priorité de répondre à des besoins fondamentaux que sont l’éducation, la santé, l’emploi ou l’environnement, s’adressant en majorité aux usagers les plus précaires dans l’accès à ces services : petite enfance, personnes âgées ou handicapées, personnes fragiles socialement ou financièrement.

En conclusion, l’ESS est un modèle plus éthique, plus transparent et plus paritaire que l’économie collaborative mais plus rigide et donc moins propice au développement, surtout dans le cadre d’une stratégie de forte croissance et donc de besoins en capitaux. Sur le site de La Tribune.fr, Hugues Sibille, ancien vice-président du Crédit coopératif, constatait récemment : « L’économie sociale & solidaire est déjà en perte de vitesse, un phénomène nouveau. Les nouveaux talents qui souhaitent donner du sens à leur activité se tournent désormais vers l’économie collaborative ».

 

L’économie collaborative : un modèle hybride entre capitalisme et partage

Qu’est-ce que l’économie collaborative ?

L’économie collaborative repose sur le partage ou l’échange entre particuliers de biens (voiture, logement), de services (covoiturage, bricolage), ou de connaissances (cours, apprentissage), avec échange monétaire (vente, location, prestation de service) ou sans échange monétaire (dons, troc, volontariat), le plus souvent par l’intermédiaire d’une plateforme numérique de mise en relation.

L’économie collaborative se définit donc comme une activité qui vise à produire de la valeur en commun en se basant sur de nouvelles formes d’organisation : mise en réseau ou en communautés via des plateformes internet, mutualisation des biens et des outils, espaces en commun… Elle s’appuie fortement sur les technologies du numérique, notamment autour de sites et d’applications mobiles (marketplaces). Ces plateformes permettent la mise en relation des offreurs et des demandeurs grâce à des algorithmes de recommandation et à des fonctionnalités telles que la géolocalisation ou les enchères en temps réel.

 

L’usage plutôt que la possession

L’économie collaborative séduit déjà un français sur deux et concerne de plus en plus de secteurs traditionnels qui voient éclore des startups ou des organismes au fonctionnement et business model inédits. Parmi les plateformes les plus connues : le covoiturage avec Blablacar, les locations entre particuliers avec Airbnb pour le logement ou Zilok pour les objets du quotidien, les services d’aide à la personne avec TaskRabbit, les petites annonces avec Le bon coin, l’alimentation avec La Ruche qui dit oui !, la production, la réparation ou le recyclage d’objets avec les Fablabs, le prêt aux entreprises avec Lendopolis ou le financement entre particuliers avec Kickstarter et autres plateformes de crowdfunding.

 

De multiples applications

Aujourd’hui, l’économie collaborative se développe dans beaucoup de secteurs d’activité :

• Logement : location entre particuliers, colocation, échange d’appartement, habitat participatif ;

• Transport : covoiturage, livraison collaborative, voiture de tourisme avec chauffeur (VTC), location de véhicules entre particuliers ;

• Alimentation : groupements de consommateurs, associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), co-restauration ;

• Équipement : vente, achat, échange, prêt, location ou don de matériel d’occasion ;

•Habillement : location, don, troc, revente/achat de vêtements ;

• Services d’aide entre particuliers : courses, bricolage, gardiennage, soins aux animaux ;

• Culture, enseignement : cours en ligne, soutien scolaire.

 

L'économie collaborative ou du partage : un véritable bouleversement. © Aleutie - Fotolia

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La volonté de « Reprendre le contrôle »

Le développement de l’économie collaborative s’est, en partie, adossé à la sensibilité du développement durable et des consommateurs qui veulent « reprendre le contrôle ». Par exemple :

• Sur la consommation alimentaire

Pour l’australienne Rachel Botsman, pionnière de l’économie du partage : « Beaucoup d’individus ne veulent plus consommer passivement, dans une relation de pure dépendance au système. Ils agissent en exigeant une totale transparence sur ce qu’ils consomment afin de faire des choix en toute connaissance de cause. Qui a fabriqué ce produit ? Où et comment ? Que contient-il ?… Autant de questions qui créent une dynamique de responsabilisation des individus ».

• Sur la fabrication

Les fablabs et autres makerspaces ou hackerspaces sont des ateliers de fabrication ouverts au public, équipés de matériel informatique et technique : fraiseuse, appareil à soudure, imprimante 3D.

Pour Chrystelle Bazin, consultante en médias & nouveaux médias et contributrice-rédactrice de CultureMobile.net : « Les lieux permettent à tous, spécialistes ou non, de reprendre le contrôle sur la fabrication, de comprendre comment ça marche à l’intérieur ».

 

Qui sont les usagers de l’économie collaborative ?

Les Cahiers de la consommation collaborative distinguent quatre familles d’utilisateurs :

Les Pragmatiques : ils recherchent le caractère pratique des offres ;

Les Engagés : ils s’attachent à retrouver du sens dans ces pratiques ;

Les Opportunistes : ils y ont recours pour des raisons économiques ;

Les Sceptiques qui ont essayé par curiosité.

 

Un contexte technologique et économique propice

Si l’explosion des technologies numériques a eu un impact déterminant dans l’essor de l’économie collaborative, les difficultés économiques et financières de la dernière décennie ont largement contribué à son développement. De fait, dans un contexte de chômage élevé, nombre de personnes ont commencé à proposer leurs biens ou leurs services de manière régulière avec, comme objectif, la recherche d’économies et/ou de revenus complémentaires.

Par ailleurs, deux autres phénomènes ont participé à l‘émergence de cette nouvelle forme d’économie : la sous-utilisation patente de certains biens et de certaines infrastructures, et surtout un changement de paradigme en favorisant l’usage des biens plutôt que leur possession : un modèle plus à même de répondre aux enjeux écologiques, énergétiques et sociaux actuels.

 

Un nouveau modèle socio-économique

Selon le site vie-publique.fr, l’économie collaborative se développe selon deux stratégies face à l’offre conventionnelle :

• En dupliquant les modèles de consommation classiques (acheter, louer) mais en utilisant les ressources des particuliers et en proposant des services absents de l’offre classique : applications mobiles, prix attractifs, retour critique sur la prestation.

• En créant un service nouveau ou complémentaire de l’offre classique : covoiturage.

L’économie collaborative vient ainsi bousculer les modèles existants tant pour les consommateurs que pour les travailleurs.

 

L’émergence de nouvelles formes d’emploi

Dans la majorité des cas, les particuliers qui proposent des biens ou des services recherchent un complément de revenu mais de plus en plus en font une véritable activité.

Ce qui contribue à l’émergence de nouvelles formes d’emploi, hybrides ou à la frontière du salariat : portage salarial, franchise, contrat de travail temporaire, même si le statut d’auto entrepreneur est le plus largement utilisé.

 

Le problème

Les travailleurs, partenaires d’une plateforme d’économie collaborative, sont juridiquement indépendants : ils échappent donc à un lien de subordination tel que le définit un contrat de travail, mais sont totalement dépendants économiquement de la plateforme. Comme le souligne un récent rapport : « Ces travailleurs sont privés deux fois de protection : n’étant pas salariés, ils ne peuvent prétendre à la protection juridique qu’offre le code du travail ; n’étant pas réellement indépendants, ils ne bénéficient pas de la protection économique que donne la multiplicité des donneurs d’ordre ».

Ces travailleurs peuvent en effet subir des modifications de leurs conditions générales de fonctionnement ou des changements de tarification par simple décision unilatérale de la plateforme, non soumise aux obligations liées au statut d’employeur. En octobre 2015, Uber a, par exemple, annoncé une baisse de 20% de ses tarifs sans consulter préalablement ses chauffeurs.

 

Dans son rapport « Travail, emploi, numérique : les nouvelles trajectoires », le Conseil national du numérique (CNNum) souhaite favoriser le développement de l’économie collaborative mais se prononce en faveur d’une plus grande protection des travailleurs des plateformes. Le CNNum considère qu’un socle de droits communs devrait être défini, tant au niveau individuel que collectif, notamment via une forme de représentation sociale des collaborateurs.

Pour que ces droits soient effectifs, une responsabilisation des plateformes de l’économie collaborative est nécessaire. « Pour cela, un principe de loyauté devrait leur être appliqué avec notamment des obligations de transparence et d’information. Les relations entre les plateformes et leurs collaborateurs non-salariés seraient ainsi encadrées sur des thèmes comme la tarification et les modes de rémunération, la notation des prestations, les conditions de déréférencement ».

Par le biais d’un compte personnel d’activité, il s’agirait aussi d’assurer l’accès à une protection sociale pour ces nouvelles formes de travail, mais aussi leur participation au financement de cette même protection sociale.

 

Quelle fiscalité pour l’économie collaborative ?

En principe, tous les revenus dégagés de l’économie collaborative sont à déclarer, à l’exception du covoiturage et des ventes d’occasion par un particulier.

• Quand ils ont un caractère répétitif, les revenus réalisés sur les plateformes collaboratives sont imposés au titre des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) tandis que les auto-entrepreneurs sont imposés dans le cadre de leur statut.

• Pour les particuliers qui cherchent seulement à « arrondir leurs fins de mois », c’est plus compliqué. Jusqu’à cette année, ils ne savaient ni quels revenus déclarer, ni comment s’y prendre.

Résultat : beaucoup s’exonéraient de leurs obligations fiscales. Dorénavant, une disposition de la loi de finances 2016 oblige les plateformes collaboratives à informer leurs membres des sommes qu’ils doivent déclarer à l’administration fiscale.

 

La double peine : des pertes de recettes pour l’État et une concurrence déloyale

Deux critiques accompagnent en permanence le développement de l’économie collaborative : non seulement les multinationales, propriétaires des plateformes, échappent le plus souvent à une grande partie de l’impôt sur les sociétés, créant ainsi des pertes de recettes pour l’État, mais elles constituent en plus une concurrence déloyale à l’égard des entreprises traditionnelles.

 

Vers une économie de « platefirmes » ou les dérives du système

Une économie de type CtoC qui devient CtoBtoC

Initialement, l’économie collaborative est une économie directe, d’individu à individu (CtoC). Mais, pour Chrystelle Bazin, dans les faits : « Nous observons plutôt la mise en place d’une économie de type CtoBtoC, le «B» de business étant la plateforme de mise en relation entre individus qui devient de fait un nouvel intermédiaire ».

En effet, de par leur position centrale et quasi exclusive, certaines entreprises collaboratives sont en passe d’occuper de réels monopoles, à l’image de leurs grandes soeurs, les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Pour information, Uber est valorisée par le monde des affaires à 50 milliards de dollars, Airbnb à 25 milliards et BlaBlaCar à 1,6 milliard.

 

Un dangereux détournement

Le principal problème tient à la concentration des richesses au sein de ces structures qui bénéficient de la valeur créée par la communauté sans la redistribuer de façon équitable. Ces sociétés fonctionnent comme des entreprises minimales : recours à des indépendants précaires, investissements minimum qui reposent sur les capacités des autres (covoiturage, prêts de matériels), optimisation fiscale (Airbnb a son siège européen en Irlande)…

D’où, au final, selon Chrystelle Bazin : « Une menace d’affaiblissement du modèle de société fondé sur le salariat, un risque de précariat généralisé et des doutes de plus en plus fort sur la dimension réellement progressiste de l’économie collaborative ».

On se dirigerait donc vers une économie de platefirmes « C’est-à-dire de plateformes industrielles qui garderaient pour elles seules le contrôle et l’essentiel de la valeur, en produisant à grande échelle non pas des biens matériels mais du lien social, de l’expérience, de l’accès, de l’organisation de flux ». C’est aussi la vision, mais en mode positif, de l’économiste Christian Saint-Etienne qui voit cette simple adaptation du capitalisme comme une nécessité (L’Iconomie pour sortir de la crise chez Odile Jacob, 2013).

 

Économie collaborative : 83 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2025

Selon les dernières estimations (septembre 2016) réalisées par le cabinet d’audit et de conseil PwC à partir d’une étude commanditée par la Commission européenne, le montant total des transactions dans les cinq principaux secteurs de l’économie collaborative en Europe – finance, hébergement, transport, services à la personne et services aux entreprises – pourrait être multiplié par 20 en dix ans et atteindre 570 milliards d’€ d’ici 2025, contre à peine 28 milliards aujourd’hui.

 

Le Jackpot pour les plateformes collaboratives

85% de ces montants étant captés par les particuliers qui fournissent leurs services, le chiffre d’affaire des plateformes collaboratives devrait atteindre 83 milliards d’€ d’ici 2025, contre 4 milliards aujourd’hui. Soit une augmentation de 35% par an contre 3% pour l’ensemble de l’économie traditionnelle.

Selon les projections de PwC, quatre des cinq secteurs réaliseraient des transactions de plus de 100 milliards d’euros par an. Seuls les services aux entreprises n’atteindraient pas ce seuil.

 

Forte croissance attendue pour les services à la personne

La plupart des experts s’accordent sur le fait que ce sont les services à la personne qui connaitront la plus forte croissance : livraison de repas, location de matériel, services entre particuliers… avec un chiffre d’affaires en hausse de 50% par an jusqu’en 2025. Le développement de ce secteur serait stimulé par les nouveaux consommateurs de la génération Y qui font de plus en plus appel aux services à la demande pour répondre aux besoins ponctuels de leur quotidien.

 

La France fait figure de leader

Grâce à leur législation favorable au développement des services collaboratifs, la France et le Royaume-Uni tirent l’économie collaborative européenne vers le haut, avec plus de 50 start-ups actives dans chaque pays, contre seulement 25 en Allemagne, en Espagne ou aux Pays-Bas.

 

La blockchain : Une nouvelle disruption

« Tout comme Internet a révolutionné la diffusion de l’information, la technologie Blockchain pourrait transformer la façon de gérer les transactions, les contrats, et plus généralement la notion de confiance sur les réseaux, sans tierce partie » explique Laurent Lequien dans un article paru sur le site de La Tribune.fr, en mai 2016. Banques, notaires, assureurs, mais aussi les plateformes telles qu’Uber ou Airbnb seraient impactés par cette nouvelle disruption technologique.

Apparue en 2009 avec la crypto-monnaie Bitcoin, la Blockchain est une base de données décentralisée enregistrant tout type de transactions (argents, titres de propriété, votes électroniques…) à l’instar d’un grand livre de comptes. Ces informations sont hébergées sur des serveurs munis de logiciels capables de vérifier si les clauses des contrats sont respectées par les parties (« contrats intelligents ou smart contracts »). Bien sûr, les informations et documents ne peuvent pas être modifiées rétroactivement.

A termes, cette technologie pourrait transformer la façon de gérer les transactions, notamment en améliorant la notion de confiance sur les réseaux et donc en « squeezant » les plateformes comme Uber ou Airbnb.

 

Des conséquences favorables pour les travailleurs indépendants

Les collaborateurs, aujourd’hui très dépendants des plateformes centralisées qui imposent les commissions qu’elles prélèvent lors de chaque transaction, seraient les premiers gagnants. Laurent Lequien se projette : « Déployée à grande échelle, la technologie blockchain pourrait, d’ici à quelques années, sonner le glas de l’économie des méga-plateformes. En permettant de transférer la richesse et la confiance à ceux qui en sont vraiment les acteurs : les travailleurs indépendants et les utilisateurs ».

 

L’économie sociale & solidaire : une éthique au service d’une nouvelle économie

Insertion par l’économique, commerce équitable, agriculture biologique, tourisme solidaire, systèmes d’échange locaux… toutes ces formes d’économie solidaire & sociale invitent à rompre avec l’individualisme, la surconsommation et la recherche exclusive du profit.

 

La reconnaissance de l’économie sociale & solidaire

Adoptée le 31 juillet 2014, la loi « Economie sociale & solidaire » a donné pour la première fois une définition légale du périmètre de l’ESS en France, permettant un changement d’échelle de ce secteur d’activités.

Concrètement, la notion d’entreprise de l’ESS regroupe les acteurs historiques de l’économie sociale : les associations, les mutuelles, les coopératives, les fondations, mais aussi les comités d’entreprise, les organisations culturelles et, plus généralement, toutes les nouvelles formes d’entrepreneuriat dont l’activité est guidée par quatre principes fondateurs :

La finalité du projet est sociale, sociétale ou environnementale

Le profit financier n’est pas une fin en soi mais un moyen : les bénéfices sont majoritairement consacrés au maintien ou au développement de l’activité ; les réserves obligatoires constituées sont impartageables et ne peuvent pas être distribuées. Ce qui permet de limiter la spéculation sur le capital et les parts sociales.

Le mode de gouvernance est participatif. Il prévoit l’information et la participation des associés (dont l’expression n’est pas seulement liée à leur apport en capital ou au montant de leur contribution financière), des salariés et des parties prenantes aux réalisations de l’entreprise.

L’activité n’est pas délocalisable car elle est fonction des besoins du territoire où elle est exercée.

 

Les structures de l’économie sociale & solidaire

Si, comme le rappelle l’Agence France Entrepreneur, tout projet d’entrepreneuriat de l’ESS peut se réaliser via les formes juridiques classiques (Sarl, SA,…), certaines formes y sont particulièrement dédiées comme :

Les associations à l’image des groupements de commerce équitable comme Max Havelaar, Minga ou Artisans du Monde.

Les Mutuelles qui ont pour métier la couverture des risques santé, assurance… partagée par tous les sociétaires, sans but lucratif.

Les Scop ou sociétés coopératives dont les salariés (volontaires) sont les associés majoritaires et dans lesquelles le partage du profit est calibré et équitable.

Les Scic, Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif, sont une forme de Scop qui associent, autour d’un projet d’intérêt collectif, les salariés, les tiers (clients, usagers, riverains, fournisseurs) et des contributeurs (associations, collectivités, bénévoles).

Les CAE, Coopératives d’Activités et d’Emploi, permettent de tester une production ou un service sous le statut d’entrepreneur-salarié.

Les SIAE, Structures d’Insertion par l’Activité Economique, existent sous différentes formes : entreprises d’insertion, groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ), régies de quartier, ateliers de centres d’hébergement… Elles oeuvrent à l’insertion sociale et professionnelle de personnes exclues du marché de l’emploi auxquelles elles proposent une mise en situation de travail au sein d’activités économiques diverses : bâtiment, nettoyage industriel, imprimerie, restauration, aide à domicile, tourisme…

Les ESAT, établissements et services d’aide par le travail, et les EA, entreprises adaptées, ont pour mission d’intégrer durablement les travailleurs handicapés dans l’emploi.

Les entreprises solidaires n’appartiennent pas stricto sensu à l’économie sociale mais poursuivent une finalité sociale à travers leur activité marchande et concurrentielle. A ce titre, elles bénéficient de l’agrément ESUS (entreprise solidaire d’utilité sociale) et donc de dispositifs financiers particuliers.

Les Sociétés commerciales d’utilité sociale qui, dans les termes de leur statut, respectent les valeurs, les objectifs et les principes de gestion de l’économie sociale & solidaire.

 

L’industrie 4.0 ou l’usine du futur

Avec l’industrie 4.0 caractérisée par une fusion entre internet et les machines, le secteur entrera bientôt dans sa quatrième révolution, après le charbon, l’électricité, les automates et les robots.

 

Qu’est-ce que l’usine du futur ?

Concrètement, une usine 4.0 est un site où, à chaque maillon des chaines de production et d’approvisionnement, les outils et postes de travail communiquent entre eux en permanence grâce à internet et aux réseaux virtuels. Connectés entre eux mais aussi avec l’extérieur, les machines, les systèmes et les produits sont ainsi capables de produire intelligemment, c’est à dire plus rapidement, à meilleur coût et de manière plus écologique.

Basés sur l’apport du big data et des algorithmes, mais aussi des robots collaboratifs, ou encore sur la maintenance prédictive, la gestion des pièces en bord de ligne, l’impression 3D… ces nouveaux process industriels représentent un réel gisement de gains de productivité mais aussi de flexibilisation de la production.

Nabil Bourassi, journaliste à La Tribune.fr, anticipe : « Une même ligne pourra être capable de fabriquer divers types de produits sans coûts supplémentaires ni perte de productivité. Les robots identifieront, grâce à des dispositifs de codes installés sur chaque pièce, de quel modèle il s’agit. Le Boston Consulting Group veut faire la démonstration, grâce à son usine 4.0 installée sur le plateau de Saclay, qu’il est possible de fabriquer sur une même ligne des scooters et des machines à laver, sans perte d’efficacité ».

Selon le site vinci-energies.com, l’industrie 4.0 se concrétisera par :

• Une production plus flexible qui permettra de s’adapter à la demande en temps réel ;

• Une traçabilité poussée, permettant de savoir où, quand et comment a été fabriqué le produit ;

• Des contrôles de sécurité qui permettront de rappeler un produit de manière ciblée et plus rapidement ;

• Des machines capables de contacter elle-même un spécialiste apte à les dépanner à distance, ou à se mettre à jour ;

• Une fabrication pilotée en fonction du client et capable de personnaliser le produit : taille, couleur, type d’emballage… ;

• Une optimisation des consommations par une optimisation de l’efficacité énergétique ;

• Une amélioration de la sécurité et de la santé des collaborateurs, en leur assignant des tâches à plus haute valeur ajoutée.

 

L'industrie 4;0, automatisée et connectée ou les prémices d'une nouvelle économuie. © Wellphoto - Fotolia

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Des effets favorables pour l’industrie automobile

Avec le 4.0, l’industrie automobile pourrait partiellement s’affranchir de la contrainte de la production de masse qui repose sur la théorie des rendements croissants, à savoir « plus on produit une même pièce, plus on réalise des gains d’échelle ». Les constructeurs pourront ainsi créer des séries plus courtes mais également élargir les possibilités de personnalisation. « Désormais le sur-mesure sera non seulement possible mais sera tout à fait neutre en termes de coûts marginaux », explique Hadi Zablit, directeur associé et spécialiste de l’industrie automobile au Boston Consulting Group.

Pour certains analystes, l’industrie 4.0 pourrait même, à terme, être un levier de relocalisation de la production.

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

vie-publique.fr, CultureMobile.net (Chrystelle Bazin), cobanking.fr, La Tribune, Agence France Entrepreneur, Vinci-energies.com

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