L’esprit start-up
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L’esprit start-up

> 10 conseils pour adopter l’esprit start-up

> Les secteurs porteurs

> Les financements dédiés

> Les structures d’accompagnement en Région

 

Dans « start-up », il y a « start » l’idée de démarrage et « up » l’idée de croissance forte. Steve Blank, « serial entrepreneur » américain, propose une définition qui semble faire l’unanimité : « Une start-up est une organisation temporaire à la recherche d’un business model industrialisable, rentable et permettant la croissance ».

Autrement dit, une start-up n’est pas encore une entreprise avec une organisation établie, des produits ou des services aboutis, des cibles bien identifiées. Son caractère innovant ne lui permet pas d’être rapidement rentable car elle doit passer par des phases de test et d’exploration pour comprendre son environnement et ses clients. Mais son objectif à moyen et long terme est d’atteindre la maturité d’une grande entreprise.

Pour Patrick Fridenson, historien des entreprises et directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Ehess) : « Ce n’est pas le secteur d’activité qui fait d’une entreprise une start-up, mais les trois conditions suivantes : l’usage d’une technologie nouvelle, la perspective d’une forte croissance et le besoin d’un financement massif par des levées de fonds. »

 

10 conseils pour adopter l’esprit start-up

Une start-up, c’est aussi un état d’esprit et un mode de fonctionnement qui stimule la créativité, la spontanéité, renforce l’esprit d’équipe, l’agilité, l’adaptation. Il nécessite une forte implication, voire une certaine passion, pour compenser la prise de risque.

Aujourd’hui, l’esprit start-up dépasse le seul phénomène de « la jeune entreprise agile axée sur  les nouvelles technologies ». C’est devenu un modèle pour un grand nombre d’entreprises matures qui cherchent à développer rapidement de nouveaux produits ou services, sans investissements longs en R&D. C’est aussi le mode de fonctionnement des jeunes entreprises de l’économie collaborative.

Eric Persais, créateur et co-responsable de Licence Professionnelle Entrepreneuriat et Management de Projet de l’IUT de Poitiers, explique que « l’agilité, c’est de la rapidité à la fois physique et intellectuelle, c’est penser différemment ». Elle implique de « casser les codes », tout en n’oubliant pas de répondre à un besoin identifié. Pour cela, « il faut des méthodes, plutôt que des savoirs ». Il évoque les techniques de l’innovation ouverte, le travail en mode projet et la pédagogie inductive, qui part d’exemples concrets. A Niort, Camif.fr est « un très bon exemple d’entreprise agile », ajoute-t-il.

 

10 recommandations pour lancer votre start-up

1) Ayez une vision !

Les start-up qui réussissent sont celles qui puisent leur valeur ajoutée dans cette capacité à anticiper et à accompagner l’évolution des modes de vie et des technologies futures.

C’est cette vision qui permet aussi de fédérer l’équipe autour d’un projet prometteur en partageant les mêmes valeurs, les mêmes convictions, la même motivation d’atteindre le « up ».

 

2) Ne restez pas seul !

Personne ne se lance dans une start-up sans co-fondateur, partenaire ou conseiller. Un  projet nécessite d’être accompagné et d’interagir avec des associés/collaborateurs pour confronter ses idées, consolider son projet, et tout simplement pour  rompre l’isolement. Une start-up, c’est avant tout une équipe complémentaire

 

3) Appuyez-vous sur le digital !

Quel que soit la nature du nouveau concept, une start-up ne peut pas faire l’impasse sur l’univers digital. Elle doit être présente sur le web, tirer profit de l’essor et des opportunités de l’économie numérique.

 

4) Confrontez-vous au marché !

Pour une start-up, l’innovation pure n’a que peu d’intérêt. Comme pour l’économie traditionnelle, il faut développer son projet sur la base de besoins clients et s’assurer de répondre à un problème tangible : achats, déplacements, loisirs… Cela passe par la démarche « Lean start-up »  qui consiste à vérifier constamment la validité du concept auprès des utilisateurs.

 

La méthode « Lean Start-up »

Initiée par l’américain Eric Ries en 2008, l’approche « Lean Start-up » (lean : maigre, sans gras) est une démarche qui convient au démarrage d’une entreprise ou d’un lancement de produit. Elle repose sur une consultation progressive des clients : validité du concept initial, prise en compte des retours de la part des utilisateurs, mesure des progrès réalisés, taux de satisfaction…

. Objectif : développer un produit ou service qui corresponde à un « vrai » nouveau besoin, avec un investissement initial minimum. Il s’agit d’éviter une démarche couteuse de R&D sans issue commerciale.

. Finalité : progresser de manière pragmatique et efficace afin de séduire les investisseurs.

 

Les 3 phases du Lean Start-up :

1) La construction

Cette étape commence par la mise au point d’un Minimum Viable Product (MVP), c’est à dire d’une première version du produit ou service répondant à l’hypothèse de base d’un besoin client. Ce MVP n’est pas abouti (contrainte de temps et d’argent) mais doit être suffisant pour tester le postulat auprès des clients potentiels.

L’enjeu est de récolter un maximum d’informations sur la perception du concept… sans passer par la traditionnelle étude de marché censée valider les hypothèses d’appétence, de ventes et de croissance future.

 

2) L’évaluation

La phase d’évaluation consiste à analyser son concept via un maximum de mesures qualitatives et quantitatives. Dans les colonnes des Echos.fr, Sébastien Bourguignon, spécialiste du numérique, cite l’exemple d’une startup qui voudrait commercialiser une nouvelle solution informatique : « On prendra le soin d’intégrer, à toutes les étapes, des sondes pour mesurer tout ce qu’il est possible de mesurer : taux de clics, performances, temps d’utilisation, nombre de bugs, nombre de ventes, nombre de téléchargements, interview des clients finaux… ». Cette démarche nécessite d’investir sur l’ensemble de la chaîne technologique et humaine afin de relever et d’analyser tous ces points de mesure dont il faudra tirer les enseignements.

 

3) L’apprentissage

Cette dernière étape permet d’évaluer le degré de pertinence du projet et d’en tirer les conclusions : abandon, évaluations  complémentaires, changement d’orientation, actions de correction, applications nouvelles, accélération…

Ce qui suppose des moyens organisationnels agiles, collaboratifs et performants.

 

Pour les grandes entreprises aussi !

La démarche et les pratiques associées au Lean Start-up sont de plus en plus transposées dans les grandes entreprises pour le développement de leurs nouveaux produits ou services. Pour Eric Ries « Cela leur permet de ne pas surinvestir dans une nouvelle orientation sans avoir évalué complètement que cela comble un besoin réel des clients ». Aujourd’hui, l’objectif des entreprises est clairement de réduire les cycles de développement pour aboutir à des résultats tangibles sans apport massif de capitaux, ni business plan trop élaboré.

 

 

5) Sachez pivoter !

Il ne faut pas tomber amoureux de son nouveau concept au point de ne pas vouloir déroger à ses choix de départ : cible, fonctionnalités, stratégie…  Au contraire, il faut savoir opérer rapidement des actions correctrices pour « coller » au marché. Pour Goretty Ferreira, fondatrice et directrice de l’Agence pour l’entreprenariat féminin : « Pivoter n’est pas un échec mais le signe de l’amélioration et de la maturation. C’est faire preuve d’agilité et de réactivité, ce qui maximisera l’impact pour un meilleur R.O.I (retour sur investissement)».

 

Une entreprise à l’esprit start-up pivote fréquemment

La BPI donne l’exemple de Critéo qui, en 2005 « était un service de recommandation de films, en 2006 un service de recommandation de produits en e-commerce et depuis 2008, une entreprise de ciblage publicitaire sur internet » qui a dépassé le milliard d’€ de CA en 2015. Une telle démarche n’est pas compatible avec l’élaboration d’un cahier des charges traditionnel ou d’un plan de développement sur plusieurs années.

 

6) Osez, osez et osez encore !

Les start-up qui ont réussi ont toujours fait preuve d’audace. Pour Ronan Le Moal, DG du Crédit Mutuel Arkéa « L’esprit startup sous-tend cette volonté sans faille d’explorer de nouveaux territoires, d’aller chercher des opportunités de développement au-delà des frontières et des cadres habituels, voire même de prendre le contre-pied des pratiques dominantes ». Ce qui implique une relative tolérance à l’échec car, pour débusquer le bon concept, il faut en tenter des dizaines d’autres.

 

7) Soyez persévérant !

Avoir l’esprit start-up, c’est savoir garder l’énergie pour être toujours agile et réactif malgré le stress de l’incertitude inhérent à toute activité d’entrepreneur. L’endurance, la capacité à apprendre de ses échecs, l’aptitude à s’adapter pour mieux rebondir constituent à coup sûr les qualités nécessaires à une start-up.

 

8) Managez avec l’esprit collaboratif

L’esprit start-up encourage la fluidité, la collaboration et la cohésion d’équipe. Pour Goretty Ferreira : « Transversalité, responsabilité de chacun, communication interactive, confiance, méthodes agiles, ambiance de travail conviviale sont autant de caractéristiques de la start-up » qui favorisent l’implication et la créativité. Pour favoriser cet état d’esprit, mieux vaut recruter des personnes dont le tempérament est « raccord » avec le reste de l’équipe. Toutefois, attention à ne pas confondre convivialité avec « laisser aller » et organisation négligée.

 

9) Soignez votre collectif !

Il est fréquent de voir des effectifs de start-up progresser de 30% à 100% sur un an. Or, lorsque l’équipe croît rapidement, la gestion des collaborateurs peut devenir compliquée : chaque groupe à sa propre dynamique interne dont l’ADN peut vite exploser lorsque qu’un ou plusieurs éléments nouveaux arrivent. Il faut alors démontrer son leadership et sa bonne intelligence émotionnelle pour consolider les nouveaux équilibres et conserver l’esprit start-up.

 

10) Intégrez et développez des réseaux

Un réseau personnel d’experts, d’anciens chefs d’entreprise, de clubs d’affaires, de blogs… est essentiel pour apporter les soutiens nécessaires durant les moments clés. Idem avec les réseaux sectoriels (grappe d’entreprises, cluster, pôle d’excellence ou d’innovation) qui apportent des services mutualisés et permettent de rencontrer ses pairs. Sans oublier bien sûr les réseaux sociaux.

 

Les secteurs porteurs

Pour Olivier Ezratty, consultant, conférencier et auteur de guides : « l’innovation s’organise souvent autour de « marronniers ». Aujourd’hui, ce sont les objets connectés, la robotique, l’intelligence artificielle, les drones, l’impression 3D, les applications de la blockchain, la réalité augmentée ».

 

Les principaux univers « tech » dans lesquels démarrent les start-up les plus prometteuses

 

. Le secteur de la biotechnologie et des Medtech conjugue la biologie avec des techniques nouvelles issues d’autres disciplines telles que la microbiologie, la biophysique, la génétique, la biologie moléculaire et bien sûr l’informatique.

. La Fintech ou technologie financière bouleverse l’univers classique de la banque et de l’assurance en combinant numérique, créativité, flexibilité, simplicité et efficacité.

. Les cleantech ou greentech qui regroupent :

  • Les éco-industries et les métiers de l’environnement : eau, air, sol, déchets, bruit.
  • L’énergie : maîtrise de l’énergie, énergie renouvelable, technologies associées pour les bâtiments et les transports,
  • Les activités de services : conseil, diagnostic, certification, écoconception, écomarketing…

. Le secteur des Edtech. Grâce à l’enseignement et à la formation en ligne, on peut désormais tout apprendre. La facilité de partage en ligne, d’enregistrement vocal et de vidéo sont des leviers qui vont dans le sens d’une normalisation de l’apprentissage virtuel.

. La Silver économie : le maintien des personnes âgées à leur domicile, les appareils de sécurité connectés, la gestion des malades, la tendance au « mieux vieillir, mieux se soigner, vivre plus longtemps … » représentent de nouvelles opportunités. Près de 300.000 créations d’emploi sont attendus dans ce secteur d’ici à 2020.

. Le Peer-to-peer regroupe les activités qui gravitent autour de l’échange de biens ou de services entre particuliers. Le PtoP en BtoB est sans doute une idée à creuser.

. La Foodtech concerne la restauration, le vin, la livraison rapide comme Deliveroo, FoodCheri, Take it Easy, les places de marché alimentaire comme « La ruche qui dit oui ». Dernier exemple en date : une imprimante 3D pour gâteau.

. Le e-commerce ou la boutique numérique,

. La Sharing Economy ou l’économie du partage : (AirBnB),

. Le Big Data

. Le secteur des IoD (internet des objets) : objets connectés, Hi Tech,

. La sécurité informatique et le domaine des logiciels

. Le tourisme : l’hôtellerie, les voyages,

. Les transports : la mobilité, le smart city, la logistique,

. Les RH : emploi, recrutement, gestion des talents…

. La réparation et maintenance des objets connectés

 

Créeer une strat-up : Xavier Brissonneau et Bastien Paquereau, co-dirigeants de Rhinov, une strat-up de Poitiers

Xavier Brissonneau et Bastien Paquereau, co-dirigeants de Rhinov. © Rhinov

Rhinov, une start-up prometteuse issue de l’IUT de Poitiers

Créé en 2013, Rhinov est un service de décoration en ligne qui propose des aménagements virtuels de logements à partir de photos ou de plans pour mettre en valeur les biens proposés par les agents immobiliers. Trois de ses associés sur cinq sont issus de l’IUT de Poitiers. Xavier Bissonneau a ainsi obtenu le DUT « Techniques de commercialisation » à Châtellerault, puis la licence « Entrepreneuriat et management de projet » à Niort. Pour lui, l’esprit start-up, c’est être agile, dépasser les croyances, confronter son modèle, se remettre en question et ne pas compter ses heures.

La société située à Poitiers et à Bordeaux emploie aujourd’hui 37 salariés et réalise plus de 1 000 projets par mois. Elle effectue en une semaine autant de travaux que pendant la première année de commercialisation. Elle se tourne vers l’international et le marché des particuliers.

 

La start-up Rhinov propose des presttaions pour les agents immobiliers

© Rhinov

 

Financement dédié

« Si une entreprise ne réalise pas de levée de fonds, alors il y a peu de chances que ce soit une véritable start-up capable de générer une très forte croissance » signale Olivier Ezratty. Or, par nature, les start-ups ne peuvent pas prétendre à un financement bancaire traditionnel.

 

Comment trouver des investisseurs ?

On distingue trois types d’investisseur :

. Ceux qui sont impliqués et engagés dans la start-up : hands in,

. Les investisseurs qui se contentent d’examiner et de contrôler : hands on,

. Les investisseurs qui ne s’impliquent ni dans la gestion ni dans les décisions de la start-up : hands off.

 

On distingue plusieurs natures d’investisseurs :

. Les investisseurs financiers ou industriels qui se spécialisent (ou pas) dans des secteurs d’activités,

. Les Business Angels qui investissent et accompagnent l’entrepreneur avec leurs expériences et leurs  réseaux,

. De riches particuliers qui veulent diversifier leur capital, via des réseaux d’investissements de proximité,

. Les novices  qui veulent vivre l’aventure de la start-up, via le crowfunding.

Ces différentes natures d’investisseurs peuvent d’ailleurs se compléter ou se succéder en fonction du stade de développement de la start-up et de son actionnariat.

 

Trouver des investisseurs pour sa start-up. © .shock - Fotolia

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Leveur de fonds

Une start-up peut également faire appel à un intermédiaire qui va sélectionner les projets pour des investisseurs. Rémunéré sur une base fixe mais aussi en % des montants levés, le leveur de fonds est souvent fortement impliqué à la réussite du projet.

 

Les principaux investisseurs

 

1) Bpifrance

Cest le partenaire incontournable des start-up. Il leur propose un continuum de financements à chaque étape de leur développement en octroyant des bourses, des aides, des prêts et en intervenant en garantie ou en fonds propres. La banque publique d’investissement participe quasiment à toutes les grosses levées de fonds des start-up hexagonales.

 

Les principales aides de Bpifrance

 

La Bourse French Tech

Elle s’adresse aux créateurs d’entreprise innovante accompagnés par un réseau ou une structure de type incubateur/accélérateur, et aux startups créées il y a moins d’un an. Pouvant atteindre 45.000 €, elle finance la phase de maturation et de validation technico-économique : business model, faisabilité technologique, ergonomie, design, tests, marketing…

L’aide pour la faisabilité de l’innovation (AFI)

Subvention ou avance récupérable, l’AFI soutient les entreprises dans leurs projets de recherche, de développement et d’innovation (RDI).

Le concours i-Lab

Il s’adresse aux projets dont la faisabilité technique, économique et juridique est avérée, se situant juste en amont de la création de l’entreprise.

Le concours d’innovation numérique

Il est dédié aux projets mobilisant le numérique pour développer un nouveau produit ou service disruptif « par son contenu, son procédé de réalisation, son modèle économique ou l’expérience proposée ». Huit thématiques sont proposées : mieux vivre, partager, mieux apprendre et se cultiver, s’entraider, mieux se déplacer, mieux consommer, mieux produire et construire une croissance verte.

 

2) Les collectivités territoriales

De nombreuses collectivités (régions principalement mais aussi départements et communes) ont mis en place des programmes de soutien aux projets innovants.

En savoir plus :

. aides-entreprises.fr : le site de l’Observatoire des Aides de l’Institut Supérieur des Métiers,

. les-aides.fr : le site d’information des CCI sur les aides aux entreprises

. nouvelle-aquitaine.fr/aides-ressources

 

3) Fonds d’investissements

Les sociétés d’investissements en lien direct ou très proches de l’état comme Bpifrance, la CDC ou les  banques sont les principaux moteurs de création de fonds d’investissement.

Les autres fonds les plus connus sont Sopromec Participation, Sofinnova Partners, Auriga Partners, Banexi Venture Partners, Innovacom (spécialisée dans les fonds corporate technologiques), Iris Capital et Partech International.

 

4) Le Fonds Innov’ess

Le dispositif d’investissement de France Active (SIFA) soutient le développement de projets d’entreprises solidaires socialement innovants, c’est-à-dire, apportant « une réponse nouvelle et ingénieuse aux besoins sociaux contemporains ».
Les formes d’intervention : obligations, titres participatifs, entrée au capital…

 

5) L’accès aux FCPI (Fonds communs de placement dans l’innovation)

Les FCPI ont pour objet de promouvoir le financement en capital-risque des entreprises ayant obtenu la qualification « entreprise innovante » délivrée par Bpifrance.

 

6) Les capitaux privés

Le recours aux capitaux privés est devenu monnaie courante pour les start-up via les business angels.

 

7) Le financement participatif ou crowdfunding

Voir ulule.com : 1er site de financement participatif européen

 

8) Les grandes entreprises via des fonds de « corporate venture ».

 

Les grands groupes français investissent massivement dans les start-up

D’Axa à Airbus, en passant par Safran, Orange, EDF, la CNP ou Seb, le nombre de fonds de « corporate venture » a explosé en France. Plus de 40% des groupes du CAC 40 ont développé cette stratégie, mais aussi les entités mutualistes  comme la Maif, la Macif ou la Matmut. Dans un récent article de La Tribune.fr, Delphine Cuny nous rapporte qu’il a eu « 590 deals signés par des « corporate ventures » en 2016, contre 243 l’année précédente, pour un montant cumulé de 2,7 milliards d’€ (1,5 Mrds en 2015) ».

Axa, Airbus et la Maif aux avant-postes

En France, de plus en plus de grands groupes créent leur propre structure de capital-risque, distincte de leur service interne de fusions/acquisitions. Aujourd’hui, parmi les fonds les plus actifs, on trouve : Axa Strategic Ventures (230 M€), Airbus (150 M€), Maif Avenir (125 M€), Engie et Air Liquide (100 M€ chacun). Certains s’associent ponctuellement ou au sein de fonds multi-corporate, comme par exemple Aster Capital qui réunit Alstom, Solvay et Schneider.

Axa se situe au 24e rang mondial des fonds corporate les plus actifs, loin derrière les géants Google Ventures ou Intel Capital.

Pour autant, comme le souligne Delphine Cuny : « le corporate venture français représente encore un pourcentage limité des investissements en capital-innovation dans les start-up : de l’ordre de 5% contre 16% aux Etats-Unis ».

 

2016 : Année record pour les fonds levés par les start-up françaises

Selon le cabinet de conseil financier Clipperton et de la société de veille stratégique Digimind, les fonds levés par les start-up européennes se sont légèrement repliés en 2016 à 12,1 milliards de dollars, tandis que la France a connu une année record avec 2,7 milliards de dollars de capitaux levés, soit +22% par rapport à 2015 et deux fois plus qu’en 2014.

 

Les structures d’accompagnement en Région

 

1) L’Agence régionale de développement et d’innovation Nouvelle Aquitaine

L’ADI Nouvelle Aquitaine est issue de la fusion d’Aquitaine Développement Innovation, de Limousin Expansion, de l’Agence Régionale de l’Innovation et du Pôle des Éco-Industries du Poitou-Charentes.

Les 80 collaborateurs répartis sur Bordeaux, La Rochelle, Limoges, Pau et Poitiers ont notamment comme objectif d’accompagner des projets innovants et de booster l’attractivité du territoire, ses filières émergentes et ses clusters. En savoir plus : Adi-na.fr

 

De nouvelles filières d’excellence

De nouveaux écosystèmes d’innovation et de croissance ont récemment été créés dans la Région, permettant de concilier filières d’excellence et développement des territoires (V. aussi la rubrique « Territoire » du JDP) :

 

Création du cluster cuir Nouvelle-Aquitaine

La Région a acté la création du cluster Réso’Cuir, basé à Thiviers en Dordogne. La filière Cuir figure parmi les priorités de la Région et rassemble plus de 100 entreprises et près de 5.000 emplois. Des marques prestigieuses y sont représentées : Repetto et Hermes (24), Weston (87), ou Le Tanneur (19).

 

Création d’un cluster « Energies & stockage »

La Région Nouvelle Aquitaine est la première de France dans la production d’électricité d’origine photovoltaïque, et la 2ème pour les bio-énergies. Un positionnement qui explique la récente création du cluster « Energies & stockage » dont l’objectif est d’agréger les acteurs du monde de la recherche, du transfert de technologie et de l’entreprise.

 

Le pôle Agri Sud-Ouest Innovation s’étend à toute la région

Créé en 2007 et présent sur la Région Aquitaine depuis 2012, Agri Sud-Ouest Innovation, 1er Pôle de Compétitivité agricole et agro-industriel français, étend ses services aux entreprises et centres de recherche des ex-régions Limousin et Poitou-Charentes.

 

En savoir plus : Tous les clusters de la Région sur francecluster.fr

 

2) La French Tech fédère les structures qui ont reçu le label « French Tech ».

En Nouvelle Aquitaine, on trouve :

. HealthTech : BioTech, MedTech, e-sante, à Bordeaux et Limoges.

. EdTech : Edutainment via SPL Poitou-Charentes

. CleanTech Mobility et Retail, à Bordeaux

. La Océan Tech, à Hossegor.

 

 3) Les « Incubateurs en Poitou-Charentes »

. Etincel : L’Incubateur Poitou-Charentes a été créé à l’initiative des Universités de Poitiers et La Rochelle, du CNRS et de l’Ensma, pour sensibiliser et accompagner les étudiants et chercheurs à la création d’entreprise. Aujourd’hui, Etincel a élargi son champ d’actions à toute la région et s’adresse à tous les créateurs qui veulent innover.

. Alter’Incub Poitou-Charentes, à Niort, est l’incubateur régional de l’Economie sociale & solidaire créé en 2013 par l’Union Régionale des Scop.

. Incubateur de Charente-Maritime : il dépend du Conseil Général et est hébergé dans les locaux de l’école d’ingénieurs Eigsi.

 

« Sud Ouest » héberge aussi des start-up

Depuis avril 2016, le journal  » Sud Ouest  » a aménagé un open space au sein de son siège social de Bordeaux, pour accueillir une dizaine de start-up de l’univers numérique. À l’issue d’une période d’incubation de cinq mois, les jeunes pousses les plus prometteuses intègrent l’accélérateur Théophraste, également piloté par  » Sud Ouest ».

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

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