Le marché de la charentaise dans tous ses états
Les charentaises Rondinaud, entre tradition familiale et innovation

Le marché de la charentaise dans tous ses états

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Les établissements Rondinaud, pionniers de la charentaise implantés à Rivières, sont nés en 1907. Petite affaire familiale et artisanale à l’origine, l’entreprise compte aujourd’hui une centaine de salariés et dégage un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. Après avoir traversé une période difficile, la manufacture revient à ses fondamentaux pour monter en gamme. Il s’agit du « cousu-retourné », marque de fabrique de la société qui consiste à coudre les feutres de laine tissée sur des machines des années 50 puis de retourner chaque charentaise à la main avant de passer à l’atelier finition. Plus de la moitié des 600 000 charentaises produites chaque année suit ce procédé.

En 2007, le savoir-faire ancestral des établissements charentais lui a permis de rejoindre le club gratifiant des Entreprises du Patrimoine Vivant. Rondinaud se démarque également par sa créativité. En effet, plus de 300 modèles sortent des ateliers chaque saison afin de satisfaire la vente au détail et le marché de masse. La manufacture centenaire propose des imprimés pour tous les goûts dans le but de toucher une cible large, allant de la petite fille au grand-père. Les tarifs oscillent entre 30 et 45 euros la paire.

Pour gagner en visibilité nationale, la société s’est associée avec plusieurs marques. Depuis 2006, elle collabore notamment avec le Slip français, Jacadi ou encore Princesse Tam Tam. Partageant les mêmes valeurs, Saint James et Rondinaud se sont alliés depuis septembre. La marque à la marinière propose donc dorénavant des charentaises à rayures bleu et blanc. Les établissements historiques fabriquent aussi des produits haut de gamme pour d’autres revendeurs comme les Pantoufles à pépère ou les Silencieuses.

La grande distribution représente 50% des ventes aujourd’hui avec la marque Jeva notamment. Pendant la saison haute de Noël, les charentaises Rondinaud investissent les Galeries Lafayette. Par ailleurs, 13% du chiffre d’affaires est réalisé à l’export. Depuis de nombreuses années, les chaussons Rondinaud sont présents au Japon, au Canada mais aussi aux Etats-Unis. En décembre dernier, le fabricant a inauguré son premier popup store (magasin éphémère) à Canton en Chine.

La manufacture Degorce, concurrente principale, a quant à elle été reprise par la famille Dutreil depuis septembre dernier. Basée à Marthon, elle emploie 44 personnes et dégage un chiffre d’affaires de 2.5 millions d’euros. L’entreprise a inauguré sa première boutique éphémère en décembre à Angoulême. Degorce parie sur la visibilité de la marque sur internet grâce à un nouveau site et une communication intensive sur les réseaux sociaux. 90% de ses ventes se font en grande distribution. La société qui veut faire de la charentaise un accessoire de mode vise une production de 100 000 par an contre 40 000 actuellement.

A savoir : Tcha, une autre marque basée à Touvre, s’exporte déjà aux Etats-Unis et au Japon.

Emilie Hillairet

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