Le nouveau visage des banques
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Le nouveau visage des banques

> Le secteur bancaire en zone de turbulences

> Vers une transformation du modèle relationnel et opérationnel de la banque

> Le numérique fera-t-il sauter la banque ?

> Panorama des banques en France

> L’assurance : un relais de croissance pour le secteur bancaire

> Ces banques qui s’intéressent aux cessions-transmissions des PME !

 

Le secteur bancaire en zone de turbulences

Selon le cabinet de conseil en organisation et management AT Kearney, les revenus des banques de détail en France n’augmentent que de 0,9% par an en moyenne depuis cinq ans. Soit quand même 25 milliards d’euros de bénéfices en 2015 pour les cinq premières banques françaises, proche des niveaux d’avant la crise financière, diront certains. Mais c’est à partir de 2016 et 2017 que les marges des banques devraient véritablement se ressentir de la faiblesse des taux d’intérêt, rétorqueront les autres. Quoiqu’il en soit, trois raisons principales expliquent la faible progression de la rentabilité des banques : faiblesse des taux, réglementation plus draconienne et révolution numérique.

1) Les taux d’intérêt historiquement bas abaissent mécaniquement les marges d’intermédiation des banques de détail dont le métier de base consiste à collecter des dépôts pour les transformer en prêts. En effet, une grande partie des ressources collectées par les banques sont de l’épargne réglementée (livrets d’épargne) dont les taux n’ont pas subi la même tendance à la baisse que les taux de crédits. « Les banques de détail se trouvent ainsi prises en étau entre des crédits qui leur rapportent de moins en moins et des ressources dont le coût demeure relativement élevé » note Christine Lejoux dans la Tribune.

Pour le reste, les banques font appel à la Banque Centrale (BCE) et bénéficient cette fois-ci de conditions de refinancement avantageuses (proche de 0%) compensant la faiblesse des taux accordés aux emprunteurs. En revanche, leurs dépôts à la BCE sont de moins en moins bien rémunérés. Ainsi, dans tous les cas de figure, les marges se rétrécissent.

2) Six années de contraintes réglementaires destinées à éviter une nouvelle crise financière : règles de Bale III relative au renforcement des fonds propres, lois de séparation des activités bancaires, mise en oeuvre de l’Union bancaire européenne, plafonnement des commissions et des tarifs bancaires (certes compensé par le renchérissement d’autres services comme la quasi-généralisation des frais de tenue de compte). En septembre 2015 est apparue une nouvelle règle de renforcement des fonds propres décidée par le Conseil de stabilité financière : le TLAC (Total Loss Absorbing Capacity) qui entrera en vigueur en 2019 et qui incite les banques à relever dès maintenant leur ratio global de solvabilité. Une démarche qui aura un coût et pèsera sur l’évolution de l’emploi.

3) la révolution numérique qui se traduit par une utilisation croissante des services bancaires via le Net : consultation des comptes, virement, échange avec son conseiller…

Selon la Fédération Bancaire Française, en 2010, 52% des Français se rendaient plusieurs fois par mois dans leur agence bancaire. En 2015, ils ne sont plus que 21%. De même, selon le cabinet d’audit Deloitte, 13% des Français affirment ne plus utiliser que l’Internet mobile dans le cadre de leur relation bancaire.

Conséquence : la fréquentation des agences baisse de 5% à 6% par an. Une aubaine pour les banques directes « qui détiennent déjà 7% à 8% des stocks de clients » rapporte Marie Cheval, DG de Boursorama, la filiale de la Société Générale qui vise 2 millions de clients en 2020, contre 700.000 aujourd’hui.

On comprend mieux pourquoi des organismes comme Orange, Google ou Amazon envisagent de se lancer dans la banque numérique.

 

Les Français effectuent de plus en plus d’opérations bancaires sur leur Smartphone.
2014 2015
Consultation de comptes 26% 30%
Réalisation opérations simples 17% 21%
Informations sur les produits 7% 9%
Réalisation opérations complexes 3% 4%

Sources : Les Echos/ Deloitte

 

Le secteur bancaire, en profonde transformation. Les enjeux. Pictures news - FotoliaPictures news - Fotolia

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Des répercussions sur l’emploi

Aujourd’hui, une partie importante des bénéfices engrangés par les banques sont destinés à renforcer leurs fonds propres, conformément aux exigences réglementaires évoquées plus haut… au détriment de l’emploi. Sur les cinq dernières années, les banques scandinaves, britanniques et allemandes ont réduit le nombre de leurs agences de respectivement 35%, 20% et 5% tandis que ce chiffre restait stable en France. Ces redimensionnements ont engendré des baisses d’effectifs de 5% à 10%.

 

Les banques jouent à guichets fermés

Avec un peu de retard sur ses concurrentes étrangères, la Société Générale s’apprête à réduire de 20% son réseau de 2.200 agences en France, principalement dans les grandes villes, d’ici à 2020 tandis que la BNP a déjà fermé 191 agences en trois ans. Pour LCL, filiale du Crédit Agricole, le plan «Centricité Clients 2018 » prévoit 1.658 suppressions de postes dans le réseau et les back office, soit 10% des effectifs.

« Si ce qu’il reste du levier de la pyramide des âges devrait permettre aux banques d’effectuer leur mutation digitale sans trop de casse sociale, leurs effectifs sont néanmoins appelés à diminuer au cours des prochaines années », analyse Baptiste Lambert du cabinet de recrutement Robert Half. Dans un autre article de La Tribune.fr, Hervé d’Harcourt (BPCE) confirme : « La baisse de la fréquentation des agences bancaires est une réalité. Mais, dans le même temps, du fait de la montée en puissance des canaux numériques, le nombre de contacts avec nos clients a été multiplié par 20 ! La révolution numérique pose donc plus des questions sur le contenu de l’emploi et la façon d’exercer nos métiers que sur l’évolution du nombre d’emplois ».

 

Depuis 2 ans, le secteur bancaire n’est plus créateur d’emplois

En 2014, le secteur bancaire français a enregistré 35.000 embauches, un bond de 13% sur un an qui n’a pas suffi à compenser les départs. Les effectifs ont ainsi diminué de 0,9% en 2014 et de 1,4% en 2013. Des replis modestes mais qui marquent une rupture de tendance par rapport aux décennies précédentes.

 

Vers une transformation du modèle relationnel et opérationnel de la banque

La révolution digitale : Un boulevard pour les géants du web ?

Dans beaucoup de secteurs d’activités, la révolution digitale a modifié le comportement des clients et généré de nouvelles concurrences. Le secteur bancaire ne fait pas exception et les géants du Web sont déjà à l’affût comme Google, Amazon, Apple, Facebook ou encore les « fintech », ces startups spécialisées dans les technologies financières.

Selon une étude publiée en septembre 2015 par le cabinet McKinsey, les bénéfices des métiers bancaires les plus attaqués par les « fintech » (moyens de paiement, crédit à la consommation et même prêts aux PME) pourraient chuter de 20 à 60% d’ici à 2025, à l’échelle mondiale. Compte tenu de ces perspectives, les banques préfèrent aujourd’hui anticiper en investissant dans la numérisation des données de leurs clients ou en entrant au capital de ces startups qui s’apprêtent à révolutionner l’univers bancaire.

 

Vers la création de nouveaux métiers…

Pour contrer l’arrivée de ces nouveaux « entrants », le secteur bancaire commence à embaucher des data-scientists et autres dataminers. « Nous recrutons de plus en plus de personnes dotées d’expertises liées au digital, en particulier des spécialistes du big data et du marketing digital. Mais ces embauches se comptent en dizaines, voire en petites centaines, et non en milliers », précise Édouard-Malo Henry, DRH de la Société Générale, dans les colonnes de La Tribune.fr 

 

… avec davantage de contacts à valeur ajoutée…

Les clients actuels sont plus et mieux informés : «Avant, un conseiller voyait un client cinq ou six fois pour un crédit immobilier. Aujourd’hui, deux rendez-vous suffisent car, grâce à Internet, les clients en savent quasiment autant que le conseiller, lorsqu’ils arrivent en agence», constate Régis Dos Santos, président du Syndicat national CFE-CGC de la banque.

Depuis quelques années déjà, la prestation du conseiller bancaire évolue vers davantage de valeur ajoutée. La tendance est clairement à la spécialisation : marché des particuliers, marché des pros, marché des entreprises, gestion de patrimoine, prévoyance, dépendance, préparation à la retraite… avec des chargés de clientèle dédiés et des experts-supports.

Pour Hervé d’Harcourt (BPCE) : « Sur les 3.600 recrutements en CDI auxquels nous avons procédé entre janvier et août 2015, beaucoup ont concerné des profils au-delà de bac+3 et bac+4 car nous avons de plus en plus besoin de collaborateurs agiles, capables de s’adapter à des changements rapides, en plus de qualités relationnelles indéniables ».

 

… et d’autres formes de travail

La Société Générale revendique 45 millions de connexions mobiles par mois de la part de ses clients, un chiffre qui a triplé en cinq ans. Au-delà des métiers, c’est donc l’organisation du travail qui va changer. Le conseiller sera plus nomade et mobile : « d’où le développement du télétravail ou du flex office, dans lequel les salariés n’ont plus de bureaux attitrés » précise Christine Lejoux de La Tribune.fr. De là à imaginer de nouveaux contrats de travail, il n’y a qu’un pas, s’inquiètent les syndicats.

Pour exemple, fin 2016, 4.000 salariés de la Société Générale vont télétravailler au rythme d’un à deux jours par semaine tandis que la technopole de Val-de-Fontenay accueillera 5.000 collaborateurs en bureaux partagés.

 

Le secteur bancaire français en chiffres

• 390 banques

• 37.623 agences bancaires (2014), soit 57 pour 100.000 habitants

• 370.300 salariés

• 58.640 distributeurs

• 99% des Français ont un compte bancaire

• 27% fréquentent leur agence au moins une fois par mois.

• 49,78% des paiements s’effectuent en carte bancaire

• 65% des internautes français utilisent leur carte bancaire pour payer en ligne (mai 2015)

• 2,09% : taux moyen des prêts immobiliers (03/2016)

• +2,1% : progression des crédits aux TPE/PME sur 12 mois (janvier 2016)

 

Le numérique fera-t-il sauter la banque ?

A peine 1% de l’épargne totale des Français

ING Direct, leader de la banque en ligne en France, revendiquait au milieu de l’année 2015, après quinze ans d’existence, plus d’un million de clients (16 millions dans 40 pays). Cette filiale du groupe néerlandais ING est talonnée par Boursorama, lancée en 2005, avec 750.000 clients et Fortuneo, créée en 2009, avec 310.000 clients. Un poids tout relatif comparé aux 7 et 8 millions de comptes gérés respectivement par la BNP Paribas et la Société Générale.

La comparaison est encore plus défavorable si l’on tient compte des encours cumulés des e-banques qui plafonnent à 40 milliards d’E, soit à peine 1% de l’épargne totale des Français.

 

Du guichet au service multicanal

Selon l’institut Audirep, 15% des clients se disent prêts à migrer vers une banque en ligne, et même 19% pour les 25-54 ans. « Cet engouement tient d’abord à une offre bon marché », souligne Daniel Pion, expert-associé chez Deloitte. Les banques en ligne ont en effet bâti leurs offres sur la proposition de livrets boostés puis sur une politique tarifaire extrêmement compétitive.

L’équation est facile : « Une banque classique c’est 60% de salaire, 20% d’informatique, 10% d’immobilier et 10% en fonctionnement ». Dans ces conditions, il est facile pour une banque en ligne de réduire les coûts de production et de distribution.

Toutefois, aujourd’hui « Les banques digitales attirent principalement une clientèle d’actifs aisés déjà bancarisés qui ouvrent un compte secondaire pour les opérations courantes. Ce qui est peu rentable et qui limite le potentiel de ce modèle économique » analyse Daniel Pion.

 

Les banques en ligne sont elles fiables ?

Les enquêteurs de la DGCCRF ont contrôlé les services des « banques numériques » pour savoir si les règles relatives à l’information des consommateurs étaient bien respectées. Treize établissements dont 9 banques 100% web et 4 agences en ligne issues des réseaux bancaires traditionnels ont fait l’objet d’une vérification : l’enquête n’a donné lieu à aucune suite contentieuse. Les banques en ligne respecteraient donc globalement les dispositions du code monétaire et fi nancier (CMF) ainsi que les engagements pris par la profession.

 

Panorama des banques en France

Qui est qui ? Qui appartient à qui ? Qui fait quoi ? Et où ?

Décryptage non exhaustif :

 

BNP Paribas

BNP Paribas compte parmi les grands groupes européens de services financiers et a développé de nombreuses filiales dont Cétélem, Laser, Cofinoga, Sygma Banque, Banque de Bretagne ou Mediatis, ainsi que les banques en ligne Hello Bank et La Net Agence.

 

BPCE

Banque Populaire. Au sein du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne), le réseau est constitué de 17 Banques populaires régionales, de la CASDEN et du Crédit coopératif. La BRED est la plus importante banque populaire régionale. On compte aussi la Banque de Savoie, la Banque Dupuy de Parseval en Languedoc-Roussillon…

Caisse d’Epargne. Banque mutualiste universelle représentée par ses 17 Caisses d’épargne régionales. Parmi ses filiales : Crédit Foncier, Natixis et Meilleurtaux.com. La Banque Palatine, implantée sur tout le territoire français, se définit comme la banque des entreprises et du patrimoine.

Crédit Coopératif. Groupe bancaire coopératif.

Coopabanque est sa banque directe.

 

Crédit Agricole

Crédit Agricole réunit près de 20 millions de clients sur 39 Caisses régionales. Parmi ses filiales : LCL, Sofinco, Crédit Lift, Finaref, ainsi que des banques directes B for Bank, Mon banquier en ligne (en Rhône-Alpes) et Tookam.com, site bancaire d’un genre inédit intégrant les réseaux sociaux à son modèle.

LCL fait partie intégrante du Groupe Crédit Agricole, avec son agence en ligne e-LCL.

 

Crédit Mutuel Arkea

Crédit Mutuel. Banque coopérative et mutualiste à laquelle appartiennent entre autres Cofidis et le groupe CIC. Banque de réseau sur l’Île-de-France, le Crédit Industriel et Commercial réunit 5 banques régionales et des filiales spécialisées, en France comme à l’international. BPE est une filiale à 100% dédiée à une clientèle aisée de particuliers. Fortuneo Banque est une banque en ligne.

 

La Poste

La Banque Postale. Héritière des services financiers de La Poste.

 

Société Générale

Société Générale. Compte parmi les grands groupes européens de services financiers. Parmi ses filiales : Franfinance, Sogefinancement, Disponis, Boursorama, CGI. En 2000, le Groupe Dexia devient actionnaire du groupe Crédit du Nord à hauteur de 20%, aux côtés du groupe Société Générale (80%). Le groupe Crédit du Nord comprend la Banque Tarneaud implantée en région Centre-Ouest Atlantique, la Banque Courtois dans le grand sud de la France, la Banque Nuger en Auvergne et le centre, la Banque Rhône Alpes implantée en Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté, la Société marseillaise de Crédit, ou encore la Banque Kolb dans le nord-est.

La banque en ligne Agence Directe donne accès à tous les produits et services de sa maison mère, la Société Générale. Boursorama Banque propose des services de banque et de courtage en ligne depuis 2006.

 

Les assureurs

Allianz Banque. Issue du Groupe d’assurance allemand de même nom.

Axa Banque. Filiale bancaire du Groupe d’assurance Axa.

Groupama Banque. Issue du groupe d’assurance mutualiste Groupama.

 

Les étrangères

Barclays. Banque britannique présente en France depuis 1917, dédiée à une clientèle plutôt haut de gamme.

HSBC. HSBC France déploie ses activités de banque universelle sous l’égide du Groupe international éponyme présent dans 71 pays.

 

Les banques en ligne

ING Direct. Emanant d’un Groupe financier néerlandais centenaire.

Monabanq. Exclusivement dédiée aux particuliers.

 

Les inclassables

Créatis. Spécialisée dans le rachat de crédits à la consommation.

Crédit Municipal de Paris. Le prêteur sur gage est devenu une banque et un organisme de crédit.

Source : Que Choisir

 

La CASDEN Banque Populaire à la conquête de la fonction publique

La Casden (Caisse d’aide sociale de l’éducation nationale) est née dans l’immédiate aprèsguerre et affiche aujourd’hui encore le plus fort taux de pénétration sur le segment des enseignants (25%), devant le Crédit Mutuel Enseignant (CME), le Crédit agricole ou la Banque Postale.

L’offre de la Casden se limitant à la gestion de l’épargne et à l’octroi de crédits, la banque avait noué en 1974 un partenariat avec les Banques Populaires afin de proposer une offre complète : compte de dépôt, chéquier, carte bancaire… Aujourd’hui, le réseau est constitué de 3.300 agences BP et de 111 délégations départementales Casden.

 

Fonctionnaires, votre argent m’intéresse !

En 2016, la Casden Banque Populaire entend élargir sa clientèle à l’ensemble de la fonction publique qu’elle soit d’Etat, territoriale ou hospitalière, sans oublier les entreprises 100% publiques. Son objectif est de doubler son taux de pénétration sur ce marché (actuellement 8%) d’ici 10 ans. Un mouvement déjà enclenché par d’autres acteurs historiques de l’éducation nationale comme la MAIF.

Il est vrai que le marché est attractif : la Fonction publique, conjoints et retraités compris, représente 10 millions de personnes, contre 3 millions pour la seule Education nationale. De son côte, la Banque Française Mutualiste (BFM), historiquement dédiée aux fonctionnaires (1,2 million de clients), s’est associée à la Société Générale. La chasse est ouverte !

 

BPIfrance mobilise 15 milliards d’euros pour l’industrie d’ici à 2018

Lors de la semaine de l’Industrie qui a eu lieu du 14 au 20 mars 2016, la Banque Publique d’Investissement a dévoilé le montant de ses financements pour les 3 prochaines années. Au total, 15 milliards d’€ seront consacrés à l’industrie d’ici à la fin 2018 dont une enveloppe de 1,2 Mrds € dédiée aux projets de L’Usine du Futur « pour promouvoir l’usine numérique, robotisée, sobre en énergie et en matières premières et respectueuse de ses travailleurs ».

En 2015, les « prêts de développement » à destination de l’industrie (prêts sans garantie remboursables en 7 ans, avec différé de remboursement de deux ans et en complément d’un prêt bancaire) ont progressé de 12% par rapport à 2014, notamment tirés par le prêt croissance industrie et le prêt robotique.

Au total, l’industrie mobilise 25% des montants d’investissements de la banque publique. Les TPE et PME captent près de deux tiers des crédits accordés et 28% vont aux ETI.

 

L’assurance : Un relais de croissance pour le secteur bancaire

Les taux d’intérêt durablement bas pénalisent les banques qui comptent de plus en plus sur les activités d’assurance pour développer leur marge. Ce créneau représente déjà 31% du résultat net du Crédit Mutuel, précurseur de la bancassurance au début des années 70. Aujourd’hui, tous les groupes bancaires sont entrés dans la course via l’assurance habitation, auto, santé, prévoyance ou assurance-emprunteur, cherchant à dupliquer leurs succès des années précédentes dans l’assurance-vie.

Pour exemple, la BPCE a réuni toutes ses activités d’assurance dans sa filiale Natixis et se donne comme objectif d’équiper 1 client sur 3 en assurances dommage & prévoyance à l’horizon 2017. De son côté, la Banque Postale finalise la constitution de son pôle d’assurance non-vie avec le rachat de la participation de CNP Assurances dans la « Banque Postale Prévoyance ».

 

Les deux atouts des banques sur ce marché

D’une part, la mise en place de la loi Hamon qui facilite le transfert des contrats auto ou habitation a largement favorisé la dynamique de la bancassurance. D’autre part, la fréquence des contacts entre les clients et leur banque, conjuguée aux évènements de la vie, favorise les opportunités : prêt immobilier, naissance, mariage…

 

Les points faibles des banques

Les métiers de l’assurance sont astreints à une haute qualité de service, notamment au moment du sinistre, qui doit pouvoir être assumée par les banques. « Il ne faut pas compromettre la relation bancaire par une insatisfaction sur la gestion d’un sinistre » note Jean-François Lequoy, membre du Comité de Direction de Natixis.

Un autre challenge se profile : la numérisation qui modifiera la relation avec le client final. « L’assurance n’a certes pas encore vu émerger de concurrents de rupture comme c’est le cas pour BlaBlaCar, Airbnb ou Uber » rappelle J.F. Lequoy… qui prépare quand même son groupe à proposer toutes ses offres de façon dématérialisée à la fin 2017.

 

Contribution de l’assurance aux résultats des groupes bancaires (en millions d’€ / % du résultat net)

2014 2015
BNP Paribas 1.216/12,90% 1.296/19,36%
Crédit Agricole 1.038/21,09% 1.177/19,47%
Société Générale 2.679/11,53% 4.001/8,42%
Crédit Mutuel 2.955/31% 3.020/ 31,22%

Sources : Les Echos/ Les banques

 

Ces banques qui s’intéressent aux transmissions des PME !

Cession d’entreprise : des enjeux forts et divers

10% seulement des entreprises font l’objet d’une transmission intrafamiliale, les autres devant trouver des repreneurs externes. Une occasion triplement intéressante pour les banques qui pourront suivre le repreneur dans le champ professionnel et privé mais aussi le cédant dans la gestion de son patrimoine (le patrimoine d’un dirigeant d’entreprise est en général constitué de 90% de titres de son entreprise).

 

Tous les réseaux bancaires sont à l’affût

Début 2016, la Société Générale a présenté une offre dédiée aux entrepreneurs conjuguant banque de détail, banque de financement et banque privée : « Société générale Entrepreneurs ». La BNP avait anticipé avec le concept « BNP Paribas Entrepreneurs 2016 » lancé en 2014. Son objectif : accompagner une PME française sur trois en 2016, contre une sur quatre en janvier 2014, soit +5.000 PME par an.

Ces deux Groupes bancaires travaillent surtout sur des opérations de cession à partir de 2 ME de valeur d’entreprise, ou de 300.000E de capital-investissement. Présents dans de nombreux pays, ils peuvent faciliter l’internationalisation de leurs clients PME.

 

Une concurrence au service du tissu économique régional

D’autres banques sont bien présentes auprès des entrepreneurs en région comme le Crédit Mutuel, la Caisse d’Epargne, les Banques Populaires ou le Crédit Agricole. Ces établissements ont mis en place des structures adaptées procurant des services de fusion-acquisition, de financement, de capital-investissement et de gestion de patrimoine.

Il est vrai que le marché est prometteur (50.000 entreprises de plus de 10 salariés devraient changer de mains au cours des cinq prochaines années) et les besoins nombreux : gestion de trésorerie, crédits bail ou d’investissement, expansion à l’internationale, croissance externe…

 

BPIfrance lance le « pass repreneur »

Cessoion d'entrerprise : BPIfrance lance le pass repreneur© lev dolgachov - Fotolia

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Pour répondre aux difficultés de la transmission et maximiser les chances de succès, BPIfrance vient de créer le « Pass Repreneur » : un nouvel outil pour accompagner le dirigeant dans la période décisive des 100 premiers jours de la prise en main de l’entreprise.

Le Pass Repreneur s’adresse aux entrepreneurs qui reprennent des PME et ETI et que Bpifrance accompagne en fonds propres.

Il se compose notamment :

• d’un diagnostic pré-transaction,

• d’un accompagnement post-transaction qui permet au repreneur de discerner les actions prioritaires, rédiger une feuille de route, bénéficier d’un suivi et de sécuriser ainsi ses chances de réussites.

Fanny Letier, directrice exécutive Fonds Propres PME de BPIfrance, précise : « Le «Pass Repreneur » est un outil d’accélération. À partir d’une analyse des enjeux de l’entreprise, l’objectif est de faciliter la phase de transition liée à l’arrivée d’une nouvelle équipe de direction. Il est nécessaire de projeter rapidement l’entreprise dans de nouveaux développements, en s’appuyant sur les personnes clés et sur la base d’un plan d’actions priorisé ».

 

Le secteur bancaire s'intéresse aux cessions transmissions des entreprise.  © Minerva Studio - Fotolia

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Les problématiques des cessions-transmissions d’entreprises

Un déséquilibre entre l’offre et la demande

La grande majorité des entreprises à céder sont des très petites entreprises (TPE) comptant moins de 5 salariés. Or, un grand nombre de repreneurs sont à la recherche d’entreprises de plus de 10 salariés. C’est notamment le cas des cadres quadras ou quinquas qui évoluent au sein de PME ou de grandes entreprises.

Le marché de la reprise est également déséquilibré géographiquement : les repreneurs sont concentrés dans les grandes agglomérations alors que beaucoup d’entités sont à céder en zones rurales. Il faut aussi savoir que plus de la moitié des transactions de fonds de commerce se concentrent sur 5 régions : Ile-de-France, Rhône-Alpes, PACA, Bretagne et Aquitaine.

 

Un marché difficile d’accès

Plusieurs raisons rendent délicates les approches et démarches relatives aux cessions/reprises d’entreprise :

• La confidentialité recherchée par le cédant qui ne souhaite pas nécessairement informer son banquier, ses clients ou ses collaborateurs par peur de fragiliser l’entreprise.

• La gestion du quotidien et le peu de temps laissé au dirigeant pour réfléchir à sa transmission font que de nombreux projets de cession restent latents.

• L’affect porté par le dirigeant sur son entreprise freine souvent l’anticipation et la préparation de la transmission.

• Hormis pour les petites entreprises commerciales et artisanales moins exposées au souci de la confidentialité, il n’existe pas de marché organisé et transparent permettant un rapprochement global de l’offre et de la demande.

 

Les principales méthodes pour prospecter

L’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprise) identifie quatre pistes de recherche :

 

Faire jouer ses relations familiales, amicales et professionnelles en multipliant les occasions d’évoquer son projet.

 

Rencontrer des intermédiaires, plus ou moins discrètement mandatés par les cédants.

 

Pour reprendre une petite entreprise :

• Les CCI, les Chambres de métiers et de l’artisanat, les fédérations professionnelles ;

• Les conseillers habituels de l’entreprise : banquiers, experts-comptables, avocats, notaires, assureurs ;

• Les réseaux de la reprise d’entreprise : boutiques de gestion, plates-formes d’initiatives locales ;

• Les cabinets et agences spécialisés dans les fonds de commerce.

 

Pour reprendre une PME-PMI, on rajoutera :

• Les clubs de repreneurs ;

• Les cabinets de conseil indépendants en fusion/acquisition nationaux, régionaux ou sectoriels ;

• Les banques d’affaires, les structures spécialisées des banques commerciales ou d’investissement ;

• Les conseillers habituels des PME : commissaires aux comptes, avocats d’affaires, cabinets d’audit…

 

Consulter les bourses d’opportunité sur internet

Les offres concernent surtout les cessions de TPE (fonds de commerce ou entreprises artisanales) et sont classées par secteur d’activités, par localisation géographique, par chiffre d’affaires mais aussi par rubriques : cessions/reprises, brevets/licences, partenariats industriels & commerciaux, offres & demandes de participation. Exemple : transpme.fr, reprise-entreprise.bpifrance.

 

Approcher les cédants potentiels par une démarche proactive, soit personnellement, soit en mandatant un intermédiaire spécialisé. Sachant que plus de la moitié des cédants ne font pas appel au « marché ouvert » (points 2 et 3) et sont réticents à faire connaître officiellement leur projet de cession, l’approche directe et personnelle peut sembler particulièrement judicieuse.

 

Les différents diagnostics à effectuer

Une fois l’entreprise repérée, il s’agit de procéder à un diagnostic des points forts et points faibles de celle-ci pour en évaluer la valeur et les potentialités.

L’APCE préconise plusieurs types de diagnostic :

Le diagnostic des moyens : Quels sont les moyens et outils professionnels dont dispose l’entreprise ? Quelles sont les nouvelles solutions à mettre en oeuvre pour développer l’entreprise ? Quel budget faut-il prévoir ?

Le diagnostic de l’activité : Quel est le potentiel du marché sur lequel évolue l’entreprise ? Quelle est la marge de progression de l’entreprise ? Est-elle compétitive ?

Le diagnostic financier : L’entreprise est-elle rentable ? D’où provient sa rentabilité ? Pourra-t-elle supporter les charges de remboursement de crédit découlant de son rachat ?

Le diagnostic humain : Le départ du dirigeant actuel risque-t-il de déstabiliser le fonctionnement de l’entreprise ? Les salariés-clés suivront-ils le repreneur ? Ne risquent-t-ils pas de partir et de créer leur propre activité concurrente ? Seront-ils prêts à changer leurs habitudes pour s’adapter à de nouveaux objectifs ? Certains sont-ils proches de la retraite ? Quel est le niveau de formation / compétences des salariés ? Quelles sont leurs rémunérations ?

Le diagnostic juridique : Les aspects juridiques touchent toutes les fonctions de l’entreprise : contrats de travail, accords collectifs, clauses particulières, respect de la réglementation sociale, application des règles fiscales, contrats d’approvisionnement, droits de propriété intellectuelle (brevets, marques)…

Le diagnostic qualité, sécurité, environnement : L’entreprise est-elle aux normes en matière de sécurité, hygiène, respect de l’environnement ? Le personnel est-il formé à la maîtrise des risques ?

Plus l’entreprise convoitée est importante, plus ces audits devront être réalisés par une pluralité d’experts : avocats, experts-comptables ou commissaires aux comptes, notaire, ingénieurs-conseils…

 

Financer la reprise de l’entreprise

Les pistes, modes et conditions de financements pour la reprise d’une entreprise sont quasiment les mêmes que pour une création ex-nihilo (voir le dossier « Création d’Entreprise » de ce même N° 129).

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

Les Echos, La Tribune, La Croix, APCE.com, net-iris.fr

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