Le pari de l’économie verte
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Le pari de l’économie verte

L’économie verte regroupe deux types d’activités : les activités économiques classiques réalisées avec des procédés moins polluants ou moins consommateurs d’énergie, et les éco-activités dont la finalité est la protection de l’environnement et la gestion des ressources naturelles.

 

> Les mesures 2016-2017 en faveur de la transition énergétique et pour la croissance verte
> Le concept d’économie circulaire
> Comment intégrer le développement durable dans son activité ?
> Les trois prochaines pénuries mondiales à craindre
> Les acteurs de l’économie verte en région

 

Les mesures 2016-2017 en faveur de la transition énergétique et pour la croissance verte

La loi du 17 août 2015 est une loi «d’action et de mobilisation» qui se donne pour objectifs de réduire les émissions de gaz à effet de serre (-40% entre 1990 et 2030), d’augmenter la part des énergies renouvelables (+30% d’ici 2030), de baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité (à hauteur de 50% en 2025) et de se rapprocher du «zéro gaspillage».

Selon les ministères concernés, cette mobilisation devrait stimuler la croissance avec la création escomptée de 100.000 emplois par an dans le bâtiment, les énergies renouvelables, l’économie circulaire, les transports propres et autres activités classiques.

Cette loi et les plans d’action qui l’accompagnent constituent une boîte à outils comportant :

 

18 mesures pour mobiliser les citoyens, dont :

Un éco-prêt à taux zéro pour rénover son logement

Il permet aux propriétaires de bénéficier d’un prêt pouvant atteindre 30.000 € pour réaliser des travaux de rénovation énergétique.

 

Des aides pour les ménages aux revenus modestes

La création d’un fonds de garantie pour la rénovation énergétique permet d’aider au financement des travaux dans les logements.

 

Une meilleure information sur la rénovation énergétique des bâtiments

Le N° Azur Eco-Rénov : 0810 140 240 donne des conseils et des informations sur les financements, les artisans certifiés, la façon de procéder à des audits énergétiques et sur les travaux à faire.

 

La participation aux frais de déplacement en vélo

L’employeur peut aujourd’hui participer aux frais de déplacement de ses salariés en vélo ou vélo électrique, entre le domicile et le lieu de travail.

Cette participation à l’indemnité vélo est fixée à 0,25€ par kilomètre et se trouve exonérée de cotisations sociales, dans la limite de 200€ par an et par salarié.

Par ailleurs, les entreprises peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt relative aux frais générés par la mise à disposition gratuite d’une flotte de vélos au profit de leurs salariés, pour leurs déplacements entre le domicile et le lieu de travail. Ce, dans la limite de 25% de l’investissement.

 

La prime à la conversion pour l’achat d’un véhicule électrique

Le bonus total pour l’achat d’un véhicule électrique est pérennisé et peut atteindre 10.000E lorsqu’il s’accompagne de la mise au rebut d’un véhicule polluant (diesel de plus de 10 ans). Son champ d’action est même élargi à la « location longue durée » d’un véhicule électrique. Cette aide a déjà contribué au doublement du marché français, devenant ainsi le 1er en Europe avec plus de 12.000 immatriculations de véhicules électriques enregistrées depuis le début de l’année 2016.

 

Mesures en faveure d'une économie verte : des aides en faveur du véhicule électrique© Zinkevych - Fotolia

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L’aide à l’installation d’une borne de recharge

L’installation de bornes pour les voitures électriques par les particuliers bénéficie d’un crédit d’impôt à hauteur de 30%.

 

Fin des sacs plastiques à usage unique

Proscription des sacs plastiques de caisse depuis le 1er juillet 2016 et des sacs « fruits et légumes » à partir du 1er janvier 2017. Après cette date, il faudra les remplacer par des sacs en papier ou des sacs qui sont à la fois biosourcés et compostables de manière domestique. Un sac biosourcé est composé en partie de matières organiques (amidon de maïs ou de pomme de terre) et contient aussi du plastique qui, compte tenu de sa faible quotepart, pourra se dégrader totalement. En effet, un matériau compostable a la faculté, même s’il contient du plastique, de se dégrader tout seul et de se transformer en eau et en CO2.

 

16 mesures pour mobiliser les entreprises dont :

La rénovation énergétique dans le secteur du bâtiment… avec des objectifs ambitieux

2025 : diminution de la consommation énergétique du parc immobilier de 38% par rapport à 2010 avec la rénovation lourde de 500.000 logements par an à partir de 2017, en priorité ceux des ménages à revenus modestes. Soit, selon la Fédération du Bâtiment, un marché potentiel de 14 milliards d’euros de travaux par an et plus de 20 millions de logements à rénover d’ici à 2050.

2050 : poursuite du programme de rénovations lourdes pour que l’ensemble du parc immobilier soit au niveau « Bâtiments Basses Consommation ».

 

Le déploiement des bâtiments à énergie positive

La loi prévoit un développement de ce type de bâtiments qui produisent davantage d’énergie qu’ils n’en consomment et de bâtiments à haute performance environnementale.

 

L’amélioration de la performance énergétique obligatoire lors de rénovations lourdes

Lors de la réalisation de travaux importants (réfection de toiture, ravalement de façade, extension de surface), l’amélioration de la performance énergétique de tout le bâtiment devient obligatoire.

 

L’acquisition de 10% de véhicules à faibles émissions pour les taxis et les loueurs de voitures

A l’horizon 2020, lors du renouvellement de leur parc, les loueurs de voitures, les exploitants de taxis et de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) devront acquérir 10% de véhicules à faibles émissions.

 

La création d’un réseau de déchetteries pour les professionnels du BTP

Le texte prévoit de créer un réseau de déchetteries professionnelles spécialement dédiées au BTP d’ici le 1er janvier 2017.

 

L’économie verte recrute 250.000 personnes par an

Selon les enquêtes de Pôle emploi menées depuis 2013, près de 250.000 emplois sont proposés chaque année pour travailler dans le secteur de l’économie verte, dont beaucoup concernent des spécialistes issus d’écoles de commerce, d’ingénieurs ou des universités.

 

Les 3 grandes familles d’emplois verts

• La prévention des risques : chargé d’études environnementales, technicien hygiène-sécurité-environnement, juriste environnement, météorologue…

• La protection de l’environnement : chargé de mission dans un parc naturel, conseiller en maîtrise de l’énergie, technicien de rivière…

• Le traitement des pollutions et ingénierie : responsable de la gestion des déchets, acousticien, technico-commercial environnement…

Les 47 familles de métiers verdissants, c’est à dire de métiers dont la finalité n’est pas directement environnementale, mais « qui doivent prendre en compte de façon significative la dimension environnementale dans leur pratique » : isolation des bâtiments, gestion des flux de marchandises, entretien raisonné des espaces verts, contrôle de la dépense énergétique de lignes de production…

 

20 mesures pour mobiliser les territoires dont :

Les nouvelles constructions publiques seront aux normes les plus exigeantes

Ces nouveaux bâtiments doivent dorénavant être exemplaires sur le plan énergétique et environnemental, et autant que possible à énergie positive ou à haute performance environnementale.

 

Les flottes de véhicules seront plus « propres »

L’État et ses établissements publics doivent respecter une part minimale de 50% de véhicules à faibles émissions de CO² et de polluants de l’air, tels que des véhicules électriques. Les collectivités locales s’engagent de leur côté à hauteur de 20%. Tous les nouveaux bus et autocars qui seront acquis à partir de 2025 pour les services publics de transport, devront être à faibles émissions.

Rappelons qu’en France, le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre avec près de 30% des émissions totales et représente 32,6% de la consommation énergétique française.

 

Installation de points de recharge pour les véhicules électriques

Les nouveaux espaces de stationnement public devront tous être équipés de points de recharge. Idem dans les zones commerciales. Les travaux dans les parkings des bâtiments existants devront être mis à profit pour installer des bornes. L’objectif est d’installer 7 millions de points de charge d’ici à 2030 afin de permettre l’accès à tous types de véhicules électriques et hybrides rechargeables.

 

Instauration du tri à la source des déchets alimentaires

D’ici 2025, les collectivités devront généraliser le tri à la source des déchets alimentaires des particuliers… afin de les utiliser comme nouvelles ressources, par exemple du compost pour les particuliers.

 

Lutte contre le gaspillage alimentaire

Depuis septembre 2016, un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire est mis en place dans les services de restauration collective gérés par l’État et les collectivités territoriales, dont les cantines scolaires.

 

Priorité au papier recyclé

A partir du 1er janvier 2017, l’État devra s’approvisionner à hauteur de 25% en papier recyclé et à hauteur de 40% minimum à partir de janvier 2020. En outre, les entreprises et les administrations ont obligation de trier séparément leurs déchets, dont les papiers de bureaux.

 

Prise en compte de la performance environnementale dans la commande publique

Lors des appels d’offre, la loi oblige la commande publique à tenir compte de la performance environnementale des produits, en particulier de leur caractère biosourcé.

 

Utilisation interdite des produits phytosanitaires

Les espaces verts des collectivités locales et territoriales ne pourront plus utiliser de produits phytosanitaires à partir du 1er janvier 2017. L’interdiction de la vente en libre-service aux particuliers sera également totale à compter de cette même date. Quant à l’épandage aérien des produits phytosanitaires, il est déjà prohibé.

 

Le concept d’économie circulaire

Le système linéaire actuel de notre économie « extraire, fabriquer, consommer, jeter » a clairement atteint ses limites. Aujourd’hui, il s’agit de procéder à un découplage progressif entre croissance économique et consommation de matières premières en luttant notamment contre les gaspillages. D’où la notion d’ « économie circulaire » qui recouvre un processus global, de la conception des produits à leur recyclage

 

Les objectifs affichés par la loi du 17 août 2015

• Réduction de 10% des déchets ménagers produits d’ici 2020 ;

• Recyclage de 55% des déchets non dangereux en 2020 et 65% en 2025 ;

• Valorisation de 70% des déchets du bâtiment et des travaux publics à l’horizon 2020 ;

• Réduction de 50% des quantités de déchets mis en décharge d’ici 2025.

 

Les décisions majeures anti-gaspillages pour 2016-2017

Lutte contre l’obsolescence programmée

L’obsolescence programmée, c’est-à dire le fait de concevoir délibérément un produit pour que sa durée de vie soit réduite, devient un délit entraînant des sanctions.

 

L’affichage de la durée de vie des produits

Des expérimentations sont lancées afin de développer l’affichage de la durée de vie des produits pour informer le consommateur et lui permettre de choisir en toute connaissance de cause.

 

Soutien à l’économie de la fonctionnalité

Les systèmes d’aides publiques, gérées notamment par l’Ademe, peuvent aider les pratiques de l’économie de la fonctionnalité qui privilégie l’usage à la possession.

 

Utilisation de pièces de rechange recyclées

Ce dispositif prévoit que les professionnels de l’entretien et de la réparation de voitures proposent au consommateur d’opter pour l’utilisation de pièces de rechange recyclées à la place de pièces neuves. L’entrée en vigueur de la mesure est fixée au 1er janvier 2017.

 

Gestion des déchets électriques et électroniques

Les producteurs d’équipements électriques et électroniques ont l’obligation d’assurer la gestion des déchets qui en sont issus « dans les meilleures conditions de recyclage au sein de filières légales et contrôlées ».

 

Reprise des déchets du BTP chez les distributeurs

À partir de janvier 2017, tout distributeur de matériaux BTP à destination des professionnels doit s’organiser pour reprendre, sur ses sites de distribution, les déchets issus des produits qu’il commercialise. A cet effet, un réseau de déchetteries spécialisées sera créé en lien avec les collectivités locales.

 

Obligation de recyclage des navires

Un propriétaire qui souhaite mettre son navire au rebut doit effectuer une notification officielle de recyclage précisant le site de récupération et les conditions dans lesquelles il va être démantelé.

 

Modalité de mise en œuvre du tri en « 5 flux »

La loi prévoit des mesures pour le tri et la collecte séparée par les producteurs ou détenteurs de déchets de papier, de métaux, de plastique, de verre et de bois.

 

Tri mécano-biologique des déchets ménagers

Une nouvelle installation ne pourra plus recevoir d’aides financières publiques si la collectivité concernée n’a pas mis en place des solutions de tri à la source des biodéchets.

 

Utilisation des « combustibles solides de récupération » (CSR)

Les CSR sont constitués de déchets industriels banals et utilisés pour leur haut pouvoir calo- rifique à des fins de valorisation énergétique, en substitution des combustibles fossiles classiques. Composé de déchets neutres en CO² (bois, plastiques sans chlore, papiers, cartons), le CSR est trié, broyé et affiné dans des installations dédiées.

La mise en place d’un encadrement technique et réglementaire précis, de leur préparation comme de leur combustion, va permettre le développement de leur utilisation dans des conditions satisfaisantes pour la protection de l’environnement et de la santé.

 

Renforcement des pouvoirs des maires contre l’abandon des véhicules hors d’usage

Les maires des communes dans lesquelles sont abandonnés des véhicules hors d’usage peuvent faire cesser les nuisances occasionnées par ces abandons. La loi permet d’agir même en cas d’abandon sur des terrains privés.

 

Comment intégrer le développement durable dans son activité ?

L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) accompagne les entreprises qui veulent développer leurs activités tout en prenant en compte les enjeux environnementaux. A cet effet, elle a réalisé divers outils d’analyse qui viennent en soutien de ses préconisations.

 

Les 4 recommandations pour organiser une démarche environnementale cohérente, efficiente et de sens

1) Impliquez les salariés

La réussite des initiatives et pratiques environnementales est nécessairement liée à la qualité du dialogue dans l’entreprise. Que ces actions soient ponctuelles ou globales, les salariés devront être le plus possible au coeur des démarches de diagnostic, d’élaboration et de mise en oeuvre des solutions. C’est encore plus vrai pour le personnel d’encadrement dont l’implication se concrétisera par un soutien affiché et constant.

 

Rapprochez-vous du terrain

Analyser et améliorer un processus nécessite de questionner ceux qui le font fonctionner et ont l’expérience de sa marche réelle sur une longue période. L’apport aboutit souvent à des actions d’optimisation réduites, mais nombreuses.

L’implication des équipes dans l’analyse des problèmes et des conclusions favorise à coup sûr la pertinence des décisions retenues et encourage l’adhésion des équipes.

 

Dialoguez de façon transversale

Analyser l’ensemble d’un processus implique souvent de mobiliser plusieurs fonctions dans l’entreprise pour collecter toutes les informations techniques et économiques nécessaires. Cette transversalité permet d’anticiper des solutions en amont des problèmes. Elle anticipe aussi les impacts des solutions envisagées sur le fonctionnement de l’entreprise : conformité, sécurité, coût, qualité, productivité….

 

Soignez vos outils de communication

Plusieurs supports, adaptés aux messages et aux cibles, sont à combiner :

• Affichage des consignes (énergie, déchets…) à l’endroit où elles doivent être appliquées ;

• Powerpoints soignés et attractifs pour les réunions d’information ;

• Supports écrits complémentaires pour préciser les consignes et procédures à respecter ;

• Suivis périodiques des résultats par rapport aux objectifs fixés, pour le pilotage de l’action et l’implication du personnel.

 

 2) Éco-concevez vos produits et services

Pourquoi éco-concevoir ses produits ?

L’éco-conception ne doit pas être perçue comme une obligation de respecter des lois ou des normes mais comme une opportunité permettant d’identifier de nouveaux axes de création de valeur.

Des produits ou services éco-conçus offrent au moins cinq bénéfices à l’entreprise :

• « Client » en répondant davantage à ses attentes, en lui proposant des produits innovants assortis de labels ;

• « Valeur éthique » en intégrant les notions de responsabilité sociétale de l’entreprise, indispensables pour répondre à la majorité des appels d’offre ;

• « Salariés » en facilitant le recrutement des jeunes générations, sensibles au développement durable ;

• « Financements » via des aides financières préférentielles (BPI France) ou des allègements de charges ;

• « Patrimoine » en augmentant la valeur de la société (résultats, images…).

 

Les matériaux recyclés, une des clés de la démarche éco-conception de produit en entreprise © Photo 5000 - Fotolia

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Les étapes clés de la démarche d’écoconception

Faites un Bilan Produit®

Réduire les impacts environnementaux d’un service ou d’un produit nécessite d’abord de les évaluer avec notamment la nouvelle version du « Bilan Produit® », mise à disposition gratuitement par l’ADEME.

 

Identifiez les pistes d’amélioration avec « Ecodesign Pilot »

Il s’agit d’une check-list informatisée qui permet de se poser les bonnes questions et d’identifier des mesures d’éco-conception pour améliorer un produit.

 

Déployez avec « Écofaire »

Le guide « Écofaire » est un guide pratique pour initier une démarche d’éco-conception. On peut l’obtenir en adressant un e-mail à ecofaire@ ademe.fr

 

Bénéficiez d’une aide à la décision avec « Diagademe »

Le portail d’aide à la décision Energie-Environnement de l’ADEME, Diagademe, s’articule autour de trois niveaux :

• le prédiagnostic : étude pour aider l’entreprise à identifier l’opportunité d’initier un projet d’éco-conception, à le cadrer ;

• le diagnostic : première expérimentation de l’amélioration de la performance environnementale d’un ou plusieurs produits ;

• l’étude de projet : accompagnement dans la stratégie globale d’éco-innovation de l’entreprise.

 

Utilisez la boîte à outils « Achats responsables »

Dédiée au service Achat des entreprises, la boîte à outils « Achats responsables » de l’ADEME facilite l’appropriation et la mise en application des consignes essentielles.

 

3) Développez vos achats responsables

La mise en oeuvre des achats responsables, identifiée par la norme ISO 26000, est aujourd’hui devenue un levier indispensable pour décliner une politique globale de développement durable et de responsabilité sociétale (RSE) au sein de l’entreprise.

Il s’agit donc de repenser l’acte d’achat. Ce qui nécessite de revisiter ses besoins, de raisonner en cycle de vie des produits et en coût global.

 

4) Optimisez votre « supply chain »

Le secteur des transports et de la logistique regroupe des métiers à fort impact sur l’environnement. L’optimisation des flux de marchandises s’avère donc particulièrement justifiée.

Rappelons que la « Supply chain » ou « Chaîne d’approvisionnement » regroupe l’ensemble des intervenants dans la chaîne logistique d’un produit, allant des producteurs de matières premières jusqu’au consommateur final en passant par les transformateurs, les grossistes, les transporteurs, les distributeurs…

 

Pour une supply chain plus verte

Selon E-RSE, la plateforme de « l’engagement RSE et développement durable », des dizaines de nouvelles solutions émergent actuellement pour rendre la supply chain des entreprises plus efficiente et plus durable.

Ainsi, des solutions de calcul basées sur le Big Data et la géolocalisation, ou sur des algorithmes, permettent de mieux gérer les évolutions de stocks, d’optimiser les tournées, les trajets de livraisons, les coefficients de remplissage, de maximaliser les espaces d’entreposage…

Par ailleurs, des solutions comme les véhicules autonomes ou les motorisations électriques permettent de transformer radicalement la logistique des entreprises. Toutes ces mesures permettent de réduire les consommations énergétiques (gain de coût), les émissions de CO² et le gaspillage.

 

Une priorité pour la RSE des grandes entreprises

Dans les grands groupes, une partie très importante de la production est externalisée et confiée à des fournisseurs, des sous-traitants ou à des filiales. E-RSE.net donne l’exemple de Kering (ex PPR/Pinault), l’un des plus grands groupes mondiaux de l’industrie du luxe où 93% des impacts environnementaux de ses activités proviennent de sa supply chain, donc de ses fournisseurs et distributeurs.

Pour diminuer son propre impact environnemental, Kering doit donc impliquer étroitement ses partenaires.

 

La législation française en matière de reporting extra-financier

En France, la loi Grenelle I et surtout la loi Grenelle II, respectivement adoptée en 2009 et 2010, ont fortement renforcé les devoirs des grandes entreprises et les exigences de publication en matière de RSE.

Concrètement, les entreprises cotées en bourse ou employant plus de 500 salariés ont l’obligation d’indiquer dans leur rapport annuel une série d’informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités.

Ce reporting extra-financier peut comprendre jusqu’à 42 sujets répartis sur trois thèmes : le social (emploi, relations de travail, santé & sécurité…), l’environnement (pollution et gestion des déchets, consommation d’énergie…) et l’engagement en faveur du développement durable (impacts sociaux, relations avec les parties prenantes, respect des droits de l’Homme…).

Le rapport, qui porte sur la société et ses filiales, doit faire l’objet d’une vérification par un tiers indépendant accrédité par le Cofrac (Comité français d’accréditation).

 

Les trois prochaines pénuries mondiales à craindre

1) La pénurie alimentaire

Selon de nombreux scientifiques réunis lors de la dernière conférence de l’ « American Society for the Advancement of Science », le climat est tellement instable : volatilité des précipitations, accroissement de la sécheresse, montée des températures, dégradation des sols… qu’il n’est pas certain que l’agriculture parvienne à produire suffisamment de nourriture pour nourrir la planète dans les années et décennies à venir. D’autant plus qu’il faudra doubler la production alimentaire dans les 35 prochaines années pour nourrir les 9 milliards de personnes à l’horizon 2050 (7 milliards aujourd’hui).

Déjà, aujourd’hui, près de 800 millions de personnes n’ont pas un accès régulier à de la nourriture.

 

Une piste : réduire le gaspi alimentaire

Pour faire face à ce risque de pénurie alimentaire, une des solutions concerne la réduction drastique du gaspillage alimentaire, ainsi qu’une baisse de la consommation de viande rouge. La France s’est par exemple donnée comme objectif de diminuer de 50% le gaspillage alimentaire d’ici à 2025.

À l’échelle mondiale, des études menées par la FAO (Food and Agriculture Organization) ou l’Institut de l’eau de Stockholm ont démontré que jusqu’à 50% de la production alimentaire est gaspillée, perdue ou jetée entre le champ et l’assiette.

 

2) Près de 4 milliards de personnes seront confrontées à un important « stress hydrique » d’ici 2050

Selon l’OCDE, neuf pays se partagent 60% des réserves mondiales d’eau alors que 80 pays souffrent de pénuries ponctuelles et 28 de pénuries régulières.

Parmi ces derniers : les territoires palestiniens, la Syrie, l’Inde, le Sri Lanka, l’Afghanistan, l’Indonésie, la Somalie, le Sud-Soudan et l’Ethiopie.

 

1,3 milliard de personnes sans eau potable

Aujourd’hui, un cinquième de la population mondiale, soit 1,3 milliard de personnes dans le monde, n’a pas accès à l’eau potable, dont plus d’un tiers sur le continent africain. 500 millions pourraient subir le même sort dans un avenir proche.

 

7 morts par minute à cause de l’eau

Les eaux insalubres restent la première cause de mortalité dans le monde, avec 3,6 millions de victimes par an dont une majorité d’enfants. Un fléau qui risque de durer puisque, selon les experts, l’augmentation des apports d’azote, de phosphore et de pesticides d’origine agricole et les rejets d’eaux usées devraient amplifier la pollution des eaux.

 

80% de l’eau est utilisée pour produire de la nourriture

Au niveau mondial, plus de 70% de l’eau consommée, voire plus de 80% dans les pays en développement, est utilisée pour la production de denrées alimentaires.

Il faut 454 litres d’eau pour élaborer un kilo de maïs, entre 1.600 et 5.000 litres pour un kilo de riz, 13.000 litres pour produire un kilo de boeuf… et 120.000 litres pour fabriquer une voiture.

Les Etats-Unis détiennent le record de consommation avec 600 litres d’eau utilisés par personne et par jour, loin devant la France (160 litres), tandis qu’en Afrique subsaharienne, un habitant consomme 10 litres d’eau par jour.

 

Puits dans le désert : la pénurie d'eau et de ressources naturelles imposes des actions en vaeur de la croissance verte. © Fotolia

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3) Des matières premières plus complexes à exploiter

Dans un article publié par Les Echos, Muryel Jacque rappelle que, selon la Banque mondiale, en 1990, le monde extrayait 43 millions de tonnes de métaux pour répondre à ses besoins ; en 2012, il lui en fallait 91 millions. Or, beaucoup d’experts estiment que la fin de l’exploitation bon marché des gisements pétroliers et de nombreux métaux se rapproche. Car, hormis l’aluminium et le fer qui sont des minerais abondants dans la croûte terrestre, les grands métaux industriels comme le cuivre, le zinc et le nickel, les métaux spéciaux comme le tantale ou le tungstène, ou encore les métaux précieux sont de moins en moins faciles à extraire. « Pour récupérer 1 tonne de cuivre aujourd’hui, il faut fouiller 125 tonnes de roche, alors qu’il y a un siècle il suffisait de remuer 50 tonnes », précise Muryel Jacque. En Afrique du Sud, il faut descendre à près de 4 kilomètres de profondeur pour exploiter les mines d’or.

 

L’importance du recyclage

Le problème, c’est que les énergies renouvelables sont elles aussi « métalivores », tout comme les objets connectés ou les voitures électriques dans lesquelles on trouve trois fois plus de cuivre que dans les voitures diesels.

D’où l’importance du recyclage des métaux dont la marge de progression reste encore très grande. En effet, à part quelques métaux tels que le cuivre et le plomb, les taux actuels de recyclage sont encore très bas. Pour exemple, les « terres rares », utilisées dans la métallurgie ou l’électronique, sont recyclées à moins de 1%.

 

Les acteurs en région

Le site de l’Observatoire régional de l’Environnement (ORE) propose un répertoire très complet des acteurs et ressources pour « l’environnement et le développement durable en Poitou-Charentes ».

Parmi les principaux acteurs:

• Pôle des Eco-Industries

• Centre Régional des Energies Renouvelables (CRER)

• Cluster Eco-Habitat

• Futurobois Poitou-charentes

• Groupe Régional d’Animation & d’Initiation à la Nature et à l’Environnement Poitou-Charentes (GRAINE)

• Initiatives Pour une Agriculture Citoyenne & Territoriale Poitou-Charentes (InPACT)

• Institut de formation & de recherche en éducation à l’environnement (Ifrée)

• Institut des Risques Industriels, Assuranciels et Financiers (IRIAF)

• Veille Environnement Entreprises (VEE)

• ATMO Poitou-Charentes, l’observatoire de l’air.

 

L’ADEME se réorganise

Depuis le 1er janvier 2016, dans le cadre de la réforme territoriale, les directions régionales Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes de l’ADEME ont fusionné pour devenir la Direction régionale Nouvelle-Aquitaine.

L’équipe est répartie sur trois sites : le directeur régional, Lionel Poitevin, est basé à Poitiers ; il est accompagné de deux directeurs régionaux délégués : Laurent Thibaud à Bordeaux et Michèle Debayle à Limoges.

 

Les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement se regroupent

Depuis le 1er janvier 2016, la DREAL Nouvelle-Aquitaine regroupe les trois anciennes directions régionales, rassemblant ainsi 1.000 agents. La nouvelle structure a son siège à Poitiers, dispose d’une agence à Limoges et Bordeaux, et possède neuf unités départementales de proximité.

Rappelons que la DREAL met en oeuvre, sous l’autorité des préfets, les politiques du Ministère de l’Environnement, de l’Énergie & de la Mer (MEEM) ainsi que du Ministère du Logement & de l’Habitat Durable (MLHD). Ses domaines d’intervention couvrent l’aménagement du territoire, les déplacements, l’habitat, la maîtrise des risques naturels & technologiques ainsi que la préservation des ressources naturelles.

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

Ademe, developpement-durable.gouv.fr, Le Monde, Ore, E-RSE

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