Le photovoltaïque organique pour produire de l’électricité partout

Présentée comme une première mondiale, la toiture photovoltaïque organique (carbone) du collège Mendès-France de La Rochelle laisse envisager de belles perspectives d’avenir pour la filière. À l’origine de cette expérimentation, l’entreprise allemande Heliatek et son partenaire financier, le groupe Engie. Incassable, facile à installer grâce à de l’adhésif, léger (1,3 kg/m2 contre 15 kg pour des panneaux classiques) et sans impact sur le bâti, ces films doivent avant tout permettre d’installer du photovoltaïque là où la pose de panneaux est impossible, comme c’était le cas sur la toiture du collège. Autre bon point, les bandes ne contiennent pas de métaux lourds, faisant dire à Thibaud Le Séguillon, directeur général de la start-up allemande : « Dans vingt ans, on pourra mettre les films dans la poubelle jaune (destinée aux emballages, N.D.L.R.) ».

Seul problème, même s’il ne s’agit pas de remplacer les traditionnels panneaux, la rentabilité du photovoltaïque organique n’est pas optimale. « D’ici 2019, l’objectif est d’arriver à convertir 10 % de l’énergie solaire en électricité, explique Quentin Van Nieuwenhoven, ingénieur chez Engie. Les panneaux sont environ à 20 %. Par ailleurs, aujourd’hui, nous ne disposons pas de site pour une production industrielle. Par conséquent, le procédé reste plus cher que le photovoltaïque classique. Ça devrait changer en 2019, puisqu’une usine dédiée sortira de terre à Dresde, sur le site d’Heliatek ».

Le produit utilisé, HeliaSol, a été posé sur les 530 m2 de toiture en trois jours, grâce à des films prédécoupés. L’installation produira 23,8 MWh d’électricité par an. L’énergie sera utilisée en autoconsommation au sein de l’établissement scolaire et permettra de couvrir entre 15 et 20 % des besoins en électricité du collège.

À signaler que cette expérimentation intervient dans le cadre d’un appel à projet lancé par le conseil départemental de Charente-Maritime. L’objectif est d’équiper toutes les toitures dont le Départemental est propriétaire, soit 600 000 m2, d’un dispositif photovoltaïque.

Jean-Sébastien Thomas

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