Prévoyance et retraite
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Prévoyance et retraite

> Adopter une stratégie patrimoniale 

> Les gestionnaires de patrimoine ont le vent en poupe

> La retraite complémentaire : un secteur réglementé

> La prévoyance : un secteur concurrentiel

 

Ce n’est pas un scoop : au moment de la retraite, d’un seul coup, les nouveaux retraités voient leurs revenus amputés de 15 à 40%. Un pourcentage qui s’effrite au fil des générations, dans le privé comme dans le public. En revanche, nous avons tous la possibilité d’anticiper cet état de fait puisque, aujourd’hui, tous les salariés et indépendants ont la possibilité d’avoir une idée assez précise du montant de leur future pension grâce à la consultation en ligne de leur relevé individuel de carrière.

. Pour les salariés : lassuranceretraite.fr et agirc-arrco.fr ou auprès de son organisme de protection sociale : Audiens, Malakoff Médéric, Pro-BTP…

. Pour les indépendants ou les multicotisants : info-retraite.fr

 

Votre compte personnel sur info-retraite.fr

Depuis octobre 2016, que vous soyez en activité ou au chômage, indépendant ou fonctionnaire, que vous ayez cotisé auprès du régime général, des régimes des indépendants ou de celui de la fonction publique, vous pouvez créer votre compte personnel retraite sur le site info-retraite.fr qui regroupera tout votre historique : régimes de base et complémentaires.

Estimer sa retraite dès 45 ans, c’est possible !

Ce portail permet de consulter son relevé de carrière sans attendre les campagnes d’envoi par courrier tous les 5 ans : à 35, 40, 45 ans… A partir de 45 ans, il est même possible d’obtenir une estimation du montant de sa retraite en fonction d’hypothèses d’évolution de carrière plus ou moins optimistes.

 

Adopter une stratégie patrimoniale

1ère bonne nouvelle : Il n’est jamais trop tard pour mettre en place une stratégie patrimoniale qui permettra de compléter sa retraite.

2ème bonne nouvelle : Si les revenus baissent lors du passage à la retraite, les besoins et la consommation, à niveau de vie égal, ont tendance à diminuer aussi.

Toutefois, certaines dépenses restent incompressibles tandis que d’autres s’alourdissent comme les dépenses de santé, de services et de dépendances.

 

10 façons d’anticiper sa retraite

Dans sa livraison de décembre 2016, la revue d’information juridique et pratique Le Particulier préconise une série de mesures permettant de préparer sa retraite :

 

1) Acquérir sa résidence principale

Selon l’Insee, le budget logement représente 32% des dépenses totales d’un ménage pour un locataire, contre 12% pour un couple propriétaire qui n’aurait plus de crédit en cours.

 

2) Vendre pour racheter plus petit

Céder sa grande maison avec jardin pour un appartement plus cosy, et surtout moins couteux en entretien et taxe foncière, permet de se constituer un capital de réserve.

 

3) Renégocier la durée de son prêt

Si la durée du prêt immobilier se prolonge au delà du départ à la retraite, il est judicieux, en amont, d’augmenter le montant des mensualités pour diminuer la durée du prêt. Ou, si cette solution s’avère impossible, il suffit, au moment de la retraite, d’allonger la durée du crédit pour baisser les mensualités.

 

4) Investir dans l’immobilier locatif

L’immobilier est depuis longtemps un support de prédilection pour se constituer un complément de retraite. Encore faut-il que l’investissement soit judicieux et non pas motivé seulement en fonction d’attraits fiscaux, et qu’il soit financé par un emprunt pour différer la perception des loyers au moment de la retraite.

 

5) Acquérir des parts de SCPI

Moins lourd qu’un investissement immobilier, l’achat de parts SCPI permet de conjuguer simplicité, souplesse et revenus réguliers. Elles peuvent s’acquérir à crédit.

 

6) Favoriser les dispositifs d’épargne entreprise

Selon Le Particulier, 10 millions de salariés ont accès à un PEE (Plan d’Epargne Entreprise) et/ou un PERCO (Plan d’épargne collectif pour la retraite).

Ces dispositifs, qui peuvent être abondés par l’employeur (dans la limite de 3.138€ pour un PEE et 6.276€ pour un Perco en 2017), permettent de se constituer une épargne sur le long terme.

 

7) Souscrire un PERP ou un « Madelin »

Le Plan d’Epargne Retraite Populaire (PERP) est un produit d’épargne à long terme qui permet d’obtenir, à l’âge de la retraite, un revenu régulier sous forme de rente viagère. Lors de la phase d’épargne, les sommes versées sont déductibles du revenu imposable. Les travailleurs indépendants se dirigeront vers le contrat Madelin.

 

8) Ouvrir un PEA

Certes, en Bourse, les coups de yoyo sont récurrents mais cette volatilité naturelle ne doit pas faire oublier que, sur le long terme, les actions offrent les meilleures performances. Depuis son lancement en 1987, le CAC 40 a gagné près de 9 % par an en moyenne, dividendes réinvestis.

Deux conseils :

. Hébergez vos actions au sein d’un Plan d’Épargne en Actions (PEA) pour éviter l’impôt sur les plus-values au-delà de cinq ans,

. Investissez régulièrement la même somme tous les mois ou tous les trimestres pour lisser la volatilité des actions et les secousses boursières.

 

9) Souscrire une assurance-vie

L’assurance-vie est indéniablement un bon plan pour préparer sa retraite : choix entre performance et sécurité des placements, choix entre capital ou rente viagère au moment de la retraite, transmission du capital aux bénéficiaires (enfants, conjoint…) sans frais de succession jusqu’à 152.000 € par personne.

 

10) Racheter des trimestres

Contrairement à toutes les solutions précédentes, celle-ci ne peut être prise qu’un ou deux ans avant la retraite. Il s’agit de racheter les trimestres manquants pour optimiser sa retraite obligatoire. Selon Le Particulier, « Compte tenu de l’économie d’impôts procurée par un rachat, le délai de retour sur investissement tourne autour de 8 à 9 ans, soit une durée très inférieure à l’espérance de vie à la retraite ».

 

Les gestionnaires de patrimoine ont le vent en poupe

Le conseiller en gestion de patrimoine accompagne une clientèle de particuliers dans la gestion et l’optimisation de leur patrimoine. En banque généraliste ou dans une compagnie d’assurance, c’est un conseiller patrimonia l; en cabinet ou en unipersonnel, c’est un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) ; en banque privée, c’est un private banking ou gestionnaire de fortune.

À la différence des banquiers, les CGPI ne sont pas dépositaires des fonds gérés. Ils collaborent avec divers partenaires : les banques, les assurances, les marchands de biens, les notaires, les avocats, les experts comptables…

 

Un métier en développement

Le métier de conseiller en gestion de patrimoine s’est fortement développé et professionnalisé lors de ces dix dernières années, pour se stabiliser depuis 2016. Selon Apredia, il y aurait 3.000 cabinets de CGPI (unipersonnel ou en cabinet) en France et leur part de marché est estimée entre 7% et 9%, ce qui en fait l’équivalent du cinquième réseau bancaire en France.

Selon Aïda Sadfi, DG d’Aprédia, les créations d’agence de gestion de patrimoine commencent à s’essouffler, et même à se réduire car « Ces cabinets se rendent compte que la réglementation qui encadre ce statut impose des méthodes, des normes et en conséquence des investissements en moyens humains et en informatique. Pour certains, ces exigences sont trop lourdes ».

 

Les 10 Commandements du gestionnaire de patrimoine

. Tu réaliseras un bilan patrimonial complet : actifs financiers, immobiliers, dettes, revenus…

. Tu définiras une stratégie ultra personnalisée,

. Tu proposeras des solutions d’optimisation, de protection et de transmission du patrimoine via des produits financiers, d’assurance, de prévoyance, de capital-investissements…

. Tu présenteras des montages juridiques et fiscaux adaptés à la situation familiale,

. Tu préciseras au client les avantages, les inconvénients et les risques encourus pour chaque type d’investissement,

. Tu mettras en œuvre et en musique les décisions adoptées,

. Tu ajusteras le conseil lors d’un changement de situation du client,

. Tu informeras tes clients des nouvelles opportunités de placement,

. Tu afficheras les écarts entre les prévisions et les réalisations,

. Tu assureras une veille réglementaire, juridique et fiscale.

 

Bien choisir son conseiller en gestion de patrimoine

Avant de délivrer des informations sur son patrimoine puis confier une partie de son épargne à un CGPI, il faut prendre certaines précautions.

 

1) S’assurer de sa fiabilité

Le CGPI doit :

. Adhérer à une association professionnelle reconnue par l’AMF qui certifie un niveau de compétence suffisant (formation annuelle),

. Disposer du statut de Conseil en Investissement Financier (CIF) qui garantit un casier judiciaire vierge.

David Charlet, président de l’Anacofi, recommande surtout d’examiner le « Document d’Entrée en Relation » (DER) ou « Fiche d’information légale » qui récapitule notamment le N° Orias (Registre des Intermédiaires en Assurance, banque et finance), le mode de rémunération et les statuts légaux. Ces vérifications peuvent se faire sur le site orias.fr.

Le bouche-à-oreille et la recommandation d’amis ou de relations complèteront la démarche.

 

2) S’assurer de sa liberté d’action

Un « bon » gestionnaire de fonds est un expert plutôt généraliste qui dispose de solutions diversifiées avec des établissements de gestion différents. Et non un CGPI affilié exclusivement à un réseau bancaire, à une compagnie d’assurance, à un promoteur… ou trop spécialisé dans un domaine qui le mènerait à recommander d’investir dans sa classe d’actifs de prédilection.

 

3) S’assurer du bon dimensionnement

Plus le patrimoine est important et/ou complexe, plus la dimension du cabinet sera conséquente pour offrir une plus grande palette d’expertises. A l’inverse, un CGPI unipersonnel offrira une meilleure disponibilité et une meilleure intuitu personae.

 

4) S’assurer de son accompagnement

Un CGPI doit formuler ses préconisations par écrit, en y joignant des documents d’aide à la vente. Par la suite, il se doit d’adresser des notes de recherche, des reporting précis et réguliers.

 

Comment se rémunère un CGPI ?

Un gestionnaire de patrimoine indépendant se rémunère souvent de deux façons :

. des honoraires, soit à l’acte (de 500 à 20.000 € selon la complexité du montage), soit au forfait,

. des rétrocommissions qu’il perçoit sur les produits vendus (en moyenne 70 % de son CA).

Généralement, la phase de diagnostic est gratuite, le professionnel devant prouver son niveau d’expertise.

 

La retraite complémentaire : un secteur réglementé

La retraite complémentaire est le 2ème pilier de la retraite obligatoire en France, en complément de la retraite de base. Elle est gérée par des organismes différents selon les secteurs d’activité :

. L’Arrco pour les salariés du secteur privé : 18 millions de cotisants pour 12 millions de retraités,

. L’Arrco et l’Agirc pour les cadres : 4 millions de cotisants pour près de 3 millions de retraités,

. Le RSI pour les indépendants,

. La MSA pour les exploitants agricoles,

. La RAFP pour la fonction publique,

. L’Ircantec pour les agents non titulaires de l’Etat et des collectivités publiques.

 

Les mesures qui font baisser la retraite complémentaire

Depuis quelques années, les déficits de l’Arrco et de l’Agirc sont récurrents. Ils ont enregistré de tels déficits (3,02 milliards d’€ en 2015) que les partenaires sociaux  se sont mis d’accord sur une première série de mesures à mettre en place entre 2016 et 2019. Parmi celles-ci :

. Les pensions sont sous-indexées d’1 point par rapport à l’inflation,

. Les dates de revalorisation sont décalées du 1er avril au 1er novembre,

. Le prix d’achat des points Arrco et Agirc progresse afin de réduire le niveau des pensions : « un salarié qui perçoit actuellement 65,60€ de retraite complémentaire par an pour 1.000 € cotisés ne touchera plus que 60 €, fin 2018 » précise le site capital.fr.

. Un dispositif de bonus/malus s’appliquera sur les pensions de retraites complémentaires à compter de 2019 (génération née en 1957).

 

Les règles du bonus/malus sur les pensions, dès 2019

Concrètement, un salarié disposant de toutes ses annuités qui décidera de prendre  sa retraite à 62 ans, verra sa retraite complémentaire amputée de 10% par an pendant trois ans, avant de pouvoir obtenir une retraite à taux plein à 65 ans.

A contrario, si ce salarié accepte de travailler 1 an de plus et ne liquide sa retraite qu’à 63 ans, le malus serait annulé. Il bénéficiera même d’un bonus de 10% (uniquement pendant sa 1ère année de retraite) s’il travaille jusqu’à 64 ans. Bonus qui grimpera à 20% (toujours pendant 1 an) pour 3 ans de travail de plus et à 30% pour 4 ans de plus.

Source : La Tribune.fr

 

Du mieux en 2016

Le déficit des régimes Agirc-Arrco s’est légèrement amélioré en 2016 pour se réduire à 2,24 milliards d’€, contre -3,2 en 2015. Dans tous les cas, les régimes seront encore en déficit en 2020 et des discussions sont ouvertes sur une fusion des régimes Agirc et Arrco à l’horizon 2019, ainsi qu’une négociation sur la définition de la notion de cadre.

La prévoyance : un secteur concurrentiel

La Prévoyance désigne les régimes de protection sociale complémentaires à la Sécurité sociale. Il faut distinguer :

. La complémentaire santé destinée à parfaire les remboursements de la Sécurité sociale (consultations, médicaments, lunettes, hospitalisation, invalidité, décès…). Depuis janvier 2016, toutes les entreprises doivent souscrire une complémentaire santé pour leurs salariés, en prenant en charge une partie des cotisations.

. L’assurance prévoyance qui permet de verser, en cas de décès, d’invalidité ou d’ITT, une rente ou un capital au salarié ou à ses ayant-droits. La complémentaire prévoyance n’est pas obligatoire au sein d’une entreprise sauf si la convention collective ou un accord de branche le prévoit.

 

Trois types d’opérateurs

Trois types d’organismes occupent le marché hautement concurrentiel de la santé et de la prévoyance : les mutuelles (453), les assureurs (94) et les Institutions de Prévoyance (26) avec respectivement 53%, 28% et 19% de parts de marché.

 

Les mutuelles

Elles sont surtout actives sur le marché de l’assurance individuelle, couvrant des bénéficiaires de tout âge. Entre 2001 et 2011, leur nombre a été divisé par trois du fait de la concurrence et des exigences de solvabilité.

 

Les sociétés d’assurance

L’activité en santé des sociétés d’assurance est largement minoritaire dans leur chiffre d’affaires, même si leurs parts de marché progressent : 19% en 2001 contre 28% en 2014.

 

Les Institutions de prévoyance

Les IP opèrent essentiellement sur le secteur de la prévoyance collective des salariés et interviennent presque exclusivement dans le cadre des entreprises et des branches professionnelles. Les plus connues : AG2R La Mondiale, Humanis, Malakof Médéric.

Leurs derniers bilans sont plutôt déficitaires du fait de la concurrence et de leur absence de diversification vers des risques plus rentables comme la couverture des prêts ou les assurances individuelles.

 

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

Le Particulier, Apec, gestiondefortune.com, capital.fr, L’argus de l’assurance, DREES, Adrea, La Tribune.fr.

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