Retraite & Prévoyance
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Retraite & Prévoyance

La préparation de la retraite est une préoccupation légitime et capitale qui nécessite d’amorcer des orientations le plus tôt possible : « Pour prendre date » comme disent les professionnels de la Banque & Assurances. De fait, même si la retraite semble loin pour certains, il est prudent de s’y préparer le plus tôt possible.

Pour exemple, pour obtenir un complément de retraite de 1.000 € par mois à partir de 65 ans, l’effort d’épargne doit être de 1.200  € par mois pour un épargnant de 55 ans, contre 360 € pour une personne de 40 ans.

 

> Pensions de retraite : Les raisons de s’inquiéter

> Les pistes pour se constituer un complément de retraite

> La trajectoire idéale

> Focus sur le PEA-PME

 

Pensions de retraite : Les raisons de s’inquiéter

Pour tous les prévisionnistes sérieux, les réformes successives, passées ou à venir, du régime par répartition ne permettront pas aux prochaines générations de prétendre aux niveaux des pensions actuelles. Patrimoine-privé.fr le rappelle : « Avec l’allongement régulier de la durée de vie d’environ un trimestre par an et le déséquilibre croissant du nombre d’actifs cotisants par rapport à celui des retraités pensionnés, les finances des caisses de retraite se dégradent invariablement ».

Certes, selon le Ministre des Affaires sociales, la branche vieillesse du régime général sera en « léger excédent » en 2016 : 43 Millions d’€ sur 123 Milliards d’€. Une goutte d’eau et pour combien de temps ?

L’inquiétude porte surtout sur les régimes complémentaires dont les comptes s’enfoncent inexorablement. « Dans le rouge depuis 2000, elles comblent pour l’instant leurs défi cits avec leurs réserves, mais celles-ci auront fondu en 2024 pour l’Arrco et dès 2018 pour l’Agirc » rappelait récemment le magazine Challenges. De fait, aujourd’hui à l’Arcco, 18 millions de salariés cotisent pour 12 millions de pensionnés, tandis qu’à l’Agirc, ils sont 4 millions de cadres à alimenter les pensions de 2,7 millions d’ex-cadres retraités : un équilibre impossible à tenir en l’état.

 

Des chiffres qui parlent :

• 84% des Français se déclarent inquiets du montant de leur future retraite.

• 350.000 retraités du régime général (+4,4% en un an) continuent de travailler après l’âge légal.

• 54.000 artisans et commerçants font de même.

• Aujourd’hui, un cadre moyen de 55 ans avec une rémunération nette mensuelle de 3.000 € obtient une pension de l’ordre de 53% de son revenu. Un taux qui chute autour de 32% pour les cadres supérieurs.

• En moyenne, un salarié non-cadre né en 1950 ayant eu une carrière complète touche 75% de son ancien salaire.

Avec une carrière identique, le salarié né en 1974 n’en touchera que 67% tout en ayant cotisé deux ans et demi de plus.

 

Les pistes pour se constituer un complément de retraite

Pour répondre au besoin de chacun de compléter son régime de retraite (régime de base + retraite complémentaire), les banques, les mutuelles et les sociétés d’assurances proposent des solutions qui peuvent être souscrites dans un cadre personnel ou professionnel.

 

1) Les solutions individuelles

L’Immobilier principal et d’investissement

Epargner est une bonne chose mais se décharger de tout loyer ou crédit immobilier au moment de la retraite est primordial. Aussi, être propriétaire de sa résidence principale le plus tôt possible constitue une voie obligée en matière de préparation financière de la retraite. Aujourd’hui, 75% des personnes qui prennent leur retraite sont propriétaires de leur résidence principale.

L’immobilier locatif est également une solution efficace pour se constituer un complément de retraite… avec un effort d’épargne réduit dans la mesure où les échéances du crédit sont largement couvertes par les loyers perçus.

Attention : l’immobilier constitue une valeur sûre à condition d’être très sélectif dans ses choix d’investissement.

 

L’Assurance-Vie

L’assurance-vie est indéniablement un bon plan pour préparer sa retraite : variété et sécurisation des placements (fonds en euros ou en actions), choix entre capital ou rente viagère au moment de la retraite, transmission du capital aux bénéfi ciaires (enfants, conjoint…) sans frais de succession jusqu’à 152.000  par personnes.

Sans oublier que le capital reste toujours disponible en cas d’imprévu. Incontournable !

 

Dossier retraite et prévoyance : anticiper/. PERP, immobilier, assurances, PEA-PME, pensions. © Fotolia

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Le Plan d’Epargne Retraite Populaire (PERP)

Le PERP est un contrat collectif d’assurance-vie qui débouche, au moment de la retraite, sur le versement d’une rente viagère (ou dans certains cas sous forme de capital : 20%). En cas de décès du souscripteur, avant ou pendant sa retraite, la rente peut être reversée sous forme de rente viagère au conjoint survivant ou à tout autre bénéfi ciaire désigné au contrat ou sous forme de rente éducation pour ses enfants mineurs.

Douze ans après sa création, le PERP commence à séduire les français : 104.000 PERP ont été souscrits en 2014, soit 21% de plus qu’en 2013, pour atteindre 2,28 millions de contrats.

 

Versements des cotisations du Perp

Les versements sont libres ou contractuellement définis en fonction d’un calendrier de versements mensuels, trimestriels, annuels… Les sommes versées sont totalement bloquées jusqu’à la retraite sauf dans certaines situations : invalidité, expiration des droits aux allocations chômage pour les salariés, liquidation judiciaire pour les non-salariés, décès du conjoint, surendettement…

 

Fiscalité du Perp

Les cotisations versées sur un Perp sont déductibles du revenu global dans la limite d’un plafond.

Les prestations servies au dénouement du Perp sont imposées selon les règles applicables aux pensions et retraites, soit avec un abattement de 10%.

 

Les contrats Madelin pour les travailleurs indépendants

Les contrats Madelin permettent aux travailleurs non salariés de se constituer une retraite supplémentaire mais aussi de bénéficier de garanties de prévoyance (maladie, maternité, incapacité de travail, invalidité, décès, dépendance) et perte d’emploi subie.

Sont notamment concernées les commerçants et artisans, les auto-entrepreneurs, les gérants majoritaires non salarié d’une SARL les professions libérales (médecins, avocats, architectes, notaires, huissiers…)…

Les cotisations versées peuvent être déduites du revenu imposable dans la limite d’un plafond fiscal.

Les prestations perçues sous forme de revenus de remplacement ou de rentes viagères sont classiquement soumises à l’impôt.

 

2) Les solutions via l’employeur

Afin de compléter les régimes de retraite obligatoires (régime de base + retraite complémentaire) de leurs salariés, les entreprises peuvent souscrire des contrats supplémentaires d’assurance retraite au profit de l’ensemble ou d’une partie de leurs salariés.

 

Plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO)

Ce système d’épargne collectif est accessible à l’ensemble des salariés de l’entreprise. Seules les sociétés déjà dotées d’un PEE (plan d’épargne d’entreprise) peuvent mettre en place un PERCO et l’adhésion des salariés y est facultative.

Chaque salarié dispose d’un compte alimenté par :

• des versements volontaires: épargne personnelle, intéressement, participation, compte épargne temps ou jours de congés non pris (jusqu’à 10 par an).

• par un abondement volontaire de l’entreprise.

L’épargne est mobilisée jusqu’à la retraite sauf : invalidité, fin de droit d’assurance chômage, surendettement, achat, construction ou agrandissement de la résidence principale.

Au moment de sa retraite, le salarié perçoit une rente viagère, ou un capital si l’accord initial le prévoit.

 

Le Contrat collectif d’assurance retraite

Le contrat de l’article 83 CGI est un contrat collectif souscrit par l’entreprise en faveur de tous ses salariés ou à une catégorie objective de ses salariés (exemple : cadres, non-cadres…). Il est obligatoire pour tous les salariés concernés et leur assure pendant leur retraite un complément de revenus sous forme de rentes.

Les cotisations sont réparties entre l’employeur et le salarié, ou payées intégralement par l’employeur. Elles sont exonérées de charges sociales dans la limite d’un plafond fixé par décret et fiscalement déductibles.

Si le salarié quitte l’entreprise avant la retraite, les cotisations cessent d’être dues mais l’épargne retraite constituée sur son compte continue d’être valorisée chaque année jusqu’au départ à la retraite.

 

La prestation de retraite

Le salarié perçoit une rente viagère à partir de son départ en retraite, qu’il soit présent ou non dans l’entreprise à cette date.

 

Le régime fiscal et social pour l’entreprise

Les cotisations versées par l’entreprise sont intégralement déductibles de son résultat imposable. Elles sont exonérés de charges sociales mais sont assujetties à la CSG & CRDS.

 

La Préfon pour la Fonction publique

La Préfon est une institution de capitalisation où les cotisations des salariés et anciens salariés de la fonction publique sont transformées en points retraite. L’affiliation à la Préfon est possible à tout moment entre 18 et 60 ans. Seule la sortie en rente viagère est possible.

 

Secteur public/Secteur privé : Quel écart ?

Selon Vincent Touzé, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : « En matière de retraite, les fonctionnaires continuent indéniablement de bénéficier d’une série d’avantages par rapport au privé ».

Exemples :

• 1 fonctionnaire sur 5 profite chaque année d’une retraite anticipée en compensation de « conditions de travail pénibles ou particulières ». En moyenne, ces agents publics perçoivent leur première pension à 58 ans, soit quatre ans avant les salariés du privé. Selon le magazine Challenges, « la palme revient aux agents de la RATP et de la SNCF qui partent respectivement à 54 et 55,8 ans ».

• Le statut des contrôleurs aériens, des policiers et des gardiens de prison prévoit une retraite dès 52 ans, après 27 ans de service. Les pompiers et les aides-soignants des hôpitaux sont libérés à 57 ans, après 17 ans de carrière minimum.

• Une partie des années d’études est comptabilisée dans la durée de cotisations des fonctionnaires.

• Après un décès, une part de la retraite est reversée au conjoint alors que le veuf ou la veuve d’un salarié du privé doit être âgé d’au moins 55 ans et ne pas avoir de revenus supérieurs à 20.000 € par an.

• Le pourcentage de la pension par rapport au dernier salaire des enseignants et des employés du public oscille entre 70 et 75% contre moins de 55% pour les cadres du privé.

• L’équilibre financier du régime de retraite des fonctionnaires est garanti par l’Etat… qui doit « rajouter au pot » chaque année : 37 Milliards d’€ en 2013.

• Le taux de cotisation (charges sur salaire) de l’Etat employeur est le double de celui du privé tandis que la part du salarié public est plus faible que son homologue privé.

En revanche :

• Les règles de calcul des pensions ne prennent pas en compte les primes mais seulement le salaire de base. Ce qui pénalise surtout les cadres et les hauts fonctionnaires du secteur public.

Source : Challenges

 

La trajectoire idéale

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible ». Antoine de Saint-Exupéry.

En pratique, et par décennie :

 

À 10 ans

Bien apprendre sa table de multiplication !

 

À 20 ans

Se construire son propre GPS pour piloter au mieux sa carrière, entre opportunités et menaces

 

À 30 ans

Acquérir sa résidence principale

Ce qui permet de ne pas avoir à payer de loyer ou à rembourser d’échéances de prêt au moment de la retraite.

Certes, aujourd’hui, les conditions d’emploi des trentenaires ne sont pas aussi favorables que le générations précédentes pour accéder à la propriété mais les circonstances n’ont jamais été aussi propices : prix convenables, taux bas, facilité d’accès au taux zéro, 1% logement…

Conseil : l’important est de mettre un pied dans le circuit de l’immobilier en sortant des sentiers battus (agences) et/ ou en achetant un bien pas forcément idéal en termes d’emplacement, de superficie, de confort.

Il suffira aux jeunes investisseurs de revendre leur bien une dizaine d’année plus tard pour disposer d’un apport personnel conséquent qui leur permettra de poursuivre dans la même voie.

 

À 40 ans

Ouvrir un PEA

Beaucoup d’épargnants privilégient les produits sécurisés mais peu rentables comme le livret A (0,75%), délaissant des solutions jugées plus risquées. Certes, en Bourse, les krachs et les coups de yoyo sont récurrents mais cette volatilité naturelle ne doit pas faire oublier que, sur le long terme, les actions offrent les meilleures performances. Sans compter que, hors de la hausse des cours, ces actions rapportent des dividendes dont le rapport est estimé à 3,5% par an en moyenne. Au global, depuis son lancement en 1987, le CAC 40 a rapporté plus de 8,5% par an en moyenne, dividendes réinvestis.

Conseil : Pour lisser la volatilité des actions, le mieux est d’ouvrir un Plan d’Epargne en Actions (PEA) avec « investissement programmé ». Le Principe ? Investir sur une ou plusieurs Sicav la même somme tous les mois ou tous les trimestres avec une parfaite régularité. Trois avantages : se constituer progressivement un capital, gommer les secousses boursières, profiter d’une fiscalité attrayante puisque le PEA échappe à l’impôt sur les plus-values au-delà de cinq ans.

 

Souscrire une assurance-vie

La quarantaine est la bonne fenêtre pour souscrire un contrat d’assurance-vie en vue de la retraite.

Conseil : A cet âge, les spécialistes recommandent de placer 40% sur des fonds en euros (2 à 2,5%/an) et 60% sur des unités de compte (actions) plus volatiles mais plus dynamiques.

 

Investir en immobilier locatif

Avant la quarantaine, c’est trop tôt : il y d’autres priorités. Après c’est trop tard : les crédits sur longue durée sont plus difficiles à obtenir à partir de 50 ans.

Conseil : Les ménages les plus fiscalisés choisiront le dispositif Pinel, attrayant fiscalement. Tout en gardant bien à l’esprit qu’il faut toujours s’intéresser à la valeur intrinsèque du bien avant de se laisser charmer par le gain fiscal.

 

À 50 ans

Souscrire un PERP ou un contrat Madelin

A la cinquantaine, le salaire est souvent plus conséquent, les emprunts sont remboursés. Certes, il reste les études des enfants. Le vrai talon d’Achille, c’est le niveau d’imposition qui a tendance à s’envoler.

Conseil : Plus un foyer fiscal est imposé (taux supérieur à 25%), plus il aura intérêt à souscrire un PERP ou un Madelin.

 

Focus sur le PEA-PME

Depuis le 1er janvier 2014, les personnes domiciliées en France peuvent ouvrir un second plan d’épargne en actions orienté spécifiquement vers les PME et les ETI (Entreprises de Tailles Intermédiaires). Objectif ? Réorienter l’épargne des ménages français vers nos PME et favoriser ainsi leur financement en fonds propres.

Comme dans le PEA classique, les titres peuvent être souscrits au moment de la création de la société, lors d’une augmentation de capital ou acquis sur le marché.

Pour le reste, notamment pour les ventes, le mécanisme est strictement identique à celui du PEA classique.

 

PEA- PME, mode d’emploi

Eligibilité

Les PME ou ETI concernées doivent :

– avoir moins de 5.000 salariés

– réaliser un CA annuel inférieur à 1.500 M€

– avoir un total de bilan inférieur à 2.000 M€.

Comme pour le PEA, les entreprises éligibles doivent avoir leur siège en France ou dans l’Union européenne.

310 sociétés françaises se sont déclarées éligibles sur un univers potentiel de 438. Parmi celles-ci : Groupe Eurotunnel, Archos, Audika, Boiron, Bricorama, Guerbet, Manitou, Saft… et les régionales : Fleury-Michon, Fountaine Pajot, Médicréa, Rougier ou Poujoulat.

 

FCP et Sicav

Les sommes versées sur un PEA-PME peuvent également être investies dans des Sicav ou FCP, sous réserve que leur portefeuille comporte au moins 75% de titres éligibles. 64 fonds d’investissement sont actuellement opérationnels et, selon Arkeon Finance, 394 M€ ont été collectés sur ces fonds en un peu plus d’un an et demi.

 

Plafond

Les versements sur le PEA-PME sont plafonnés à la moitié du plafond du PEA classique, soit 75.000 €.

 

L’assurance : Un secteur en croissance à tous les étages

Selon une récente enquête réalisée par Ipsos pour Trusteam Finance, l’économie de l’assurance est en croissance constante : +3,7% en 2014 au niveau mondial et +2,1% en Europe. Les perspectives d’évolution sont estimées à 4% au cours des deux prochaines années, soutenues par une croissance du IARD en Asie estimée à 7,7% par an entre 2015 et 2025. 3% des dépenses des français. En France, le secteur progresse également fortement avec une croissance de 6,1% en 2014, très au-delà de la croissance du PIB français (+0,4%). L’assurance représente en France 3% des dépenses des ménages, équivalentes aux dépenses de santé ou de chauffage.

 

Qu’est-ce qui différencie les « best in class » du secteur de l’assurance ?

Il ressort de l’enquête Trusteam/Ipsos que, au-delà des tarifs et des offres, « la réactivité, le professionnalisme, l’amabilité et la convivialité des conseillers » sont plébiscités par les clients. D’où ces petits gestes attentionnés, très appréciés par les assurés, qui peuvent avoir des « effets waouh !!! », comme :

• se voir proposer spontanément de revoir les tarifs du contrat suite à un changement dans la vie personnelle ou professionnelle, ou d’assurer les enfants sans surprime.

• recevoir un panier garni à la nouvelle adresse d’un adhérent ayant déménagé,

• bénéficier d’une aide téléphonique pour, en pleine panique, remplir son contrat d’accident sur le lieu de l’accident.

• se faire accompagner à la Fac lorsque la voiture de l’étudiant est accidentée….

 

 

Yves Guérin

Principales sources utilisées :

APCE, droit-finances.commentcamarche.net, Bforbank , Les Clés de la Banque, patrimoine-prive.fr, Challenges

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