Le Green Business
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Le Green Business

 

> Pour un nouveau modèle de prospérité avec l’économie circulaire

> Les défis de l’entreprise durable

> L’habitat intelligent

> Les cleantech & bio-technologies

> La révolution de l’automobile et de la mobilité

 

Depuis quelques décennies, le modèle économique mondial produit trop, plus que ses ressources, il gaspille, pollue et concourt au réchauffement climatique, il génère un coût sanitaire et social élevé, il renforce les inégalités entre les individus mais aussi entre les zones géographiques. Et si l’économie circulaire était la solution salvatrice ? Et si l’économie de la fonctionnalité était une issue salutaire ? Avec les services connectés et l’économie collaborative, le paradigme de la consommation basé sur l’achat et le déchet est peut-être en train de disparaître.

 

© Nicolas Herrbach

© Nicolas Herrbach

 

Pour un nouveau modèle de prospérité avec l’économie circulaire

Le modèle de développement, de production et de consommation qui domine depuis plus d’un siècle repose sur des ressources naturelles quasi infinies et un processus linéaire : matières premières extraites > production > consommation > déchets. Soit épuisement des ressources naturelles + pollution + utilisation éphémère + accumulation des déchets.

Aujourd’hui, ce modèle se heurte à des défis environnementaux, alimentaire et démographique aigus. Depuis quelques années déjà, nos prélèvements sur les ressources naturelles dépassent largement la biocapacité de la terre, c’est-à-dire sa capacité à régénérer les ressources renouvelables et à absorber les déchets et les gaz à effets de serre.

Concrètement, en 2017, l’humanité a consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre peut produire dans l’année dès le 2 août (fi n septembre en 1997). Du coup, nous surexploitons et compromettons la régénération et le renouvellement des ressources… malgré la prise de conscience collective et les diverses politiques de réduction des impacts environnementaux.

Diminuer notre empreinte (emprunte) écologique grâce à l’économie circulaire

Puisque les politiques de réduction des impacts environnementaux ne suffisent pas, il faut passer à un modèle de création de valeurs positives sur un plan social, économique et environnemental. C’est ce qu’ambitionne l’économie circulaire dont l’objectif est de découpler la croissance économique de l’épuisement des ressources naturelles par la création de produits conçus différemment, de modèles d’affaire plus respectueux et de mode de consommation plus collaboratif. Depuis 2015, la notion d’économie circulaire est formalisée en France dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte : « Lutter contre le gaspillage et promouvoir l’économie circulaire : de la conception des produits à leur recyclage ».

 

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

Pour l’Institut de l’Économie circulaire « Ce nouveau modèle repose sur la création de boucles de valeur positives à chaque utilisation ou réutilisation de la matière ou du produit avant destruction finale. Il met notamment l’accent sur de nouveaux modes de conception, de production et de consommation, le prolongement de la durée d’usage des produits, l’usage plutôt que la possession de bien, la réparation, la réutilisation et le recyclage des composants ». Cela passe aussi par une écoconception pensée en amont, sans toxique ni obsolescence programmée.

Repenser le cycle de vie des objets via des boucles de valorisation positives

Dans l’économie circulaire, les produits sont appréhendés en tant que flux de matière et d’énergie qui sont réinjectés dans des “boucles vertueuses” successives, organiques ou techniques. Autrement dit, ce qui est destiné à être un déchet dans l’économie linéaire peut avoir plusieurs vies dans l’économie circulaire. Cette approche écosystémique permet d’optimiser la création de valeur générée par la matière, l’énergie mais aussi par le travail.

Eco-concevoir, c’est anticiper la vie du produit et de ses composants

La durabilité du produit est au coeur de l’éco-conception. L’objet doit être conçu pour être déconstruit et pouvoir ainsi être réparé, démonté, réutilisé et recyclé facilement. « Ainsi, au fur et à mesure des boucles, l’objet et les matières qui le composent seront utilisés de manière optimale en fonction de leur usure » conclue l’Institut de l’Economie Circulaire (IEC). On est à l’opposé de l’obsolescence programmée qui, aujourd’hui encore, constitue la base de la production de valeur.

Eco-concevoir, c’est réparer, réutiliser, puis recycler

Face à l’usure d’un produit, l’éco-conception prône d’abord la réparation (pourvoyeur d’emplois de proximité), puis le remanufacturing qui prévoit d’extraire les composants en état de fonctionner pour les réintégrer au cycle productif, et enfin le recyclage des déchets qui n’aboutissent pas nécessairement au sein du même secteur. Si la matière est trop dégradée pour être réintroduite dans la boucle, elle est valorisée énergétiquement ou utilisée en méthanisation ou en compostage.

L’économie circulaire comme amorce d’une nouvelle dynamique économique et social.

Aujourd’hui, pour les plus jeunes générations, la valeur d’un produit réside avant tout dans sa fonction. Ce qui entraîne l’émergence de nouvelles formes de consommation comme le prêt ou la mutualisation.

De la possession à l’usage…

Vendre l’usage d’une voiture (autolib, blablacar) ou d’une photocopieuse plutôt que le produit lui-même revient à utiliser et à immobiliser moins de ressources naturelles pour le même service rendu. Cette nouvelle approche de la consommation collaborative permet ainsi de découpler le service fourni de la quantité de produits distribués.

L’économie circulaire comme source de redynamisation des territoires

L’incitation au recyclage des déchets (eaux grises, chutes, récupération thermique…) associée à une recherche de synergie des acteurs locaux permettent de mutualiser l’usage des ressources à l’échelle d’un territoire… et de créer ainsi des emplois non délocalisables. Pour que les déchets des uns constituent les ressources des autres, il suffit d’identifier les flux de matières et de déchets sur une zone d’activités ou un département et de créer une structure idoine pour mettre en relation les acteurs potentiels.

L’économie circulaire comme source de valeur économique et sociétale

Selon le cabinet McKinsey, l’économie circulaire permettrait de réaliser une économie nette d’au moins 380 milliards de dollars par an en matières premières en Europe. « A cette exploitation des ressources évitée s’ajoute la création de valeur positive, fondée sur la consommation relocalisée, le soutien à une activité industrielle et agricole sur les territoires et le développement de nouvelles filières dédiées à la réparation, au réemploi et au recyclage » confirme l’IEC.

En résumé

Pour l’Agence nationale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), l’économie circulaire englobe de très nombreux secteurs d’activités et peut se décliner à travers 7 logiques de production et de consommation qui, combinées entre elles, se renforcent mutuellement :

Approvisionnement durable avec la mise en oeuvre d’une politique d’achats responsables : sélection des fournisseurs sur des critères environnementaux, accompagnement de ceux-ci dans l’amélioration de leurs pratiques.

Ecoconception : démarche qui consiste à diminuer, dès sa phase de conception mais aussi tout au long de son cycle de vie, les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service.

Ecologie industrielle et territoriale avec la recherche de synergies éco-industrielles à l’échelle d’une zone d’activités : les déchets d’une entreprise pouvant devenir les ressources d’une autre.

Economie de la fonctionnalité ou économie collaborative qui privilégie l’usage à la possession et tend ainsi à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes.

Consommation responsable : consommation raisonnée et orientation de ses choix de produits en fonction de critères sociaux et écologiques.

Allongement de la durée d’usage par le recours au réemploi, à la réparation et à la réutilisation.

Recyclage : traitement et valorisation des déchets collectés.

Les équipements informatiques : un gisement inexploité pour l’économie circulaire

Selon le site e-RSE.net, un ordinateur représente en moyenne 473kg de CO2 émis dans l’atmosphère, 3.500 litres d’eau utilisés, 1 kg de plastique et 1,5 kg de minerais extraits de la nature. Une barrette de mémoire de 2g nécessite l’utilisation de près de 32kg de matières premières. Or, les ordinateurs sont remplacés en moyenne tous les 4 ans. Résultat : en 2014, 74,9 millions d’équipements ont été vendus en France aux professionnels, soit +18 % par rapport à 2013. En conséquence, les déchets d’équipements électriques et électroniques (EEE) ont explosé : 30.000 tonnes en 2014, soit 23% de plus qu’en 2013.

Selon l’Ademe, 74% de ces EEE sont aujourd’hui recyclés, 13% sont envoyés en préparation pour réemploi, 7% sont détruits, 5% sont utilisés pour faire de la valorisation énergétique… et un pourcentage indéterminé terminent leur vie en Afrique où ils sont démantelés à bas prix.

Il existe, en France, une filière de réemploi et de réutilisation (ex. : EcoLogic) qui se charge de récupérer ces EEE dans les entreprises afin de les reconditionner et de les redistribuer à d’autres acteurs. Pour Clément Fournier, responsable éditorial & veille du site e-RSE.net, « Avec une meilleure information des parties prenantes et un peu de volonté de la part de tous les acteurs (notamment les entreprises) il serait possible de structurer durablement une telle filière pour transformer ce gisement inexploité en véritable ressource pour l’économie circulaire ».

 

Qu’est-ce que l’économie de la fonctionnalité ?

Le concept est simple : il consiste à vendre des services plutôt que des produits. Dans les années 90, Xérox a sans doute été le premier à mettre en oeuvre cette pratique à grande échelle : l’entreprise américaine cherchait moins à vendre ses photocopieuses qu’à vendre un service d’impression. Du coup, le client n’achetait plus l’imprimante en tant que telle mais le nombre de pages réellement imprimées, selon un prix/page préalablement négocié.

Quatre conséquences vertueuses :

• Xérox prend en charge l’entretien et la réparation de ses propres imprimantes et a tout intérêt à ce que leur cycle de vie soit le plus long possible. L’obsolescence programmée n’a donc plus aucun intérêt pour elle. Sans compter que, sur le plan financier, ce nouveau modèle économique s’est avéré très profitable pour le Groupe américain,

• Le client paye pour le « juste » service et non pour la propriété,

• Le recyclage est géré par Xérox qui réutilise certaines pièces,

• Des emplois de proximité ont été créés pour entretenir les imprimantes.

L’économie de la fonctionnalité : un modèle qui a débuté en BtoB mais qui s’invite en BtoC

Si les entreprises ont vite compris l’intérêt de la location/achat de services, les consommateurs ont encore du mal à renoncer à la propriété de leurs objets. Pour autant, les mentalités évoluent et les jeunes générations préfèrent l’usage et « l’expérience » que la propriété. Selon Clément Fournier du site e-RSE.net : « 85% des milleniums préfèrent utiliser leur argent pour vivre des expériences de vie plutôt que d’acheter une voiture ou un ordinateur. Les nouvelles générations vivent de plus en plus selon le crédo “ NOwnership, No Problem ” (« nowner » est la contraction de no et owner, propriétaire en anglais).

Le « Cassandra report » d’Intelligent Group confirme que 35% des Milleniums préfèrent payer des frais d’accès à un objet quand ils en ont réellement besoin plutôt que le posséder. Ce qui explique le développement exponentiel des services proposés par AirBnB, Blablacar et autres entreprises de l’économie du partage.

 

L’obsolescence programmée : info ou intox ?

Clément Fournier (e-RSE.net), définit l’obsolescence programmée comme : « une stratégie de business qui consiste à planifier l’obsolescence, c’est à dire le processus qui rend un produit obsolète et inutilisable, d’un produit dès sa conception ». Autrement dit, les entreprises concevraient des produits suffisamment datés (design, ergonomie, performance…) ou programmés pour durer pendant une période limitée pour obliger le consommateur à racheter un nouveau modèle. Or, demande artificielle = gaspillage + déchets.

Les 8 types d’obsolescence programmée

L’obsolescence liée au positionnement prix du produit : une entreprise décide d’utiliser tel ou tel matériau ou tel ou tel composant en fonction du positionnement prix souhaité (entrée de gamme, moyenne gamme, haut de gamme, premium). « En ce sens, lorsqu’elle conçoit un produit, l’entreprise planifie effectivement son niveau d’obsolescence en choisissant ses matériaux et son prix de vente. Mais cette planification résulte d’un arbitrage coût-avantage normal dans la vie d’une entreprise » conclue Clément Fournier. Et le consommateur averti ne saurait être dupe de cet arbitrage lié au positionnement qualité/prix.

L’obsolescence liée à l’innovation ou au design : les entreprises qui évoluent dans le secteur du high tech ou des multimédias (smartphone, objets connectés, drônes…), ou de la mode, sont obligés de proposer régulièrement de nouveaux modèles plus performants ou plus esthétiques, pour rester dans la course.

L’obsolescence “systémique” par exemple dans le domaine de l’informatique qui consiste à multiplier les nouveaux modèles et les nouvelles configurations qui rendent obsolètes les anciens logiciels.

L’obsolescence volontaire qui consiste à introduire dans un produit une pièce ou un composant inutilement fragile, afin que le matériel devienne inutilisable plus rapidement. Exemples : une puce électronique qui bloque une imprimante après un certain nombre de copies, le Cartel de Phoebius, des fabricants d’ampoules, qui se mettent d’accord pendant des décennies sur le nombre d’heures de fonctionnement d’une ampoule électrique : 1.000h au maximum.

Non seulement cette pratique intentionnelle constitue aujourd’hui un délit mais elle est surtout très contreproductive pour la notoriété de la marque jugée « peu fiable ». En tout cas très loin de l’approche « Qualité » promue aujourd’hui par les entreprises qui travaillent sur le long terme.

Sur ce point, la Loi de Transition Énergétique votée en 2015 prévoit que l’obsolescence programmée devient un délit passible de 300.000€ d’amende et de prison.

L’obsolescence liée à l’évolution des normes : Un changement de normes par ci, un principe de précaution par là et tout le monde doit repasser à la caisse. Pour information, la France est le pays le plus réglementé au monde avec 400.000 normes.

Des pièces détachées + main d’oeuvre plus chères que l’appareil : lorsqu’elles existent encore, les pièces de rechange coûtent souvent très chères. À quoi sert de remplacer la carte graphique si celle-ci coûte presque le prix d’un ordinateur neuf ?

Une date de péremption exagérément avancée : sous prétexte de précaution pour la santé de leurs clients, certains industriels du secteur alimentaire avancent la date limite de consommation de leurs produits de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines, afin d’accélérer la rotation des rayons.

Une obsolescence liée à l’incompatibilité des matériels : des câbles et des prises non compatibles entre les marques, des jeux vidéo non compatibles avec un modèle de même marque mais de génération différente…

Qui de nous deux est le plus responsable ?

Pour Clément Fournier, si « l’obsolescence programmée existe bel et bien dans le monde de l’entreprise, ce terme regroupe une réalité diverse : l’obsolescence programmée, basée sur l’innovation ou l’esthétisme par exemple, est autant le fait du producteur que du consommateur qui décide de racheter un modèle “plus à la mode” alors que son ancien modèle fonctionne encore. Par ailleurs, lorsqu’un consommateur choisit un produit à bas prix plutôt qu’un produit plus cher, il fait aussi, bien souvent, le jeu de l’obsolescence programmée ».

Les chiffres de l’obsolescence et du jetable

• 17 à 23 kg par an de déchets électriques et électroniques par Français, dont seulement un quart est collecté par une filière spécialisée,

• 1,8 million de tonnes de déchets électroniques par an, aux USA,

• Entre 2004 et 2013, la part des appareils ménagers défectueux remplacés dans les 5 premières années a presque doublé, pour atteindre 13%,

• La durée de vie moyenne d’un téléphone avant d’être remplacé est de moins de 2 ans,

« 90% des déchets électriques dans le monde ne sont pas traités par les filières adéquates, et sont revendus illégalement pour terminer leur vie dans les décharges des pays en développement ou dans des réseaux du marché noir » selon Clément Fournier.

 

Les défis de l’entreprise durable

La RSE (Responsabilité Sociale ou Sociétale des Entreprises) constitue aujourd’hui un challenge pour nombre d’établissements, petits ou grands. Pour faire court, elle regroupe l’ensemble des pratiques volontaristes mises en place par l’entreprise dans les domaines du développement durable, de l’éthique vis-à-vis de ses partenaires, de son attention auprès des salariés et de son impact positif sur la société.

10 bonnes pratiques pour démarrer une démarche RSE

1 Nommer un responsable RSE pour avoir un référent identifiable. Il devra lancer la démarche, proposer les stratégies, soumettre une charte éthique avec des objectifs, informer et motiver les salariés, mettre en place des indicateurs de progrès…

2 Faire une analyse stratégique pour préciser les enjeux et l’intérêt de la démarche pour l’entreprise, identifier les domaines et les postes à améliorer en priorité… sans révolutionner la structure de l’entreprise, notifier le niveau d’implication des collaborateurs.

3 Proposer une formation à l’ensemble des salariés, en priorité les managers, pour qu’ils puissent adhérer et participer plus efficacement à la démarche.

4 Relier RSE et profitabilité en démontrant les gains et les opportunités de la démarche.

5 S’inspirer des bonnes pratiques dans le secteur d’activité concerné par l’entreprise.

6 Mettre en place des actions avec une politique de « petits pas », en commençant par des initiatives qui auraient le plus rapide et le plus fort retour sur investissement. Exemples :

• Bonnes pratiques de consommation : énergies, eau, papier…

• Réduction et recyclage des déchets,

• Plan de déplacement des collaborateurs : covoiturage, optimisation des tournées…

7 Choisir des fournisseurs « responsables » en s’appuyant sur une charte éthique,

8 Sélectionner plutôt des partenaires locaux pour favoriser les circuits courts et l’emploi local,

9 Se rapprocher des acteurs publics locaux (DREAL) pour s’intégrer dans les politiques publiques et bénéficier de leur expertise,

10 Communiquer pour valoriser l’engagement et les actions de l’entreprise auprès des institutionnels, des clients, des salariés, des fournisseurs.

Comment mesurer l’impact de sa démarche RSE ?

Que ce soit en termes d’image, d’économie d’énergie, d’engagement des salariés ou de stratégie commerciale, s’impliquer dans une démarche RSE et de développement durable est clairement indispensable aujourd’hui pour les entreprises. Oui mais, dans quelle mesure ces démarches sont-elles bénéfiques pour l’entreprise, en termes financier ou d’image ?

Peu de mesures concrètes mises en place pour évaluer leur RSE

Selon un récent sondage mené par Ethical Corporations auprès de 2500 professionnels :

• Seulement 54% des entreprises sont capables d’affirmer que leur stratégie RSE participe à créer du revenu, 21% affirment qu’ils ne peuvent pas identifier de lien entre leur RSE et leurs revenus, et 25% sont incapables de répondre.

• 65% confirment que leur politique RSE leur a permis de faire des économies (énergie, papier…), 19% ne savent pas et 16% répondent « non »,

• 55% avouent ne pas avoir mis en place un système de mesure crédible de ses indicateurs RSE, de leurs progrès et de leur retour sur investissements.

Ces chiffres tendent à montrer qu’une majorité d’entreprises considèrent encore la RSE :

• Au pire, comme une pratique cosmétique destinée à satisfaire certains partenaires et à respecter les obligations légales,

• Au mieux, comme une stratégie de réduction des coûts,

• Mais peu comme une politique capable d’ouvrir de nouveaux marchés.

Pourtant, toutes les études se rejoignent : de plus en plus de consommateurs attendent que leurs marques soient « responsables ».

Du coup, comment justifier et valoriser le « business model » de sa démarche RSE ? Comment le responsable RSE peut-il justifier son nouveau budget annuel ? Comme le souligne Clément Fournier sur le site e-rse.net : « Que ce soit les dirigeants, les actionnaires, les managers et les salariés : tous veulent savoir ce que vont rapporter les efforts qu’ils consentent à faire pour mettre en place des démarches RSE. Or, si ces démarches sont mises en place mais que leurs résultats concrets ne sont jamais mesurés, cela décrédibilise le projet. Mais plus encore, cela décrédibilise toute démarche RSE ultérieure ! ».

Aussi, il est urgent que les entreprises mettent en place des outils de mesure et des indicateurs de progression en termes de business, d’image ou de satisfaction de leurs clients.

Conseil : Voir « RSE et PME : un Tableau de Bord pour Institutionnaliser la Démarche » sur le site www.e-RSE.net.

 

Poids des émissions de CO2 par secteurs

1) Les Transports : 13% dont 10,5% pour le seul transport routier

2) La déforestation, surtout causée par l’agriculture : 10,9%

3) La consommation énergétique des bâtiments résidentiels : 10,2%

4) Les industries manufacturières : 7%

5) Les industries du pétrole et du gaz : 6,4%

6) La consommation énergétique des bâtiments tertiaires : 6,3%

7) L’élevage : 6%

8) La gestion des sols agricoles et production agricole : 5,2%

9) La production de ciment : 5%

10) La production de produits chimiques : 4,1%

L’élevage en question

Si l’élevage est directement responsable de 6% des émissions de CO2 (méthane), ce secteur est indirectement plus néfaste pour la planète car la production de bétail nécessite beaucoup de ressources alimentaires, explique 35% de la déforestation mondiale (70% pour la seule région amazonienne) et nécessite de nombreux transports. Pour autant, ce sont les villes qui sont responsables de près de 70% des gaz à effet de serre dans le monde.

Source : e-RSE.net

 

L’habitat intelligent

Si la maison du futur sera ultra-connectée et hyper-sécurisée, elle sera d’abord écologique, à énergie positive et bas carbone, comme l’imposera en France, dès 2020, la future réglementation thermique et environnementale des bâtiments. Concrètement, les nouvelles constructions devront produire plus d’énergie qu’elles n’en consommeront.

© Romolo Tavani

© Romolo Tavani

Vers une architecture bioclimatique

Dans un récent article paru sur urbanews.fr, Bruno Legrand explique que l’habitat de demain sera bâti selon une architecture bioclimatique pour tirer profit au maximum de l’énergie naturelle et gratuite du soleil. « Elle sera également équipée de systèmes permettant de réguler les apports solaires passifs (brise-soleil, volets roulants intelligents) et bénéficiera d’une isolation renforcée, d’équipements thermiques et électriques performants et d’une ventilation efficace. Mais pour basculer dans l’énergie positive, la maison devra produire elle-même de l’énergie renouvelable ».

Parmi les solutions à venir :

• Des procédés constructifs plus performants basés sur l’assemblage de panneaux composites : ciment + bois + mousse polyuréthane (meilleur isolant actuel),

• Des cellules photovoltaïques intégrées dans les fenêtres et les baies vitrées pour produire de l’électricité,

• Des capteurs et des logiciels intelligents capables de gérer l’équilibre entre les besoins et la production d’énergie,

• Des machines learning, intégré dans les objets, permettront à ceux-ci de s’auto-réguler,

• Un système de récupération des eaux pluviales sur le toit qui alimentera les toilettes et le lave-linge,

• Un brumisateur haute-performance dans la douche pour économiser 70% de l’eau utilisée…

 

TOP 10 des villes les plus écologiques

Selon la dernière étude annuelle d’Arcadis, leader international en conception et conseil de l’environnement, les grandes villes les plus vertes et écologiques sont :

1 – Zurich, riche en espaces verts, est dotée d’un système de gestion des déchets efficients et surtout d’une politique de sobriété énergétique efficace : 4200 watts par habitant contre plus de 6000 w. pour la moyenne européenne,

2 – Stockholm est la capitale des cyclistes et limite notamment les émissions de CO2 en imposant un péage aux automobilistes,

3 – Genève bénéficie d’une énergie relativement propre grâce à l’hydraulique… et des transports en commun efficaces,

4 – Vienne est une des capitales mondiales labellisée « Smart Cities » (villes « intelligentes »), qui utilisent les technologies du numérique pour optimiser leur fonctionnement et réduire les gaspillages. De grands espaces verts, beaucoup de vélos et des transports en commun largement développés complètent la panoplie.

5 – Francfort dispose d’une zone “basses émissions” où les véhicules polluants ne sont pas autorisés. 52% de la ville est occupé par des espaces naturels.

6 – Wellington : la capitale néo-zélandaise est la ville disposant du plus bas taux d’émissions de CO2 par habitant de toute l’Océanie (-2% depuis 2000 alors que la population a augmenté de 21%).

7 – Rome est encore très dépendante de la voiture et des énergies fossiles mais elle compense par des besoins faibles en énergie, grâce notamment à la structure de ses bâtiments historiques, et par une forte proportion d’espaces verts.

8 – Sydney dispose d’une qualité de l’air et de l’eau exemplaire, ainsi que de nombreux espaces verts.

9 – Londres est reconnu pour sa politique volontariste, notamment pour ses transports bas carbone, son traitement des eaux et sa stratégie d’amélioration de la qualité de l’air.

10 – Hambourg s’affiche comme une des grandes puissances éoliennes mondiales. La ville développe également un immense réseau de parcs, de pistes cyclables et de zones piétonnes donnant la priorité aux transports non polluants.

Paris s’affiche en 32e position, derrière Prague, Sao Paulo, Munich, Madrid ou Hong-Kong. La capitale française est pénalisée par la faible ampleur de ses espaces verts, le fort usage de la voiture et son score relativement faible en matière de qualité de l’air.

Source : e-RSE.net

 

Les Cleantech & Bio-technologies

Souvent portées par des startups, les « cleantech » proposent de nouvelles technologies et de nouveaux modèles économiques pour améliorer la productivité des entreprises tout en apportant une valeur ajoutée environnementale. Ce qui passe par de l’innovation énergétique couplée à une ubérisation des technologies traditionnelles via des plateformes digitales ou collaboratives. Les évolutions en cours sont si importantes que les cleantech sont en train de disrupter le marché.

Exemple d’innovations en cours de développement

Les Smart grids ou réseaux intelligents, sont capables d’ajuster en temps réel les flux d’électricité entre le producteur et le consommateur, grâce à des technologies informatiques. Menés par les plus grands acteurs de l’énergie en France dont Enedis, Engie et Schneider Electric, les tests s’appuient sur l’utilisation de Linky, le compteur communiquant d’Enedis, ainsi que sur des applications domotiques reliées à des routeurs internet.

La gestion énergétique via la blockchain : Associée à l’utilisation des Smart grids, la blockchain (technologie de stockage d’informations sécurisée, sans organe de contrôle) pourra sécuriser les échanges d’énergie entre consommateurs et rendre superflus les fournisseurs d’énergie au niveau local.

Les Smart Cities désignent les villes qui utilisent des technologies numériques pour développer de nouveaux services publics tout en réduisant les coûts de fonctionnement des municipalités, ou pour améliorer la qualité de vie des citoyens tout en permettant un développement plus durable des villes. Pour exemple, Chartres a développé un système d’éclairage public s’appuyant sur des capteurs qui s’adaptent en temps réel à la luminosité. Résultat annoncé : une économie d’énergie de 65%.

La mutualisation d’énergie entre bâtiments : La startup Openergy propose une analyse énergétique des bâtiments grâce à un système de modélisation virtuelle qui, entre autres, permettra la mutualisation d’énergie au niveau d’un îlot de bâtiments.

Les batteries propres : la cleantech française Kemwatt propose un prototype de batterie à flux organique non toxique de 10kW. I-Ten propose une génération de micro-batteries céramiques rechargeables stockant dix fois plus d’énergie que les batteries issues des technologies traditionnelles.

Le Biocarburant : Ergosup développe un générateur d’hydrogène à haute pression, rechargeable électriquement et pressurisé. Ce système est destiné à fournir en énergie les véhicules zéro émission dans les stations à hydrogène.

La lignine, un bois translucide et imputrescible : Woodoo, lauréat du Cleantech Open France 2016 et du prix runner-up du Cleantech Open de San Francisco, a mis au point un bois translucide et imputrescible : la lignine. Cette innovation permettrait de faire passer les constructions en bois de 12 à 30 étages, tout en donnant une seconde vie à des essences de bois non nobles.

L’optimisation de la performance des centrales photovoltaïques : Optimum Tracker utilise des logiciels de prédictions météorologiques pour améliorer les performances des capteurs solaires (+30%).

L’utilisation des microprocesseurs comme source de chaleur : La consommation énergétique des data center augmente de 5% par an. Or, jusqu’à présent, la chaleur produite par ces centres de données représentait une perte, tempérée par des refroidisseurs gourmands en énergie. Aujourd’hui, la startup Qarnot a développé une solution qui aujourd’hui permet de chauffer des logements sociaux à Paris grâce aux data centers de Free.

 

La révolution de l’automobile et de la mobilité

La Révolution par les nouveaux modes de consommation

Dans un article paru sur Les Echos.fr, Charles Berkovits, directeur commercial en Banque & Assurance, s’enflamme : « La propriété est morte, vive l’usage ! Le Français n’est plus capitaliste, il est devenu consommateur. Il n’est plus égoïste, il est soucieux de l’environnement et du développement durable ». Les chiffres lui donnent raison : aujourd’hui, seulement 40% des foyers parisiens détiennent un véhicule contre 60% à 65% en petite couronne, et 80% en moyenne nationale. Une tendance qui se confirme dans toutes les métropoles françaises, largement encouragée par les institutions locales : AutoLib, Vélib, multiplication des pistes cyclables ou dédiés aux bus/ tramways… et par les initiatives personnelles : covoiturage, partage de véhicule, time sharing… Si bien que « l’achat de voitures neuves par les particuliers se raréfie et que la moitié des VN est aujourd’hui commercialisée auprès d’entreprises, de loueurs et d’administrations ».

Charles Berkovits pointe les conséquences probables si les acteurs concernés ne s’adaptent pas :

• Les banquiers qui n’apprendront pas à louer risquent de perdre des parts de marché sur le financement automobile,

• Les assureurs auront à faire face à une réduction de la masse assurable,

• Les concessionnaires automobiles devront raboter leurs marges avec la montée en puissance des loueurs et des mandataires, et la multiplication des achats sur internet.

 

© billionphotos.com

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Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

L’Institut de l’économie circulaire, Ademe, Avise.org, urbanews.fr, lesechos.fr, Entreprise-durable.fr, defense-du-consommateur.fr, ooreka.fr, paris.numa.co, E-rse.net

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