Se former tout au long de la vie
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Se former tout au long de la vie

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> Enseignement supérieur : nouvelles pédagogies pour nouvelle génération
> Alternance et apprentissage : des voies royales ?
> Les clés de la reconversion professionnelle.
> Le nouveau « Compte personnel d’activité »

 

Enseignement supérieur : nouvelles pédagogies pour nouvelle génération

Depuis plusieurs années déjà, l’enseignement ne se réduit plus au traditionnel cours magistral et théorique. Les façons d’enseigner évoluent et de nouvelles méthodes permettent des pédagogies plus actives et participatives, notamment via les outils numériques.

 

Quelle pédagogie pour les nouvelles générations ?

Nées avec Internet, les générations Y et Z (15 à 35 ans aujourd’hui) possèdent une maîtrise intuitive des outils numériques et de leurs potentialités. Rémi Renouleau, créateur de 3hcoaching, nous le rappelle : « Hyper-connectées, hyper-technologiques, hyper-émotives, ces générations n’ont jamais vécu sans un accès immédiat à l’information, réel et virtuel s’entremêlant ».

Quelle pédagogie faut-il alors privilégier pour cette jeunesse montante, sachant qu’il faut former des personnalités capables de s’adapter à un monde en perpétuel mouvement ? Comment captiver l’attention de ces jeunes ayant l’habitude d’être hyper-stimulés ?

Éric Lalitte, directeur d’In’Tech (École d’ingénieurs du monde numérique), nous adresse quelques préconisations :

 

Apprendre à apprendre :

« La pédagogie adaptée doit privilégier un enseignement basé sur la pratique ». Les cours théoriques et magistraux ne correspondent plus ni aux capacités d’attention des étudiants, ni à l’exercice de leur future activité. « Confrontés à la pléthore d’informations que recèlent les nouveaux médias, les jeunes ont bien conscience qu’ils ne pourront jamais tout savoir ». Pour eux, le « pourquoi faire ? » et le « comment faire ? » sont devenus le moteur de leurs apprentissages.

L’enseignant doit transmettre, mais surtout apprendre à apprendre. Cela passe par des mises en situation qui permettent de s’appuyer sur des cas concrets, supports à une véritable appropriation.

 

Préférer la collaboration à la compétition

Avec l’apprentissage par la pratique plus que par la théorie, il n’y a moins de concurrence car les étudiants doivent collaborer : ils se sollicitent mutuellement. De plus, « La mémorisation des contenus pédagogiques est bien meilleure lorsqu’elle met en jeu des échanges et de la créativité ». Enfin, l’appropriation du savoir, plus motivante, s’en trouve démultipliée.

 

Développer l’intelligence émotionnelle et les compétences humaines

Tous les métiers nécessitent des compétences techniques mais aussi des rapports humains. Aussi, « Développer l’intelligence émotionnelle et les compétences humaines est essentiel car les émotions mal gérées interfèrent toujours avec l’exercice d’une profession ». A l’inverse, la capacité à communiquer, à établir une relation de confiance, à régler les conflits, à fédérer les énergies autour d’un projet, à anticiper les besoins sont autant de qualités primordiales dans l’entreprise.

Sur ce point, une récente étude du Forum économique mondial a identifié sept compétences et attitudes que les élèves et étudiants doivent maitriser pour avoir les meilleures chances de réussir leur vie professionnelle :

• l’esprit critique,

• la créativité,

• la communication,

• la curiosité,

• l’initiative,

• la persévérance

• l’adaptabilité.

Le rapport précise que ces qualités sont aussi importantes que la maîtrise des langues, des mathématiques et des sciences.

 

Formation : les nouvelles pédgogies dans l'enseignementy supérieur et les organismes. © Fotowerk - Fotolia

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Aperçus de pédagogies innovantes

Sur le site de l’étudiant.fr, Sylvie Lecherbonnier et Sophie Blitman citent quelques méthodes novatrices :

 

La pédagogie inversée ou le cours avant le cours

Cette approche consiste à faire travailler les étudiants chez eux, en amont du cours, via des vidéos, des podcasts, une bibliographie ou une webographie préalablement transmis. Ce qui permet au professeur d’être plus concret, de proposer des exercices d’applications, d’approfondir certaines notions et de mettre en commun les productions des étudiants. De son côté, l’étudiant s’approprie mieux le contenu du cours que s’il l’avait écouté de manière passive. Les écoles et universités canadiennes pratiquent ce protocole depuis déjà plusieurs décennies.

Les limites : Si cette approche semble judicieuse pour des étudiants matures et autonomes, elle semble moins propice pour les élèves de collège et de lycée qui n’ont pas forcément l’accompagnement familial adéquat en termes de ressources disponibles, d’équipements numériques, d’aide ponctuelle ou de relance motivationnelle. Ce qui pose la question de la démocratisation et de l’égalité des chances dans la réussite scolaire.

 

Les fablabs

Dans beaucoup d’Universités technologiques ou d’Ecoles d’ingénieurs, des ateliers ouverts et collaboratifs regorgent d’outils permettant de réaliser des prototypes : fraiseuses à commande numérique, découpeuses laser, imprimantes 3D… Les étudiants peuvent venir librement dans ces fablabs pour mener leurs projets personnels.

L’objectif : décloisonner les enseignements et encourager la créativité.

 

Les learning labs

À côté des traditionnels amphis ou salles de TD, les learning labs sont des salles équipées de matériel high-tech : ordinateurs, tablettes, écrans tactiles connectés entre eux et reliés à un vidéoprojecteur…

L’intérêt : favoriser les pédagogies fondées sur la convivialité, l’interactivité et la créativité.

 

La visioconférence et la téléprésence

Ils permettent de suivre à distance les cours d’un enseignant situé sur un autre site, voire dans un autre pays ou sur un autre continent.

La téléprésence, dite immersive et plus sophistiquée que la visioconférence, se distingue par l’illusion du face-à-face grâce à un affi chage des participants en taille réelle. « Les salles distantes sont parfaitement symétriques, si bien que l’on voit une salle identique de l’autre côté de la table », explique Jean-Marc Guignier, responsable des ventes France chez Polycom. Jusqu’à trois caméras et autant d’écrans HD sont juxtaposés pour faire un mur d’écrans de 5,5 mètres de largeur : leur alignement et leurs réglages donnent le sentiment que les gens sont dans la même salle.

 

Les serious games

Les jeux vidéo ont investi le champ de l’enseignement supérieur sous forme de serious games : « Ils permettent de contextualiser les enseignements théoriques avec des cas concrets », témoigne le chercheur Julian Alvarez sur le site de letudiant.fr. Exemple : L’École des mines de Saint-Étienne a recours à un « jeu sérieux » conçu pour reproduire les situations d’entretien d’embauche et d’entretien annuel d’évaluation.

 

Les simulateurs informatiques

En médecine, les étudiants s’entraînent à perfuser, intuber, réanimer un mannequin sur des simulateurs informatiques avant d’exercer ces gestes sur de véritables patients.

 

Les boitiers de vote électroniques

Ils permettent aux apprenants de répondre dans l’immédiateté, individuellement ou par équipe, au questionnaire à choix multiples que le professeur aura préalablement créé sur Powerpoint. Ce qui permet de corriger en temps réel, de mesurer immédiatement la bonne compréhension du cours et de revenir sur les notions mal assimilées.

 

Le Smartphone comme outil d’apprentissage

Dotés d’outils de mesure (accéléromètre, magnétomètre, gyroscope…) et équipés de diverses applications, les smartphones commencent à être utilisés comme outils d’apprentissage et de mesure scientifique.

 

Quatre suggestions pour les formateurs

Rémi Renouleau, spécialiste des relations et du management des jeunes générations (3hcoaching), propose quelques pistes aux enseignants qui veulent faire évoluer leur pédagogie :

 

1. « Utilisez des supports interactifs »

Pour les digital native, les supports d’enseignements classiques, comme les cahiers ou les livres, s’avèrent peu mobilisateurs face au smartphone ou à l’ordinateur. Aussi, les tablettes tactiles constituent aujourd’hui des supports qui, au moins dans la forme, permettent l’interactivité et une adhésion plus stimulante.

 

2. « Acceptez que votre propre savoir soit déjà partout disponible »

Avec Internet, beaucoup d’informations et de connaissances sont accessibles librement. Ce qui peut se révéler frustrant pour l’enseignant qui n’a plus l’exclusivité de son savoir. Le formateur d’aujourd’hui doit donc éduquer aux processus d’apprentissage plutôt que d’apporter des contenus qui sont disponibles partout ailleurs.

 

3. Alternez la posture savante et la posture ressource

L’élève a moins besoin du « quoi » que du « comment ». C’est là qu’intervient la posture de la « personne ressource » qui accompagne et guide l’étudiant vers les ressources matérielles et intellectuelles qui lui permettront d’atteindre son objectif.

 

4. « Faites travailler en sous-groupes »

Les générations Y et Z fonctionnent en réseau (blogs, réseaux sociaux…) et savent parfaitement dialoguer, partager et interagir avec les autres. Ce côté « connecté » doit être mis à profi t pour favoriser les interactions entre étudiants en les faisant travailler en sous-groupes. Pour Rémi Renouleau, « Cela développe chez l’élève des facultés d’écoute, de confrontation d’idées, d’interactions verbales, de tolérance, de patience, de travail en groupe… ».

 

Alternance et apprentissage : Des voies royales ?

L’efficacité de l’alternance et de l’apprentissage en termes d’expérience et d’insertion professionnelle n’est plus à démontrer : nombreux sont les jeunes et les entreprises séduits par la formule. Contrairement aux idées reçues, ce sont les petites structures qui, chaque année, recrutent le plus d’alternants : 2/3 le sont au sein de TPE/PME. Du côté des jeunes, ce dispositif permet de développer leur opérationnalité, et bien sûr leur employabilité : 80% des contrats débouchent sur un emploi.

 

Apprentissage ou professionnalisation ?

Pour recruter un alternant, les entreprises ont deux pistes : le contrat d’apprentissage ou le contrat de professionnalisation. Le premier est un contrat diplômant pour le jeune, le second a un objectif qualifiant.

 

Le contrat d’apprentissage

Pris en charge par les Régions, ce dispositif est en plein développement, notamment pour les jeunes de l’enseignement supérieur.

 

Pour qui ?

Le contrat d’apprentissage concerne les jeunes de 16 à 25 ans. L’apprenti suit sa formation pratique dans l’entreprise et son enseignement théorique dans un CFA, en lycée professionnel, à l’Université ou dans une Grande école d’ingénieur, de commerce ou autres.

Pour le jeune, ce contrat débouche sur un diplôme d’État : CAP, BAC, BTS, Licence, Master.

 

Quand ?

Pour une rentrée souvent planifiée à partir de septembre, le contrat doit être signé entre le 1er juin et le 1er décembre. La durée de la convention est comprise entre 1 à 3 ans. Le temps passé à l’école et dans l’entreprise équivaut environ à un 50/50.

 

Qui peut recruter ?

Tous les employeurs, y compris les entreprises publiques et les collectivités territoriales. A une condition : un maître d’apprentissage doit encadrer l’apprenti.

 

Quel salaire ?

Le salaire, versé par l’employeur, varie de 25 à 78 % du SMIC, selon l’âge de l’apprenti et l’année d’exécution du contrat (1ère ou 2e année). Certaines branches appliquent un salaire conventionnel plus favorable. Le jeune apprenti qui n’est pas embauché à l’issue de son contrat peut bénéficier d’une allocation chômage proportionnelle au salaire perçu.

 

Apprentissage et alternance : dossier pour les jeunes et les professionnels© Fotowerk - Fotolia

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Le contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation permet à l’apprenti d’acquérir une qualification professionnelle répertoriée, diplôme ou titre professionnel enregistré.

Pour qui ?

Il s’adresse aux 16/25 ans mais aussi à tous les demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA, de l’allocation adulte handicapé (AAH) ou d’un contrat unique d’insertion (CUI). Dans les faits, il peut aussi être proposé à des jeunes diplômés du supérieur.

 

Quand ?

Ce type de contrat peut être conclu à tout moment de l’année. La durée de la convention est comprise entre 6 et 12 mois (24 mois pour certaines branches professionnelles), avec un temps minimal de formation de 15%, soit environ trois jours par mois.

 

Qui peut recruter un apprenti ?

Toutes les entreprises, y compris les sociétés d’intérim. En revanche, les entreprises publiques sont exclues du dispositif. Un tuteur, salarié de l’entreprise, est obligatoire pendant toute la durée du contrat.

 

Quel salaire ?

La rémunération varie en fonction du niveau de formation initiale et de l’âge de l’alternant :

 

Age Inférieur au baccalauréat Egal ou supérieur au baccalauréat
-21 ans 814 € 962 €
21/26ans  1.036 € 1.084 €
+26 ans SMIC SMIC

 

L’alternance : l’exemple allemand

Depuis quelques années, l’alternance se développe beaucoup en France, en Espagne et au Royaume-Uni sans toutefois atteindre le niveau allemand, très en avance sur ce dispositif.

 

Une voie sélective, exigeante et valorisée

Environ 1,5 million de jeunes Allemands ont recours chaque année à l’apprentissage, contre 403.000 jeunes Français. Outre-Rhin, l’apprentissage est perçu comme une voie sélective et exigeante aussi bien pour les apprentis que pour les entreprises d’accueil. Le dispositif est également très valorisé par les familles.

L’apprentissage est même considéré comme le mode d’accès quasi-exclusif aux emplois de qualification moyenne. Tous les domaines d’activités sont concernés par l’alternance : l’industrie, le commerce, la banque, les assurances, l’artisanat… Résultat : le taux de chômage des Jeunes en Allemagne est de 8% contre 24% dans l’Hexagone.

Les apprentis allemands gagnent entre 600 et 700€ par mois, soit 30% du salaire moyen d’un débutant qualifié.

 

L’alternance en chiffres

• 55% des contrats en alternance sont signés dans des entreprises de moins de 10 salariés,

• 6 apprentis sur 10 sont recrutés à la fin de leur formation,

• 1/3 des contrats signés en apprentissage concernent les diplômes de niveau bac + 2 et plus,

• La fonction publique d’État recrute 10.000 apprentis, soit seulement 2,5% du dispositif,

• Près de 40% des femmes apprenties préparent un diplôme de l’enseignement supérieur contre 29% des hommes.

• 11% abandonnent leur contrat d’alternance en cours : 10% dans le supérieur contre 27% pour les diplômes de niveau CAP-BEP.

• Les régions investissent actuellement 265 M d’€ en faveur de l’apprentissage.

 

Quelles aides publiques pour l’entreprise ?

L’employeur qui veut recruter un alternant peut bénéficier d’une série d’avantages cumulables :

 

Pour le contrat d’apprentissage :

• Une indemnité versée par la Région d’un montant minimum de 1.000 € par année de formation. Et même 4.400 €/an pour les entreprises de moins de 11 salariés qui embauchent un jeune de moins de 18 ans,

• Un crédit d’impôt de 1.600 € par Jeune, voire 2.200€ dans certains cas,

• Une exonération totale ou partielle des cotisations sociales,

• Si le jeune est en situation de handicap, des aides supplémentaires sont accordées.

 

Pour le contrat de professionnalisation :

• Une aide à l’embauche de 2.000 € pour les demandeurs d’emploi de 45 ans et plus, sous certaines conditions,

• Une aide de 2.000 € maximum de Pôle Emploi pour les 26 ans et plus.

 

A qui s’adresser pour trouver un alternant ?

• Dans les Centres de Formation d’Apprentis (CFA), les Chambres de Métiers, les Chambres de Commerce & d’Industrie, les lycées professionnels,

• Dans les Ecoles de Commerce, d’Ingénieurs, Universités ou autres Grandes Ecoles,

• Dans les Missions Locales pour les 16/25 ans,

• A Pôle Emploi qui propose plus de 7.000 offres de contrat en alternance.

Le site lapprenti.com, portail de l’alternance, récapitule toutes les instructions pour recruter un jeune : les aides, les salaires, la couverture sociale, les engagements de l’entreprise, les conseils pour établir un profil de poste, les consignes pour rédiger un contrat….

Le site bourse-apprentissage.com permet de connaître les postes et les stages disponibles dans les entreprises de chaque région.

 

Les secteurs qui recrutent des alternants

Si l’artisanat, l’industrie et la restauration ont été parmi les premiers à développer l’alternance, le dispositif séduit aujourd’hui tous les secteurs : la banque, l’assurance, l’audit, le BTP, la grande distribution, l’hôtellerie, l’informatique, le transport et la logistique…

Selon le site studyrama-emploi.com, les profils commerciaux sont particulièrement recherchés, notamment par les entreprises du secteur bancaire et de l’assurance. Ainsi, près de 10.000 alternants sont recherchés chaque année au sein des principaux acteurs de la branche ou de leurs filiales : Société Générale, BNP, La Poste, Crédit Mutuel, Maaf, MMA, GMF ou AXA…

Le site studyrama-emploi.com cite de nombreuses autres offres : « Parmi les leaders des télécoms, Orange forme tous les ans environ 5.000 jeunes dans les métiers du très haut débit tandis qu’EDF et ERDF prévoient d’accueillir plus de 4 .000 alternants en 2017. Dans le secteur automobile, Renault reçoit plus de 2.000 alternants par an et PSA : 1.400 ».

 

Les clés de la reconversion professionnelle

Le temps est loin où, lorsqu’on entrait dans une entreprise ou dans un secteur d’activités, c’était pour y rester toute sa vie.

 

8 raisons d’entreprendre une reconversion

Les raisons qui poussent un individu à vouloir changer de métier sont diverses et variées. Le site reconversionprofessionnelle.org en recense au moins huit :

La quête de sens

Après plusieurs années de travail répétitif et rébarbatif, souvent guidées que par un objectif alimentaire, beaucoup de personnes veulent changer de travail pour trouver une activité plus en phase avec leur désir d’accomplissement personnel.

 

L’absence d’opportunités d’évolution

Malgré le désir d’évoluer et d’avoir plus de responsabilités, certains salariés se heurtent à des contextes et des impasses qui leur enlèvent toutes perspectives d’évolution dans leur métier.

 

L’absence de valorisation

Le salarié peut avoir le sentiment de ne pas exploiter ses pleines capacités et souhaite entreprendre une reconversion qui lui permettra de s’exprimer totalement.

 

Un problème d’ambiance

La satisfaction professionnelle est en grande partie liée aux bonnes relations avec les collègues et la hiérarchie de l’entreprise. A l’inverse, le conflit au quotidien et le mal être au travail est source de grand stress et constitue une raison suffisante pour vouloir changer de job.

 

Des contrats de travail à court terme

La nature du contrat de travail (cumul de CDD, de temps partiel…) peut constituer un motif de reconversion et de formation pour atteindre un niveau de compétences supérieur.

 

Un salaire insuffisant

Le salarié a le sentiment ou la preuve d’être payé à un barème inférieur à celui auquel il pourrait prétendre compte tenu de son niveau d’études.

 

L’entreprise va mal

Il est peut-être temps de partir avant de se faire licencier… et d’anticiper en négociant un virage de sa vie professionnelle.

 

Un CV à muscler

A l’heure de la flexibilité et de la mobilité, les jeunes doivent souvent rechercher des « doubles diplômes » ou passer par des jobs intermédiaires auprès de divers employeurs, voire dans divers pays, pour réussir à faire valoir leurs compétences et finalement obtenir le travail qu’ils désirent.

 

Les clés de la reconversion professionnelle : congé, VAE, bilan de compétences, compte personnel d'activité© Robert Kneschke - Fotolia

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La reconversion professionnelle en 5 points

A quel âge ?

Les spécialistes de l’emploi suggèrent qu’il existe deux « pics » de reconversion : les 25/30 ans pour qui il s’agit plus de flexibilité que de reconversion ; les 40/45 ans qui, au milieu de leur parcours, ont un moment de réflexion générale sur des choix de vie.

 

Combien de temps pour faire une reconversion professionnelle ?

Si les compétences requises pour le domaine choisi nécessitent une formation, la durée de la reconversion sera généralement de 1 à 4 ans.

 

Où se renseigner ?

orientation-pour-tous.fr présente les premiers conseils utiles : les études sur les métiers, les rémunérations, les emplois ; les orientations dans la formation continue ; les actualités et agendas par région ; des adresses utiles…

 

Comment financer une reconversion professionnelle ?

Les financements dépendent de la situation de la personne. Certains peuvent se cumuler :

 

Pour un salarié

• En mobilisant ses heures de formation acquises au titre du Compte Personnel de Formation (CPF), qui remplace le DIF depuis janvier 2015. Plus d’infos : cpformation.com et chapitre ci-dessous.

• En sollicitant un Congé Individuel de Formation (qui permet de toucher jusqu’à 80 à 100% de son salaire durant la formation), un Bilan de compétences ou une Validation des Acquis de l’expérience (VAE) qui sont tous les trois financés par les Opacif (Fongecif, Afdas…), chargés de collecter les contributions versées par les entreprises au titre de la formation. opacif.fr

• En finançant soi-même sa formation, c’est à dire en gardant son emploi et en se formant hors du temps de travail : cours du soir, formations à distance, e-learning, cours concentrés sur quelques jours qui peuvent être pris sur des congés ou des RTT.

 

Pour un demandeur d’emploi

Pôle Emploi peut participer au financement de certaines formations, y compris dans le cadre d’un projet de création ou de reprise d’entreprise et, dans tous les cas, continue de verser les allocations chômages pendant la période de formation.

 

Pour un auto-entrepreneur ou un chef d’entreprise

Ces personnes, qui cotisent à un fond de formation professionnelle via sur leurs cotisations Urssaf ou RSI, doivent adresser leur demande de financement auprès de L’Agefice : Fonds d’Assurance Formation (FAF) du Commerce, de l’Industrie et des Services. Plus d’infos : agefice.fr

 

Pour les autres cas

Certaines collectivités locales proposent des dispositifs d’accompagnement pour l’accès à l’emploi et à la formation : Conseil Régional, Conseil Départemental, Mairie. Autre piste : vosdroits.service-public.fr/particuliers

 

Les bénéficiaires du CPA

Alors que les salariés du privé, les demandeurs d’emploi et les apprentis sont couverts depuis le 1er janvier 2017, les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, chefs d’entreprise, exploitants agricoles) et les professions libérales (médecins, avocats, architectes, notaires, pharmaciens…) devront attendre janvier 2018. Quant aux fonctionnaires et agents des Chambres consulaires, ce sera au plus tard le 1er novembre 2017.

 

Des droits bonifiés

• pour les jeunes décrocheurs

Avec le « droit à la nouvelle chance », tout jeune sorti sans diplôme du système éducatif bénéficie d’un capital formation inscrit sur son CPA, qui lui permettra de se former gratuitement pour acquérir une qualification.

• pour les personnes peu qualifiées

Les droits individuels à la formation sont portés de 24 à 48 heures par an pour les personnes les moins qualifiées, dans la limite d’un plafond porté de 150 à 400 heures.

 

Le congé individuel de formation

Il permet à tout salarié de profiter d’un congé lui permettant d’acquérir une nouvelle qualification ou de préparer un diplôme. Le salarié continue de percevoir au moins 80% de sa rémunération et bénéficie d’une prise en charge partielle de sa formation. En revanche, il doit justifier d’une activité d’au moins deux ans, dont un an dans l’entreprise actuelle.

La validation des acquis de l’expérience

La VAE permet de valider tout ou une partie d’une certification grâce à une expérience professionnelle salariée, non-salariée, bénévole ou volontaire d’au moins trois ans. Le VAE peut servir à valider un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle.

Ou se renseigner ?

Les « Points relais conseil VAE » sont des structures de proximité portées par des organismes tels que Pôle Emploi, Fongecif, Missions locales, Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles (CNDIFF)… En savoir plus : vae.gouv.fr

Le bilan de compétences

Il permet de faire le point sur son parcours professionnel, d’analyser ses compétences, ses aptitudes et ses motivations. Objectifs : aider à définir un projet professionnel cohérent et/ou valider un projet de formation.

D’une durée maximum de 24 heures et souvent découpé en 3 étapes, le bilan de compétences se déroule au sein d’un organisme agréé (34 en Nouvelle Aquitaine).

Il peut être financé par le CPF ou par un Opacif.

 

Les sites incontournables

Moncompteformation.gouv.fr

Fongecif-idf.fr

Cadres.apec.fr

Mon-cep.org

Intercariforef.org

Rncp.cnpf.gouv.fr

 

Le nouveau « Compte Personnel d’Activité »

La formation professionnelle : Un droit nouveau

Depuis le 1er janvier 2017, tous les salariés, apprentis et demandeurs d’emplois sont dotés d’un Compte personnel d’activité (CPA) qui regroupe leur :

• Compte personnel de formation (CPF),

• Compte personnel de prévention de la pénibilité,

• Compte d’engagement citoyen (CEC).

Inscrit dans la loi Travail, ce Compte Personnel d’Activité préfigure la protection sociale de demain, en créant un droit universel à la formation pour les salariés, les indépendants et, plus généralement, pour tous ceux qui sont en activité… ou pas.

 

Le contexte

Aujourd’hui, les parcours professionnels ne sont plus linéaires : les nouvelles générations changent plus souvent d’emploi, modifient leurs parcours facilement, alternent des périodes de travail et de recherche d’emploi, cumulent quelquefois plusieurs activités et changent volontiers de statut au cours de leur vie professionnelle. Pour exemple, une infirmière peut être successivement fonctionnaire en hôpital, puis salariée d’une clinique privée et, au final, infirmière libérale.

Par ailleurs, avec le numérique, la robotique, la transition écologique, l’ubérisation, le défi de la mondialisation… certains métiers vont s’éteindre, beaucoup vont se transformer, tandis que d’autres vont émerger. Dans tous les cas, il faudra faire évoluer ses compétences.

 

L’objectif du CPA

Le but du Compte personnel d’activité est de donner à chacun un capital et des moyens plus fluides pour tracer son parcours professionnel au sein d’un univers de plus en plus mobile.

 

Le principe du CPA

Le Compte personnel d’activité est un compte ouvert pour chaque personne qui débute sa vie professionnelle. Il permet d’accumuler des droits et de les transformer en projet professionnel : formation, accompagnement dans un projet de création ou de reprise d’entreprise, bilan de compétences, accompagnement à la validation des acquis de l’expérience (VAE), passage à temps partiel, départ anticipé à la retraite pour ceux qui ont occupé des emplois pénibles…

 

Focus sur le « compte personnel de formation »

Le CPF est alimenté au cours du 1er trimestre de chaque année, au titre de l’activité exercée l’année précédente.

Concrètement, tout salarié à temps plein est crédité de 24 heures par an durant 5 ans, puis de 12 heures/an pendant 3 ans jusqu’à l’atteinte du plafond de 150 heures. Pour un salarié à temps partiel, les heures sont calculées en fonction du temps de travail. Grâce au site moncompteformation.gouv.fr, les titulaires peuvent :

• Accéder à leur espace personnel où sont inscrits leurs heures de formation disponibles,

• Recueillir des conseils pour définir leur projet, cibler leur recherche, trouver un organisme de formation,

• Rechercher des formations certifiantes auxquelles ils peuvent prétendre,

• Connaître les modalités de financement de leur formation.

 

Focus sur le « compte d’engagement citoyen »

Au sein du CPA, le Compte d’engagement citoyen (CEC) recense toutes les activités bénévoles ou volontaires dans lesquelles chacun aura pu s’engager. Il permet ainsi la reconnaissance des compétences acquises à travers ces activités, notamment dans le cadre de la validation des acquis de l’expérience (VAE).

Ce sera par exemple le cas pour des jeunes qui auront accompli une mission de service civique, les personnes s’engageant dans des réserves (militaire, sanitaire, de sécurité civile…), les volontaires des armées, les maîtres d’apprentissage ou les bénévoles exerçant des responsabilités importantes dans les associations. Ces personnes bénéficieront de points supplémentaires sur leur CPA pour valoriser leur engagement… et leur ouvrir plus de droits à se former.

Le CEC sera accessible aux Jeunes qui ne sont pas encore entrés sur le marché du travail.

 

 

Yves Guérin

 

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