Transmission & reprise d’entreprise
© Vadim Guzhva

Transmission & reprise d’entreprise

 

> Les 3 étapes de la transmission

> Les 3 étapes de la reprise

> Les organismes d’accompagnement à la création-reprise

 

De nombreuses questions se posent quand il s’agit de préparer la cession ou la reprise d’une entreprise : quand, pourquoi, pour faire quoi ensuite, à qui, comment, à quel prix… ? Le JDP rappelle les grandes phases qui visent à répondre à ces interrogations.

 

Les 3 étapes de la transmission

1) Soumettre son entreprise à un bilan de santé

Préparer son entreprise à une transmission nécessite de poser un diagnostic 4 à 5 ans en amont.

Objectif : réaliser une série d’ajustements pour toiletter son entreprise à l’échéance de la cession, tant sur les moyens productifs, financiers, humains que sur le respect des normes environnementales ou de la réglementation sociale. Il s’agit d’identifier tout ce qui pourrait bloquer ou dévaloriser la transmission de l’entreprise.

2) Faire évaluer son entreprise

Un expert-comptable ou un agent immobilier spécialisé en cession transmission d’entreprise devra réaliser une évaluation de l’entreprise au moins 6 mois à 1 an avant l’échéance fixée pour la mise en vente. Il devra souvent combiner plusieurs méthodes pour obtenir une fourchette de valorisation pertinente.

Les 3 grandes méthodes d’évaluation d’une entreprise

La méthode patrimoniale vise à évaluer les actifs de l’entreprise et à en soustraire ses dettes pour obtenir l’actif net.

La méthode comparative se base sur des transactions antérieures relatives à des entreprises présentant un profil proche de celle à céder. Cette méthode est adaptée à des cessions de commerce et à certains métiers d’artisanat pour lesquels il existe une cote officielle ou des statistiques.

La méthode de rendement estime la capacité de l’entreprise à dégager un niveau de rentabilité future après remboursement des emprunts nécessaires à la transaction.

3) Se placer en état de veille pour trouver un repreneur

Cette étape consiste à faire une veille du marché via différentes sources :

Les bases de repreneurs sur le web qui offrent aussi la possibilité de lancer des alertes pour être informé de l’arrivée d’un « bon » profil,

Les bourses d’entreprise à reprendre,

Les agences et cabinets spécialisés en cession transmission,

L’approche directe avec des partenaires, des fournisseurs, des concurrents… à gérer avec subtilité.

Attention : obligation d’information des salariés

Un chef d’entreprise doit désormais informer ses salariés du projet de cession au plus tard deux mois avant la conclusion d’un contrat de vente, afin de leur permettre de présenter une offre d’acquisition.

© Olivier Le Moal

© Olivier Le Moal

La transmission d’entreprise en chiffres

Selon l’Observatoire BPCE :

• Environ 75.000 entreprises sont mises chaque année sur le marché dont 60.000 TPE, et 15.000 PME et ETI,

• 90% ont moins de 50 salariés,

• 70% sont motivées par le départ à la retraite du dirigeant,

• Seuls 16,7% des dirigeants de TPE ayant l’intention de céder leur entreprise y parviennent,

• En revanche, 68,8% des dirigeants de moins de 40 ans concrétisent leur cession,

• 58% des TPE/PME cédées ont plus de 20 ans d’ancienneté,

• 18% des transmissions de PME/ETI s’effectuent au sein d’une même famille,

• La majorité des cessions se font en Ile de France, Rhône-Alpes, Paca, Aquitaine et Bretagne,

• 83% des TPE et 67% des PME/ETI cédées le sont avant les 60 ans du dirigeant,

• 1,2 millions d’emplois sont en jeu : 143.000 pour les TPE et 1,1 million pour les 15.000 PME-ETI.

 

 Les 3 étapes de la reprise

1) Définir son projet personnel

Il s’agit en l’occurrence :

• De s’interroger sur la solidité de ses motivations,

• D’identifier ses atouts mais aussi ses contraintes personnelles,

• D’évaluer ses compétences et d’envisager, le cas échéant, une formation,

• De déterminer les moyens financiers personnels à mobiliser,

• De mesurer les probables changements familiaux à venir, et de s’assurer du soutien de ses proches,

• De se renseigner sur le statut de repreneur, ainsi que sur les droits et obligations découlant de la situation antérieure (chômage, salariat, retraite…).

2) Trouver une entreprise à reprendre

Les 4 principales méthodes pour prospecter :

1) Faire jouer ses réseaux professionnels, ses relations familiales et amicales,

2) Identifier les intermédiaires… qui varient selon le type et la taille de l’entreprise recherchée : Les repreneurs de TPE contacteront en priorité les :

• CCI ou Chambres de Métiers et de l’Artisanat,

• Fédérations professionnelles,

• Agences et intermédiaires en fonds de commerce,

• Experts-comptables ou notaires,

• Réseaux de reprises d’entreprise : boutique de gestion, plates-formes d’initiatives locales… Les repreneurs d’entreprises moyennes s’adresseront plutôt aux :

• Clubs de repreneurs, De nombreuses questions se posent quand il s’agit de préparer la cession ou la reprise d’une entreprise : quand, pourquoi, pour faire quoi ensuite, à qui, comment, à quel prix… ? Le JDP rappelle les grandes phases qui visent à répondre à ces interrogations.

• Cabinets de conseil en fusion acquisition, nationaux, régionaux ou sectoriels,

• Banques,

• Experts-comptables, avocat d’affaires, cabinet d’audit…

3) Consulter les bourses d’opportunité sur les sites web spécialisés. Les offres sont généralement classées par rubriques :

• Cession/reprise,

• Brevets/licences,

• Partenariats industriels et commerciaux,

• Offres et demandes de participation.

4) Approcher personnellement des entreprises potentielles ou via un intermédiaire spécialisé.

3) Financer l’opération de reprise

2O à 35% de fonds propres nécessaires

Sans fonds propres (capital personnel + prêts aidés accordés par certains réseaux) compris entre 20 et 35% du prix de vente, il est compliqué de mobiliser un financement extérieur complémentaire : banques ou BPI (Banque Publique d’Investissement).

Les garanties

L’emprunt se fait généralement sur une durée de 7 ans et les garanties se font sur les biens financés : une hypothèque s’il y a des murs, un nantissement sur le fonds de commerce, un nantissement des parts sociales ou des actions… avec, éventuellement en plus, une ou plusieurs cautions personnelles.

 

Avantages et inconvénients de la reprise d’entreprise

Les avantages

• La page n’est pas vierge : l’entreprise dispose d’un savoir-faire, d’une clientèle, d’une notoriété, d’une équipe de collaborateurs, d’un outil productif, d’un réseau de fournisseurs et de prestataires.

Le repreneur peut se concentrer sur ses nouvelles tâches : mobiliser les équipes et développer l’activité.

• Une rémunération plus immédiate : alors qu’il s’écoule parfois plusieurs mois avant qu’un créateur d’entreprise puisse se rémunérer, le chiffre d’affaires d’une entreprise transmise permet généralement au repreneur de se rémunérer plus rapidement et souvent même immédiatement.

• Plus coûteux… mais plus facile à financer Les banques financent plus volontiers une reprise d’entreprise, projet pour lequel elles disposent d’éléments tangibles : bilans et comptes de résultat. En revanche, l’apport personnel à prévoir est plus important.

Les inconvénients

• Trouver la « bonne affaire » prend du temps et il y a une forte concurrence de repreneurs sur les « belles » PME/PMI.

• Fédérer les salariés autour d’un nouveau projet, de nouvelles méthodes et d’une nouvelle culture… peut s’avérer complexe.

• Fidéliser les clients qui ont des habitudes avec l’ancien « patron », surtout en B to B, constitue un vrai challenge qu’il est nécessaire de bien anticiper.

 

Les organismes d’accompagnement à la création-reprise en région

En Poitou-Charentes

ADIE 16, 17, 79, 86 : finance et accompagne les créateurs d’entreprise, plus particulièrement les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires des minima sociaux.

AGEFIPH : finance, garantie et accompagne l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

BGE 16, 17, 79, 86 : ce Réseau mobilise les ressources nécessaires pour assurer conseil et formation (financements publics et privés, fondations…)

BPIfrance Poitou-Charentes accompagne les entreprises de l’amorçage jusqu’à la cotation en bourse, du crédit jusqu’à la consolidation de fonds propres, en passant par les garanties.

CCI Angoulême, Cognac, La Rochelle, Niort, Poitiers, Rochefort pour les formalités de création, les conseils et les solutions d’hébergement (commerce, services et industrie).

CDA 16, 17, 79, 86 : les Communautés d’Agglomération ou de Communes conseillent et proposent des Zones d’Activités, des pépinières et hôtels d’entreprises.

CERFRANCE est le 1er réseau de conseil et d’expertise comptable en France.

CHAMBRE DES MÉTIERS ET DE L’ARTISANAT 16, 17, 79, 86

pour les formalités de création, les conseils, les solutions d’hébergement dédiés aux artisans.

CONSEIL RÉGIONAL : aides, accompagnement, subventions.

COUVEUSE D’ENTREPRISE 17 : Une couveuse est un lieu d’accueil au sein duquel le créateur peut tester son concept en situation réelle et valider la faisabilité de son projet.

DIRECTION RÉGIONALE DES ENTREPRISES, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi : Informations, financement, aides sociales.

ECTI : association de 3.000 bénévoles retraités en France, anciens cadres ou anciens chefs d’entreprises, qui interviennent pour conseiller et accompagner les entreprises et les créateurs.

EGEE Poitou-Charentes : association nationale de bénévolat économique composée d’anciens cadres ou dirigeants proposant conseils et accompagnements pour les jeunes, les créateurs, les PME/TPE.

EXPERT COMPTABLE : il est le conseiller de proximité du chef d’entreprise et accompagne les créateurs/repreneurs à chaque étape de leur parcours.

INITIATIVE France (16, 17, 79, 86) : 1er réseau associatif de financement et d’accompagnement des créateurs d’entreprise avec 231 plateformes locales en France.

IPCA : membre du réseau France Active, Insertion Poitou Charentes Active accompagne notamment les structures d’utilité sociale.

RÉSEAU ENTREPRENDRE Poitou-Charentes : Association majeure pour l’accompagnement à la création/reprise (prêt d’honneur)

RSI : le Régime social des Indépendants dispose d’une agence d’accueil à Angoulême, La Rochelle, Niort et Poitiers.

URSCOP Poitou-Charentes : Conseil et appui aux coopératives et aux Scop, aide à la création ex nihilo ou à la reprise d’entreprises par les salariés. Voir aussi Aceascop à Poitiers, Chatellerault et Niort.

Rappel : La plupart de ces entités se retrouvent sur l’ensemble des autres régions ou départements français.

 

En Limousin

AGIR ABCD est une ONG regroupant des retraités qui apportent leurs compétences en faveur de l’insertion sociale et économique.

La Boîte à Business propose Pépinière et Hôtel d’entreprises avec domiciliation commercial.

CRESS : la Chambre Régionale de l’Economie Sociale & Solidaire accompagne les initiatives dans ce secteur d’activités.

Limousin Business Angels a accompagné le démarrage et le développement d’une cinquantaine d’entreprises pour 8 ME.

La Région a mis en place un portail internet dédié à la création, reprise & transmission : www.limousin.fr

 

En Vendée

La Chambre de Commerce et d’Industrie est devenue un business angel à la vendéenne avec Vendée Croissance qui dispose d’un fonds doté de 6 ME.

 

En Gironde

La Région a mis en place deux accès internet dédié à la création, reprise & transmission :

aquitaine.fr/actions/innovation-et-emploi/économie/mon-projet-economique/je-cree

transmission-reprise-aides.aquitaine.fr

CRESS : la Chambre Régionale de l’Economie Sociale & Solidaire accompagne les initiatives dans ce secteur d’activités.

COOP & BAT, coop’Alpha, Couveuse Anabase sont des coopératives qui permettent de tester son concept en grandeur réelle.

FINAQUI est une association de Business Angels qui intervient dans le grand sud-ouest.

Rappel : Vous pouvez aussi consulter la liste des incubateurs en Région en cliquant sur le lien suivant :  www.journaldesprofessionnels.fr/solutions-business-les-jeunes-chefs-dentreprise/

 

Yves Guérin

 

Principales sources utilisées :

Agence France Entepreneur, Capital.fr

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