Salaire de Thomas Pesquet : Combien gagne vraiment un astronaute ?

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JeanDaniel

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Figure de proue de l’exploration spatiale en Europe, Thomas Pesquet est reconnu pour ses missions spectaculaires à bord de la Station spatiale internationale (ISS), mais aussi pour son engagement pédagogique et écologique. À l’heure où l’espace redevient un enjeu stratégique et scientifique de premier plan, la question du salaire de Thomas Pesquet revient régulièrement dans le débat public.

Et pour cause : entre la technicité de sa profession, la dangerosité des missions et l’exposition médiatique, son revenu pourrait prêter à confusion. Tour d’horizon factuel et détaillé d’une rémunération qui reste, contre toute attente, modeste eu égard à la portée de sa fonction.

En bref :

  • Le salaire de Thomas Pesquet est encadré par la grille de rémunération de l’Agence spatiale européenne (ESA), proche de celui d’un haut fonctionnaire européen.
  • Sa rémunération mensuelle, hors primes, oscille entre 8 800 € et 9 800 € nets, selon son ancienneté et son grade.
  • Ses droits d’auteur et autres revenus publics liés à ses missions spatiales sont, dans la majorité des cas, reversés à des œuvres caritatives.

Un cadre salarial défini au niveau européen

Thomas Pesquet, en tant qu’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA), est soumis à la grille de rémunération des organisations coordonnées, un référentiel applicable à plusieurs institutions internationales en Europe. Il s’agit d’un cadre strict et harmonisé, dans lequel les postes sont classés selon des barèmes fixes établis pour garantir transparence et équité entre les agents des différentes agences intergouvernementales.

En fonction de son grade (généralement estimé entre A4 et A5 pour un astronaute de son expérience) et de son ancienneté, Thomas Pesquet perçoit une rémunération mensuelle nette comprise entre 8 886 € et 9 778 € selon les données disponibles. Ces montants n’incluent pas certaines indemnisations ponctuelles, comme les frais de déplacement ou les majorations pour missions spéciales.

Cette rémunération est versée par l’ESA, dont le siège est situé à Paris pour certaines activités, mais dont l’essentiel des opérations astronautiques sont menées depuis les centres de Houston, Cologne et Kourou. Contrairement à l’imaginaire collectif, les rémunérations des astronautes européens ne sont pas astronomiques, mais visent plutôt à aligner responsabilité, niveau d’expertise et rang dans l’appareil administratif européen.

Qu’en est-il de la rémunération en mission ?

Contrairement à certaines idées reçues, une mission dans l’espace ne fait pas exploser le salaire des spationautes européens. Lors d’un séjour à bord de l’ISS, l’astronaute continue de percevoir son traitement mensuel habituel. Il ne reçoit pas de « prime d’apesanteur » ni de bonus exceptionnels à l’américaine. Ainsi, au bout de six mois dans l’espace, Thomas Pesquet cumule environ 55 000 à 60 000 € nets, une rémunération équivalente à celle de six mois de toute autre période de son service actif.

À titre de comparaison, les astronautes de la NASA, classés selon l’équivalent militaire ou civil, perçoivent entre 5 000 € et 11 000 € mensuels. La disparité entre pays demeure relativement faible, car le coût global des missions reste extrêmement élevé pour les agences, rendant marginal l’impact des rémunérations individuelles dans les budgets globaux (plusieurs centaines de millions d’euros par vol habité).

Une gestion désintéressée de ses revenus extra-professionnels

Très sollicité par les maisons d’édition, les organisateurs de conférences et les médias, Thomas Pesquet pourrait théoriquement capitaliser sur sa notoriété. Pourtant, il s’impose une rigoureuse abstention commerciale liée à ses expériences spatiales. Conformément au règlement de l’ESA, les astronautes européens ne peuvent pas tirer de bénéfice privé direct de leurs missions.

Ses ouvrages, dont les plus connus sont Ma vie sans gravité ou La Terre entre nos mains, rencontrent un succès notable en librairie. Cependant, les droits d’auteur sont systématiquement reversés à des associations partenaires, en lien avec l’environnement ou l’éducation. Il en va de même pour nombre de ses interventions publiques, dont les revenus – lorsqu’ils existent – sont également cédés à des structures caritatives, selon les informations publiquement disponibles.

À cela s’ajoute une discrétion exemplaire sur sa gestion patrimoniale privée. Si Thomas Pesquet n’a jamais communiqué sur ses actifs personnels, rien ne laisse penser à une accumulation de richesse significative. À rebours du modèle hollywoodien, l’engagement du spationaute français s’ancre davantage dans la mission éducative et scientifique que dans une recherche lucrative.

Une carrière au service des institutions, avec un engagement de long terme

Sélectionné en 2009 par l’ESA, Thomas Pesquet a suivi tout le cursus officiel d’entraînement au Centre européen des astronautes (EAC) de Cologne, puis au sein des installations de la NASA, de Roscosmos et d’autres partenaires internationaux. Il a acquis une technicité rare dans le pilotage, la robotique, les langues et la physiologie. Ce parcours, comparable à celui d’un officier supérieur ou d’un cadre dirigeant européen, justifie sa rémunération dans les classes les plus élevées de la fonction technico-scientifique publique.

Après deux missions déjà accomplies dans l’ISS – Proxima en 2016 et Alpha en 2021 – Thomas Pesquet se positionne aujourd’hui dans la phase avancée de sa carrière. Il est pressenti pour participer à des missions autour de la Lune dans le cadre du programme Artemis, ce qui renforcerait encore son rôle stratégique au sein des plans spatiaux européens.

Cette perspective ne devrait pas modifier en profondeur son statut salarial, l’ESA conservant une logique fonction publique dans l’évolution des carrières, y compris pour ses astronautes. Seule une nomination à un poste administratif de coordination ou une mise à disposition d’un autre organisme pourrait sensiblement influer sur ses revenus.

Par conséquent, le « salaire de Thomas Pesquet » constitue moins un sujet de fascination financière qu’un révélateur de la rigueur administrative de l’Europe spatiale – une architecture salariale modeste mais cohérente, à la hauteur d’un engagement au service du bien commun scientifique et politique.

En définitive, loin de tout enrichissement personnel excessif, le parcours salarial de Thomas Pesquet illustre l’exigence du service public scientifique tel qu’il est conçu en Europe. Sa rémunération, bien que confortable, reste modeste au regard de son niveau de responsabilité, de compétence et de risque. Elle s’inscrit dans une logique d’équité et de désintéressement, servie par un sens de la mission qui dépasse les enjeux strictement financiers.

Salaires d’autres personnalités

Les chiffres mentionnés ci-dessus résultent d’évaluations réalisées uniquement à partir de sources accessibles au public (cadres réglementaires, prises de parole officielles, publications financières, communiqués, interviews et contenus de presse), combinées à des hypothèses clairement identifiées (grilles de référence, charges habituelles, plages de cachets ou de primes).
Ces montants sont indiqués sous forme de fourchettes et ne constituent ni un audit financier ni une déclaration d’un revenu précis ou complet. Ils sont susceptibles d’évoluer selon les périodes, les modalités contractuelles et le régime fiscal applicable. La démarche est strictement informative, non diffamatoire et respectueuse de la vie privée, aucune donnée étrangère à la question de la rémunération n’étant utilisée.
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FAQ

Thomas Pesquet gagne-t-il davantage lorsqu’il est dans l’espace ?

Non, il continue de percevoir son salaire mensuel habituel prévu par l’ESA. Il n’existe pas de sur-rémunération spécifique pour les missions spatiales chez les astronautes européens.

Les droits sur ses livres lui rapportent-ils un revenu complémentaire ?

En règle générale, non. Thomas Pesquet reverse l’ensemble de ses droits d’auteur liés à ses ouvrages et projets médiatiques à des associations caritatives.

Son salaire est-il comparable à celui des astronautes américains ?

Relativement, oui. Les astronautes de la NASA perçoivent entre 5 000 € et 11 000 € mensuels, un niveau proche des barèmes européens appliqués par l’ESA.

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JeanDaniel

Jean Daniel, rédacteur sur Journal des Professionnels, met à profit ses 20 ans d’expérience en RH, orientation et formation pour accompagner les professionnels dans leurs choix de carrière et leur évolution. Spécialiste de l’orientation et de la réorientation, il propose des analyses pratiques et accessibles sur les stratégies de développement des compétences et les meilleures méthodes d’accompagnement professionnel.