Depuis plus de deux décennies, Marina Carrère d’Encausse s’est imposée comme une voix incontournable de la vulgarisation médicale à la télévision française. Médecin échographiste de formation, elle a coanimé pendant près de vingt ans le Magazine de la santé sur France 5. Si elle jouissait d’une forte notoriété médiatique, les contours précis du salaire de Marina Carrère d’Encausse restent néanmoins flous, souvent évoqués en demi-mot lors de ses interventions publiques.
Entre tabous persistants dans l’audiovisuel public, écarts de rémunération entre hommes et femmes, et évolution progressive du débat, retour sur les éléments connus de sa rémunération et des inégalités auxquelles elle a été confrontée au fil de sa carrière.
En bref
- Marina Carrère d’Encausse n’a jamais dévoilé avec précision son salaire, mais admet bénéficier d’une « retraite confortable ».
- Elle a été coanimatrice et productrice du Magazine de la santé, avec une rémunération moindre que son collègue Michel Cymes.
- Victime d’inégalités salariales tout au long de sa carrière, elle évoque aujourd’hui un changement d’attitude chez la nouvelle génération de femmes du secteur audiovisuel.
Une rémunération estimée mais jamais confirmée
Marina Carrère d’Encausse n’a jamais communiqué publiquement le montant exact de sa rémunération lorsqu’elle animait le Magazine de la santé. Toutefois, selon des estimations de spécialistes du secteur, un animateur de programme quotidien sur une chaîne du service public peut percevoir un salaire oscillant entre 8 000 et 15 000 euros mensuels, selon ses fonctions, son ancienneté et les droits perçus associés. Une enquête de Capital publiée en 2018 situait le salaire de son binôme Michel Cymes autour des 15 000 euros par mois pour cette mission.
Bien qu’elle ait occupé le double rôle d’animatrice et de productrice éditoriale de l’émission, Marina Carrère d’Encausse a soulevé publiquement l’existence possible d’écarts salariaux avec son collègue. Elle a notamment confié que Michel Cymes bénéficiait vraisemblablement de primes supplémentaires, issues d’éléments contractuels mieux négociés. Un déséquilibre qu’elle n’avait pas initialement contesté, évoquant un rapport distant, voire passif, à la négociation salariale à l’époque.
Des inégalités de genre ancrées dans l’audiovisuel public
Lors d’interviews récentes, notamment dans l’émission Chez Jordan ou encore face à Maïtena Biraben, Marina Carrère d’Encausse a reconnu avoir été à plusieurs moments de sa carrière moins bien rémunérée qu’un homme pour un travail équivalent. Elle évoque un fonctionnement systémique au sein du paysage audiovisuel français, où les femmes hésitent encore à revendiquer une rémunération équivalente, souvent par crainte de paraître exigeantes ou déloyales envers leurs employeurs.
L’écart de salaire n’est pas seulement une question de chiffres bruts : pour elle, le vrai déséquilibre réside dans l’écosystème de travail dans lequel les femmes doivent fournir, selon ses mots, “deux fois plus d’efforts pour obtenir le même niveau de reconnaissance”. Une observation tristement conforme aux données nationales. Selon l’Insee, à temps équivalent, les femmes perçoivent toujours en moyenne 4 % de moins que les hommes dans le secteur privé – un écart que l’on retrouve également dans le secteur public, bien qu’il soit moins marqué.
Une évolution tardive mais assumée
Si la docteure-journaliste reconnaît aujourd’hui avoir été peu combative sur les questions de négociation salariale, elle se dit satisfaite du changement progressif des mentalités. Elle observe une nouvelle génération de femmes journalistes ou animatrices « qui se laissent beaucoup moins faire », plus autonome dans leurs exigences, et plus à l’aise pour demander une rémunération proportionnelle à leurs responsabilités.
Quant à sa situation personnelle actuelle, Marina Carrère d’Encausse admet jouir d’un train de vie correct. S’exprimant sur sa retraite lors de différentes interviews, elle a évoqué une pension « confortable », sans toutefois en dévoiler le montant exact. Cette aisance reste le reflet de plusieurs décennies de collaboration avec la télévision publique, mais également de publications médicales et littéraires qui ont pu générer des droits d’auteur.
Une carrière entre médecine, littérature et audiovisuel
Outre ses activités télévisuelles, Marina Carrère d’Encausse peut s’appuyer sur une carrière diversifiée. Médecin échographiste de formation, elle a exercé dans les hôpitaux avant de bifurquer progressivement vers la vulgarisation auprès du grand public. Parallèlement à ses activités médiatiques, elle a publié plusieurs ouvrages, tant sur des sujets médicaux que sur des récits de fiction, contribuant à asseoir sa notoriété dans l’espace public français.
En combinant ces différentes activités – médecine, écriture, télévision – Marina Carrère d’Encausse s’est constituée une position stable, à défaut d’être hautement lucrative dans le strict domaine audiovisuel. Toutefois, dans un univers encore très masculin et marqué par des logiques opaques de négociation, sa parole compte comme un témoignage révélateur des limites salariales rencontrées par les femmes, y compris les plus visibles à l’écran.
Au final, le cas de Marina Carrère d’Encausse illustre à la fois la complexité des systèmes de rémunération à la télévision publique et l’enjeu plus vaste de la transparence et de l’égalité salariale dans le monde du travail. Son expérience met en lumière ces inégalités souvent banalisées, mais qui restent, derrière l’image flatteuse de la télévision, une réalité fortement ancrée dans les parcours professionnels féminins.
Salaires d’autres personnalités
Les chiffres mentionnés ci-dessus résultent d’évaluations réalisées uniquement à partir de sources accessibles au public (cadres réglementaires, prises de parole officielles, publications financières, communiqués, interviews et contenus de presse), combinées à des hypothèses clairement identifiées (grilles de référence, charges habituelles, plages de cachets ou de primes).
Ces montants sont indiqués sous forme de fourchettes et ne constituent ni un audit financier ni une déclaration d’un revenu précis ou complet. Ils sont susceptibles d’évoluer selon les périodes, les modalités contractuelles et le régime fiscal applicable. La démarche est strictement informative, non diffamatoire et respectueuse de la vie privée, aucune donnée étrangère à la question de la rémunération n’étant utilisée.
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