Le bilan de compétences au service de la mobilité interne dans l’entreprise

Photo of author

Richard Montand

Face à un marché du travail en perpétuelle évolution, la mobilité interne s’impose comme une stratégie essentielle pour le développement des talents. Selon une étude de Deloitte publiée en 2023, plus de 76% des collaborateurs aspirent à évoluer au sein de leur organisation actuelle plutôt que de chercher des opportunités ailleurs. Le bilan de compétences émerge alors comme un levier stratégique pour faciliter ces transitions professionnelles. Véritable outil d’analyse et de projection, il permet d’identifier avec précision les atouts et axes de développement des collaborateurs tout en alignant leurs aspirations avec les besoins stratégiques de l’entreprise.

La mobilité interne : une réponse aux besoins d’évolution professionnelle

La mobilité interne répond à une double exigence : celle des salariés en quête de nouvelles perspectives et celle des entreprises soucieuses de fidéliser leurs talents. Cette démarche peut prendre diverses formes, qu’elle soit verticale par une promotion hiérarchique, horizontale par un changement de service sur un poste équivalent, ou transversale combinant les deux approches.

Pour structurer efficacement cette mobilité, l’intégration d’une démarche GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) s’avère judicieuse. Cette méthodologie permet d’anticiper les évolutions des métiers et d’adapter en conséquence les compétences internes. Une GPEC bien menée offre une vision claire des besoins futurs de l’organisation tout en donnant aux collaborateurs les informations nécessaires pour devenir acteurs de leur parcours professionnel.

La réussite d’une mobilité interne repose sur plusieurs facteurs clés. Une veille active sur les postes disponibles, le développement d’un réseau interne solide et une communication transparente avec sa hiérarchie constituent les fondations d’une démarche constructive. L’alignement entre les aspirations personnelles et les besoins organisationnels représente également un enjeu majeur.

Pour soutenir ces initiatives, les entreprises peuvent s’appuyer sur différents dispositifs d’accompagnement. Le service RH joue naturellement un rôle prépondérant dans la facilitation des transitions professionnelles. Par ailleurs, l’établissement d’une charte de mobilité interne peut formaliser les engagements réciproques et clarifier le processus pour l’ensemble des parties prenantes.

Le bilan de compétences, un outil clé pour préparer une mobilité réussie

Le bilan de compétences se définit comme un dispositif d’analyse approfondie des aptitudes professionnelles et personnelles, des motivations et du potentiel d’évolution. Encadré par le Code du Travail, il s’adresse à tous les actifs, qu’ils soient salariés, non-salariés ou demandeurs d’emploi. Son coût moyen oscillant entre 1700 et 2000 euros selon les régions peut être pris en charge par différents dispositifs de financement.

Cette démarche se déroule selon une méthodologie structurée en trois phases distinctes. La phase préliminaire permet d’analyser la demande et de définir les modalités de déroulement. Vient ensuite la phase d’investigation, généralement la plus longue, qui vise à construire le projet professionnel et à en vérifier la pertinence. Enfin, la phase de conclusion aboutit à l’élaboration d’un plan d’action détaillé pour concrétiser le projet. L’ensemble du processus représente environ 24 heures d’accompagnement, sans compter les recherches personnelles du salarié.

Deux modalités principales de financement s’offrent aux candidats souhaitant réaliser un bilan de compétences à Châteauroux ou ailleurs. Le salarié peut prendre l’initiative en mobilisant son Compte Personnel de Formation (CPF), avec ou sans information de l’employeur selon que le bilan se déroule pendant ou hors du temps de travail. L’employeur peut également proposer cette démarche en la finançant via son budget formation, mais devra impérativement obtenir l’accord du collaborateur formalisé par une convention tripartite.

Une variante particulièrement pertinente pour la mobilité interne est le bilan professionnel. Cette approche tripartite implique activement l’employeur dans la démarche tout en préservant la confidentialité des échanges. Des rencontres sont organisées au démarrage, à mi-parcours et en fin de bilan pour partager les avancées et co-construire les projets d’évolution, le consultant jouant un rôle de facilitateur entre les parties.

Identifier les compétences transférables et les axes de développement

L’identification précise des compétences constitue le cœur du bilan dans une perspective de mobilité interne. Cette analyse permet de mettre en lumière les savoir-faire techniques et les soft skills mobilisables dans différents contextes professionnels. La cartographie obtenue offre une vision claire des atouts transférables vers d’autres fonctions au sein de l’organisation.

Cette démarche s’avère particulièrement précieuse pour les professionnels souhaitant réorienter leur carrière tout en capitalisant sur leur expérience acquise. Elle permet également d’identifier les compétences émergentes nécessaires pour s’adapter aux pratiques novatrices en gestion des ressources humaines. Un consultant spécialisé apporte un regard extérieur et objectif pour valoriser des aptitudes parfois sous-estimées par le collaborateur lui-même.

Le bilan révèle également les axes de développement prioritaires pour concrétiser le projet professionnel. Ces besoins en formation peuvent concerner l’acquisition de nouvelles compétences techniques, le renforcement des soft skills ou l’obtention de certifications spécifiques. La précision de cette analyse permet d’optimiser les moyens dédiés à la formation en ciblant uniquement les apprentissages nécessaires à la transition visée.

Pour l’entreprise, cette approche offre une lecture fine des potentiels internes et favorise une allocation judicieuse des ressources formatives. Pour le collaborateur, elle permet de structurer un parcours de développement personnalisé et cohérent avec ses aspirations.

Bâtir un projet professionnel aligné avec les opportunités de l’entreprise

La finalité du bilan de compétences réside dans la construction d’un projet professionnel réaliste et réalisable. Cette étape transforme les analyses préalables en une projection concrète, déclinée en objectifs opérationnels. La pertinence du projet dépend de sa capacité à répondre simultanément aux aspirations individuelles et aux besoins organisationnels.

Pour garantir cette adéquation, la connaissance approfondie de l’environnement professionnel s’avère indispensable. Le collaborateur doit se tenir informé des orientations stratégiques de l’entreprise, des métiers en tension et des compétences recherchées. Cette veille active peut s’appuyer sur les communications internes, les échanges avec les responsables RH ou encore les informations partagées lors des entretiens professionnels.

La concrétisation du projet nécessite l’élaboration d’un plan d’action détaillé et séquencé. Ce document identifie précisément les étapes à franchir, les formations à suivre et les personnes ressources à mobiliser. Il prévoit également un calendrier réaliste tenant compte des contraintes professionnelles et personnelles du collaborateur, ainsi que des opportunités potentielles au sein de l’organisation.

L’accompagnement joue un rôle déterminant dans cette phase de mise en œuvre. Plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés, comme le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP), service gratuit d’aide à la réflexion sur son avenir professionnel. Le service RH demeure également un interlocuteur privilégié pour faciliter les transitions et mettre en relation les talents avec les opportunités internes correspondant à leur profil.

richard montand rédacteur en chef

Richard Montand

Richard Montand, rédacteur en chef de Journal des Professionnels, cumule plus de 15 ans d’expérience en ressources humaines et gestion d’entreprise. Passionné par la transmission du savoir, il dirige l’équipe éditoriale avec rigueur et créativité pour offrir des contenus clairs et utiles.