Depuis plusieurs années, Lucas Hauchard, alias Squeezie, occupe la première place des vidéastes francophones sur YouTube. Mais au-delà de son image de créateur populaire, c’est surtout un entrepreneur dont le modèle économique repose sur une diversification stratégique des revenus. Le salaire de Squeezie n’est ainsi qu’une composante d’un écosystème complexe qui mêle création de contenus, industrie culturelle, activités événementielles et placements financiers.
En bref
- Squeezie génère entre 3,4 et 5,5 millions d’euros brut chaque année par l’ensemble de ses activités.
- Ses sources de revenus principales incluent YouTube, Twitch, sa société Bump, le GP Explorer, les placements de produits et plusieurs investissements.
- Son patrimoine est structuré via plusieurs sociétés et des actifs immobiliers à Paris, pour une valorisation estimée entre 30 et 35 millions d’euros.
Une monétisation YouTube toujours prédominante
Avec plus de 20 millions d’abonnés et près de 12 milliards de vues cumulées sur sa chaîne principale, Squeezie bénéficie d’une présence hégémonique sur YouTube en France. La plateforme reste son principal levier de monétisation directe grâce au partage de revenus publicitaires (AdSense), souvent évalué à environ 1 à 1,2 euro pour 1 000 vues sur sa niche. À raison de plusieurs millions de vues par vidéo, ses publications régulières génèrent entre 30 000 et 55 000 euros mensuels rien que sur sa chaîne principale.
En ajoutant ses autres chaînes (gaming, rediffusions, formats plus courts), et en tenant compte d’une fréquence de publication hebdomadaire, les revenus liés à YouTube s’élèvent à environ 1 million d’euros par an, selon des estimations croisées des professionnels du secteur. C’est la colonne vertébrale d’un édifice plus vaste, sur lequel il capitalise avec rigueur.
Twitch et les événements spéciaux : une audience monétisée ponctuellement
Bien que les revenus récurrents de Twitch restent modestes en comparaison de YouTube — entre 8 000 et 12 000 euros mensuels issus des abonnements payants —, la plateforme devient un catalyseur central lors des événements exceptionnels. Le GP Explorer, diffusé en direct, a attiré plus d’1,3 million de spectateurs simultanés en 2023, générant par pics plus de 65 000 euros en revenus d’abonnement en une seule journée.
Cette logique événementielle transforme Twitch en plateforme d’amplification. Lors de chaque édition du GP Explorer, ce sont plusieurs millions d’euros qui sont générés via la billetterie (60 000 billets vendus en quelques heures), les partenariats de marque (Samsung, Cupra) et le merchandising associé. Ces opérations exceptionnelles ajoutent entre 1 et 2 millions d’euros de revenus bruts par événement.
Bump : l’industrialisation de la création de contenus
Fondée en 2020 et codirigée avec son collaborateur Florent Hauchard, Bump est une société de production audiovisuelle et de gestion d’influenceurs. Avec plus de 100 talents accompagnés, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires supérieur à 30 millions d’euros en 2023. Elle mutualise les moyens de production (studios, équipes, régies) et optimise la rentabilité des créateurs à travers des outils d’analyse et de monétisation.
Squeezie en reste l’actionnaire principal. Il perçoit des dividendes significatifs, estimés à 500 000 euros en 2021 et vraisemblablement supérieurs à 1 million d’euros aujourd’hui, si l’on s’en tient à la croissance spectaculaire de la société. Bump ne soutient pas uniquement Squeezie : elle constitue le nœud entrepreneurial d’une galaxie de créateurs.
Placements de produits, sponsoring : la rente discrète de l’influence
Peu visibles pour le public, les collaborations de marque apportent une diversité de revenus tirés directement de sa notoriété. Un placement de produit dans une vidéo très vue, de l’ordre de 4 à 8 millions de consultations, peut rapporter entre 40 000 et 80 000 euros selon le contrat signé. Le tarif par mille vues (CPM) pour ces campagnes sponsorisées est jusqu’à dix fois supérieur à celui de la publicité classique.
Environ 25 à 35 % du chiffre d’affaires consolidé de Squeezie proviendrait de ces contenus rémunérés, soigneusement intégrés dans ses vidéos sans nuire à leur cohérence éditoriale. Ce levier, géré via Bump, participe aussi à rationaliser la stratégie commerciale autour d’une ligne éditoriale précise (techno, lifestyle, gaming).
Musique, bande dessinée, boisson : la diversification culturelle et industrielle
Artiste multidisciplinaire, Squeezie ne se limite pas à YouTube. En 2020, il commercialise un album, certifié disque d’or en France, avec plus de 60 000 ventes cumulées. Il se lance également dans l’édition avec une bande dessinée originale, vendue à près de 85 000 exemplaires, soit un chiffre d’affaires brut estimé à 1,2 million d’euros, dont une part significative lui revient via des droits d’auteur et des contrats d’édition avantageux.
En 2025, il élargit encore son portefeuille en lançant Ciao Kombucha, une marque de boisson aux allures de startup. S’il est encore trop tôt pour en mesurer la rentabilité, la démarche illustre un positionnement entrepreneurial à long terme. Ses échecs, comme la marque textile YOKO (abandonnée en 2024), montrent une volonté de tester, analyser et pivoter avec agilité.
Un patrimoine pensé comme un actif global
Loin de l’improvisation, le patrimoine de Squeezie est structuré de manière professionnelle, avec plusieurs sociétés holdings, des optimisations statutaires (SA, SAS) et une véritable politique d’investissement. Il détient au moins trois biens immobiliers dans le 8e arrondissement de Paris, pour une valeur globale estimée entre 2 et 3 millions d’euros, notamment à usage personnel et locatif.
S’ajoutent à cela des participations minoritaires dans diverses sociétés liées aux industries créatives et numériques, pour une valeur cumulée comprise entre 5 et 8 millions d’euros, selon nos estimations. Ses liquidités et placements financiers, enfin, atteindraient entre 15 et 20 millions d’euros, déposés en comptes courants ou fonds structurés.
En tout, le revenu brut annuel estimé de Squeezie oscille entre 3,4 et 5,5 millions d’euros, tandis que la valorisation globale de son patrimoine pourrait dépasser 35 millions d’euros.
À la croisée des chemins entre l’entrepreneuriat, le divertissement et la gestion d’actifs, Squeezie incarne une nouvelle génération de figures économiques : celle des influenceurs-industriels. Son « salaire » n’est que la partie visible d’un modèle plus vaste, fondé sur la propriété intellectuelle, la fidélisation numérique et l’intégration verticale de la production de contenus.
Foire aux questions (FAQ)
Combien gagne Squeezie par mois ?
Les revenus mensuels de Squeezie varient selon l’activité, mais sont estimés entre 280 000 et 450 000 euros brut par mois, en cumulant YouTube, Twitch, dividendes, événements et partenariats.
Quelle est la fortune estimée de Squeezie ?
Le patrimoine de Squeezie est évalué entre 30 et 35 millions d’euros, incluant des actifs financiers, immobiliers, des titres de société et des droits d’auteur.
Quelle est la société fondée par Squeezie ?
Il est cofondateur de Bump, une entreprise de production et de gestion de talents dans l’économie de l’influence, spécialisée dans la création de contenus pour des créateurs digitaux.
Salaires d’autres personnalités
Les chiffres mentionnés ci-dessus résultent d’évaluations réalisées uniquement à partir de sources accessibles au public (cadres réglementaires, prises de parole officielles, publications financières, communiqués, interviews et contenus de presse), combinées à des hypothèses clairement identifiées (grilles de référence, charges habituelles, plages de cachets ou de primes).
Ces montants sont indiqués sous forme de fourchettes et ne constituent ni un audit financier ni une déclaration d’un revenu précis ou complet. Ils sont susceptibles d’évoluer selon les périodes, les modalités contractuelles et le régime fiscal applicable. La démarche est strictement informative, non diffamatoire et respectueuse de la vie privée, aucune donnée étrangère à la question de la rémunération n’étant utilisée.
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