Quel est le salaire de Pierre-André de Chalendar, ex-PDG de Saint-Gobain ?

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Jean Daniel

Le salaire de Pierre-André de Chalendar, ancien président-directeur général de Saint-Gobain, soulève régulièrement des interrogations sur la rémunération des grands dirigeants d’entreprises du CAC 40. Entre salaire fixe, part variable et actions de performance, le dirigeant a perçu des millions d’euros sur plusieurs années, suscitant des débats sur l’équilibre entre performance économique et responsabilité sociale.

Un parcours de haut niveau à la tête de Saint-Gobain

Figure emblématique de l’industrie française, Pierre-André de Chalendar a intégré Saint-Gobain en 1989, après avoir exercé à l’Inspection des finances. Il gravit rapidement les échelons au sein du groupe, avant d’en devenir directeur général en 2005, puis PDG en 2010. Une fonction qu’il a occupée jusqu’au 1er juillet 2021, date du passage de relais à Benoît Bazin.

Sous sa direction, Saint-Gobain a renforcé ses positions internationales, s’est recentré sur les matériaux durables et les technologies de l’habitat, et a opéré d’importantes réorganisations. Le dirigeant a été salué pour sa stratégie de transformation en profondeur du groupe, qui est aujourd’hui un acteur de premier plan dans le secteur des matériaux de construction et de la performance énergétique.

Au-delà de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar s’est également investi dans le débat public : il préside l’Institut de l’Entreprise, et est président de la Chaire ICP-ESSEC « Entreprises et Bien Commun », témoignant d’un engagement fort envers les enjeux sociétaux et environnementaux contemporains.

Détail de la rémunération de Pierre-André de Chalendar

La rémunération du dirigeant fut régulièrement rendue publique dans les rapports financiers de Saint-Gobain, transparence oblige pour les sociétés cotées. En 2021, sa rémunération globale s’est élevée à environ 3,2 millions d’euros. Ce montant comprend plusieurs composantes :

  • Salaire fixe : 900 000 €
  • Part variable au titre des performances : 1,2 million €
  • Actions de performance et options exercées : entre 1 et 2 millions €, selon les années

Entre janvier et avril 2021, il a par ailleurs vendu environ 30 000 actions du groupe, à un prix unitaire allant de 66,85 à 75,42 €, renforçant la valeur concrète de sa rémunération. Ces ventes ont permis de dégager plusieurs millions d’euros de plus-value, s’ajoutant aux revenus salariaux classiques.

La rémunération de Chalendar a ainsi régulièrement dépassé les 3 à 4 millions d’euros annuels selon les exercices — un niveau qui place le dirigeant dans la moyenne haute du CAC 40, sans toutefois atteindre les sommets constatés dans d’autres secteurs comme le luxe ou la banque.

Un effort symbolique en temps de crise sanitaire

En 2020, face à la crise COVID-19 et en réponse aux recommandations de l’AFEP, qui suggérait aux dirigeants de diminuer leur rémunération, Pierre-André de Chalendar a fait don de 16 % de son salaire net à l’AP-HP, les hôpitaux de Paris. Un geste relativement rare parmi les dirigeants d’entreprises du CAC 40, et salué par plusieurs observateurs à l’époque.

Ce geste, bien que symbolique à l’échelle de sa rémunération globale, montre une certaine sensibilité aux enjeux d’équité sociale et de solidarité en période de turbulence économique. Il prend d’autant plus de sens que Saint-Gobain, fournisseur de matériaux essentiels aux chantiers et aux activités industrielles, a vu son activité sensiblement affectée lors du premier confinement.

Comparaison avec les dirigeants du CAC 40

Le niveau de rémunération perçu par Pierre-André de Chalendar se situe dans une fourchette médiane haute pour les grands dirigeants français. À titre de comparaison :

  • Jean-Paul Agon, alors PDG de L’Oréal, a perçu environ 8 millions d’euros en 2020, même après une baisse volontaire de 30 %.
  • Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a gagné 7,3 millions d’euros en 2019, mais n’a renoncé qu’à 0,8 % de cette somme pendant la crise.
  • Sophie Bellon chez Sodexo s’est illustrée par une baisse significative et collective des salaires dirigeants pour alimenter un fonds de solidarité interne.

Dans ce contexte, la rémunération de Chalendar apparaît mesurée, sans être modeste. Elle reflète une certaine pondération, tout en garantissant une reconnaissance financière alignée sur les performances et la transformation du groupe sous son mandat.

Une gouvernance accompagnée d’une forte implication institutionnelle

Le parcours de Pierre-André de Chalendar illustre un modèle de dirigeant à la française : technocrate de formation (ENA), manager de long terme, acteur de transformation et relais d’influence au sein d’instances économiques. Sa reconduction à la tête de Saint-Gobain en 2018, avec une augmentation de 9 % du salaire fixe (passant de 1,1 à 1,2 million d’euros), a été approuvée par les actionnaires, témoignant d’un soutien marqué à sa stratégie.

Cependant, cette rémunération s’inscrit dans une dynamique plus large d’observation critique à l’encontre des rémunérations élevées dans les grandes entreprises. ONG, syndicats et certains économistes restent vigilants face à une croissance souvent plus rapide de ces salaires que de ceux des employés ou cadres intermédiaires.

Chalendar, devenu président non-exécutif du conseil d’administration après 2021, conserve une influence dans la stratégie du groupe, à travers une gouvernance plus équilibrée mais toujours orientée vers la croissance responsable et durable.

FAQ

Quelle est la rémunération annuelle moyenne de Pierre-André de Chalendar ?

Sa rémunération globale a oscillé entre 3 et 4,6 millions d’euros par an, selon les performances de l’entreprise et les gains issus d’actions ou d’options exercées.

A-t-il réduit son salaire pendant la crise sanitaire ?

Oui, en 2020, il a fait don de 16 % de son salaire net à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, en écho aux recommandations de l’AFEP.

Comment se compare-t-il aux autres patrons du CAC 40 ?

Sa rémunération est dans la moyenne haute sans être excessive : elle reste inférieure à celles de dirigeants comme ceux de L’Oréal ou Total, mais au-dessus de la moyenne de secteur industriel « classique ».

Son salaire est-il lié aux résultats de l’entreprise ?

Oui, une part importante de sa rémunération est variable et indexée sur des critères de performance, à la fois financiers et liés à des objectifs stratégiques fixés par le conseil d’administration.

Le salaire de Pierre-André de Chalendar incarne les standards des hautes sphères de la gouvernance d’entreprise française moderne : rémunération conséquente, assise sur la performance, mais aussi soumise à examen public. Si le débat sur les écarts salariaux reste vif, son exemple illustre une certaine modération relative et un attachement aux valeurs de responsabilité, au-delà des chiffres.

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Jean Daniel

Jean Daniel, rédacteur sur Journal des Professionnels, met à profit ses 20 ans d’expérience en RH, orientation et formation pour accompagner les professionnels dans leurs choix de carrière et leur évolution. Spécialiste de l’orientation et de la réorientation, il propose des analyses pratiques et accessibles sur les stratégies de développement des compétences et les meilleures méthodes d’accompagnement professionnel.